La confrérie des pénitents blancs de Castelnau-de-Guers : de la restauration de 1809 à la vente de la chapelle en 1921
La confrérie des pénitents blancs de Castelnau-de-Guers :
de la restauration de 1809 à la vente de la chapelle en 1921
p. 173 à 181
La confrérie des Pénitents blancs de Castelnau-de-Guers fut créée en 1599 à la demande de messire Henri de Guers. Cette société construisit une chapelle en 1620 et subsista jusqu’à la fin du XIXe siècle 1.
Avant la Révolution, le manque de documentation nous empêche d’en faire une étude précise, c’est la raison pour laquelle nous nous efforcerons d’étudier la vie de la confrérie au cours de la période que nous connaissons bien grâce à un registre (1809-1854), quelques documents épars (1855-1871), les notes de François Mascon relevées dans les archives du presbytère et les documents concernant la vente de la chapelle conservés aux A. D. H. Le registre, parfois brouillon et désordonné 2, écrit tête bêche, et qui se termine en 1854, donne tout de même des renseignements très précis concernant le mode de recrutement des responsables et la liste des officiers, la reddition des comptes des trésoriers, certains plus appliqués que d’autres qui présentent parfois un bilan très succinct, et les principales activités de la confrérie, en particulier la réception des Pénitents voisins de Saint-Thibéry décrite minutieusement. Après 1854, les listes de membres ainsi que quelques informations sur les travaux à effectuer à la chapelle et menus achats sont consignés sur des feuilles volantes, ce qui permet de supposer que les confrères, dans la seconde moitié du XIXe siècle, n’apportaient plus autant de soin à tout noter 3 et il n’y aurait rien d’étonnant car on sait par ailleurs que la confrérie était alors en déclin: de 70 membres en moyenne dans la première moitié du XIXe siècle, la société n’en comptait plus que 41 en 1874 et 21 en 1893.
A noter deux dates importantes :
1809, année de la création du Conseil des Anciens dont le règlement est entièrement inscrit dans le registre en notre possession.
1853 où des statuts sont établis et approuvés par l’évêque le 28 août. Le 20 août 1854, Mascou, fils en fait une copie et signe au trésorier Isidore Thoulouze une quittance pour paiement de ses honoraires. Malheureusement, ce document a disparu. Les seules traces de ces statuts ont été conservées par François Mascon 4.
En 1809, la reprise des activités de la confrérie est symboliquement concrétisée par l’achat d’une cloche. Le 14 mai 1809, le prieur Antoine Christol dit : « des évènements qu’on ne peut se rappeler qu’avec horreur nous ont privés de cet avantage, mais aujourd’hui que la confrérie reprend pour ainsi dire son premier lustre, il conviendrait d’avoir une cloche pour de nouveau rappeler à tous nos confrères ces heureux temps et les inviter à l’assistance de nos saints offices ». En effet, les activités avaient été interrompues par la Révolution qui interdit les confréries par la loi du 18 août 1792 et il convenait, au début du XIXe siècle, de restructurer l’organisation et y mettre bon ordre.
1809-1853
Parmi les officiers, nous trouvons le doyen, le prieur, le sous-prieur, 2 maîtres de cérémonies, 4 à 6 choristes, 1 maître de chœur, 1 trésorier syndic, 2 auditeurs des comptes, 2 sacristains, 1 bassinier ou quêteur, 2 visiteurs des malades et un portier.
Parfois, un prieur honoraire (1825 : Jean Arnal ; 1835 : Vergnes) ou un prieur auxiliaire (1827 : Guillaume Noël Vergnes) ou un prieur surnuméraire (1829 : Guillaume Noël Vergnes), le doyen sans doute.
En 1850 on crée un poste de porte-croix et, cette année là, la liste des officiers s’allonge de deux sacristines (Clotilde Mascon et Marie Thoulouse). Il est à noter que les femmes peuvent à Castelnau-de-Guers devenir pénitentes, mais doivent, par ordre de l’évêque du 31 mars 1846, former des confréries entièrement séparées des hommes. Elles figurent en effet à la fin du catalogue, séparément. Peu nombreuses, les femmes ne sont que 2 pénitentes et 13 postulantes entre 1853 et 1856 et il ne reste qu’une pénitente et 6 postulantes en 1862. Les femmes préfèrent la confrérie du Saint Rosaire.
Le Conseil des Anciens
Dans la première moitié du XIXe siècle tout au moins, c’est l’autorité suprême. Le Conseil des Anciens est créé à Castelnau le 11 mai 1809. Il se compose de 12 membres impérativement anciens prieurs à jour de leurs cotés. Après les années noires de la Révolution, les Pénitents blancs de Castelnau-de-Guers éprouvent le besoin de centraliser tous les pouvoirs entre les mains d’un petit groupe de sages vénérés de tous : les Anciens. Etre inscrit parmi les membres de ce Conseil est le plus grand honneur auquel le pénitent peut prétendre. Les membres de ce Conseil sont élus à vie « ce conseil sera toujours au complet de douze dont le vide en cas de mort sera rempli par celui qui succédera au rang de 12e » en 1834 nous retrouvons 6 membres déjà inscrits en 1826, à savoir Jean-Pierre Marabal, Pierre Galzy, Simon Pouzoulet, Antoine Pujol, Guillaume Noël Vergnes et Guillaume Bastide, les autres étant décédés. Ce Conseil comprend le doyen ou président d’âge, le président pour l’année (c’est quelquefois le prieur, par exemple en 1834), le vice-président (sous-prieur de l’année en 1834) et 9 membres du conseil. C’est en quelque sorte un conseil de discipline dont le règlement est reproduit in extenso en annexe I.
Le Conseil des Anciens est souverain dans tous les domaines : il règle l’ordre des cérémonies ; peut seul déterminer les besoins de la chapelle (réparations, décoration) ; il préside à toutes les élections même en ce qui concerne les places subalternes ; le droit exécutif de délibération lui appartient ; les Anciens prennent place par rang d’ancienneté dans la tribune de part et d’autre du lutrin et dans les processions, immédiatement après la croix.
A la seule lecture de ce règlement on comprend l’importance attribuée à ce Conseil. En réalité, à la lumière du registre étudié (mais toutes les délibérations ont-elles bien été consignées ?), son intervention semble pourtant très sporadique :
— 14 mai 1809 : achat d’une cloche ;
— 9 avril 1826 : Jean Pierre Marabal, doyen, propose de remplacer le tabernacle et de l’acheter à Relin de Pézenas pour la somme de 100 F ;
— 11 mai 1828 : décision de reblanchir la chapelle ;
— 13 juillet 1834 : le Conseil décide d’amender le chapitre 4 du règlement établi en 1809, concernant les mauvais payeurs.
On se rend bien compte que chaque décision importante est soumise à l’approbation de ce Conseil dont les délibérations sont affichées dans la tribune « afin qu’aucun frère déloyal n’en puisse prétendre cause d’ignorance ».
Le prieur et sous-prieur
Un nouveau prieur et sous-prieur sont désignés chaque année le jour du Jeudi Saint à la suite de la procession des Stations et installés le jour de Pâques selon un rituel immuable ; la confrérie se rend à l’église pour chanter vêpres, puis la procession fait une visite au cimetière et rentre en ordre dans la chapelle : « ce jourd’hui… dans la chapelle de messieurs les Pénitents de Castelnau de Guers è l’issue de vêpres, les confrères se sont assemblés selon l’usage pour installer et mettre eu place le nouveau prieur et sous prieur… » ou bien « a été reçu prieur et sous prieur… ». Une fois les formalités religieuses accomplies, prieur et sous-prieur nomment les officiers; la semaine suivante, jour de Quasimodo, le trésorier rend ses comptes.
A Castelnau-de-Guers, le système de désignation du prieur, du moins pour les années qui nous intéressent, est loin d’être aussi démocratique qu’il l’est dans d’autres confréries à la même époque, à Paulhan par exemple, où le prieur est véritablement élu par l’assemblée 5. Ici, bien que le terme d’élection soit mentionné dans le registre, c’est le système de gradation ascendante par ancienneté qui prévaut. La seule véritable élection a lieu pour le sous-prieur et, en principe, celui qui est choisi est assuré d’accéder au grade supérieur (encore faut-il qu’il soit à jour de ses cotes) selon un schéma plusieurs fois vérifié. Des fonctions subalternes comme sacristain, choriste ou visiteur des malades, plus rarement le simple pénitent est désigné par l’assemblée comme sous-prieur, puis obligatoirement maître des cérémonies avant de devenir prieur, puis à nouveau maître des cérémonies et retrouve son poste initial qu’il occupe semble-t-il pour ses compétences. Par exemple, Jean-Baptiste Galzy : choriste en 1812-1813, sous-prieur en 1817, maître des cérémonies en 1818, prieur en 1819, maître des cérémonies en 1820 et à nouveau choriste en 1821. Deuxième exemple, Marcel Thoulouze : choriste en 1829, sous-prieur en 1830, maître des cérémonies en 1831, prieur en 1832, maître des cérémonies en 1833 et à nouveau choriste en 1834. Parcours sans faute. Ceci est le schéma classique du cursus honorum du pénitent à Castelnau-de-Guers. La désignation des plus hauts dignitaires est donc sans surprise, mais il y a des exceptions. Par exemple Pierre Caussignojouls en 1836, est nommé prieur sans avoir été auparavant sous-prieur. Ces exceptions s’expliquent sans doute par suite de la délibération déjà mentionnée prise par le Conseil des Anciens le 13 juillet 1834 qui sanctionne et rétrograde automatiquement les mauvais payeurs : « ceux qui seront redevables de plus de 3 francs (3 cotes) perdront leur rang d’ancienneté, ne pourront exercer aucune fonction ni participer è la cène. Ils seront portés à la fin du catalogue et ne pourront reprendre leur rang qu’après s’être totalement libérés » 6.
Il y a certes au sein de la confrérie une volonté de renouvellement, que l’on retrouve d’ailleurs dans les confréries voisines, puisque prieur et sous-prieur ne peuvent être désignés que pour un an et une seule fois dans leur carrière de pénitent. Même si nous pouvons constater que le nouveau sous-prieur semble désigné à l’unanimité des suffrages, nous pouvons constater également que l’on recherche le plus souvent des membres de familles déjà en place. Cette volonté de renouvellement est donc restreinte et cette restriction est encore plus évidente quand c’est un officier qui est choisi. L’argent et la notabilité sont donc à Castelnau deux critères de sélection incontournables pour accéder aux plus hautes fonctions.
Depuis la création du Conseil des Anciens, l’autorité des prieurs et sous-prieurs est considérablement amoindrie et quasiment réduite aux prérogatives dues à leur rang par exemple une place fixe et distinguée dans la chapelle, et une fonction disciplinaire. Ils sont, en effet, chargés « d’infliger les peines de discipline contre tous les contrevenants aux règles d’obéissance, de soumission et de respect prescrites par les statuts de la confrérie ».
Les prieurs et sous-prieurs président à toutes les délibérations et sont chargés d’exécuter les décisions prises par le Conseil des Anciens. Ils n’ont cependant que voix consultative et ne peuvent en aucune manière s’opposer aux décisions des Anciens.
Prieurs et sous-prieurs conservent la responsabilité des cierges dont ils se chargent en prenant leurs fonctions et dont ils doivent transmettre le même poids l’année suivante à leurs successeurs. Cette opération est scrupuleusement inscrite chaque année : « sera pour mémoire… Marcel Thoulouze et Joseph Marabal prieur et sous prieur sortants… ont laissé comme d’usage à la disposition des sacristains trois livres et trois quarts de cire, le 29 avril 1832 ».
Les officiers
Chez les officiers, il n’y a pas de règle. Bien que le terme « d’élections de places » soit mentionné dans le règlement du Conseil des Anciens, il ne s’agit pas d’une élection au sens démocratique où nous l’entendons, mais bien d’un choix délibéré puisque prieurs et sous-prieurs désignent les officiers dans une liste double de candidats préparée par le Conseil des Anciens. Choristes, sacristains, visiteurs des malades, trésoriers syndics peuvent conserver leur poste pendant plusieurs années. Ceci est évident pour les trésoriers et auditeurs des comptes, fonctions pour lesquelles des compétences sont requises. On retrouve alors à ce poste des personnes probes et avisées. Ainsi, Simon Pouzoulet sera 11 fois trésorier, et Jean-Baptiste Galzy le sera 9 fois.
Par contre, certains ne seront jamais promus au delà du grade de sacristain, et d’autres ne dépasseront pas celui de portier, par exemple Antoine Desfour (1835 à 1839). Manque de compétence ou n’appartenant pas à la bourgeoisie locale ?
Dans cette confrérie fortement hiérarchisée, chacun doit assumer un rôle bien précis :
les maîtres de cérémonie comme leur nom l’indique sont chargés de surveiller le service et de montrer aux frères les cérémonies qu’ils doivent faire ;
les choristes doivent entonner les chants et sont dirigés par le maître de chœur ;
les trésoriers syndics tiennent les comptes que supervisent les auditeurs des comptes;
les sacristains gardent les clés de la chapelle, accommodent l’autel, servent le prêtre pendant les offices ;
le bassinier est un sacristain qui s’emploie à faire la quête ;
les visiteurs des malades se rendent au chevet des frères malades et leur apportent leur soutien ;
le portier.
Simples pénitents
Avant d’être officiellement pénitent, il faut d’abord se soumettre à une période d’initiation de durée variable ; par exemple Mathieu Hippolyte figure dans cette liste à la fin du catalogue de 1853 à 1862. Au même titre que les autres confrères, le postulant paie sa cote annuelle de 1 franc. La réception du nouveau pénitent se fait en principe le jour du Jeudi Saint, mais peut avoir lieu à l’occasion d’une fête religieuse, Pentecôte, Assomption, jour de la fête du Saint Sacrement. A sa réception, le pénitent paie 2 francs ; 3 francs après 1853. De 1813 à 1851, 37 personnes ont été reçues dans une proportion régulière mais somme toute faible d’une dizaine par décennie.
Parmi les noms de famille de pénitents, et cette liste n’est pas exhaustive car certaines années sont très incomplètes, on peut citer :
Ambal, André, Arnal, Barthelémy, Bastide, Beaulac, Bénezech, Boneret, Boniol, Boudet, Boujac, Boujarac, Bousquet, Boyer, Brun, Castan, Caussignojouls, Christol, Cornié, Cros, Daudé, Desfour, Galzy, Gras, Guillion, Hèrail, Jal de Tonsonne, Jouchard, Joulian, Jouve, Lauret, Lenthéric, Marabal, Mascon, Mascou, Mathieu, Michel, Mimard, Paillon, Pécoul, Pomarèdes, Portes, Pouzoulet, Pujol, Rocoplan, Roques, Rouge, Rouvairolis, Sales, Sauza, Séverac, Thoulouze, Tondut, Vergnes.
Chaque année les frères doivent s’acquitter d’une taxe ou cote « également répartie sur tous les membres de la société… sans distinction de faculté de la somme d’un franc qui sera…, payable le premier dimanche du mois de mai de chaque année ». Les sanctions sont sévères envers les refusants ou « délayants» qui seront d’abord invités à s’acquitter de leur dette sous quinzaine et, à défaut mis au ban de la société « toute communication avec la confrérie leur sera proscrite, l’entrée de la tribune et la participation aux offices leur sera interdite ». De ce fait les indigents n’ont pas leur place ici contrairement à Mèze où « les indigents seront exemptés du paiement de leur cote et ceux qui ont des problèmes financiers pourront verser une somme inférieure à la somme exigée » 7.
Les confrères doivent vivre à l’abri du scandale, se soumettre aux statuts établis à savoir assister aux offices, aux processions, aux enterrements quand la confrérie y est conviée par la famille, veiller les frères décédés ; Louis Secondy, dans le cas de Paulhan, mentionne « l’obligation… de veiller les confrères malades et les accompagner, morts, à leur dernière demeure » ; à Castelnau, et ceci semble intéressant à noter, les frères sont désignés à tour de rôle pour veiller les défunts, mais sont rétribués 2 francs pour une journée ou une nuit de veille aux frais de la société ; si obligation il y a, elle n’est pas gratuite.
De plus, ils doivent, à tour de rôle « fournir au pain béni » et donner de leur temps quand le besoin s’en fait sentir, par exemple pour l’entretien des bâtiments de la chapelle.
En entrant en confrérie, le pénitent s’engage à respecter toutes ces contraintes et, en cas de faute, il est sanctionné. Cependant, à Castelnau, si les frères fautifs sont probablement admonestés par leurs supérieurs pour manquements aux statuts (absence aux offices par exemple), ces défaillances ne sont plus, au XIXe siècle, punies par des amendes comme elles l’étaient avant la Révolution 8. Les recettes de la confrérie ne font état d’aucune rentrée d’argent de ce genre. Et quand on sait l’importance de l’argent au sein de cette société où rien n’est gratuit, on peut se demander si les manquements à la discipline ne sont pas passés au second rang de leurs préoccupations.
En 1834, le règlement de 1809 n’est plus adapté. Trop sévère. Le Conseil des Anciens décide de l’amender en faisant preuve de clémence envers les récalcitrants qui seront désormais simplement rétrogradés, alors que le règlement initial prévoyait l’exclusion à défaut de paiement sous quinzaine ; « il serait trop pénible et trop rigoureux d’appliquer aux retardataires… la déloyauté de leurs confrères n’est pas désespérante, qu’ils peuvent rentrer dans l’ordre, et par réminiscence, revenir de leur égarement… qu’une voie de douceur soit toujours préférable surtout lorsqu’il s’agit d’agir contre des frères… etc. ». Les infractions sont-elles si nombreuses qu’on ne peut les sanctionner aussi sévèrement au risque de voir les frères déserter la confrérie ? La clémence dont fait preuve le Conseil des Anciens en 1834 envers les mauvais payeurs semble accréditer cette hypothèse. Les autorités faisaient-elles preuve d’autant de mansuétude envers les infractions aux règles de discipline ? Nous l’ignorons car ces infractions sont rarement signalées. Les Pénitents de Castelnau étaient-ils plus fidèles qu’à Paulhan par exemple où la confrérie a connu des périodes d’absentéisme 9 ? On peut en douter, mais il semblerait cependant que manquer aux offices était moins important que ne pas payer ses cotes. Les frères signalent dans leur registre celui qui n’a pas réglé sa réception, les absences sont rarement notées ou exceptionnellement en 1817, par exemple, en l’absence du prieur, on demande à Simon Pouzoulet de remplir ces fonctions à l’occasion de la visite des confrères de Saint-Thibéry ; en 1819, l’absence d’Antoine Rouge, auditeur des comptes est notée ; c’est tout.
Pour résumer, la confrérie des Pénitents blancs de Castelnau-de-Guers est donc ouverte à tous et, en principe chacun peut à son tour devenir prieur à deux conditions avoir été choisi d’abord comme sous-prieur et être à jour de ses cotes, ce qui constitue en fait deux limites insurmontables pour certains. Autre limite qui va de pair avec les deux premières : l’instruction. Les officiers savent écrire, ce qui n’est pas le cas de tous ; les croix qui figurent en guise de signature quand, par exemple pour approuver une décision du Conseil des Anciens, tous les frères sont invités à signer, le prouvent. En réalité, on s’aperçoit, en examinant minutieusement les noms des membres de cette société que quelques familles de notables monopolisent les fonctions d’officiers et que les derniers du catalogue ont peu de chance de se voir confier les plus hautes responsabilités s’ils ne sont pas de ces familles. Parmi ceux qui ont fourni le plus de prieurs, entre 1809 et 1854 : les Thoulouze (4) les Christol (4) les Michel (4) les Mascon (4) les Marabal (4) les Sales (4), comme si ces familles voulaient répartir le plus équitablement possible entre elles ces responsabilités. Ceci entraîne une prolifération d’homonymes, car il était en plus de coutume de donner les mêmes prénoms, qui oblige les Pénitents, pour se différentier, à préciser par… fils, père, neveu, aîné, oncle… ou le métier… ou des surnoms, comme Racanet donné à Pierre Castan, Belev donné à Pierre Vergnes, Curat donné à Jean Boniol ou l’Ainat donné à Jean Pierre Galzy.
1853-1905
Nous n’avons malheureusement pas les listes d’officiers de la fin du siècle ; il n’est donc pas possible de savoir s’il y a eu des changements dans le mode de recrutement.
Les notes de François Mascon nous apprennent qu’après 1853, il y avait 1 prieur, 1 sous-prieur, 1 syndic, 1 trésorier, 12 conseillers, 2 maîtres de cérémonies, 1 maître de chœur, 4 visiteurs des malades, 4 sacristains, 1 porte-croix, et dorénavant 4 pénitents désignés pour porter les frères défunts. Peu de changements en réalité. Qu’est devenu le Conseil des Anciens ? Il semblerait qu’il n’y ait plus les officiers d’un côté et le Conseil des Anciens à part, mais un seul bureau à la tête de la confrérie.
Après 1853, les nouveaux statuts précisent que le prieur est désigné suivant la liste de réception des Pénitents, le sous-prieur, à l’unanimité des suffrages. Prieurs et sous-prieurs continuent à nommer syndic et trésorier. Ces élus désignent les autres officiers qui sont maintenant au nombre de 28.
Comment la confrérie était-elle gérée ? Dans le registre en notre possession, les comptes rendus financiers sont assez détaillés et régulièrement consignés pour nous permettre d’en faire une étude à peu près précise.
Les ressources
Si le reliquat des différents exercices est toujours positif, il n’excède pas, ou très rarement, la somme de 100 francs. Ces maigres ressources, très souvent insuffisantes, proviennent :
— les réceptions: à sa réception, le nouveau pénitent paie 2 francs, puis 3 après 1853 ;
— les cotes annuelles de l franc doivent, en principe, être acquittées par tous. En cas de besoin, sera prélevée « une taxe extraordinaire qui sera répartie par le Conseil des Anciens sur tous les membres de la confrérie en proportion de leurs facultés» ;
— les dons des pénitents eux-mêmes ou d’autres personnes ;
— les enterrements rapportent des sommes variables entre 12 et 25 francs ; il devait probablement y avoir plusieurs classes d’enterrements : le 5 avril 1835, la confrérie reçoit 25 francs pour les obsèques de Jean-François Curée, comte de la Bédissière, propriétaire de Pique Talen ;
— les troncs;
— les offrandes du Jeudi Saint ;
— la rétribution pour porter le Christ à l’occasion des différentes fêtes religieuses, Pentecôte, fête du Saint Sacrement, Assomption ;
— la vente d’objets ou matériaux leur appartenant, par exemple une vente de tuiles en 1826.
Les dépenses
Entretien des bâtiments de la chapelle :
Une partie importante du revenu des Pénitents est consacrée à l’entretien de la chapelle ; les bâtiments, en mauvais état, doivent à plusieurs reprises subir des réparations importantes. Quand les ressources de la confrérie sont insuffisantes, les frères empruntent auprès de certains confrères plus aisés ; sinon, ils font des « lèves » (c’est à dire des collectes) dans le village.
le 1er novembre 1813, on décide de soutenir la tribune par trois arceaux en plein cintre supportés par quatre piliers surmontés de chapiteaux qui « auront chant avec une moulure à talon renversé». Ces arceaux, en pierre de taille, coûtent 150 francs ;
le 11 février 1821, la confrérie dépense 50 francs pour reconstruire la muraille de l’écurie de Jean Boujac qui est mitoyenne avec la cour des Pénitents ;
le 4 mai 1828, il faut recrépir, remplacer quelques pavés, réparer le couvert, faire des rejéteaux aux 3 fenêtres et blanchir l’intérieur. Le travail est confié au frère Paillon qui crépit notamment l’endroit « où doit être placé le simulacre d’un pénitent au côté gauche de l’autel avoisinant la sacristie » pour la somme de 34 francs ;
le 12 mai 1853, l’arceau qui supporte la toiture menace de s’écrouler, on le remplace par une charpente masquée par un lambris ; la poutre maîtresse est carrée en plâtre le toit est remanié tuile par tuile ; ce travail est coûteux : 328 francs y compris trois passages du bac de trois charrettes pour transporter les matériaux ; la confrérie accepte les prêts de certains frères et a recours à des dons. De plus, les Pénitents sont invités à donner des journées de travail pour effectuer la réparation. 21 frères participent, comme manœuvres ou aident au transport des matériaux qu’ils doivent aller chercher à Mèze ou à Pézenas ;
1867 réfection du clocher ;
1874 réparations à la toiture; une « lève » sera faite dans le village pour y subvenir ;
1875 : on place une croix sur la façade de la chapelle ;
Menus travaux :
Par menus travaux, entendons : peinture, vitrerie, menuiserie, réparation des fenêtres par exemple, ou de la cloche à plusieurs reprises.
Le mobilier de la chapelle :
Achat et entretien d’armoire, lutrin, bancs etc… La croix est redorée en 1824 par Relin, doreur de Pézenas qui effectue la dorure du Christ, encensoir et porte croix pour 70 F.
Il faut également entretenir et peindre régulièrement les falots. En 1871, les Pénitents en font l’acquisition de 2 « couleur rose et feuille d’or ». Les bâtons sont garnis de velours extra fin, franges or ou argent, clous et perles surdorés.
La décoration et le luminaire :
Achat de rideaux, bouquets et autres éléments de décoration, de bobèches.
Travaux de blanchissage :
Il est quelquefois nécessaire de procéder au nettoyage des falots, des vitres, de la croix.
Les frais de culte :
Les Pénitents doivent payer l’aumônier qui vient célébrer les offices dans leur chapelle. Le prêtre reçoit 20 francs par semestre.
Il faut également se procurer les ustensiles liturgiques tels que clochette en argent pour servir la messe, encensoirs, burettes…
La rémunération des frères qui veillent les défunts :
Les frères encaissent 2 francs pour une journée ou une nuit de veille. Ceux qui ne sont pas à jour de leur cote se voient retenir les sommes dont ils sont redevables ; celui qui, par exemple, n’a pas payé sa cote depuis deux années et doit donc deux francs à la confrérie, n’encaissera rien pour une nuit de veille.
Dépenses diverses :
Par exemple l’achat d’un registre ou de linge comme des essuie-mains.
Quelles sont les activités de la Confrérie ? L’« année pénitente » commence à Castelnau le Jeudi Saint. Grand’messe, vêpres et procession ont lieu le jour de Pentecôte et le dimanche de le Trinité. A partir de 1819, le lendemain de là Trinité et de la Toussaint, sera dite une messe de requiem pour le repos de l’âme des confrères décédés. Le service du Jeudi Saint est particulier; il est de coutume que la Réserve soit mise en évidence dans la chapelle depuis 11 heures jusqu’au soir, que la procession et la cène aient lieu comme d’usage et que le lendemain vendredi la Réserve soit remise en évidence jusqu’à la fin de l’office de la paroisse. Les confrères prennent également la décision de faire dire une messe basse avec absoute, dans leur chapelle, le premier dimanche de chaque mois.
Offices, processions et enterrements font partie du quotidien des Pénitents, mais en lisant le registre, on s’aperçoit, compte tenu du rapport qui en est fait, de l’importance donnée par les confrères à la venue de leurs voisins, en l’occurrence, les Pénitents de Saint-Thibéry. Les « affiliés » de Saint-Thibéry qui se rendaient processionnellement à Saint Antoine pour implorer le ciel, ont ainsi rendu visite à ceux de Castelnau le 14 septembre 1817 et le 4 mai 1835. L’événement est empreint d’une solennité toute particulière. Le procès-verbal dressé en 1835 dit : « On ne saurait trop prôner la marche édifiante de cette procession décorée de huit reliques précieuses. Aussi, lorsqu’elle passa sous nos murs, un grand nombre des habitants de Castelnau et des pays circonvoisins, bordèrent la haie pour la voir défiler, ce qu’elle fit d’une manière si religieuse qui attira beaucoup de larmes de joie aux spectateurs. Arrivée vers le milieu du chemin neuf nos quatre frères officiers conducteurs se placèrent deux de chaque côté du dit chemin et là, sous le voile, appuyés sur leurs bâtons, firent à chacun de nos affiliés et à mesure qu’ils défilaient, une humble courbette en signe de soumission et de reconnaissance ; après donc qu’ils eurent vu passer toute la procession, ils rentrèrent en ordre dans leur chapelle ».
On a du mal à imaginer l’imposant édifice de 195 m² dont il ne reste pour seul vestige que la croix de fonte, un morceau de pilier de la tribune et le clocheton. Nous allons essayer, à la lumière du registre, de décrire l’intérieur de la chapelle tel qu’il pouvait être dans la première moitié du XIXe siècle.
La chapelle des Pénitents était un vaste bâtiment ajouré par trois fenêtres, trop coûteux pour la confrérie qui n’avait pas toujours les moyens financiers de procéder aux réparations urgentes. Néanmoins, les frères s’employaient à décorer l’intérieur de leur mieux. L’autel, où l’on accédait par un marchepied, était garni d’un tour d’autel en tulle et décoré d’un falbala à l’occasion des grandes solennités. A droite, du côté de la sacristie, le simulacre d’un pénitent. Un magnifique retable monumental en bois peint, entouré de deux anges, surmontait l’autel. Un rideau de percale servait à protéger les tableaux. La chapelle était agrémentée de six bouquets avec leur urne en or et d’un ornement carré rouge et vert, don d’Isidore Thoulouze. Le « ciel » était également décoré. L’appui de communion était en bois peint. Au-dessus de la porte d’entrée, la tribune où l’on accédait par quelques marches, soutenue par des arceaux de pierre, possédait un vestiaire et était protégée par un grillage. Des bancs y étaient disposés dont un, au dessous du catalogue à gauche de la fenêtre offert par Jean-Pierre Marabal et destiné au doyen. Les bâtons des officiers et les falots étaient fixés à la balustrade. Un lutrin, une armoire, une crédence, une chaire à prêcher, un tabernacle composaient l’essentiel du mobilier.
La confrérie de Castelnau-de-Guers fonctionnait comme toutes les confréries de Pénitents à la même époque. Son originalité : le cursus honorum, évident ici, alors qu’il l’est beaucoup moins à Paulhan par exemple, même si, au XIXe siècle on peut noter une amorce de changement. Il est dommage que le manque de sources nous empêche de faire des comparaisons avec la période antérieure. Après la restauration de 1809, la confrérie des Pénitents blancs de Castelnau-de-Guers a connu une période de prospérité. Les Pénitents étaient encouragés par le curé Grès. Comment la confrérie de Castelnau vivait-elle ? Les Pénitents vivaient-ils entre eux ? Pas vraiment. Ils ouvraient volontiers les portes de leur chapelle ; c’est dans la chapelle des Pénitents que la première messe a été célébrée le 8 mars 1795 au retour du prêtre dans la paroisse. Une messe à l’intention de tous les paroissiens y était dite habituellement le deuxième dimanche de chaque mois. Réservée aux hommes ? Oui, même si les femmes étaient admises, elles étaient très peu nombreuses et leur rôle se limitait à celui de sacristines pour l’entretien et la décoration de la chapelle. Les postulantes payaient tout de même leur cote annuelle au même titre que les hommes. L’argent était au premier plan de leurs préoccupations comme nous pouvons le constater à l’examen du registre : rentrée des cotes, financement pour les travaux… Chez les Pénitents, rien n’est gratuit ; le particulier qui souhaite la présence de la confrérie à l’enterrement d’un de ses parents, doit payer entre 12 et 25 francs ; les frères se font rétribuer pour porter la croix, pour veiller les défunts. Devenir pénitent, c’est s’engager moralement à respecter certaines règles de vie. Cependant, au XIXe siècle, comme si la morale était devenue l’affaire de chaque pénitent, comme si c’était un problème qu’il réglait seul avec sa conscience, les hautes instances de la confrérie ne s’en mêlaient pas, du moins faisaient preuve de beaucoup moins de sévérité. D’ailleurs, dans le règlement de 1809, il est question de la bonne marche de la société, des honneurs dus aux dignitaires, de leur nomination, des besoins de la confrérie, des sanctions envers les mauvais payeurs (cinq articles sont consacrés au paiement des cotes et sanctions diverses en cas de manquement), et ces articles sont lus, pour que chacun en prenne bien conscience, tous les ans le jour de Quasimodo. Le nouveau règlement invite bien sûr les frères au respect des anciens statuts, mais aucune sanction nouvelle n’est prévue en cas de manquement. Ceci a-t-il entraîné un relâchement des mœurs d’où la nécessité d’en rédiger de nouveaux à une date aussi tardive que 1853 ? Le nouveau document reprenait-il les anciens articles ou tenait-il compte de l’évolution des mentalités ? Nous l’ignorons. Le découvrirons-nous peut-être un jour en retrouvant ce document. Les notes précieuses de François Mascon concernant ces statuts traduisent un besoin de rappeler à chacun ses devoirs en imposant une vie plus chrétienne, en insistant sur les confessions, Pâques, en recommandant silence et décence aux frères dans leur chapelle, mais aussi dans l’église, en précisant que nul ne pourra assister aux offices s’il n’est revêtu de son sac, en réclamant une union parfaite entre les frères et obéissance à monsieur le curé et en stipulant que femmes et filles doivent former des confréries distinctes.
Les autorités ne seront pas entendues. Malgré son affiliation à celle de Montpellier le 17 août 1873, la confrérie de Castelnau ne cessera de décliner jusqu’à la fin du XIXe siècle ; les frères n’accomplissent bien souvent plus leur devoir pieux ni ne revêtent leur costume traditionnel. Ils laissent même leur chapelle à l’abandon. Lorsque la commune en devient propriétaire en 1905 et décide de s’en séparer, l’édifice est tellement délabré que les autorités, dans l’acte de vente, en imposent la démolition.
Au cours de la séance du 21 mars 1921, le maire Jean Guy propose au conseil municipal composé de Peyronnet, Marsal, Bousquet, Coulondre, Joulian, Castan, Bousquet Pierre, Christol Michel, Portes Victor et Portes Ovide, de mettre en vente aux enchères publiques l’ancienne chapelle des Pénitents qui menace de s’effondrer et représente un danger continuel pour les passants. En effet, dans son rapport du 24 janvier 1921, l’agent voyer cantonal Théodore Verdier avait rendu un verdict alarmant : « après avoir procédé à une visite minutieuse des lieux, nous avons reconnu et constaté que cet immeuble est délabré, qu’un mouvement d’affaissement assez prononcé s’est produit dans la toiture, que cette toiture et la charpente qui la supporte risquent de s’effondrer sous la moindre influence des intempéries, que de plus, il y a tout à craindre pour que le mur de façade sur rue qui présente un bombement considérable et des lézardes assez nombreuses soit entraîné dans cet effondrement... ». Bref, la chapelle est vouée à destruction. De plus, depuis plus de vingt ans, aucun culte n’y est plus célébré 10 ; rien ne s’oppose donc à la vente et à la démolition. L’édifice sera vendu aux enchères le 11 décembre 1921 pour la somme de 3 100 francs à François Mascon. La confrérie de Castelnau de Guers ne renaîtra pas.
Annexes
Annexe 1 - Règlement du conseil des anciens (1809)
Chapitre 1er : Règlement du conseil
Art. 1er : Il sera créé un conseil de discipline connu sous le nom de Conseil des Anciens composé de douze membres qui seront pris par rang de réception sur le catalogue, le doyen, le prieur et sous prieur compris.
Art. 2e : Ce conseil sera toujours au complet dont le vide eu par la mort sera rempli par celui qui succédera au rang du douzième, afin que, pour gradation ascendante, chaque membre passe à son tour à ce conseil et en soit de droit, partie intégrante, mais dans aucun cas, nul ne sera membre du conseil sans avoir été prieur et avoir payé exactement la cotte annuelle.
Chapitre 2 : Attribution du Conseil
Art. 1er : Les douze membres de ce conseil auront rang et préséance dans toutes les fonctions et cérémonies religieuses, ils en régleront l’ordre et toute déférence sera accordée à leur résolution.
Art. 2e : Ce Conseil aura seul pouvoir de déterminer les besoins de la confrérie, soit en réparations aux édifices, soit en ornements de service, soit en décoration et embellissements, soit pour tous ustensiles de culte et généralement tous autres objets et attributs de la religion usités aux cérémonies, néanmoins il en référera aux prieurs et sous prieurs qui ne pourront s’y opposer lorsque l’urgence et l’utilité en seront reconnues.
Art. 3e : Ce même Conseil présidera à toutes les élections de places, charges et emplois secondaires, il présentera à chaque mutation une liste double de candidats sur laquelle le prieur et sous prieur désigneront les sujets qui doivent les occuper.
Art. 4e : La présidence aux délibérations est de droit dévolue aux prieurs et sous prieurs en l’absence de l’un ou de l’autre, mais ils n’auront que voix consultative, l’action du délibéré appartient de droit au Conseil des Anciens.
Art. 5e : Les membres du Conseil prendront place, rang et assistance dans les cérémonies intérieures, et par rang d’ancienneté dans la tribune, la moitié à droite, la moitié à gauche du lutrin ainsi qu’ils l’aviseront entre eux. Ils prendront également place dans les processions, enterrements et autres actes extérieurs, immédiatement après la croix de la confrérie et par moitié sur les deux lignes, le prieur et sous prieur devant fermer la marche.
Art. 6e : Enfin rien ne sera entrepris résolu ni délibéré sans la participation du Conseil des Anciens auquel il appartient le droit exécutif de délibération.
Chapitre 3 : Prieur et sous-prieur
Art. 1er : Le prieur et sous prieur seront toujours nommés à la forme accoutumée, ils jouiront des prérogatives honorifiques dues à leur supériorité en la forme usitée et généralement de tous les avantages dus à leur fonction.
Art. 2e : Ils sont de droit chargés de l’exécution des résolutions prises par le Conseil des Anciens, ils infligeront les peines de discipline contre tous contrevenants aux règles d’obéissance, de soumission et de respect prescrites par les statuts de la confrérie après en avoir référé au Conseil qui y donnera son approbation ou improbation et en cela les dits prieur et sous prieur auront tout pouvoir exécutif.
Art. 3e : Aucun emploi de fonds ne pourra être ordonné par le prieur et sous prieur sans le consentement du Conseil des Anciens qui régleront l’ordre et le montant des dépenses utiles conformément à l’article 2 du chapitre 2 ci-dessus.
Chapitre 4 : Dispositions générales; frais du culte
L’exercice des cérémonies ne pourront avoir lieu sans moyens pécuniaires, soit en ce qui concerne le luminaire, entretient (sic) ou rétablissement des ornements et autres attributs, réparations, reconstructions et généralement tous autres besoins. Mettant en considération la détresse où se trouve la confrérie par l’obstination d’un grand nombre de confrères à se refuser d’acquitter les charges annuelles inséparables de la vocation, en jetant un voile sur tout le passé, reconnaissant que la confrérie ne peut exister ni se soutenir que par un tribut ou taxe annuelle également répartie sur tous les membres de la société.
Art. 1er : Il est arrêté, convenu et rigoureusement résolu sous la susdite forme du règlement, qu’à compter de ce jourd’hui et pour toujours à l’avenir, il sera établi ainsi que par le passé, une taxe ou cotte individuelle sur chaque membre de la société sans distinction de faculté de la somme d’un franc qui sera à l’avenir payable le premier dimanche du mois de mai de chaque année, sans préjudice du recouvrement de cette même taxe pour l’année courante dont le terme est échu depuis le premier du courant mois.
Art. 2e : A défaut de paiement ou refus de payer à l’époque ci-dessus fixée, les délayant (à savoir ceux qui auront commis cette faute) ou refusant seront rappelés à l’ordre par le prieur comme violant les conditions ci-dessus imposées, ils seront invités à l’acquit de cette taxe dans le délai de quinzaine tout au plus qui leur sera accordé sous l’assentiment du Conseil des Anciens.
Art. 3e : Si nonobstant l’invitation et le susdit délai de quinzaine expiré, les redevables se refusent au payement, toute communication avec la confrérie leur sera proscrite, l’entrée de la tribune et la participation aux offices leur sera interdite ; à ces fins le portier sera placé à la porte de la sacristie, il s’opposera de tout son pouvoir à l’entrée des délinquants; quant à prendre telles mesures qu’il appartiendra pour la rigidité de la présente résolution en cas de violence.
Art. 4e : Nul ne pourra être relevé de cet état d’interdiction qu’à titre de réminiscence pour l’acquit final de tous les arrérages sans préjudice de la censure que le Conseil des Anciens est en droit de lui infliger conformément aux dispositions des statuts de la confrérie.
Art. 5e : S’il est reconnu que le fonds des cottes ou des offrandes ou pour mieux dire que les moyens actifs de la confrérie ne sont point suffisants pour parer à des évènements imprévus, tels que réparations au temple, en ce cas seulement il sera établi une taxe extraordinaire qui sera répartie par le Conseil des Anciens avec l’adjonction des prieur et sous prieur sur tous les membres de la confrérie en proportion de leurs facultés d’un chacun au payement de laquelle les redevables seront contraints sous la peine portée par l’article 3 ci-dessus.
Art. 6e : Il n’est du tout point dérogé par le présent à toutes les obligations règles et devoirs portés par les anciens statuts qui demeurent en leur entier et recevront au contraire leur pleine et entière exécution, le présent règlement restant souscrit qu’à titre de modification sur la rigidité de plusieurs articles qui seront lus toutes les années le jour de Quasimodo.
Art. 7e : En conséquence l’assemblée pénétrée de la sagesse des dispositions contenues au présent règlement, prenant Dieu à témoin de la sincérité avec laquelle chaque membre en particulier enrôle l’adoption sous les auspices de l’Être Suprême après avoir invoqué le secours et la protection de la glorieuse Vierge Marie par le chant du Regina Caeli Letare et du Subtuum Presidium, chaque membre a individuellement prêté serment, la main droite levée à Dieu, de bien dûment et fidèlement s’acquitter des devoirs et obligations que sa vocation exigent comme aussi de se conformer exactement aux règles prescrites par les anciens statuts et par le présent règlement qui recevra dès aujourd’hui la pleine et entière exécution, en foi de quoi il a été sanctionné par la signature de ceux qui ont su le faire le jour, mois et an que dessus.
Annexe 2 - Liste des prieurs
et sous-prieurs
Notes
1. Catherine Papini, Castelnau-de-Guers des origines à l’aube du XXe siècle, pages 155-157 et 174-181.
2. Le registre comprend d’un côté page 1 : les comptes de 1823 ; page 2 : un devis 1828 ; page 3 : la liste du Conseil des Anciens de 1809 ainsi que le règlement ; page 17 : la liste des officiers de 1812, délibération de 1834 et comptes de 1854 ; de l’autre côté le registre va de 1813 à 1854 ; comptes, listes des officiers et délibérations sont mélangés.
3. Un registre a pourtant été acheté le 23 novembre 1854, 3 f 50 à monsieur Benezech libraire à Pézenas.
4. Il y avait en effet à Castelnau des Mascou et des Mascon, issus probablement à l’origine de la même famille.
5. Louis Secondy, Christine Portefaix-Vezian, A visage découvert : les Pénitents blancs de Paulhan 1645-1935, pages 50-51 et 58-59.
6. Pages 37 et 38 du registre.
7. Louis Secondy, Etudes sur l’Hérault, « Sous le sac et la capuche : Les pénitents blancs de Mèze (1588-1918)» 9-1993 pages 27-28.
8. D’après les notes de François Mascon relevées dans les archives du presbytère ; le 26 juin 1701, une délibération fut prise pour infliger 25 centimes d’amende à tous ceux qui refuseraient d’assurer le service des malades ; le 8 juillet 1770 frère Guillaume Castan ayant refusé de veiller le doyen fut exilé de la confrérie pour 6 mois et dut payer une amende de 50 sols. Au XIXe siècle les choses avaient bien changé, puisque dès lors les Pénitents étaient même rétribués pour veiller les défunts.
9. Louis Secondy, Christine Portefaix-Vezian, « Sous le sac et la capuche… », pages 68 et 69.
10. A. D. H. série 2 O 56 10, dossier concernant la vente de la chapelle; lettre du sous-préfet du 21 août 1921.
