Hommage à Christian Roche
(1939-2025)
Hommage à Christian Roche (1939-2025)
Membre du Comité de rédaction
de la revue Études Héraultaises
Association Etudes sur l'Hérault
p. 169 à 170
[ Nos remerciements à Simone Roche,
son épouse pour son témoignage. ]
Christian Roche est né le 22 septembre 1939 à Issoire (Puy de Dôme).
En mars 1944, la disparition tragique de son père, commissaire de police à Decazeville va marquer toute sa vie. Pupille de la Nation, il recherchera toujours les commanditaires de cet attentat et les raisons de son élimination.
Après des études supérieures à Clermont-Ferrand, le marquis de Lastic lui ouvre les portes de sa riche bibliothèque. Ses recherches aboutissent, sous la direction d’Albert Soboul, spécialiste de la Révolution Française à la publication de « La baronnie du Broc : étude économique et sociale de l’Ancien Régime à la Restauration (1761-1830) et étude des origines de la noblesse française ».
En 1965, volontaire du Service national (S.N.), il arrive à Ziguinchor en Casamance (Sénégal). Nouah Cissé, un élève, raconte que ce jeune professeur combine très tôt enseignement et recherche. En effet, il « confectionne pour ses élèves des questionnaires à administrer aux parents durant les vacances scolaires ». Cette masse critique d’informations s’ajoute à ses recueils de la tradition orale dans les coins et recoins du KASA, du BANDIAL, des BAYOTTES et du FOGNI qu’il parcourt. Tété Diedhiou, chef coutumier, devient son guide, et sa « bibliothèque » sur l’Histoire de la Casamance.
En 1966, nommé à Dakar, il rencontre accompagné de ses élèves, le président Léopold Sedar SENGHOR. Il commence un travail de recherche qui aboutira à la rédaction de sa thèse de doctorat sur l’histoire de la Casamance et, plus tard, sur la biographie sur Senghor, le Président humaniste.
En octobre 1972, il revient en Casamance, nommé que proviseur du lycée Djignabo à Ziguinchor.
De 1974 à 1976, il travaille au ministère de l’Éducation nationale, ce qui lui permet de titulariser un certain nombre de professeurs sénégalais.
Après un intermède métropolitain comme principal de collège à l’Île d’Oléron (1976-1978), il repart au Gabon, en tant que chargé de cours à l’École Normale supérieure de Libreville (1978-1980).
En 1980, il devient professeur au lycée Jean Moulin de Lyon et, en 1986, Inspecteur Pédagogique Régional, à Strasbourg (1986-1990), puis à Montpellier jusqu’à sa retraite en 2001.
Il poursuit ses écrits sur l’Afrique, publie chez L’Harmattan, Privat et autres éditeurs français.
Il enquête également sur l’attentat contre son père. Ce n’est qu’en 2016 que l’Office National des Anciens Combattants réhabilite complètement la mémoire de ce dernier, le citant « mort pour la France », assassiné par des trafiquants du marché noir. Ceci met fin à 72 ans d’omerta dans le bassin houiller de l’Aveyron.
Sa rencontre avec Régine LACROIX-NEUBERTH (1911-2010) est à l’origine de sa recherche sur la technesthésie, technique de la parole, issue du théâtre et de la mise en scène. Il écrit avec elle « Le Jeu de l’oie », étude sur la vie et sa complexité. Il consacre un livre sur cette grande dame, devenue son amie.
Il publie également sur Paul Vigné d’Octon (1859-1943), ancien militaire, médecin, homme politique et écrivain régional haut en couleurs. (« Paul Vigné d’Octon. Les combats d’un esprit libre, de l’anticolonialisme au naturisme », L’Harmattan, 2009)
Membre du CERM (Centre d’études et de recherches méditerranéennes), encadrant au Cercle d’études du Patrimoine, il parcourt les rives de la Méditerranée, ainsi que d’autres continents dont il apprécie les civilisations.
Conférences et chroniques rédigées sur les évènements contemporains lui permettent de dire son indignation face aux dérives de notre société actuelle, et d’en faire une synthèse géopolitique.
Sa rigueur, sa culture, son esprit d’ouverture sont appréciés par tous ceux qui le côtoient.
« Pour moi – dit un de ses amis –, il reste un modèle de vie professionnelle et personnelle réussie, un homme riche, délicat et clairvoyant. Un grand pédagogue, un immense conteur qui sait captiver son auditoire par sa voix douce et délicate, sa manière d’exposer ses idées sous forme d’un récit qui entraine son public par la séduction comme par la clarté du bon sens et de l’exemple concret »
Surveillant, professeur, chef d’établissement, conseiller culturel, Inspecteur, il a connu toutes les étapes d’une vie consacrée à l’Éducation Nationale.
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Titres honorifiques
1980 – Chevalier de l’Ordre national du Lion – Sénégal.
2020 – Prix Robert Cornevin – prix littéraire français de l’Académie des sciences d’outre-mer, « destiné à récompenser un auteur ayant traité de l’histoire de l’Afrique ».
– Commandeur des palmes académiques.
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Ses publications (par ordre chronologique) :
Conquête et résistance des peuples de Casamance. Nouvelles éditions Africaines, Dakar, 1975.
Histoire de la Casamance. L’Harmattan, 1985.
Le Sénégal de la conquête à son indépendance. Karthala, 2001.
99 questions sur l’Afrique noire. Languedoc-Roussillon, CRDP 2005.
Léopold Sédar SENGHOR, le président humaniste. Préface d’Abdou Diouf. Privat, 2006.
L’Afrique Noire et la France au 19e s, conquêtes et résistance. Karthala, 2011.
La Casamance face à son destin. Études Africaines, collection Régions, 2016.
Léopold Sédar SENGHOR, le président humaniste, L’Harmattan, 2017.
Léopold Sédar SENGHOR et Mamadou Dia, rupture d’une amitié. L’harmattan, 2017.
Les résistances africaines aux conquêtes djihadistes et françaises au 19e s., des rives du Sénégal au pays Tchadien. L’Harmattan, 2019.
Résister à la conquête française : pays du golfe de Guinée et de l’océan indien au 19e s. L’Harmattan, 2020.
Les pionniers des indépendances africaines colonies françaises et territoires de l’océan indien. L’Harmattan, 2021.
Les grandes figures historiques de l’Afrique Noire dans l’espace colonial français. Sépia, 2023.
Mémoires d’Afrique et du Sénégal au Gabon. Karthala, collection Récits de vie, Afrique de l’Ouest, 2012.
Amaï, amour et liberté en Casamance. Roman, Harmattan, 2013.
Paul Vigné d’Octon 1859-1943. Les combats d’un esprit libre, de l’anticolonialisme au naturisme, Paris, Harmattan, 2009.
Régine Lacroix-Neuberth, le quatrième coup de théâtre. L’Harmattan, collection théâtre, 2014.
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La direction et les membres de la revue Études Héraultaises s’associent à son hommage et remercient Christian Roche de sa contribution aux publications scientifiques présentées entre 2014 et 2024.
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