La Factorerie de la Monedière, Bessan (Hérault)
La nécropole de St. Julien, Pézenas (Hérault)

En 1955 J. Jannoray 1 avait retenu pour les gisements préromains du Golfe du Lion un classement tripartite à valeur chronologique. Il distinguait alors la période pré-phocéenne, la période phocéenne puis la période massaliète. Cette vue en triptyque avait l’avantage de la clarté. Cette simplification est-elle aujourd’hui toujours acceptable ? En d’autres termes les nouvelles découvertes faites en Languedoc méditerranéen et singulièrement dans la basse vallée de l’Hérault n’obligent-elles pas à proposer nuances et retouches ?

Nous présentons un choix de documents qui proviennent soit de la place d’échanges de l’ancien delta de l’Hérault, c’est à dire de la Monédière, Soit de la nécropole de St. Julien à Pézenas 2. Dans un certain nombre de cas des documents existent à la fois à la Monédière et à St. Julien. Dans d’autres cas les documents présentés ne sont pas semblables. Il s’agit donc de souligner d’une part les ressemblances et d’autre part les différences entre deux groupes de documents – les documents en métal et les documents en céramique. Ensuite nous proposerons des termes de comparaison ailleurs en Méditerranée. Enfin nous tenterons d’esquisser une vue d’ensemble à propos de la place de la basse vallée de ‘Hérault dans le commerce à la fin du premier âge du Fer en Méditerranée occidentale.

En premier lieu il faut continuer, selon l’excellente méthode adoptée par J. Jannoray, à considérer d’un même regard à la fois les interférences en provenance des navigateurs et celles qui se sont propagées par voie de terre. Ceci revient à toujours accorder autant d’importance aux apports « indigènes » qu’aux apports des diverses civilisations méditerranéennes au VIIème et au VIème siècle.

Reprenons les trois termes du triptyque de J. Jannoray. La période « pré-phocéenne » était, dans l’esprit de cet auteur, celle de l’exploration préalable à l’installation à demeure ou bien à l’organisation d’échanges « réguliers ». Or la période en question était justement une période où, tout en ne cherchant pas encore à s’évincer les uns les autres, les navigateurs concurrents en Méditerranée occidentale étaient on ne peut plus actifs et entreprenants. Dira-t-on que les documents étrusques, que les documents paléo-puniques recueillis sur les gisements du Golfe du Lion peuvent être classés, sans qu’il y ait impropriété dans les termes et dans le fond, parmi les documents d’une période dite « pré-phocéenne » ? Bien plus, choisir sinon un « absent » du moins un des concurrents encore assez peu assuré du succès final pour caractériser toute une longue période de premiers contacts entre « indigènes » et marchands aventuriers qui en étaient encore aux premières razzias, aux premiers « trocs » plus ou moins forcés, c’est, semble-t’il, « occulter » tout un aspect essentiel du problème « précolonial ». Quant aux échanges qui eurent lieu au VIème s. ils n’étaient, en Languedoc méditerranéen, ni des échanges dus à un commerce « colonial », ni – avant la fin de ce siècle – des échanges dus à un véritable commerce international. Ces échanges étaient simplement lutte d’influence acharnée entre concurrents qui ne s’ignoraient pas, qui cherchaient à se damer le pion. La troisième période de J. Jannoray ou période « massaliète » peut-elle conserver toute son auréole, toute sa valeur de protectionnisme ? Dans un milieu qui jamais n’avait été clos, le long d’une côte plate ouverte à tout-venant, avec une plaine côtière parcourue presque sans cesse-, d’Est en Ouest et d’Ouest en Est, par des « barbares » tantôt à la recherche d’un feu ou d’une source, tantôt colporteurs de « matières premières » et de techniques, comment pourrait-on concevoir qu’une optique aussi rigidement délimitée ait des chances de cadrer avec la réalité ? Sans nier qu’il y eut, ici et là, peu à peu, une mainmise massaliète, comment ne pas reconnaître qu’entre l’étang de Thau et les étangs de Narbonne/Sigean les gisements de la fin du premier âge du Fer offrent un visage particulier, une physionomie semblable ? Dans cette vaste région, « l’ibérisation » due à une avancée ethnique a été, on le sait, rejetée, notamment par J. Jannoray. Dans cette même région « l’ibérisation » due à une koiné commerciale et culturelle peut-elle l’être aussi ? Nous le croyons de moins en moins et, semble-t’il, d’autres chercheurs en Languedoc et en Catalogne ne nous contrediraient pas. Que cette « ibérisation » ait pris, sinon son départ, du moins toute sa force première grâce au truchement de ces commerçants paléo-puniques qui fréquentaient la côte lagunaire du Golfe du Lion, qui, en face de certains documents recueillis dans le Bas-Languedoc occidental, pourrait le nier ?

Examinons donc – sans chercher bien sûr à être exhaustif – quels sont les documents qui, dans la basse vallée de l’Hérault et tout particulièrement à la Monédière et à St. Julien peuvent vous permettre d’étayer les vues énoncées plus haut.

La Monédière, poste d’échanges, comptoir à population « indigène » fixée aux limites des terres non mouvantes du delta antique de l’Hérault, fut, avant une implantation grecque sur l’ancienne lie d’Agde, la « tête de pont » essentielle pour la pénétration commerciale des marchands aventuriers méditerranéens. Les ressources en métal de l’arrière-pays, le point d’aboutissement d’un colportage, telles furent, semble-t’il les raisons principales de l’intérêt pour cette région des navigateurs méditerranéens.

Or, les populations locales avaient une physionomie propre, une physionomie qui d’ailleurs présentait de nombreuses composantes. Certains documents qui vont être mentionnés nous en fourniront la preuve. La Monédière – habitat – ne peut offrir que des documents fragmentaires. St. Julien – nécropole – peut, par contre, offrir soit des documents intacts soit des documents reconstituables. Mais une fois cette différence rappelée il est possible de mentionner des rapprochements qui placent les deux gisements dans la même ambiance culturelle et dans le même courant commercial.

A la Monédière les documents en métal, sont, à ce jour, en petit nombre. Toutefois deux documents ont, à nos yeux, une signification particulièrement importante puisque dans un cas, nous devons aller chercher les documents analogues dans la Péninsule Ibérique et, dans l’autre cas, dans l’ambiance hallstattienne tardive.

La fibule annulaire hispanique à aiguille libre en provenance de la Monédière 3 se rattache à toute une « famille » dont les congénères ont été étudiés par nos collègues espagnols 4. La répartition de ce type archaïque de fibule en Péninsule Ibérique permet de se rendre compte que, depuis la côte méditerranéenne de l’Andalousie jusque dans le Nord-Est de la Péninsule, les localisations se succèdent, soit près de la côte, soit dans l’immédiat arrière-pays 5. L’activité d’un commerce côtier, disons d’un cabotage, n’est plus à mettre en doute dès le VIIème s. et surtout à la période qui correspond à l’usage de la fibule annulaire hispanique à aiguille libre, c’est-à-dire vers la fin du VIème s. 6 Or la fibule annulaire du type de la Monédière a eu toute une descendance aussi bien en Péninsule Ibérique 7 qu’en Languedoc méditerranéen, notamment à Ensérune 8. Mais il y a plus; dans une période comparable à celle où l’exemplaire de la Monédière était employé, c’est à dire à la fin du premier âge du Fer, le même type de fibule était aussi utilisé en amont de l’Hérault. En effet la sépulture 232 (J. Giry) de St. Julien en contenait une 9.

Le document d’ambiance hallstattienne tardive en provenance de la Monédière est une fibule à double timbale 10, fragmentaire, li s’agit de la variante la plus évoluée dont le type a été étudié par J. Bergmann 11. Cette fibule typique du hallstattien final – sous la forme donnée par les exemplaires VI/1,2 de J. Bergmann (voir la fig. 1/2) – a été répandue depuis le nord de la Suisse – lacs de Constance et de Zurich – dans l’Est de la France, 12 dans le Bas-Rhin, à Haguenau 13 et surtout entre les rives de la boucle du Doubs, de Lons-le-Saulnier à Besançon 14. Sa présence est particulièrement bien attestée à Château-sur-Salins (Camp du Château) 15. Une diffusion dans le département de la Marne, aux Jogasses 16, dans la Côte d’Or, à Vix 17, est à noter. Deux présences dans la vallée du Pô méritent la mention celle de la Certosa 18 dans un contexte de céramique attique à figures noires tardives 19 et celle de Spina, en association avec un rhyton à tête de bélier du Peintre d’Erétrie 20, c’est-à-dire, dans le premier cas, au tout début du Vème s. et, dans le second cas, à la fin du 3ème quart de ce siècle.

Il n’a pas été encore trouvé à la Monédière la fibule à pied relevé et bouton conique qui est typique des fouilles du Languedoc méditerranéen et dont le type est antérieur aux formes analogues du Nord Ouest des Alpes 21 mais cette fibule est représentée dans la nécropole de St. Julien 22.

Rien non plus sur le « petit » comptoir de la Monédière qui soit comparable au riche mobilier métallique de certaines sépultures de St. Julien, ni les ustensiles en bronze – plat à rebord décoré de bossettes au repoussé 23, râpe 24, simpulum 25 – ni les éléments d’armure de parade 26 n’ont été, à ce jour, trouvés sur le débarcadère où ils furent, en premier, apportés. Pourtant comment ne pas penser aux exemplaires similaires en Méditerranée, qu’il s’agisse des plats ou bassins à rebord « perlé » qui sont en Sicile et surtout dans la Péninsule Italique 27 et qui, de là, furent « exportés » en Allemagne de l’Ouest, en Suisse 28 et, par mer, parvinrent sur le littoral français méditerranéen 29, ou bien qu’il s’agisse des « congénères » de la râpe 30 et du simpulum 31 ? La présence de cnémides ne s’explique également que par une adoption de pièce d’armure en provenance de la Méditerranée. C’est en effet la proximité de la mer qui a fourni en Péninsule Ibérique aussi un exemplaire analogue, dans la nécropole de Can Canyis. 32 C’est une voie fluviale qui, dans le Sud de l’Italie, a permis la pénétration de documents tels que cuirasse, cnémide et bassin à rebord perlé 33. Les « deux fers de lance » présents dans certaines sépultures de guerriers dans la nécropole de St. Julien 34 ne sont-ils pas, eux aussi, comparables aux deux javelots figurés sur les céramiques attiques aux côtés de guerriers ou bien d’athlètes ?

Trafiquants de la Monédière, guerriers de St. Julien, les uns et les autres, tout en étant en voie d’être « méditerranéisés », présentaient des caractéristiques qui leur étaient propres. Un document très significatif de cette ambiance culturelle languedocienne est la boucle de ceinturon de type subtriangulaire 35 ou de type trapézoïdal 36. Or, l’on sait quelle fut la diffusion dans la moitié orientale de la Péninsule Ibérique de ce type de boucle à « plaque rhomboïde » 37. Dans ce cas encore nous constatons l’existence de contacts entre le Languedoc méditerranéen et les côtes méditerranéennes de l’Espagne.

Les documents en métal qui viennent d’être énumérés nous ont déjà permis de saisir trois aspects essentiels de la « culture » plurivalente des populations de la basse vallée de l’Hérault. En provenance de l’Hinterland comme en provenance de la Méditerranée des documents parvenaient à des sédentaires de fraîche date. Les échanges se faisaient aussi bien du Nord au Sud que du Sud au Nord. Les apports en provenance de la Méditerranée étaient cependant les plus importants en nombre et en nouveauté. Mais il revient à la céramique surtout de prouver la variété et l’abondance de ces apports méditerranéens.

La céramique tournée, recueillie sur les deux gisements, indique en effet, plus encore que tout autre document, à la fois les courants commerciaux et une similitude d’apports. Parmi ces exemplaires il y a des analogies, des identités de technique, de forme et de décor qui ne peuvent s’expliquer que par une participation à un même genre de commerce et aussi par des relations réciproques non épisodiques.

Lorsque l’on étudie un gisement en Languedoc méditerranéen ayant eu une existence à la fin du premier âge du Fer et se trouvant sur la côte ou dans la basse plaine, depuis Lattes à l’Est jusqu’à Pech-Maho / Sigean à l’Ouest, il est bien connu qu’il faut tenir compte de quatre séries principales de céramiques tournées – la série étrusque, la série dite de la Grèce de l’Est, la série attique et le groupe non homogène des céramiques grecques d’Occident. Certes chaque gisement n’offre pas le même éventail céramologique ni en quantité, ni en qualité, ni en nature même. La situation géographique, le rôle – portuaire ou bien de marché -, des « inconnues » d’origine « locale »,ont donné à chaque gisement sinon une physionomie propre du moins une « identité » qui ne peut pas être échangée contre celle d’un autre gisement. Entre la Monédière, débarcadère et « port franc » et l’habitat de Sr. Siméon avec sa nécropole St. Julien – situés l’un et l’autre à une vingtaine de kilomètres de la mer actuellement – s’il y a d’indiscutables ressemblances à relever parmi les céramiques tournées recueillies ici et là, il est bien naturel aussi qu’il y ait d’importantes différences.

Par ailleurs, en ce qui concerne la détermination, l’origine sinon d’atelier du moins de région de fabrication de tel ou tel type de céramique tournée, il est certain que, sans être toujours beaucoup plus affirmatif que pouvait l’être, en 1955, J. Jannoray, il n’est plus impossible de proposer – avec les précautions d’usage bien entendu – des aires géographiques ou même une provenance régionale. D’autre part certaines affirmations énoncées en 1955 (notamment à propos de la céramique grise du bassin méditerranéen oriental et celle des ateliers grecs d’Occident) 38 ne semblent plus correspondre à la réalité ; ainsi caractériser, en bloc, toute céramique grise en provenance d’Anatolie occidentale ou des îles antérieures – Lesbos notamment – en indiquant que cette céramique « ne comporte pas d’engobe » et qu’elle « présente toujours un décor incisé » 39 ne peut pas être accepté, comme l’a d’ailleurs montré, en 1960, F. Villard 40.

Nous choisissons de faire l’examen de pièces qui nous paraissent significatives par suite de leurs caractéristiques de technique ou de forme. Cet examen observera l’ordre d’apparition dans la basse vallée de l’Hérault des diverses séries considérées, c’est à dire qu’après les exemplaires étrusques et les exemplaires paléo-puniques nous en viendrons aux exemplaires de la Grèce de l’Est et à leurs imitations occidentales. Mention sera faite de telle ou telle forme de céramique tournée qui est propre au bassin occidental. Nous signalerons des imitations occidentales qui ont fait des emprunts à la céramique attique. Sans nous attarder sur les thèmes ornementaux nous évoquerons certaines analogies frappantes entre des pièces de la Méditerranée orientale et des pièces de la basse vallée de l’Hérault. Un rappel de l’abondance de la céramique attique à la Monédière sera fait.

Si à la Monédière l’amphore paléo-punique à rebord en « faux-col » 41 a été découverte en surface et en stratigraphie 42, ce type de document n’a pas été, à notre connaissance, signalé à St. Julien. Par contre, sur les deux gisements, la céramique étrusque – amphores et canthare en bucchero nero– est particulièrement abondante 43. A Pézenas, dans la nécropole de St. Julien, il y a, dans la sépulture 11 (J. Giry), un canthare étrusque qui est, à ce jour, unique sur le territoire national. En effet il comporte un décor surajouté par application de feuille métallique 44. Ce type de décor, dans la première moitié du Vème s. est inhabituel sur une céramique tournée qui est sortie d’un atelier de la Péninsule Italique. Mais, avant le VIème s., l’on sait que des inclusions de lamelles de métal, notamment d’étain, ont décoré en Suisse 45 en Italie 46 des vases en terre cuite. Au VIème s. cette pratique d’atelier de potier parait être, dans ces régions, tout à fait abandonnée. Faut-il donc voir, à St. Julien, avec une survivance, la preuve d’un goût barbare pour l’ornement voyant, quelque chose de comparable à ce qui fut encore fait plus tard, au Vème s., sur la coupe attique d’un chef « indigène » à Klein-Aspergle 47 ?

Les mêmes populations de la Monédière et de St. Siméon – habitat de hauteur voisin de St. Julien – ont également reçu de nombreuses coupes dites « ioniennes » ou de type ionien. Il faut préciser cependant qu’à l’exception d’un bord de coupe de la forme A de F. Villard et G. Vallet à la Monédière 48 et d’une coupe apparentée à la forme B 1 des mêmes auteurs à St. Julien 49, il s’agit presque toujours de la coupe « ionienne » de la forme B 2, c’est à dire à pied plus ou moins tronconique et à épaule peu marquée. 50 On sait d’ailleurs que, d’après les publications, cette forme B 2 est pratiquement la seule qui soit couramment représentée en Languedoc méditerranéen. Il faut d’ailleurs distinguer les exemplaires de technique soignée à peinture noire adhérente et lustrée, dont la terre, à la tranche, se rapproche de la teinte brun très pâle – Code Expolaire Cailleux / Taylor C 52 des exemplaires de forme analogue mais plus lourde 51 dont la terre a une teinte qui tire soit aussi sur le brun pâle – Code Expolaire B 62/63/64 – soit, plus souvent, sur le jaune pâle. La teinte de la surface est moins caractéristique cependant celle des exemplaires de technique fine est rose – Code Expolaire B 23/44 ou C 34 : un « film », extrêmement mince, de lait argileux coloré semble être surajouté.

En premier nous avons mentionné, parmi les céramiques cuites en atmosphère oxydante, la forme de coupe « ionienne » parce qu’elle constitue la « vulgate » des gisements entre Rhône et Pyrénées. Il y a cependant, ici et là, des formes plus rares et dont les prototypes étaient en Méditerranée orientale. C’est ainsi qu’à la Monédière et à St. Julien il y a une forme d’œnochoé qui, ailleurs en Languedoc Méditerranéen, semble peu attestée : Il s’agit de l’œnochoé à embouchure trilobée. En effet si l’œnochoé à embouchure circulaire n’est pas rare dans cette région, par exemple à Ensérune 52 mais dans une période plus avancée, l’œnochoé à embouchure trilobée a été trouvée pour la première fois, sous forme d’exemplaires entiers ou reconstituables, dans la nécropole de St, Julien. Des fragments sont cependant présents à la Monédière. D’ailleurs il est important de mettre en parallèle certaines pièces qui, sur les deux sites, sont semblables. La pièce la plus remarquable est sans doute le fragment d’épaule d’œnochoé à décor incisé et trichrome que nous reproduisons sur la planche Ia, n° 2. Les caractéristiques de cette pièce 53 permettent de la comparer aux exemplaires originaires de Rhodes tels que E. Pottier, par exemple, les a décrits 54. Or, aux abords de la sépulture 169 (J. Giry) un fragment identique a été trouvé dans la nécropole de St. Julien 55. Il y a plus : deux pièces très riches d’enseignement ont été recueillies à la Monédière : elles appartiennent aussi à des œnochoés de type semblable au type précédent mais présentent sur l’épaule des rosettes de points : voir la planche IIa, nos 1 et 2. Même à l’œil non prévenu il est évident que la pièce de la figure 1 est, malgré le même décor, différente en technique et en facture de la pièce de la figure 2 ainsi d’ailleurs que le relevé des caractéristiques techniques le prouve 56. La première est le produit d’un atelier de la Méditerranée orientale, la seconde provient d’un atelier d’imitateurs en Occident. La sépulture 11 (J. Giry) contenait deux œnochoés à embouchure trilobée l’une d’elles est ornée sur l’épaule de trois rosettes de sept points. 57 Les exemplaires avec, sur l’épaule, des « feuilles » sont à la Monédière : voir la planche Ib, nos 1, 2, 3. L’un d’eux présente une anse bifide avec touches de couleur brun rouge (pl. Ib, 1). Sur la même forme et avec le même décor des exemplaires existent à St. Julien. En Grèce de l’Est il y a des « congénères », par exemple à Larisa / Hermos (voir pl. IIc, 5 et 6). Une paroi à décor en couronne d’arêtes rayonnantes « vides » doit aussi être signalée (pl. IIb fig 3). J. Coulouma, qui la possédait dans sa collection, pensait que le fragment avait appartenu à une coupe mais son épaisseur laisse plutôt supposer qu’il s’agit de la paroi inférieure d’une œnochoé. En tout cas la comparaison, pour le type de décor – nous le verrons plus loin – peut se faire plus avec des exemplaires de la céramique « courante » de la Grèce de l’Est du genre de celle d’Histria 58 qu’avec le fragment de coupe de fine technique offrant le même décor, fragment recueilli dans la nécropole de St. Julien et récemment publié 59. Deux autres pièces, en provenance de la Monédière méritent mention : un fragment de bord et de vasque de coupe profonde (voir pl. III fig. 1) et un fragment de patère (voir pl. I fig. 1). Lorsque nous décrirons leur décor nous pourrons proposer des comparaisons en Méditerranée orientale. Les caractéristiques du petit plat à décor blanc sur fond sombre prouvent qu’il s’agit d’une pièce originaire d’un atelier du bassin méditerranéen oriental 60. Une des pièces avec décor de bandes et filets parallèles et qui provient de la Monédière est figurée planche IIb, fig. 2 ; il s’agit d’un fragment de col d’hydrie ou d’œnochoé la peinture est brun rouge. Une forme exceptionnelle, apparue, à ce jour, sur un seul gisement du Languedoc méditerranéen est celle du stamnos qui est représenté dans six sépultures de St. Julien 61. Cette forme est comparable à celles des exemplaires de Myrina 62, de Larisa / Hermos 63 et de Xanthos 64. D’autres rapprochements peuvent être faits, notamment avec des exemplaires de Samos, d’Histria / Istros 65 et même avec des vases qui à Chypre 66 ou dans la Carthage primitive 67 ont une forme analogue. A Syracuse, dans là nécropole de Fusco, ce vase se trouvait 68. Un petit vase du type olpé et qui est à St. Julien est également signalé pour la première fois en Languedoc méditerranéen ; c’est l’olpetta qui n’est pas rare en Grande Grèce 69 mais qui est différente du type de la Grèce de l’Est, type à bandes parallèles dont un exemplaire a été trouvé à St. Blaise (Musée de St. Rémy) et qui est bien attesté à Histria 70. Un couvercle qui peut faire coupe ou « paterette » était sur le stamnos de la sépulture 257 (ossuaire) 71. La forme a été trouvée dans les fouilles récentes faites dans l’île de Motyé.

Les céramiques cuites en atmosphère réductrice sont nombreuses à la Monédière et à St. Julien. Les exemplaires en céramique tournée en terre monochrome grise à St. Julien appartiennent dans leur quasi totalité ,à la céramique « grecque d’Occident ». Il faut même ajouter que les formes de ce groupe de vases rappellent rarement des formes grecques.

Si l’on tente d’établir un classement de ces céramiques en terre grise représentées à St. Julien et à la Monédière on obtient deux classements qui ne se recouvrent pas vraiment. En effet, dans la nécropole on peut reconnaître deux grandes catégories celle des formes grecques et celle, beaucoup plus fournie, constituée par des vases qui imitent ou rappellent des vases non tournés, c’est à dire indigènes.

A vrai dire la catégorie des formes grecques peut être subdivisée en deux ou trois sous-catégories. En effet, il y a les vases en terre grise qui proviennent d’ateliers où la forme était conservée fidèlement ou assez fidèlement, par exemple celle du stamnos de la sépulture 11 (J. Giry) 72 ou de l’œnochoé de la sépulture 262 (J. Giry) 73 ; il y a les vases qui, tentant d’imiter une forme grecque, la reproduisent incomplètement ou bien lourdement dans le premier cas citons le vase gris qui est la copie d’un cratère attique mais sans les plaquettes du cratère à colonnettes et qui servait d’ossuaire dans la sépulture 7 (J. Giry) 74 ; dans le second cas mentionnons la maladroite copie cherchant à imiter un stamnos – sépulture 232 (J. Giry) 75. Il y a également une forme de gobelet gris qui peut être interprétée comme étant la réplique occidentale d’une forme grecque mais dépourvue d’anse, forme encore représentée dans l’île de Chio à la fin du VIIème siècle. 76

Le rapide examen qui vient d’être fait des formes principales représentées à St. Julien doit être mis en regard d’un relevé comparable des formes reconnues à la Monédière et façonnées en terre cuite en atmosphère réductrice.

Une forme très courante la Monédière dans cette céramique est celle du bol à rebord plat du type dit « à marli », type bien attesté – on le sait – à Mailhac : voir la fig. 4 (quatre exemplaires du Cayla de Mailhac, fouille 40, niveau II) 77. Or cette forme, à St. Julien, a été recueillie entière une seule fois 78. Les exemplaires à la Monédière sont soit décorés de rainures parallèles Soit ornés de groupe de lignes ondées tracées au « peigné » métallique – voir la pl. VI / 1, 2, 3. Sans vouloir entrer dans une énumération de types de bords ou de fonds de vases gris qui ont été étudiés dans l’ancienne collection. J. Coulouma, mentionnons seulement l’existence à la Monédière de formes non vues ailleurs en Languedoc méditerranéen. La forme de Iebes, mais avec (outre un bord plat avec rainures parallèles, une anse horizontale en « bobine » imitant un prototype métallique, a été publiée par nous dernièrement 79. Nous donnons, en reproduction photo, deux fragments d’anses qui ont un aspect particulièrement remarquable (voir pl. VI / a 1, 2, b, 1, 2) : l’une d’elles est trifide et a dû appartenir à une œnochoé en terre grise ; il faut remarquer que les trois « boudins » d’argile ont été façonnés séparément puis accolés ensuite et fixés sur un épais ruban de terre cuite ; il y a là une preuve de technique très évoluée et de provenance d’un atelier grec l’autre anse qui est beaucoup plus grosse (4,25 cm x 3,55 cm) a dû appartenir à une grande amphore et sa section offre aussi la preuve d’une technique extrêmement habile et soignée elle comporte un enduit brun gris foncé qui est comme marbré et lissé 80. Une forme plutôt rare en Languedoc est celle du bol caréné dont nous avons reproduit un exemplaire dans notre étude précédente 81.

Il est intéressant de signaler que le bol avec marli est à Larisa / Hermos 82 et qu’il vient d’être publié avec une provenance à Xanthos 83. La forme du lebes gris (graue Kessel) est également à Larisa / Hermos 84 ainsi que celle du bol caréné 85. Signalons en outre que le gobelet caréné, qui est bien attesté à St. Julien et dont un exemplaire a été reconnu à la Monédière, existait à Lesbos. M. le Professeur R.M. Cook nous a en effet aimablement montré un exemplaire fragmentaire, en provenance d’Antissa 86.

Afin de compléter ce tour d’horizon des céramiques en terre claire non grise et en terre grise de la basse vallée de l’Hérault il faut examiner les thèmes ornementaux et proposer quelques comparaisons pour ces décors.

D’après les documents qui étaient conservés dans la collection du Docteur J. Coulouma il est possible de présenter deux catégories de pièces : celles dont la technique est fine et dont les caractéristiques sont comparables à celles de pièces des gisements de la Méditerranée orientale puis celles dont la technique laisse voir des caractéristiques attribuables à des mains d’imitateurs. Ces pièces proviennent de la Monédière et, dans quelques cas, du site voisin de Kessero / St. Thibéry.

En terre claire, non grise, parmi les vases récipients, signalons un fragment de col d’amphore avec ligne ondée – le fragment B 94 à la terre rougeâtre, dure, sonore, micacée 87 et un fragment de col d’hydrie (B 138) à la terre café crème clair, dure, homogène, micacée, avec, à l’extérieur, un lait argileux rose (Code Expolaire A 22) sur lequel se détachent, peints en rouge vif, de haut en bas, un filet, une ligne ondée, un filet, un rang de points sur bourrelet, un filet, une surface uniformément peinte 88.

Parmi les exemplaires de céramique cuite en atmosphère réductrice et ayant appartenu à des vases récipients il y a un grand fragment (E 102) à la terre gris vert léger, dure, sonore avec, comme dégraissant, des particules blanchâtres et une poussière de mica et, à l’extérieur, sur un engobe gris moyen brillant, deux rangs de « gouttes » par groupes de 4 ou de 5 compris entre deux larges surfaces marquées par de fortes cannelures horizontales ; la paroi, faiblement convexe, fait penser à un col d’un vase fermé de grande dimension – amphore ou vase pithoïde (?) 89. En terre grise également il faut mentionner un fragment d’épaule d’œnochoé (E 101), à la terre dure avec une poussière de mica et, à l’extérieur, sur un engobe gris fer, des gouttes qui sont, comme celles du grand vase décrit plus haut, peintes d’une teinte blanchâtre mais ici la terre cuite apparaît sous la mince couche de peinture selon une technique qui a été signalée à Larisa / Hermos 90. A part doit être décrit un fragment de paroi verticale ayant pu appartenir à un cratère à colonnettes du type recueilli à St. Biaise 91 et à Xanthos 92 ; la terre cuite est gris beige et présente, à la cassure, une tranche « stratifiée », elle peut se rayer à l’ongle et est extrêmement riche en mica les gouttes sont en peinture noirâtre il s’agit de l’exemplaire B 95. Également hors du commun est le grand fragment B 272 sa terre cuite est rougeâtre avec de fines particules blanches ; elle se raye à l’ongle et est riche en mica son décor est un décor phytomorphe du type de la Planzenkeramik trouvée à Larisa / Hermos 93 ; la forme complète devait encore être celle d’un cratère à colonnettes d’un type comparable à un exemplaire d’Al Mina 94 avec décor phytomorphe également.

Voici les exemplaires les plus représentatifs recueillis à la Monédière en ce qui concerne les vases récipients. Pour ce qui est de la vaisselle de table il y a également un nombre assez important de pièces qu’il faudrait décrire.

Nous nous limiterons à six pièces, des coupes. Ce sont des pièces qui, comme les exemplaires qui viennent d’être décrits, présentent des caractéristiques comparables à celles qui peuvent être observées sur des exemplaires recueillis sur des gisements du bassin oriental de la Méditerranée.

La pièce B 21 est un fragment de bord de coupe avec, à l’extérieur, un oiseau d’eau sous un filet horizontal ; la terre gris beige est assez dure et présente une poussière de mica ; la surface non peinte est brune (Code Expolaire D 62) à l’extérieur la peinture est bistre. La pièce B 157 est aussi un fragment de bord de coupe et de départ de forte épaule ; à l’extérieur le bord oblique est orné d’une suite de pseudo sigmas ou de « fausse tresse » dépourvue du point intercalaire des exemplaires de la céramique de Fikellura 95 ; la terre est café crème clair, dure, sonore avec une poussière de mica ; la peinture, à l’extérieur, est gris ardoise et, à l’intérieur, brun rouge clair (Code Expolaire D 43). La pièce B 25 est un fragment de bord et de vasque de coupe avec, sous la lèvre, une large bande brun moyen et, en dessous, des petites « gouttes » inclinées et incurvées disposées sur une même ligne la terre est café crème très pâle et se raye à l’ongle ; le dégraissant est constitué par des particules blanches, calcaires, et par du mica ; à l’intérieur, l’enduit est rouge moyen : pl. IIb 1. La pièce B 147 provient d’une coupe aussi mais il s’agit d’un bord brisé et de l’épaule ; sur celle-ci le décor se compose d’une alternance de petits traits courts verticaux et parallèles et de gouttes ; la terre est beige ; elle se raye à l’ongle et est micacée ; la peinture, à l’extérieur, est rougeâtre, lustrée et, à l’intérieur, brun moyen brillant. La pièce B 30 est un grand fragment de bord et de vasque de coupe avec, à l’extérieur, sur le bord, six filets horizontaux et parallèles tracés en peinture diluée brunâtre ; en dessous il y a deux minces filets sur l’épaule puis, plus bas, la vasque est brun noirâtre (Code Expolaire E 62 : brun gris exactement) ; à l’intérieur, sous la lèvre, qui est couverte, il y a un filet réservé puis l’enduit uniforme noir brillant ; la terre est beige ; elle se raye à la lame de métal mais non à l’ongle ; elle est très sonore et riche en mica ; le diamètre de l’embouchure est estimé à 12 cm. La dernière coupe examinée est représentée par le fragment B 20 ; la terre cuite est rosâtre, dure ; sur le bord, à ‘extérieur, il y a, entre deux bandes, un groupe de quatre filets horizontaux brun noir se détache sur un lait argileux de teinte rosée ; à l’intérieur, juste sous la lèvre, il y a un mince filet réservé et, se détachant sur l’enduit noir adhérent, deux filets horizontaux rougeâtres et espacés.

Avant de passer à l’examen de quelques pièces caractéristiques de la céramique grecque d’Occident de période archaïque et en provenance de la Monédière il faut proposer, pour les pièces de technique fine qui viennent d’être mentionnées, un certain nombre de comparaisons significatives avec des exemplaires de la Méditerranée orientale.

Revenons à la paterette à décor blanc sur fond sombre, Assez souvent ce type de céramique, lorsqu’il a été trouvé sur un gisement de la Méditerranée orientale a été brièvement caractérisé comme appartenant à la céramique « ionienne des îles » (Inselionisch). On pense évidemment aux rosettes des calices de Chio. Toutefois il semble que, si la comparaison avec ce type de céramique n’est pas inexacte 96, il est possible de préférer les comparaisons avec les exemplaires de Délos 97, de Pérachora 98 et même de Larisa / Hermos 99.

Les vases de la Grèce de l’Est avec large bande ondée sur le col font partie du groupe dont le « prototype » est l’hydrie à « ligne ondée » (Wave line hydrial).Ce décor, somme toute assez banal, n’est pas rare à la Monédière sur exemplaires de technique fine comme sur exemplaires de la céramique grecque d’Occident de période archaïque. Il est sur un fragment de Kessero / St. Thibéry (B 145) en terre café crème clair, tendre, micacée, de fabrication occidentale. Sur deux fragments de technique fine il est à Mailhac 100 et à Ampurias 101.

L’on sait que les arêtes rayonnantes vides (void rays) existent sur des bols du VIIème s. fabriqués en Méditerranée orientale, notamment sur certains « bols à oiseaux » (bird-bowls102. Elles continuent à exister sur les bols à rosettes de points en peinture sombre or deux pièces de St. Julien doivent être ici rappelées, le fragment de bol à arêtes rayonnantes vides et groupes de traits qui pendent depuis la lèvre (sépulture 11 / 1969) 103 et le petit fragment avec une rosette de points des fouilles de l’Abbé J. Giry 104. Ces fragments de St. Julien sont à comparer à des fragments analogues de Tocra et d’Histria avec, souvent, au dessus d’un pied bas, une large « couronne » d’arêtes rayonnantes vides 105. Les pièces en terre grise avec un décor blanc que nous avons signalées à la Monédière, ont des congénères en Bas Languedoc, à Mailhac (Musée) et à Pech Maho (Musée de Sigean) 106.

Avant de mentionner un choix de pièces avec décor mais de la céramique grecque d’Occident, il faut, brièvement, mettre en regard les caractéristiques de pieds de coupes « ioniennes » et de pieds de coupes de type ionien ou attico-ionien sortis d’ateliers occidentaux.

La comparaison entre les exemplaires de technique fine – planche III / 2 (La Monédière, Musée d’Agde, sans n°), planche IV / 2 = B 105, 3 B 203, 4 B 199 et les autres exemplaires reproduits pl. 111 / 3, pl. IV / 1 = B 68,5 = B 74,6 = B 49,7 = B 50,B = B 59 ainsi que sur la figure 3,permet déjà de se rendre compte d’une importante différence : dans la seconde série il y a non seulement grossissement mais aussi abâtardissement. Les caractéristiques techniques confirment cette première constatation. La terre cuite de trois exemplaires choisis du premier groupe fournit les renseignements suivants : B 105 :café crème rosé, assez dure, poussière de mica, B 199 : noisette rosé, dure, micacée, exemplaire du Musée d’Agde sans n° : rose (Code Expolaire B 24), dure mica très fin ; le pigment des mêmes pièces est, respectivement, jaune rouge (proche de D 46, Code Expolaire), brun avec technique striée (streaked technique107, brun gris très foncé (Code Expolaire J 61) ; les diamètres : B 105 : 5,7 cm, B 199 : 6 env. Parmi les exemplaires dont la technique n’est pas fine il ya dix pièces en terre cuite dure contre seulement six pièces en terre tendre. A la tranche, la terre est le plus souvent café crème clair il y a deux cas de terre beige (B 62 et B 49), un cas de terre café crème jaunâtre (B 50) et un cas de terre jaune blanchâtre (B 74). Le mica est partout présent. Le pigment est, dans la plupart des cas, rougeâtre – sur 9 pièces – et il est noirâtre bistre sur 4 pièces. Il y a un cas de peinture brun roux (B 50) et deux cas de peinture d’une technique assez évoluée, c’est à dire tentant d’imiter une pratique d’atelier attique, celle de l’application rouge en première couche (red ochre application) avec, au dessus, soit une peinture noirâtre mat (B 62 : fig. 3 / 1), soit une sorte de « vernis » noirâtre qui fait penser à ce que nos collègues anglo-saxons appellent « glaze » 108 pièce B 104 fig. 3 / 6).

Ces rapprochements s’ils font ressortir de nettes différences, prouvent aussi, dans certains cas, que certaines pièces de la céramique grecque d’Occident, malgré une facture lourde, témoignent de recherches techniques auxquelles on ne s’attendrait guère en milieu sinon « barbare » du moins en voie d’être – comme nous aimons à le dire – « méditerranéisé » 109.

Pour les imitations de décor de la Méditerranée orientale sur exemplaires en provenance de la Monédière nous nous bornerons à la mention de quatre pièces : un fragment de vase fermé de grande dimension avec le décor du sablier (« hour-glass »») ou du bipenne, selon la disposition adoptée par le peintre une pièce à Chio offre ce décor avec une datation transition VIIe s./ Ve s. 110, un fragment d’épaule d’œnochoé (B 140) avec des triangles pleins qui sont une rosière imitation des arêtes rayonnantes pleines qui sont, par exemple, sur une œnochoé rhodienne 111 voir ici la fig. 2 b ; deux fragments, qui proviennent l’un du site voisin de la Monédière, le site de Kessero / St. Thibéry (C 242), l’autre d’un site des environs de Béziers, le site de Montfo / Magalas (B 85), offrent un décor extrêmement abâtardi mais néanmoins fort significatif ; dans le premier cas il s’agit de l’imitation de la fleur de lotus telle qu’elle est stylisée au bord de certains bols de la Grèce de l’Est, à Rhodes (Vroulia) 112, à Larisa / Hermos 113, à Muet 114 et même à Chypre 115 dans le second cas c’est un bord avec vasque de coupe qui présente des gouttes oblongues qui paraissent être l’imitation, sous le bord à l’extérieur, des gouttes en forme de virgule que nous avons signalées sur le fragment B 25 : les deux motifs, surtout le premier évidemment, font penser à un décor analogue à Samos, sur bols 116.

Dans la nécropole de St. Julien, sur les exemplaires qui – nous l’avons vu – ont parfois des formes apparues pour la première fois en Languedoc méditerranéen, les thèmes ornementaux sont plus rares mais ils sont aussi peut-être plus exceptionnels 117.

Trois types de décors, qui existent sur céramique tournée, soit sur stamnos, soit sur œnochoé, a St. Julien, sont particulièrement révélateurs puisqu’ils relient ce gisement à des gisements de la Méditerranée orientale. En effet, toute question de technique mise à part, puisque ce n’est pas le lieu d’insister sur ces considérations 118, ce sont sans doute les trois motifs suivants qui, à St. Julien, nous permettent de faire les rapprochements les plus riches en enseignement : il s’agit du motif de la « moustache » et de ses analogues, du motif en pointe d’ogive ou plutôt en fleur de lotus schématisée et de la rosette de points.

La « double ondulation e décrite par l’Abbé J. Giry 119 est différente de la spirale en S couché qui a été imitée à Mailhac sur une amphorette de la céramique grecque d’Occident 120 et qui est figurée assez souvent sur céramique de la Grèce de l’Est par exemple sur un stamnos en provenance de Bayrakli exposé à Izmir au Musée de la Foire. Cette double ondulation, aujourd’hui visible avec difficulté, est à rapprocher en réalité d’un vieux décor hérité probablement de la céramique mycénienne, celui des « spirales affrontées » de E. Coche de la Ferté 121 ou du motif spiratiforme antithétique de Furumark 122. Certes ce motif a eu une vie propre, ici et là en Méditerranée orientale et s’est donc transformé : du motif mycénien primitif – celui des tentacules ou « bras » de la poulpe – il est devenu tantôt un motif ornemental quasi végétal, à Samos par exemple 123, à lasos 124, à Syracuse 125, dans la céramique archaïque d’Olynthe 126, tantôt une simple « moustache » ou « accolade », à Samos encore 127, à Chio 128 deux de ses transformations les plus récentes semblent être celles qui ont combiné un pseudo triangle ou un losange – à Didyme 129, à Al Mina 130, à Histria 131, dans le sud de la Russie, près de Panticapée, à Nymphaeum 132, à Délos 133 ou bien le motif des yeux apotropaïques, à Al Mina par exemple 134. Une stylisation remarquable, qui semble être assez proche du motif tel qu’il était à l’origine sur le stamnos de la sépulture 233 (J. Giry) de St. Julien, est celle qui est sur l’épaule de l’amphore pansue A 6 – 3446 de Xanthos 135.

Une autre stylisation qui semble être arrivée à son point extrême de simplification est celle de la fleur de lotus telle qu’elle peut être supposée sur deux stamnoi de St. Julien – celui de la sépulture 236 et celui de la sépulture 257 – (voir J. Giry Nécropole de St. Julien, 1969, figures, page 10 et R.E. Lig.,XXXI / 1-2, 1965 – (1970) p. 120, fig. 6 avec le texte p. 215 et p, 229). En effet, il n’est pas impossible de suivre la dégradation de ce motif depuis le style rhodien tardif, c’est à dire au début du VIème s. 136 ou même avant cette période. A Rhodes les exemplaires de cette fin d’évolution ne manquent pas, à Vroulia 137, à Marmaro 138, et d’une manière générale, à lalisos 139. Géométrisé, ce motif se trouve à Tocra 140 et, avec l’aspect d’ogives, il est à Chypre 141. C’est bien la même tendance simplificatrice qui se voit sur une imitation occidentale à Marseille 142.

Nous ne reviendrons pas sur le décor des rosettes de points sur épaule d’œnochoé rappelons seulement l’existence à Rhodes, (sur la même forme et au même emplacement) de ce motif 143 : voir notre fig. 2 a en Provence, les fouilles de St. Blaise ont aussi livré, sur un fragment d’œnochoé à bandes, le même décor (Musée de St. Rémy, n° Inv. 2279).

Ajoutons un dernier décor extrêmement simple mais très caractéristique : il s’agit des « œillères » sous la lèvre d’œnochoé à embouchure trilobée. La petite cruche de la sépulture 165 (J. Giry) 144 offre ce décor. Il est à Rhodes dans le stylé de transition 145. On le retrouve, ici et là, en Méditerranée, à Mersin 146 et jusqu’en Sicile, à Gela 147. Ces « œillères » (ou plutôt ce double feston) offrent donc encore une précieuse indication stylistique pour la détermination des divers courants civilisateurs qui ont abouti dans la basse vallée de l’Hérault.

L’examen des comparaisons, même sommaire, ne doit pas laisser de côté, dans la céramique cuite en atmosphère réductrice, le décor de groupe de lignes ondées incisées au peigne. Il s’agit d’un décor transmis grâce à l’expansion phocéenne vers l’Ouest mais, si la littérature fournit d’assez nombreux exemplaires de comparaison pour ce motif il est beaucoup plus rare de pouvoir rencontrer ce qui est très courant dans la basse vallée de l’Hérault notamment à la Monédière, c’est à dire le « bol » à marli avec, sur ce marli, le groupe de lignes ondées. Il est incontestable que dans la céramique grecque archaïque d’Occident et même encore au Vème s. le décor en question sur cette forme a connu une réelle vogue. Or, d’après les publications consultées, sur des sites ou dans les régions où pratiquement la seule céramique était la céramique monochrome grise, la forme associée à ce décor n’a pas été vue. Un exemplaire cependant existe à Histria 148. Par contre le même type de bol avec, au lieu de lignes ondées, des groupes de rainures concentriques – type qui existe à la Monédière, exemplaires Coulouma E 11, 12, 13, 92, 93 – est attesté à Lesbos 149. Il est intéressant de signaler, pour terminer le relevé des décors, que le même groupe de lignes ondées incisées figure sur le fragment de lékané en terre cuite claire, jaune paille, micacée que nous reproduisons pl. IV, fig. 11. Ajoutons enfin deux exemplaires de la céramique grecque d’Occident puisqu’ils montrent le traitement de motifs empruntés aux céramiques de la Grèce de l’Est avec une déformation ou une adaptation nouvelles : voir la pl. V. Le fragment de pinax (S’ 88) en provenance d’Ensérune rappelle le décor de grecque des plats à tige ou sans tige de la Grèce de l’Est, par exemple du fragment recueilli par nous à Larisa / Hermos et reproduit sur la pl. II c, fig. 3. Quant au fragment de vase fermé, sphéroïde D 26 en provenance de Kessero / St. Thibéry, il montre comment les gouttes (sur épaule d’œnochoé de la Grèce de l’Est), ont été accolées au point de former des groupes, presque méconnaissables, de ce motif.

Les documents en métal et en céramique qui viennent d’être examinés et qui ont été recueillis dans la basse vallée de l’Hérault semblent indiquer, par leur nature, leur qualité aussi souvent, et les comparaisons auxquelles ils ont donné lieu, qu’au VIème siècle et même déjà à la fin du VIIème siècle, cette région était connue et fréquentée avec profit par les navigateurs de la Méditerranée orientale qui y rencontraient des métallurgistes incinérants prompts à entrer en relation.

Il est donc naturel que, lorsque la céramique attique remplaça en Méditerranée occidentale par ses coupes à figures noires et à figures rouges, le canthare en bucchero nero. et la coupe dite ionienne, toute la basse vallée de l’Hérault fut un grand marché ouvert au commerce de cette céramique.

Les deux grandes cités grecques de l’Occident – Marseille et Ampurias eurent connaissance des ressources en métal – cuivre, plomb – et de la « coopération » possible avec les indigènes ligures mêlés de Celtes – les Misgetes des auteurs antiques -, et aux coupes du dernier tiers du VIème s. (voir fig. 1, 2 pl. VII) 150 succédèrent celles du Vème siècle puis des vases à figures rouges d’Italie (voir pl. VII la fig. 3 : col de nestoris (?) datable du IVème s. tardif).

L’échange de « produits manufacturés » contre des matières premières permit aux potentats barbares de vivre en partie « à la grecque » et aussi de faire observer, par leurs proches à l’heure de leur mort, des coutumes empruntées au monde hellénique – stamnos à St. Julien servant d’ossuaire, bris de coupe après libation au bord du Ioculus de la sépulture.

Ce qui dut extrêmement favoriser l’activité commerciale primitive dans la basse vallée de l’Hérault fut la possibilité de « doubler » la voie rhodanienne pour le lointain commerce avec l’ouest armoricain et gallois. Il est en effet permis de penser qu’à partir du troisième quart du VIème siècle – c’est à dire exactement au moment où la céramique attique à figures noires commence à parvenir en abondance en Languedoc méditerranéen – le commerce grec par mer fut obligé à se limiter aux eaux septentrionales du bassin occidental de la Méditerranée. Vers 540 la mainmise punique sur le sud de la Péninsule Ibérique interdit aux navires grecs la route océane par le Détroit de Gibraltar 151. Les bonnes grâces des « Princes » celtes furent donc encore plus activement recherchées. C’est alors que ces Chefs de clans voulurent s’offrir l’armure du type grec et les deux javelots de jet des guerriers du monde hellénique 152. Peut-on penser également que certaines hautes murailles de période archaïque comme celles de Pech-Maho / Sigean étaient moins destinées à une protection de la « population civile » qu’à satisfaire l’orgueil de petits princes de même qu’au Moyen-Âge, en Italie, les tours des demeures des familles nobles s’élevaient de plus en plus haut pour affirmer aux yeux de tous la puissance de leurs maîtres et seigneurs ? Or ces murailles étaient, comme l’a écrit Y. Solier si justement, des murailles « à la grecque ».

Dans la basse vallée de l’Hérault, les « maîtres et seigneurs » devaient se contenter d’en imposer à leurs humbles, très humbles sujets. Ils paradaient entre les cases en torchis de leur principauté mais ils étaient le client qui parlait d’égal à égal avec ces curieux marchands aventuriers venus de la mer et qui échangeaient la boisson des dieux et les beaux vases pour la boire contre ce qui trainait dans la terre – du cuivre, du plomb – ou ce qui parvenait par portage des terres noyées de brume – l’étain.

Ainsi donc l’escale de la Monédière, le marché de l’arrière pays de St. Siméon / St. Julien ont été, à la fin du VIIème s. et pendant de longues décennies ensuite une des grandes « plaques tournantes » du commerce en Méditerranée occidentale.

J.-J. JULLY,
attaché de recherches au C.N.R.S.

Notes

  1 Ensérune (…) p. 280 sq., p. 282 sq., p. 284 sq.

  2 Pour St. Julien nous utiliserons les publications de l’Abbé J. Giry notamment la tombe 11 de la nécropole « St. Julien » à Pézenas, Fédération historique du Languedoc méditerranéen et du Roussillon, XXXIXe Congrès, Montpellier, 1966 (1967), p. 59-64 Nécropole de St. Julien, brochure, Montpellier, 1968 ; La nécropole préromaine de Saint-Julien (Cne de Pézenas, Hérault) R. E. Lig. XXXI / 1-2, 1965 (1970), p. 117-235. L’examen comparatif que nous faisons dans ce travail remplace le compte-rendu de notre fouille en 1970 à la Monédière; ce compte-rendu paraîtra ailleurs.

  3 Jully, C.L.P.A., 14, 1965 / 1, p. 85-89 ; l’exemplaire de la Monédière est reproduit ici fig. 1/1.

  4 E. Cuadrado, Problemas de la fibula anular hispanica, Monografias del Seminario de Arqueologia, V, 1957, Univ. de Salamanca, notamment fig. 3 supérieure ; Id. Precedentes y prototipos de la Fibula Anular Hispanica, Trabajos de prehistoria del Seminarlo, de Historia Primitiva del Hombre de la Univ. de Madrid (…), VII, 1963, notamment p. 46 sq. et fig. 10 et 11 aux p. 47 et 49; M. Almagro, Sobre al origen de las mas antiguas fibules anulares Hispanicas, Ampurias, XXVIII, 1966, particulièrement p. 231 fig. 22.

  5 Jully, ibid, 1965, p, 88, fig. 3 (carte).

  6 ibid., p. 89.

  7 E. Cuadrado, Fibulas anulares tipicas del Norte de la Meseta Castellana, A.E.Arq. , XXXIII, 1966, nos. 101-102 / 1-2, p. 64 sq.

  8 J. Jannoray, op.cit., 1955, notamment p. 393, note 9.

  9 J. Giry, op. cit., 1965 (1970), p. 211.

  10 Collection P. Azéma, Bessan.

  11 J. Bergmann, Entwicklung und Verbreitung der Paukenfibel (…), J.R.G.Z.M., 5, 1958, p. 18-93, notamment, pour les types VI et VII, p. 23, p. 27 chronologie début de la Tène, p. 55-58 : distribution, p. 71 types (partiellement reproduits sur notre figure 1/2), p. 78, schéma chronologique de l’évolution et cartes 9 et 10.

  12 ibid., voir cartes 9 et 10.

  13 ibid., p. 55 : type VI / 1.

  14 ibid., p. 56, 57, 58, p. 75, fig. 7 c : Saraz (Doubs) avec, sur la carte 9, la localisation, dans cette région, du prototype de VI / 1.

  15 ibid., p. 56, 57, 58.

  16 ibid., p. 55, 56.

  17 ibid., p. 57 d’après R. Joffroy, RAB., 4, 1953, p. 101, fig. 16 / 5, 6 ; id., L’oppidum de Vix (…) 1960, pl. 19 / 4,5, pl. 20 / 5, 6, 7.

  18 J. Bergmann, op. Cit., p. 27, p. 57, p. 76, fig. 8 à droite ; C. Peyre, Problèmes actuels de la recherche sur la civilisation dans la Cispadane, R. A., 1969 / 1, p. 167. fig. 1 R 385, R 386 ; w. Dehn, O. H. Frey, Die absolute Chronologie der Hallstatt und FrühiaTénezeit Mitteleuropas auf Grund des Südimports, Atti del VI Congreso Int. delle Sc. Preist, e Protostoriche, Roma, 1962 (1966), p. 203 tombe 371 de la Certosa ; env. 500.

  19 Zannoni, Gli Scavi della Certosa di Bologna, 1871, pl. 103 ; J.-P. Millotte, Le Jura et les plaines de la Saône aux âges des métaux, 1963, p, 37.

  20 ibid. p. 37 J. D. Beazley, ARV/2, p. 1251 / 36 (29).

  21 W. Schüle, J.R.G.Z.M., 7, 1960, p. 86 ; Id. Las mas antiguas fibulas con pie alto y ballesta Trabajos del Seminario de Historia Primitiva del Hombre (Univ. Madrid) (…), II, 1961.

  22 Par exemple dans la sépulture 251 (J. Giry) : op. cit., 1965 (1970), p. 222 type à rapprocher d’un exemplaire de Mailhac, Cayla II et de Ruscino / Castel-Roussillon : W. Dehn, O. H. Frey, op.cit. 1962 (1966) p. 203.

  23 J. Giry, op.cit., 1965 (1970) sépulture 226 : p. 207.

  24 ibid., p. 155 sépulture 124 (J. Giry), « abords ».

  25 ibid., p. 190 sépulture 189 (J. Giry) ; cette « louche » était à l’intérieur d’un stamnos de type gréco-oriental.

  26 Pièces de cuirasse sépulture 233 (J. Giry) : Nécropole de St. Julien, 1969, p. 36, fig. inférieure R. E. Lig., XXXI, 1965, p. 222-223.

  27 Les références bibliographiques sont assez nombreuses. Citons U. Jantzen, Griechische Bronzeteller.

  28 Ath. Mitt. 63/64, 1938-39, p. 140 sq. ; G. M. A. Richter, Greek, Etruscan and Roman Bronzes.

  29 1915, p. 202-203, fig. 536. Dans ces deux ouvrages cependant il s’agit de bassins avec anses. Pour les bassins sans anse voir, pour la Sicile, H. Hencken, A. J. A., 62, 1958, p. 262-267 et pl. 56, fig. 4 a ; Syracuse, tombe 219 et O. H. Frey, Marburger Winckelmann Programm 1963, p, 20, fig. 2 : Gela ; en Péninsule Italique les bassins à rebord « perlé » sont plus nombreux qu’ailleurs ; une concentration maximum semble être en Etrurie Déchelette III, 1927, fig. 302/6 : VuIci ; St. Gsell, Fouilles de la Nécropole de VuIci, 1891, p. 401 : dans cinq tombes à fosse p. 516 dans sept tombes à chambre autres exemplaires signalés p. 401, note 4, à Orvieto, à Chiusi, à Vetulonia, Ceux de la tombe Regolini-Galassi sont bien connus : L. Pareti, 1947, p. 238 et pl. XXII. (210-214). A Rome, en provenance d’Etrurie probablement, nous en avons vu plusieurs dans les Réserves du Musée de la Villa Giulia (ancienne coll. Castellani, notamment nos. 51185,51186). Un exemplaire provenant d’Orvieto est exposé à Florence au Musée archéologique : n° 7575. A Rome encore mais dans une tombe de l’Esquilin cette fois – la tombe 127 – il y en avait un : E. Gjerstad, Early Rome II, p. 257 et fig. 227 / 5. Il vient d’en être publié un autre en provenance d’une sépulture de l’Italie méridionale, à Armento : D. Adamesteanu, Atti e Memorie della Società Magna Grecia, n. s. XI-XII, 1970-1971 (1972), pl. XXXVI, C7 D. Il faut donner un aperçu de leur diffusion hors de la Péninsule Italique en signalant les études suivantes : en Allemagne de l’Ouest (Bavière, Wurtemberg) : Déchelette, IV, Note additionnelle, p. 1. 101 W. Dehn, Die Bronzeschüssel aus den Hochmichele Grab VI und ihr Verwandtkreis Fundberichte sus Schwaben n. s. 17, 1965, p. 126-134, en Suisse : Déchelette, Ioc.cit.; aussi W. Drack, Altere Eisenzeit der Schweiz. Die Westschweiz (…), 1964, p. 16, fig. 17, 18,p. 17, fig. 19, pl. 4,5 ; en Provence : W. Dehn, op.cit. 1965, p. 130, fig. 4/1 : Vauvenargues, fig. 4/2 Caderache ; dans le Gard, à Roquemaure P. Jacobsthal, E. Neuffer, Préhistoire 11/1, 1933, p. 18, à St. Côme de Maruéjols (Musée de Nîmes) dans les Hautes Alpes, à Serres : J. C. Courtois, Découvertes archéologiques de l’âge de Bronze et de l’âge du Fer dans les Hautes Apes 1955-1967, (1968), p. 45 et fig. 8/1 ; en Languedoc occidental, à Launac : Cazalis de Fondouce Mémoires de la Société archéologique de Montpellier, n. s. II, 1902, p. 184 pl. IX / 5 : Musée de la Société n° 1812 à Mourèze (D. Rouquette) à Taussac, (coll. J. Giry) : Les arts du métal en Gaule méridionale, n° 182 à Mailhac, nécropole Grand Basin II, sépulture 14 : Louis, O. J. Taffanel, II, 1958, p. 65, fig. 45 / 10. L’on sait que l’origine de fabrication a été interprétée de deux manières : voir, pour une origine grecque, (Rhodes), F. Villard, Monuments et Mémoires, Fondation Piot, 48/2, 1956, p. 47 avec comme « centre distributeur » l’Etrurie, voir Clark Hopkins, A.J.A., 61/4, 1957, p. 338-339 (la technique du repoussé était bien établie en Étrurie avant le VIIème s.) ; aussi O.H. Frey, op.cit., 1963, p. 22 : centre de fabrication en Italie Centrale et dans le Picenum. Enfin rappelons l’existence en Étrurie, à Civita Castellana d’une imitation en terre cuite de ce bassin à rebord « perlé » : St. Gsell, op.cit., p. 402, note 9. Or, à St. Julien la sépulture 263 (J. Giry) offre ce qui parait bien être aussi une imitation du même type de bassin : J, Giry, op. cit., 1965 (1970), p. 230 « Plat indigène, à oreillettes et bord dentelé » exécuté en terre cuite également.

  30 En Etrurie : exemplaire n° 79 du Catalogue de l’Exposition Étrusque en 1967 à Stockholm Etruskernas Konst och Kultur, 17 Janvier – 5 Mai 1967, p. 40.

  31 De très bonne heure on s’est servi en Méditerranée orientale d’une « louche » : rappelons la forme réalisée en terre cuite à l’Helladique Ancien : C. W. Blegen, Zygourie 1921, p. 96, fig. 84, p. 96-99 : une douzaine au moins. En métal, par la suite, elle fut répandue partout en Méditerranée orientale et même dans l’Hinterland anatolien, en Phrygie, à Gordion à la fin du 8ème s. : G. et A. Körte, Gordion (…), 1904, p. 75, fig. 59 = aussi R. Young, VI Congrès d’Archéologie Classique, Paris 1963 (viva voce) ; elle est à Chypre :S.C.E. IV/2, pl. XLV / 4 Marion, sépulture 25, pl. XLIX / 43 Marion, sépulture 34 et E. Gjerstad rappelle, p. 409,les exemplaires de Rhodes (Lindos) et de Syrie. Au VIème s. on la trouve à Pérachora (R. Young). Sur céramique attique elle est assez souvent reproduite sur figures noires Pots and Pans of Classical Athens, American School of Classical Studies, 2nd édit., 1961, fig. 18 : ABV, p. 186 (datation : 520-510) aussi sur figures rouges : AR V/2, p. 621 / 41 (36) = Ashmolean 523 : Peintre de la Villa Giulia (env. 450) encore voir V. Noble, The techniques cf painted Attic pottey,1966, fig. 121, fig. 125. En Péninsule Italique la forme est fréquente clin est dans le Nord, dans la civilisation d’Este G. Fogolari, O. H. Frey, Studi Etruschi, 33, 1965, p. 284, fig. 17 / 7 (en contexte avec un bassin à bossettes tombe Capodaglio 31) elle est dans le Centre : Montelius, Die Vorklassische Chronologie italiens, pl. LIII / 1 c ; dans les tombes d’Étrurie la « louche » est associée à de la céramique attique à figures noires du VIème s. et à figures rouges du Vème s. G.M,A. Richter, op.cit., 1915, p. 234. Nous avons vu des exemplaires à Rome au Musée de la Villa Giulia (par exemple le n° 24.610), à Florence, au Musée archéologique, salle 18 Orvieto, nos. 75.752, 75.753. Ce « bien de consommation » est passé à Hallstatt dans les tombes les plus anciennes de guerriers : K. Kromer, Das Gräberfeld von Hallstatt, 1959, pl. 6/3, texte p. 25 ; il a été signalé dans le Jura : J. P. Millotte, op. cit. 1963, p. 284, dans la Côte d’Or, à Magny Lambert : R. Joffroy, R. Audin, R. Riquet, Inventaria Archeologica, France fasc. 1, 1956, fig. 3 / 2 et en Languedoc méditerranéen, dans l’Aude, à Mailhac,= :O. et J. Taffonel, Gallia, XX, 1962, fig. 23 (108) = fig. 26 (108) : Grand Bassin I tombe 68 : texte p. 24.

  32 S. Vilasecca et al., La necropolis de Can Canys Banyeres, (Prov. de Tarragona), trabajos de prehistoria del Seminério de Historia Primitiva del Hombre (Univ. Madrid), VIII, 1963, p. 62, fig. 21. Il ne faut pas oublier non plus l’exemplaire de la sépulture languedocienne de Corne Lauzo avec son contexte de coupe attique des Petits Maîtres O. et J. Taffanel, Gallia, XVIII, 1960 / 1, p. 9 fig. 11.

  33 D. Adamesteanu, op. cit., 1972, pl. XXXV II/B : cuirasse, C : cnémide.

  34 J. Giry, op. cit., 1965 (1970), p. 213 : sépulture 233 (J. Giry) en contexte avec une « longue fibule en fer, à arc anguleux » qui, d’après ce qu’il en reste, semble pouvoir être rapprochée du type sicilien et sud hispanique, fibule a gomito ou de codo : voir M. Almagro, op.cit., 1966, p. 215 sq.

  35 J. Giry, op. cit., 1965 (1970), p, 125, fig. 13 ; sépulture 35 (J. Giry) : exemplaire en cuivre.

  36 J. Giry, op. cit., 1968, p. 40, fig. supérieure sépulture 6 (J. Giry).

  37 E. Cuadrado, Broches de cinturon de placa romboidal en la Edad del Hierro Peninsular, Zephyrus, XII, 1961, p. 208-220.

  38 J. Jannoray, op. cit., p. 59-60 par exemple.

  39 ibid., p. 59.

  40 La céramique. grecque de Marseille. VIe-IVe s. (…), p. 51-52 : bucchero ionien et bucchero éolien. Nous avons eu la possibilité en Turquie de faire des comparaisons dans certaines collections, à Izmir, à Sardes et de faire une collecte à Larisa / Hermos.

  41 Jully, Archeologia, 48, 1972, p. 66 aussi ld., Céramiques ibéro-languedociennes et de type ibérique du Languedoc-Roussillon et comparaisons en Péninsule Ibérique, Estudios Alicantinos, à paraître Id. Une factorerie celte et ligure en Languedoc méditerranéen : la Monédière dans le delta antique de l’Hérault, Skrifter Utgivna av Svenska institutet i Rom, Opuscule Romana, à paraître.

  42 Dans notre fouille d’Oct.-Nov. 1970 : voir l’appendice de l’ouvrage sous presse : La céramique attique de la Monédière (…) Collection Latomus, vol. 124, pl. XVIII.

  43 Pour la Monédière voir Jully, Note sur la céramique étrusque de la Monédière (Bessan Hérault), R E. Lig XXVIII, 1962, p. 243-250, Jully, R. Majurel, Nouveaux fragments de céramique étrusque provenant de la Monédière, Bessan Hlt, R. E. Lig. sous presse, Pour St. Julien voir J. Giry, op. cit., 1965 (1970), passim et tout particulièrement p. 131, tombe 11 (J. Giry) : ld., op. cit., 1966 (1967), p. 62.

  44 ibid., loc. cit. : décor sur la vasque, à l’extérieur, chevrons sur les anses – face interne – à l’extrémité d’un long filet un triangle plein qui rappelle le triangle en pendentif (pendant triangle) du Villanovien : H. Hencken, Tarquinia, Villanovans and Early Etruscans, 1968, p. 530.

  45 V. Gessner, Die geometrische Ornamentik des spätbronzezeitlichen Pfahlbaukreises der Schweiz, 1946 ; P. Sternquist, Ornementation métallique sur vases d’argile, Meddelanden fran Lunds Universitets Historiska Museum, 1958, p. 112-120 pour la Suisse ; dans le même travail voir, pour la France (lac du Bourget), à la p. 120 et suivantes.

  46 M. Bertolone, Ceramica dipinta, ornata a IamelIe e a stampiglia nella cultura di Golasecca, Sibrium, 1, Varese, 1953-1954, p. 93-110. Cornaggia Castiglioni, Genesi e diffusione della ceramica preistorica europo-occidentale decorata con incrostazioni metalliche, Rivta archeologica de l’antica provincia e diocesi di Como, fasc. 138, 1956, p. 29-61 avec p. 61, la pl, 7 : carte de distribution principalement dans le Nord de l’Italie ; B. Sternqujst, op.cit., 1958, Italie : céramique ornée d’étain : p, 127-139, céramique ornée de plomb p. 140. H. Hencken, op.cit,, 1968, p. 530 puis p. 542 : casque en cloche du Villanovien II A avec un contexte général de vases de type grec datables, selon l’auteur, de 750 à 700 : ibid., p. 541. Une courte étude, utile cependant, est celle de W. Trachsler, The influence of metalworking on prehistoric pottery : Some observations on Iron Age Pottery of the Alpine Region, dans Ceramics and Man, Viking Fund Publications n Anthropology, n° 41, Chicago. 1965, p. 140-151.

  47 J. Déchelette, La collection Millon, 1913, p. 125 « appliques en feuilles d’or de travail celtique » sur deux coupes attiques, une qui est entièrement noire et une qui est à figures rouges (Peintre d’Amphitrite, 2ème quart du Vème s. = ARV/2, p. 831/25 (18) : intérieur, femme avec torche près d’un autel).

  48 Jully, Études sur Pézenas et sa région, III/3, 1972, pl. III A/1.

  49 J. Giry, op.cit., 1965 (1970), p. 122, fig. 10/1 : sépulture 15 (J. Giry).

  50 Pour l’épaule voir ici pl. III/a ; pour les pieds de technique fine (profil soigné, peinture adhérente) voir ici pl. III/2 et pl. IV/2, 3, 4. L’exemplaire de la pl. III/1 a été trouvé en fouille stratigraphique, sondage 1, carré A 1, N. 34, O, 71, profondeur : 55cm ; remarquer la présence d’un graffite après cuisson : espace (triangulaire ?) quadrillé ; comparer au même type de décor surajouté sur un autre fragment de céramique tournée de la Monédière : Jully, Ampurias, XXX, p. 73, fig. 4. Comparer l’aspect du bord de la coupe de la pl. III/1 à celui de l’intérieur des bords de coupe en provenance de Larisa / Hermos, ici pl. II b, nos. 1, 2, 4 et tout spécialement le tesson de la fig. 1 dont la surface interne est recouverte d’un enduit à la poussière de mica « doré », technique typique d’une série de vases en Lydie, à Sardes même technique sur un exemplaire de coupe à Vic-Mireval (Hlt.) habitat de la Roubine (M. Soulié).

  51 Voir ici pl. IV / fig. 5 à 8 tout particulièrement et les profils des pieds de la fig. 3 (9 pièces). Comparer aussi l’exemplaire occidental (pl. III / 3) à l’exemplaire de technique fine (pl. III / 2).

  52 J. Jannoray, op.cit., 1955, p. 230, fig. 26, sépulture 70,87 ; aussi au Musée d’Ensérune MM 523, MM 529, MM 533. A noter qu’à St. Julien la forme peut être associée à celle qui a une embouchure trilobée : voir par exemple J. Giry, op cit., 1967, p. 61, fig. 16.

  53 Caractéristiques : 3,5 x 2,9 ; terre, à la tranche, rose, (Code Expolaire C 52), dure, micacée ; surface intérieure non peinte, rouge très pâle (Code Expolaire C 23), pigment noir brillant, violine avec deux filets blancs les trois languettes sont incisées.

  54 Vases antiques du Louvre, I, 1897, p. 13, n° A 311 et les suivants.

  55 J. Giry, op.cit., 1965 (1970), p. 179 : « abords » de la sépulture 169 (J. Giry).

  56 Caractéristiques de la pièce de la pl. II a 1 : (coll. C. E. G. de Bessan) terre dure, tranche brun pâle, dégraissant : fin mica, surface extérieure lissée à l’étoffe, surface intérieure : stries d’un tour rapide, peinture faisant corps avec la terre cuite, tantôt diluée jaune rouge (Munsell Soil Color Charts 5 VA 6/6) D 46 Code Expolaire), tantôt gris foncé (Munsell 5 VA 4/1 = F 90 approximativement, Code Expolaire) ; une des deux rosettes de points présente un cercle en peinture brun clair, diluée ; un autre cercle « inscrit » se devine. Caractéristiques de la pièce de la pl. II a 2 (collection particulière) : terre tendre, brun très pâle, dégraissant poussière de mica, peinture mate, tantôt gris rouge foncé (Code Expolaire F 41), tantôt brun rouge foncé (Code Expolaire F 23) ; exemplaire de la céramique grecque d’Occident.

  57 J. Giry, op.cit., 1965 (1970), p. 131 et p. 121,.fig. 9 = op. cit., 1967 p. 61, fig. 9 et p. 62 ; la terre est brun très pâle, le pigment est tantôt brun rouge, tantôt brun foncé l’épaule forte, la panse sphéroide rapprochent cet exemplaire de la forme d’exemplaires rhodiens du dernier quart du VIIème s. : cf. H. Walter, Samos V, 1968, pl. 120 / 601 et 602. Toutefois l’origine de la forme parait être à Corinthe cf. H.G. Payne, Necrocorinthia, fig. 10 A, Protocorinthien récent, fig. 10 C, Transitionnel : col cylindroïde comme l’exemplaire de St. Julien, sépulture 206 (J. Giry) aussi Necrocorinthia, fig. 10 E, col à bourrelets, ce qui semble être comparable à la fois au bourrelet de col de telle ou telle pièce de St. Julien et au col à fort ressaut de l’exemplaire de St. Julien, sépulture 11 (J. Giry) : op. cit., 1967, p. 61, fig. 15.

  58 Histria ll, 1966, p. 465, pl. 33 / 609 et 610 : J. Giry, op.cit., 1965 (1970), p. 131 et p. 121,.fig. 9 = op. cit., 1967 p. 61, fig. 9 et p. 62 ; la terre est brun très pâle, le pigment est tantôt brun rouge, tantôt brun foncé l’épaule forte, la panse sphéroide rapprochent cet exemplaire de la forme d’exemplaires rhodiens du dernier quart du VIIème s. : cf. H. Walter, Samos V, 1968, pl. 120 / 601 et 602. Toutefois l’origine de la forme parait être à Corinthe cf. H.G. Payne, Necrocorinthia, fig. 10 A, Protocorinthien récent, fig. 10 C, Transitionnel : col cylindroïde comme l’exemplaire de St. Julien, sépulture 206 (J. Giry) aussi Necrocorinthia, fig. 10 E, col à bourrelets, ce qui semble être comparable à la fois au bourrelet de col de telle ou telle pièce de St. Julien et au col à fort ressaut de l’exemplaire de St. Julien, sépulture 11 (J. Giry) : op. cit., 1967, p. 61, fig. 15., texte p. 109.

  59 Ch. Llimas, A. Robert, Revue archéologique de Narbonnaise IV, 1971, p. 22, fig. 38 ; voir plus loin, notre note 103.

  60 Terre jaune rouge (Code Expolaire C 46), dure, très épurée, très homogène, sans dégraissant visible à l’œil nu, pigment gris noir à l’extérieur (Code Expolaire F 10), noir à l’intérieur (Code Expolaire J 10).

  61 Numérotation J. Giry des sépultures : 159, 189, 233, 236, 251, 257 : J. Giry, op.-cit., 1965 (1970), p. 172, 189, 215, 223, 229.

  62 E. Pottier, op. cit., 1897, p. 27, B 561 ce vase était dans un « tombeau ».

  63 J. Boehlau, K. Schefold, Larisa-am-Hermos, III, 1942, p. 125, fig. 50 supérieure sépulture 33 et p. 158, fig. 66 inférieure sépulture 52.

  64 H. Metzger, Fouilles de Xanthos IV, (…), 1972, pl. 16 / 54 et p. 48.

  65 Histria ll, pl. 26 / 416 (style de Fikellura).

  66 S. C. E. IV / 2, fig. XXXI, jarre 9/1, Bichrome IV, Chypro-archaïque I : 700 à 600 env.

  67 D Harden, The pottery from the precinct of Tanit at Salammbô, Carthage. Iraq IV / I, Spring 1937, p. 65, fig. 3/ e.f : urne de Tanit l, classe B. Aussi exemplaires à Carthage vus au Musée National.

  68 P. Orsi, Siracusa (…), N.S.A., 1893, p. 454, sépulture 29 ; ibid, 1925, col. 196, fig. 151.

  69 A St. Julien, exemplaire dans la sépulture 4 (J. Giry) : op. cit., 1965 (1970), p. 127. Pour le type de Grande Grèce et de Sicile voir G. Vallet, F. Villard, Megara Hyblase II, 1964, pl. 204, surtout l’exemplaire n° 9 p. 183 céramique locale.

  70 Histria ll, p. 466, fig. 34, notamment nos. 619, 621, 623, 624, 625.

  71 J. Giry, op. cit., 1968, p. 18, fig. supérieure la coupelle/couvercle n’a pas le diamètre convenable pour servir de couvercle au stamnos sur lequel elle était posée. Signalons une forme analogue à Tocra J. Boardman, J. Hayes, Excavations at Tocra, 1963-1965, (1966). pl. 51/884 (Grèce de l’Est ; indéterminé).

  72 J. Giry. op.cit. 1965 (1970), p. 131 = op. cit, 1967, p. 61, fig. 1.

  73 Id. 1965 (1970), p. 230.

  74 ibid., p. 128.

  75 ibid., p. 211. Très intéressant aussi est le petit vase en terre cuite non tournée de la sépulture 223 (J. Giry) en effet il tente d’imiter le type de la pyxis grecque ovoïde cf. Jully, S. Nordström, Les vases à oreillettes perforées en France et leurs similaires en Méditerranée occidentale, Archivo de Prehistoria Levantina, XI, 1966. p. 99 sq.

  76 J. Boardman, Excavations in Chios, 1952-1955. Greek Emporio (1967), p. 125, fig. 76 et pl. 37/320. Voir aussi notre article rédigé avec Y. Solier : Les gobelets gris carénés à l’âge du Fer languedocien, Mélanges F. Benoit, vol. I, (Bordighera).

  77 Planche dessin d’après O. Taffanel, dans Louis, O. J. Taffanel, Le premier âge du Fer languedocien, I, 1955, p. 105, fig. 76, 1, 2 (n° Inv. 30.017), 3 (30.018), 4 ; sur notre fig. 4 le n° 5 est le profil du « marli » de l’exemplaire n° 30.018.

  78 Ch. Llimas, A. Robert, op. cit., p. 19, fig. 32, sépulture 7/69.

  79 Études sur Pézenas et sa région, III/3, 1972, pl. III B 6. Parmi les nombreux rapprochements possibles citons les exemplaires suivants en terre cuite : à Larisa/Hermos, op. cit., pl. 47/6, bucchero gris, en Sicile, à Gela : Mon. Ant. Lincei, XVII, 19, colonnes 649-650, à Syracuse, N.S.A., 1925, p. 317, fig. 70.

  80 Voici les autres caractéristiques de ces deux pièces : anse trifide : 3,5 x 2,6, ruban seul : 1,5 x 1,2, de chaque « boudin » 1, 2, terre très dure, tranche gris clair (Code Expolaire A 90), surface gris/blanc, poussière de mica ; anse à section de type trapézoïdal terre très dure, tranche gris très clair (Code Expolaire B 90), poussière de mica, enduit gris brun, gris foncé (Code Expolaire D 90/F 61).

  81 op. cit., 1972, pl. III B 5 n° Inv. Coulouma E 58 : terre tendre, gris « souris », mica, sans enduit. On sait que la forme est plus fréquente en Provence F. Benoit, Hellénisation C.(…), 1965, pl. 27 à 30. La forme est à Ampurias M. Almagro, R.E. Lig. XV, 1949 / 1-2, p. 78, fig. 13.

  82 J. Boehlau, K. Schefold, op. cit., 1942, p. 102, fig. 32 a, b, notamment.

  83 H. Metzger, op.cit., 1972, p. 62, fig. 6 / 94 : bol anatolien.

  84 Pour le bord voir J. Boehlau, K. Schefold, op.cit., 1942, p. 113, fig. 37, rang inférieur g. (K.L). Pour la prise latérale en bobine (lug-handle) voir ci-dessus la note 79.

  85 ibid., p. 116, fig. 39, notamment la pièce « a » et fig. 40, a.

  86 Museum of Classical Archaeology, Cambridge ; caractéristiques de la pièce : terre très dure, surface gris brillant, savonneuse au toucher, dégraissant : particules blanches.

  87 Voir la pièce B 138 reproduite sur la planche en couleur publiée par J. Coulouma et l’Abbé Thomas, C.H.A., 1936, pl. IV/3.

  88 Quant à la pièce B 94, les fouilles d’Histria nous offrent un exemplaire quasi identique : Histria ll, p. 462, pl. 30/563, texte p. 106, niveau archaïque II : début VIème s. 570.560.

  89 Hauteur 16 cm, largeur 18 cm voir la photo pl. II d, d’après un dessin de H. Martin-Granel.

  90 J. Boehlau, K. Schefold, op.cit., 1942, p. 148, Un autre fragment d’épaule d’œnochoé – le fragment B 148 – présente, sur la terre cuite claire, non grise, le même type de gouttes mais en peinture rouge moyen lustré : il s’agit d’un exemplaire non occidental : comparer à l’exemplaire de Larisa / Hermos, pl. 54/14.

  91 H. Rolland, VIIème s. Supplément à Gallia, 1956, p. 36, fig. 22.

  92 H. Metzger, op. cit., 1972, pl. 13/52, p. 46-47.

  93 op.cit., 1942, voir particulièrement, sur la pl. 54, la fig. 8.

  94 C.L. Woolley, J.H.S., 58, 1938, p. 25, fig. 10 ; le pigment de la pièce de la Monédière est rouge moyen.

  95 Voir Histria I, 1954, p, 392, fig. 243, p. 403, fig. 265 ; aussi à Chio : J. Boardman, op. cit., 1967, p. 113, fig. 68/129.

  96 Par exemple la comparaison avec le fragment 1965.9.30.272 au Musée Britannique avec cependant un décor brun rouge et blanc.

  97 Délos X, pl. 17/99 ; Délos XVII, pl. 46/38, 47/40-41.

  98 Perachora II 1962, pl. 155, nos. 4035, 4064, texte p. 372.

  99 op.cit., 1942, pl. 39/8 notamment ; il s’agit de fragments d’œnochoés ; mais sur les coupes recueillies à Larisa/Hermos le décor blanc – lignes, points – est fréquent, notamment sur fond sombre Ibid., passim en particulier p. 152. On pense évidemment à l’exemple probablement utilisé comme prototype, c’est à dire à celui de la céramique corinthienne.

  100 Ph. Héléna, Les Origines de Narbonne, 1937, p. 363, fig. 238 H. Martin-Granel, Gallia II, 1944, p. 10.fig. 11, supérieure.

  101 M. Almagro, op. cit., 1949, p. 99, fig. 37 (lékané).

  102 J. Boardman, J. Hayes, op. cit., 1966, pl. 38/733 (bol à oiseau) ; pour le bol à rosette de points avec arêtes rayonnantes vides voir, même planche, le n° 723.

  103 Ch. Llinas, A. Robert, op.cit., 1971, p. 22, fig. 38 ce décor était au dessus d’un pied très bas et très fin et le fond de la vasque, au dessus de ce pied, comportait, en peinture diluée, un motif spiraliforme d’un type très caractéristique des coupes de Rhodes, à Vroulia par exemple où ce motif est à l’extérieur par contre il est à l’intérieur de coupes à Chio : J. Boardman, op.cit 1967, pl. 39/380, 1 et à Histria : Histria I, p. 386, fig. 210.

  104 Sépulture 64 (J. Giry).

  105 Voir note 102 ; ajouter, pour la rosette de points à Tocra : J. Boardman, J. Hayes op.cit.,pl. 38/734, 735, 736, 740, 742 et pour le même motif, à Histria : Htria I 1954, p. 384/204-206 et p. 387 fig. 215-2 18, p. 388, fig. 21.

  106 Mailhac, Cayla II, en 1967 : 6 tessons dans la fouille 40 ; fragment avec gouttes n° 30.096.Voir notre article Anatolie occidentale et céramique grecque d’Occident : technique et transmission, Congrès Préhistorique de France, XVIIIème Session, 1966, p. 357-367.

  107 Voir notre article Anatolie occidentale et céramique grecque d’Occident technique et transmission, Congrès Préhistorique de France, XVIIIème Session, 1966, p. 357-367.

  108 N. Coldstream, qui a vu cette pièce.

  109 Autres imitations de pratiques d’atelier attique : imitation (à l’intérieur de la vasque d’une coupe de type ionien mais de fabrication Occidentale) du médaillon réservé avec, en son centre, un ou deux cercles et un point centré : voir ici pl. III/3) (Musée d’Agde) et sur la fig. 3 (dessin) les pieds nos. 2, 3, 7 ; autre imitation : sous le cône une large bande peinte, noire généralement : voir même fig. le n° 2 ; cette dernière caractéristique est très rare sur une coupe de la Grèce de l’Est : 2 exemplaires connus en 1962 : Perachora II, p. 378.

  110 J. Boardman, op.cit., 1967, pl. 33/229, p. 121 et chronologie p. 101.

  111 Clara Rhodos VI-VIII/1, 1932, fig. 131 et p. 117.

  112 Kinch, Vroulia, 1914, col. 139, fig. 46 (Berezany).

  113 op. cit. 1942, pl. 50/11 (Strerfenware).

  114 H. Prinz, Funde aus Naucratis 1906, p. 15.

  115 Myres, Cesnola Collection, p. 64, 80, 83, 85, 87.

  116 Technau, Ath Mitt, 54, 1929, p. 36, fig. 28/4 et p. 34, couche subgéométrique.

  117 Seules quelques comparaisons seront données ici puisque l’ouvrage en collaboration (E R A 63) sur la nécropole de St. Julien est en préparation.

  118 Voir note 117.

  119 op. cit., 1965 (1970), p. 212.

  120 Louis, Taffanel, op. cit., I, 1955, p, 100, fig. 67/1, n° Inv. 30.0 78.

  121 Essai de classification de la céramique mycénienne d’Enkomi (…), 1951, pl. 1X13 particulièrement : Myc. III B, C.

  122 The Mycenaean Pottery. Analysis and Classification, 1941, p. 362 sq. et p. 363, fig. 62/50, particulièrement le n° 2.

  123 Technau, op.cit., 1929, p. 22, fig. 16, cratère avec renvoi (p. 24) à Rhodes (Vroulia). Aussi Eilmann, Ath. Mitt., 1933, fig. 88.

  124 Doro Levi, A.S.A.A. 1965-1966 (1967), n. s. 27-28, p, 509, fig. 128, fig. 128, p. 504, olla stamnoïde.

  125 P. Orsi, N.S.A., 1893, p. 454, sépulture 19, stamnos.

  126 D.M. Robinson, Olynthus V, 1933, pl. 30. p. 46, œnochoé, p. 33.

  127 H. Walter, Ath. Mitt. 72, 1957, pl. 55, fig. 2, hydrie, p. 42 (Schlingenmuster) : géométrique tardif ; H. Vierneisel, H. Walter, Ibid., 74, 1959, pl. 42, fig. 2, vase stamnoïde, p. 18 : entre 710 et 640/630 ; aussi Beilage 45 à droite, amphore : 3ème quart du VIIème s.

  128 J. Boardman, op.cit., 1967, p. 104, fig. 61, fig. 61, p. 140, fig. 61, p. 140, fig. 88, amphore pithoïde, pl. 44 X et Y.

  129 A. Naumann, K. Tuchelt, lstanbuler Mitt., 13/14 1963/64, pl. 19, fig. 2, amphore de Fikellura.

  130 Fragment de dinos, Londres, Musée Britannique, Réserves Al Mina 1968.3.25.96.

  131 Lambrino, Les vases archaïques (…), 1938, p. 241, fig. 203 et 204, amphore fin VIIème s./1er quart du VIème s. « lotus stylisé s en position médiane ; Histria II, pl. 35/638, niveau archaïque I : dernier quart du VIIème s./1er quart du VIème s. p. 403 ; aussi pl. 35/639, niveau archaïque II 470 à 460.

  132 J. Boardman, Archaeological Reports for 1962-63 (1963), p. 48, fig. 33, rang supérieur droite : « élaboration florale du motif courant de la moustache », fabrication locale possible.

  133 F. Poulsen, Ch. Dugas B.C.H., 35, 1911, p. 418, fig. 80/88, p. 419 : style « pseudo-mélien ».

  134 M. Robertson, J.H.S., 60, 1940, p. 10 cruche ventrue (broad-jug-style), Rhodien A.

  135 H. Metzger, op. cit., 1972, pl. 12/50 et p. 46 : atelier de la Grèce de l’Est, présomption : Samos.

  136 E. Buschor, Griechische Vasen, 1940, p. 88, fig. 100, texte p. 89, œnochoé.

  137 Kinch, op.-cit., 1914, pl. 3/2 (stamnos), colonnes 71, 141.

  138 Clara Rhodos, VIII, 1936, p. 67, fig. 52, cruche.

  139 A. Maluri, A.S.A.A., 6-7, 1923-24, p. 267, fig. 167, stamnos et p. 268.

  140 J. Boardman, J. Hayes, op. cit., 1966, pl. 30/592, cruche et p. 47. A rapprocher de cet exemplaire est un stamnos fragmentaire de Bayrakli/lzmir (Musée de la Foire, Izmir) avec l’alternance feuilles groupées et lotus schématisé en V.

  141 S.C.E. IV-2, fig. XXXIX, amphore 16, céramique Noire sur Rouge II/IV, Chypro-archaïque I (700).

  142 G. Vasseur, L’origine de Marseille (…), Annales du Musée d’Histoire Naturelle de Marseille, XI 11, 1914, p. 147, fig. F (dessin avec motif incomplet) = P. Jacobsthal, E. Neuffer, Préhistoire II/I 1933, p. 11, fig. 8 a b = Ch. Lagrand, Cahiers Rhodaniens X, 1963, p. 44, fig. 1 = F. Benoit, Hellénisation (…), 1965, pl. 6/1 et p. 140.

  143 Clara Rhodos, VI-VII, 1932-1933, fig. 127, œnochoé à bandes sur le corps et à œil apotropaïque sous le bord.

  144 J. Giry. op.cit., 1965 (1970), p. 121, fig. 8 ; Id, op. cit., 1968, p. 24, fig. inférieure.

  145 Ch. Kardara Style des Vases Rhodiens (en grec), 1963, p. 183, fig. 157, œnochoé.

  146 R. D. Barnett Annalsof Archaeology and Anthropology (Univ.of Liverpool) 26, 1936-40, pl. 79/5 et p. 122, niveau II B-III : classe A de E R. Price, début et milieu du VIIème s. (probablement) : ibid. p. 121.

  147 P. Griffo, Sulle Orme della civilta Gelese, 1958, pl. 55 inférieure à droite : cruche de fabrication locale provenant de la nécropole indigène de Bubbonia près de Gela.

  148 Histria II, p. 491. pl. 59/477, texte p. 99.

  149 W. Lamb, J.H.S., 52, 1932, fig. 2, n° 14 s, b, céramique grise brunie.

  150 Pied de coupe « chalcidisante » (J. D. Beazley) ou plutôt « chalcidienne «  (cette photo omise dans le précédent article Études sur Pézenas et sa région, III/3, 1972, pl. IV (4) est donnée ici comme exemple de céramique à figures noires de la fin du VIème s. recueillie à la Monédière) : à ce propos rappelons l’abondance de la céramique attique sur ce comptoir ! dans la collection J. Coulouma 464 pièces attiques avec une chronologie allant du milieu du VIème s. au début du IVème s., y compris des pièces datables stylistiquement notamment 72 pièces de la première moitié du VIème s. : Voir notre travail La céramique attique de la Monédière (…), collection Latomus, n° 124, 2 vols, sous presse.

  151 Ainsi que le rappelle Stuart Piggott, Ancient Europe (…), 1965, p. 193.

  152 A. Snodgrass, Early Greek Armour-and Weapons (…), 1964, p. 198.199.