Histoire du monastère de Saint-Pons-de-Thomières Sources documentaires (936-1874)
Histoire du monastère de Saint-Pons-de-Thomières
Sources documentaires (936-1874) 1
* Professeur d’Histoire de l’Art (Bard Graduate Center, New York).
p. 23 à 38
Situation géographique et politique
Saint-Pons-de-Thomières est situé au pied des versants méridionaux des monts d’Espinouse, à la source du Jaur (fig. 1, 2). Ces montagnes se confondent à l’Est avec les Causses et les Cévennes, formant la limite septentrionale du département de l’Hérault qui s’étend vers le Sud jusqu’à la mer Méditerranée. Alors que cette région fut considérée plus tardivement comme les confins sud-est du territoire étendu du Languedoc, durant le Haut Moyen Age, elle représentait la limite nord-ouest du pagus narbonensis. Les suzerains les plus puissants étaient les comtes de Toulouse, mais, à diverses reprises, certaines possessions tombèrent sous le contrôle plus direct des vicomtes de Narbonne, des vicomtes de Béziers, Albi et Nîmes et des comtes de Barcelone 2. Au point de vue des divisions ecclésiastiques, Saint-Pons faisait partie de l’archevêché de Narbonne dont le siège métropolitain est situé à une cinquantaine de kilomètres au sud-est (fig. 2).
Le peuplement du site de Saint-Pons-de-Thomières est attesté dès les temps préhistoriques. L’époque romaine nous a laissé des fragments d’inscriptions de marbre et d’autels 3. Saint-Pons, comme La Salvetat, une ville fortifiée construite par l’abbaye vingt kilomètres au Nord, était situé sur une importante voie romaine qui se trouvait entre Carcassonne et Béziers, à l’endroit où elle s’élevait vers le Nord, traversant l’une des contrées les plus montagneuses pour atteindre Lacaune 4. En 936, quand le comte de Toulouse fonda le monastère en l’honneur de son saint patron, l’église paroissiale de Saint-Martin-du-Jaur était déjà établie sur la rive opposée, desservant la petite communauté. Le monastère était situé sur la rive gauche alors que le village s’étendait sur la rive droite (fig. 3).
Depuis sa fondation même, avec une dotation généreuse et des privilèges accordés par le comte Raymond Pons, le monastère était bien inséré dans les structures féodales, tant séculières qu’ecclésiastiques. Les abbés, puis par la suite les évêques de Saint-Pons, détenaient du comte de Toulouse, avec la seigneurie laïque, le titre de seigneurs de Saint-Pons (qu’ils conservèrent jusqu’à la Révolution) et jouaient en même temps le rôle de seigneurs spirituels des droits et privilèges ecclésiastiques 5. Parmi ces derniers figuraient les privilèges législatifs, judiciaires, militaires et fiscaux. En tant que seigneur ecclésiastique, l’abbé ou l’évêque percevait des redevances telles que dîmes, prémices, offrandes et droits de sépulture.
La rigueur avec laquelle ces privilèges étaient exercés fluctuait en fonction de la résistance qu’opposaient les abbés ou évêques aux continuelles attaques des pouvoirs civils locaux. Une « association » avait été formée vers la fin du XIe siècle par la communauté de Saint-Pons qui s’était placée d’elle-même sous la protection directe du roi de France, affaiblissant de cette façon le pouvoir de son seigneur (c’est-à-dire le monastère de Saint-Pons) par l’octroi forcé de franchises et de libertés. En 1173, les habitants de la cité requirent le privilège de nommer des syndics et malgré le refus du seigneur abbé, obtinrent peu après la création d’un conseil permanent composé de cinquante consuls. La communauté renouvela sa soumission au roi de France en 1227, quand Louis IX vint en Languedoc pour affronter le comte de Toulouse 6. Les consuls de Saint-Pons se soumirent à nouveau au roi de France après la mort de saint Louis, quand Philippe le Hardi ordonna à ses sénéchaux de Languedoc de recevoir de tous serment de fidélité.
Bien qu’il soit difficile d’imaginer le site à partir de son état actuel, on peut se figurer l’enclos monastique des XIIe-XIIIe siècles comme une partie de la ville fortifiée et ceinte de murs où le travail quotidien des moines était effectué dans un confort et un environnement esthétique assez éloignés de la communauté à l’entour (fig. 4). La présence d’un décor sculpté abondant devait également distinguer l’enceinte monastique de son pourtour urbain 7.
Une étude des sources écrites et iconographiques est essentielle pour établir la situation physique ainsi que l’importance sociale et religieuse de Saint-Pons durant le Moyen Age. Ces documents ne fournissent que des informations lacunaires et indirectes sur la sculpture qui ornait autrefois les portes et le cloître de Saint-Pons et sur l’histoire de la construction de l’église. Bien que les documents ne fournissent aucun témoignage précis sur ces points, des érudits ont tenté de les utiliser pour dater les campagnes de construction 8. Ces témoignages historiques ont cependant une valeur par ce qu’ils nous enseignent sur le contexte dans lequel ont été créées ces sculptures, et particulièrement sur les relations sociales, politiques et religieuses du monastère avec les établissements religieux voisins, les comtes et vicomtes locaux et l’administration ecclésiastique locale. Comme les historiens qui ont étudié ces sources écrites l’ont démontré, ces concessions et donations sont essentielles pour comprendre les alliances entre les différentes familles, les relations, hostiles ou amicales, et le rôle des personnalités ecclésiastiques 9.
Sources documentaires
Les sources documentaires concernant Saint-Pons peuvent être classées en deux catégories : les chartes 10 relatives au monastère, puis à la cathédrale de Saint-Pons, qui vont du Xe au XVe siècles, et les prix-faits, devis et autres pièces d’archives touchant à la reconstruction, à la destruction et aux réparations de l’édifice actuel et de ses abords, dont les dates s’échelonnent entre le XVe et le XIXe siècles.
Chartes
Bien que les archives du monastère soient aujourd’hui en grande partie détruites, une soixantaine de documents ont été conservés sous forme de copies modernes, parmi lesquels figurent des chartes de fondation et de consécration, donations, confirmations de dons antérieurs, chartes de protection royale et pontificale, le nécrologe de l’abbaye, des listes d’églises données à Saint-Pons pour les réformer, des listes d’enfants offerts par leurs familles et destinés à devenir moines, un inventaire de la bibliothèque, des règlements de conflits locaux, des registres de conciles ecclésiastiques régionaux. Certains figurent dans des recueils du XVIIe siècle aujourd’hui à la Bibliothèque Nationale, à Paris 11 ; la plupart ont été publiés par J.-B. Trottet le Gentil, Mabillon, les auteurs de la Gallia Christiana, ceux de l’Histoire générale du Languedoc, et l’abbé Bène 12.
Au cours de son histoire, le monastère de Saint-Pons-de-Thomières fut lié étroitement à la maison des comtes de Toulouse. La fréquence avec laquelle les chartes de donation et de confirmation répètent que le comte Raymond Pons a fondé et construit le monastère, l’inhumation du comte à l’abbaye, font apparaître des relations étroites entre l’abbaye de Saint-Pons et ce comte 13. En choisissant de consacrer sa fondation à Saint-Pons, Raymond Pons honore le saint dont le nom est accolé au sien, établissant une tradition pour sa lignée 14.
Le plus ancien document atteste que lorsque le comte de Toulouse Raymond Pons et sa femme Garsinde fondèrent le monastère en 936, il y avait déjà à cet endroit une ville ou un village avec une église paroissiale 15. La juridiction de la paroisse et les revenus de son église de Saint-Martin-du-Jaur faisaient partie de la généreuse dotation du comte en terres et églises à l’égard de l’abbé Otgarius et des moines de Saint-Pons-de-Thomières. La « charte de consécration » d’août 937 fournit des détails supplémentaires sur la fondation du monastère 16. Nous apprenons ici que le comte Raymond Pons avait requis l’abbé Arnaud de Saint-Géraud d’Aurillac d’envoyer quelques-uns de ses moines pour établir la Règle de saint Benoît à Saint-Pons-de-Thomières. Arnaud choisit Otgarius comme abbé du nouveau monastère, ordonné par l’archevêque de Narbonne et l’ensemble des évêques de la région qui s’étaient rassemblés à Saint-Pons peu avant de se réunir en concile à Ausède, dans les environs 17.
D’après les premières chartes de dotation et de consécration et celles, postérieures, de donations, il apparaît que l’église reçut une double consécration, à la Vierge et à saint Pontius 18. Il est surprenant qu’aucun de ces documents anciens ne fasse mention de la translation des reliques de saint Pontius, que Raymond Pons avait prétendument rapportées de Cimiez, où ce confesseur du IIIe siècle avait reçu le martyre 19.
En tant que monastère bénédictin, la communauté de Saint-Pons se devait naturellement de placer l’opus Dei au premier rang de ses activités 20. Toutefois, lorsque l’on passe en revue les chartes subsistantes, on s’aperçoit que le monastère a également joué un rôle complexe dans les domaines économique et politique. La communauté monastique était pleinement associée à la vie de la ville qui l’environnait (comme cela a été exposé plus haut), ainsi qu’aux rivalités entre les comtes de Toulouse et les comtes et vicomtes voisins, aux luttes entre ces souverains temporels et les souverains de l’Église et aux querelles de ces derniers, c’est-à-dire les abbés, les évêques, les archevêques et les papes. En fait, après avoir examiné certains de ces documents, on se rend compte qu’ils peuvent être trompeurs si on les prend pour argent comptant dans le but d’en tirer quelque information au sujet du monastère lui-même. Une donation de terre, par exemple, peut être faite par un donateur qui ne possède pas la terre qu’il donne à ce moment-là mais ce document permet d’asseoir ses prétentions 21. Les dons peuvent aussi être faits et repris afin de créer des relations d’obligation 22.
La charte de consécration établit clairement que l’abbaye de Saint-Pons est exemptée de tout contrôle temporel ou ecclésiastique autre que celui du pape 23. Mme Magnou-Nortier a montré que, bien que plusieurs abbayes du Midi aient reçu des bulles pontificales confirmant leurs privilèges, les cas de soumission au Saint-Siège sont extrêmement rares avant le milieu du XIe siècle 24. Pour plusieurs raisons, elle considère le cas de Saint-Pons comme douteux : ce document contient à lui seul une quantité d’informations disparates, la dotation et les privilèges sont étonnamment généreux, le langage employé pour revendiquer la soumission pontificale utilise une expression grégorienne (liber et absolutus). Dans une bulle d’Urbain II, datée de 1089 et confirmant des privilèges, un paiement annuel à Rome est mentionné sans faire référence au « cens » plus ancien spécifié dans le document de 937 25.
Si l’on accepte le point de vue de Mme Magnou-Nortier à propos de ce document, on peut alors se demander à quelle date a été forgé ou modifié le document composite, et pour quelle raison il était nécessaire de revendiquer ainsi l’indépendance de l’abbaye à l’égard de toute juridiction locale et de la placer sous la dépendance directe de Rome. A la lumière des observations exposées plus haut au sujet de la formation de l’« association » municipale de Saint-Pons à la fin du XIe siècle et de la résistance de la ville vis-à-vis de l’autorité féodale du monastère, il est intéressant de noter que plusieurs autres documents faisant référence à la soumission de l’abbaye à Rome et à sa liberté à l’égard de toute autre autorité séculière ou ecclésiastique datent de la fin du XIe siècle ou du début du XIIe siècle, y compris la bulle d’Urbain II citée par Mme Magnou-Nortier 26. Il se peut que la charte de consécration originelle de 936-937 ait été modifiée à la fin du XIe siècle : elle serait ainsi contemporaine des autres chartes seulement citées 27. Les pouvoirs et les ambitions de l’abbaye furent à leur apogée durant l’abbatiat de Frotard, au cours du dernier tiers du XIe siècle. Il serait logique que la modification de la charte du Xe siècle ait été faite à cette époque. On peut aussi noter que c’est dans ce contexte qu’eut lieu la visite du pape Urbain II à Saint-Pons, le 24 juin 1096 28.
Saint-Pons était situé dans l’archevêché de Narbonne, l’antagonisme entre les comtes de Toulouse et les archevêques de Narbonne, implicite dans la demande d’exemption du monastère, est cohérente. Quelle que soit sa date, le document souligne que, outre le fait que le monastère échappe au contrôle de l’archevêque et soit libre de toute obligation fiscale envers Narbonne, il a reçu plusieurs propriétés produisant des revenus sises dans le Narbonnais 29. La fondation du monastère de Saint-Pons par le comte aurait donc directement affecté les revenus de l’archevêque de Narbonne. Même si la partie concernant l’exemption a été ajoutée à une date plus tardive, il y aurait encore là des conséquences évidentes pour les coffres de la cathédrale de Narbonne.
L’un des nombreux conflits d’autorité entre les hommes qui dirigent des établissements monastiques et ceux qui gouvernent les diocèses est également rappelé. L’installation à Saint-Pons par le comte Raymond Pons de moines originaires d’une fondation bénédictine connue pour son observance stricte peut être considérée, elle aussi, comme une tentative de faire obstacle au pouvoir de l’archevêque de Narbonne. Malgré des donations occasionnelles au monastère de la part des archevêques 30, il semble qu’il y ait eu une succession de conflits entre les archevêques et les abbés de Saint-Pons. En 1098, par exemple, un accord fut obtenu au sujet de la plainte de l’archevêque de Narbonne au pape Urbain II selon laquelle l’abbé Frotard avait placé sous contrôle laïque certaines églises du diocèse de Narbonne, réconcilié des excommuniés sans en référer à leur évêque, fait exhumer un excommunié défunt afin de l’inhumer dans son monastère, accepté la consécration d’un évêque à Jaca à l’encontre du droit canon (c’est-à-dire sans la participation de l’archevêque) et tenté de détacher la province de Tarragone de la juridiction de Narbonne 31. En 1107, le pape Pascal II écrivit à Pierre I abbé de Saint-Pons pour lui enjoindre d’obéir à l’interdiction de recevoir ceux qui avaient été excommuniés par d’autres, en réponse à une plainte de l’archevêque Richard de Narbonne selon laquelle les abbés de Saint-Pons et d’Alet avaient reçu dans leur communauté des personnes qu’il avait excommuniées 32. Le même problème se reproduisit entre 1129 et 1145, quand l’archevêque de Narbonne se plaignit à nouveau au pape que les abbés de Saint-Pons et de Lagrasse aient reçu des excommuniés. Il signala également que ces abbés avaient installé des curés dans des paroisses dépendant de leurs monastères sans la participation de l’archevêque 33.
L’abbé de Saint-Pons se montra actif dans la réforme monastique, particulièrement durant l’abbatiat de Frotard (1061-1099), le plus illustre des abbés de Saint-Pons, malgré les allégations diffamatoires citées plus haut 34. Frotard devint légat pontifical de Grégoire VII en 1077 et participa activement à la réforme de bien des abbayes et prieurés du Sud de la France (particulièrement dans le Narbonnais) et le Nord de l’Espagne, spécialement en Catalogne et Huesca (comtés de Barcelone, Besalfl et Huesca) 35. Durant le dernier tiers du XIe siècle, Saint-Pons était devenu l’un des rares établissements de cette région capable de prendre la tête de sa propre « confédération monastique » avec des abbayes et des prieurés dépendants 36. Elle était relativement modeste en comparaison des autres confédérations monastiques du Sud de la France à cette époque, celles de Saint-Victor de Marseille et Cluny, par le biais de Moissac 37.
Grâce au nécrologe du monastère, nous savons que Saint-Pons avait des liens fraternels avec plusieurs autres monastères et églises des régions voisines, tels que Sainte-Foy de Conques, Saint-Guilhem-le-Désert et Carcassonne 38. Dans le seul manuscrit liturgique subsistant de l’abbaye, les obiit des abbés de Saint-Pons sont signalés de façon plus remarquable que les autres par l’emploi d’encre rouge et de lettres plus grandes 39. Des dessins marginaux ornent les citations des personnalités qui furent particulièrement importantes pour le monastère, comme le roi Ramiro d’Aragon et l’abbé Pons de Cluny, qui tous deux avaient été moines à Saint-Pons 40.
Il était important, durant les premières années de l’abbaye, d’être reconnu non seulement par les ecclésiastiques et la noblesse des lieux mais aussi par le pouvoir séculier le plus élevé. Ceci fut le cas en 939, quand Louis d’Outremer promulgua une charte royale établissant la protection du roi et confirmant les donations en faveur de Saint-Pons-de-Thomières 41. Il y est dit que le comte Raymond Pons a sollicité du roi cette charte 42. De façon probablement erronée, le roi Louis fait référence à « Oddo, abba » pour « Otgarius », abbé à cette époque. Alors que cela pourrait être une simple erreur du scribe, plusieurs historiens ont interprété cet élément comme une association directe entre les monastères de Saint-Pons-de-Thomières et Cluny, en la personne de l’abbé Odon de Cluny 43. Les documents dénient que Saint-Pons-de-Thomières ait été un monastère clunisien 44.
Une telle évidence historique va à l’encontre de l’interprétation proposée par Émile Mâle (et après lui, Evans) de l’iconographie de la sculpture du portail de Saint-Pons (l’association de la représentation de la Cène avec celle du Christ dans une mandorle) comme « créée et propagée par les moines de Cluny 45 ». Trouvant l’iconographie de Saint-Pons semblable à certains portails bourguignons ou provençaux, Mâle en déduit (sans citer aucune source) que cette abbaye s’est placée elle-même très tôt sous l’obédience de Cluny. Cela ne semble pas avoir été le cas, et tout essai d’interprétation de l’iconographie de Saint-Pons comme « clunisienne » doit être revu 46.
Le monastère de Saint-Pons-de-Thomières fut assez riche et prospère, de sa fondation, généreusement dotée, jusqu’au XVe siècle. On voit constamment dans les chartes de donation que le don d’une église à Saint-Pons est souvent accompagné de ses revenus 47 et les biens sont concédés avec tous leurs droits de propriété, les champs, les vergers, les forêts, les vignes, les serfs, etc. 48. Parmi les donations les plus fameuses faites à Saint-Pons figure celle faite à l’abbé Frotard et aux moines par Ramiro Sancho, roi d’Aragon et de Navarre, en 1093, quand il offrit son fils Ramiro pour qu’il devienne membre de la communauté 49. Après plus de quarante ans passés comme moine à Saint-Pons, les circonstances pressèrent Ramiro d’abandonner la vie cloîtrée pour prétendre au trône, se marier et avoir un héritier 50. Il passa ensuite ses dernières années à l’abbaye de San Pedro el Viejo à Huesca, une dépendance aragonaise de Saint-Pons, et fit des dons généreux à l’abbaye qui avait été sa maison pendant tant d’années 51.
Pour évaluer la taille du monastère, il serait intéressant de connaître l’importance numérique de sa population à différents moments de son histoire. Malheureusement, les sources sont pauvres dans ce domaine et les seules années pour lesquelles nous connaissons le nombre des religieux sont les suivantes : 967 (vingt-neuf), 1327 (quarante-huit), 1362 (trente-deux), 1444 (vingt-sept), 1515 (vingt-neuf), 1565 (vingt-deux), 1566 (seize), 1568 (neuf), 1612 (quatorze) 52.
Une indication du degré de richesse atteint par le monastère dans la seconde moitié du XIIe siècle apparaît dans les termes d’un accord conclu avec Roger II Trencavel, vicomte de Béziers, en 1171 53 L’abbé Raymond de Saint-Pons avait porté plainte contre le vicomte Roger pour avoir nui au monastère, détruit la ville et extorqué 30 000 sous melgoriens. Le vicomte avait accusé l’abbé d’avoir construit un village fortifié, La Salvetat 54, à côté de ses terres et malgré la défense expresse de son père. En vertu de l’accord, le vicomte autorisa le monastère à garder paisiblement La Salvetat, mais à un prix très élevé 55. Le vicomte confirma par la suite et accepta que le monastère et toutes ses dépendances (officinis) soient édifiés, fortifiés, construits et enclos afin d’être mieux protégés. Le fait que le monastère ait construit un village ou un château fort à une vingtaine de kilomètres laisse à penser qu’il avait des moyens plus que suffisants. Que l’abbé ait pu accorder un paiement annuel substantiel, plus de 2 000 sols melgoriens, en plus des 30 000 que le vicomte avait déjà extorqués, montre que cette époque était prospère.
Dans une lettre au roi Louis VII, datée d’environ 1164, le prieur de Saint-Pons demande l’assistance royale et fait appel au pape parce que le monastère est accablé « par le poids des doléances », particulièrement « par le fardeau immodéré des dettes et par l’absence de notre berger » 56. De telles doléances paraissent étranges, au regard de la prospérité évoquée ci-dessus et des généreuses donations faites par le roi d’Aragon Ramiro quand il se retira à Huesca, vers le milieu du XIIe siècle 57. Le monastère jouissait également des revenus de nombreuses propriétés 58. Il est possible que le « fardeau immodéré de dettes » résulte de campagnes de construction telles que la fortification de l’église, l’exécution d’une série de chapiteaux sculptés pour le cloître et la construction de la fortification de La Salvetat qui provoqua le courroux de Trencavel en 1170 59. Une supplique pour obtenir l’assistance royale paraîtrait une mesure énergique s’il s’agissait simplement d’un manque d’argent. Dans le contexte de tensions locales croissantes, en raison des oppositions aux hérétiques, de tels conflits peuvent avoir menacé le monastère à cette époque 60.
Le document de 1171 est également en rapport avec le contexte de tensions constantes entre les vicomtes de Béziers et le monastère de Saint-Pons, et leurs positions respectives à l’égard de l’hérésie dans la région. L’abbé Raymond de Saint-Pons et le vicomte Raymond Trencavel (frère de Roger II) étaient tous deux présents au débat de 1165 entre catholiques et hérétiques à Lombers 61. Roger II fut excommunié en 1178 pour avoir donné refuge à des hérétiques et refusé de coopérer avec la commission dirigée par le légat pontifical Henri de Marey, abbé de Clairvaux 62. Cette commission à la fois papale et royale répondait à la demande d’assistance de Raymond V, comte de Toulouse, contre les hérésies qui rendaient ses terres tristement célèbres 63. La tension entre les vicomtes de Béziers et les abbés de Saint-Pons venait aussi de leur rivalité pour le pouvoir, les deux titres étant vassaux du comte de Toulouse 64.
La prospérité du monastère n’avait pas diminué à la fin du troisième quart du XIIIe siècle, quand fut dressé l’inventaire de la bibliothèque 65. Plus de trois cents articles (certains constitués de plusieurs volumes) sont répertoriés dans ce que Léopold Delisle a appelé « un travail bibliographique remarquable 66. Parmi les volumes cités, on trouve des bibles complètes, plusieurs livres séparés de l’Ancien et du Nouveau Testament ; des écrits des premiers Pères de l’Église, tels que saint Grégoire, saint Augustin, saint Jérôme, saint Isidore, des auteurs contemporains majeurs, saint Bernard et le pape Innocent III, et plusieurs sermons et gloses sur les deux Testaments. A côté des textes religieux, de nombreux livres de grammaire, logique, rhétorique, astronomie et médecine sont répertoriés. Plusieurs thèmes récurrents se distinguent de la série des articles. L’accent semble être mis sur les règles et les usages, les sacrements et le rite, la hiérarchie de l’Église, les textes condamnant les païens et les hérétiques, des vies de saints et de martyrs et des textes discutant des vertus et des vices. Comme on peut s’y attendre pour la bibliothèque d’un monastère bénédictin, nombreux sont les textes sur les règles, les usages, les habitudes des moines, sur l’office divin et sur l’interprétation des sacrements. Outre plusieurs exemplaires de la Règle de saint Benoît, l’inventaire répertorie des sermons de saint Augustin sur la vie et les usages des clercs, la Règle des Égyptiens, le traité Disputatio cluniacensium et cisterciensium et trois références distinctes relatives à des arts de prêcher. L’inventaire comprend les vitae de nombreux saints, dont trois de saint Pontius. Dix articles sont des textes sur les vertus, les vices et le combat entre eux. Parmi au moins dix titres condamnant les païens ou les hérétiques, on trouve le Contra Faustum Manicheum de saint Augustin, le traité contre les hérétiques de saint Hilaire (à la fin duquel se trouve une passion de saint Pontius), le texte de Paul Orose contre les païens à travers l’histoire, commençant à la Rome antique et se terminant à l’année 1168 et un Liber disputationum contra hereticos par un certain « Aymericius ». Les écrits d’Innocent III (1198-1216, pape durant la croisade contre les Albigeois) comprennent deux volumes de sermons (sujets non identifiés), un sur les sept psaumes pénitentiels et son Sacramentum altaris Domini. Trois articles consignent des synodes ou des conciles, y compris un synode de Nîmes, et le Decretum de Burchard, évêque de Worms.
L’engagement des abbés de Saint-Pons-de-Thomières dans les efforts pour extirper l’hérésie qui était devenue un problème toujours plus aigu dans la région est particulièrement bien documenté de 1205 à 1267. En 1205, le pape Innocent III écrivit une lettre reprochant à l’archevêque de Narbonne de n’avoir pas éradiqué l’hérésie dans sa province, de n’avoir pas coopéré avec ses légats Raoul et Pierre de Castelnau, ni accompagné les légats pour enjoindre le comte Raymond de Toulouse de chasser les hérétiques de la province 67. Le pape écrivit aussi au roi de France de venir en personne ou d’envoyer son fils Louis pour aider l’abbé de Cîteaux à combattre les hérétiques. Après le refus de coopérer de l’archevêque de Narbonne, les légats se tournèrent vers l’évêque de Béziers, qui se montra encore plus réticent 68. Ils suspendirent alors l’évêque et Innocent III écrivit à l’évêque d’Agde et à l’abbé de Saint-Pons pour leur ordonner de dénoncer le prélat suspens dans toutes les églises du diocèse de Béziers, de faire défense au clergé et aux hommes de loi de lui obéir et nommer en attendant des personnes capables de gouverner le diocèse. L’abbé de Saint-Pons figurait parmi les ecclésiastiques qui participèrent aux deux conciles tenus au palais épiscopal de Béziers, l’un en 1243, l’autre en 1255. Le premier rendit compte de la requête du comte Raymond VII de Toulouse, excommunié par deux frères qui avaient été chargés de dénoncer les hérétiques dans le territoire du comte 69. Raymond prétendit qu’il avait coopéré avec eux et qu’ainsi, l’excommunication était abusive. Raymond avança aussi qu’il avait fait la paix avec le roi de France et avait été fermement engagé à purger le pays des hérétiques et à soutenir l’inquisition. Au second concile, le roi Louis IX promulgua une ordonnance corrigeant les abus et établissant un contrôle sur la région 70. Cette ordonnance contribua avec d’autres à faire accepter par la population la domination des rois de France et à réparer les dommages causés par quarante ans de guerre et d’incurie 71. Dans le document de 1227 déjà cité, la ville de Saint-Pons prêta serment de fidélité au roi de France, à la requête de son seigneur abbé, auquel le roi avait écrit à ce propos 72. En 1267, une bulle de Clément IV confirma les donations et privilèges du monastère, reprenant les bulles de Lucius III et Innocent IV 73. Ce n’est probablement pas un hasard si cette bulle fut promulguée au moment où le monastère de Saint-Pons, comme d’autres fondations religieuses du Midi, demandait au roi de France de lui restituer ses droits sur les terres confisquées ou cédées par les nobles convaincus d’hérésie, comme les Trencavel 74.
En 1318, le pape Jean XXII éleva l’abbaye de Saint-Pons-de-Thomiéres au rang d’évêché 75. Cette action fit partie de la réorganisation générale des diocèses du Languedoc. Toulouse était érigé en archevêché et l’archevêché de Narbonne était diminué par la création des diocèses d’Alet et de Saint-Pons. Cela doit avoir considérablement accru les revenus de la nouvelle cathédrale et de son chapitre.
Saint-Pons connut une sombre période en raison de la Guerre de Cent Ans. Dans un document des Archives vaticanes daté de 1419, l’évêque Gauffridus de Saint-Pons supplie le pape Martin V de réunir à la mense épiscopale le prieuré bénédictin de Cessenon, au diocèse de Saint-Pons, dont le revenu annuel est de 200 livres, parce que les événements désastreux de la Guerre de Cent Ans ont diminué le revenu annuel de la cathédrale de 4 000 à 2 000 florins d’or 76. Ces temps difficiles ne semblent pas avoir duré très longtemps, comme l’atteste la confirmation par le pape Pie II en 1459 de la bulle de Lucius III 77. La longue liste d’églises et de propriétés appartenant à Saint-Pons confirme la prospérité de la cathédrale à cette époque. Cette prospérité continua jusqu’au XVIe siècle comme le montrent les actes de paiement pour la reconstruction du chœur en un grand et élevé monument de marbre 78. On peut penser que l’étalage de la richesse de la cathédrale a provoqué en partie l’attaque des huguenots et a fait se diriger sur le chœur récemment achevé les principales destructions 79.
Pour nous résumer, les chartes et autres documents étudiés ci-dessus sont précieux pour les informations qu’ils nous apportent sur le contexte historique de Saint-Pons-de-Thomières et sur les relations entre le monastère et la société dont il fait partie. Bien que ces chartes fournissent un témoignage sur la relative prospérité de Saint-Pons à différentes époques, il n’est pas possible de tirer d’une donation particulière ou d’un document un renseignement sur l’activité de construction ou l’embellissement. A titre d’exemple, plus d’une douzaine de donations ont été faites entre 1065 et 1099, années de l’abbatiat de Frotard. Il serait tentant de considérer ces années comme étant logiquement la période propice à la reconstruction de l’église et du cloître, qui avaient été sans doute initialement construits vers le milieu du Xe siècle : des fonds étaient disponibles, la popularité de l’abbaye avait provoqué un accroissement de la population, justifiant un agrandissement de l’église et du cloître et on peut s’attendre à ce qu’un abbé de la stature de Frotard ait laissé une trace monumentale sur l’édifice même 80. Cependant, aucune des donations ne fait particulièrement mention d’une activité de construction, et comme le démontrent les documents archéologiques, l’architecture et la sculpture qui subsistent aujourd’hui indiquent plusieurs campagnes de construction postérieures au dernier tiers du XIe siècle 81. De plus, la date d’une donation était liée le plus souvent à l’importance du monastère et à la vie de ses donateurs. L’abbaye de Saint-Pons n’était qu’une fondation religieuse parmi plusieurs autres à recevoir des donations de terres et églises 82. Les actes de donation sont souvent les testaments des donateurs, ce qui les place plus dans une perspective biographique que dans celle de l’histoire architecturale de l’abbaye 83.
Un seul des documents étudiés mentionne l’édifice actuel et c’est l’accord de 1171 entre l’abbé Raymond et le vicomte Roger. Cependant, quelques études récentes continuent à l’interpréter comme un élément de datation pour la construction de l’église actuelle 84. Ce n’est pas non plus une source aussi utile pour l’édifice qu’on pourrait le souhaiter. Il n’est pas dit de façon précise ce qui a été « détruit » pendant l’attaque. Le passage disant que le monastère pourrait être bâti, fortifié, construit et enclos pour une meilleure protection est trop vague pour dater l’architecture de l’église ou du cloître.
Documents concernant les réparations et la reconstruction
La seconde catégorie de documents, qui comprend des témoignages écrits et des documents iconographiques sur la reconstruction, la destruction et les réparations de l’église et des bâtiments claustraux sont également utiles pour comprendre le contexte historique plus large. En outre, ces documents sont précieux pour nous donner une idée du site à différentes époques.
La première référence à la destruction et à la reconstruction concerne la démolition du chevet de l’église au XVe siècle et son remplacement par un chœur bien plus grand, avec des chapelles rayonnantes. Plusieurs documents indiquent que la construction du nouveau chœur eut lieu du dernier tiers du XVe siècle au milieu du XVIe siècle. Un arrêt du Parlement de Toulouse ordonne à l’évêque Antoine (1467-1501) de consacrer les deux tiers des revenus de l’évêché aux réparations de l’église cathédrale et de l’évêché 85. Un montant aussi substantiel alloué aux réparations de l’église laisse penser que les travaux du nouveau chœur commencèrent dans le dernier tiers du XVe siècle. Quand Alexandre Farnèse abandonna son titre d’évêque de Saint-Pons pour devenir pape sous le nom de Paul III en 1534, il accorda des indulgences à ceux qui feraient des donations pour l’achèvement du somptueux édifice de marbre qu’il laissait incomplet 86. L’inventaire des archives du chapitre de 1708 mentionne « un vieux compte de la dépense faite lors de la bâtisse du chœur en 1551 » 87. Sahuc a conclu, au vu des armes de Jacques de Castelnau de Clermont figurant sur un écusson supportant des nervures dans latour Saint-Antoine, que cet abbé avait terminé l’ouvrage du choeur 88.
Ces nervures sont les seuls vestiges du nouveau chœur qui était en voie d’achèvement lorsque la ville et les abords de la cathédrale de Saint-Pons furent attaqués par les huguenots, le 1er octobre 1567. Une enquête, rapportant plusieurs témoignages des violences et destructions commises est conservée aux Archives Nationales, à Paris 89. Après avoir détruit le monastère de Sainte-Madeleine hors les murs, pillé et dévasté l’église paroissiale de Saint-Martin et tué son recteur, les huguenots prirent la ville et attaquèrent le monastère. Avec de vivantes descriptions de l’incendie des documents et de la destruction des objets liturgiques, des reliques, des meubles de l’église et de la statuaire, se trouvent des déclarations selon lesquelles l’église a été « complètement arrazée ». D’autres rapports incluent des allégations selon lesquelles « ceux de la préthendue relligion nouvelle surprirent la ville, arrasèrent l’église, cloistre, maisons des relligieux et toute la closture, tant le clocher que maison épiscoppalle et le mesme firent de l’église parrochiale et couvent des nonains et hermitages des environs dudit Saint-Pons… » 90. Les huguenots occupèrent la ville jusqu’en juillet 1568.
Comme Sahuc le suspectait, ces comptes-rendus doivent être lus avec un œil critique. Le chapitre de Saint-Pons peut avoir exagéré à dessein les dommages subis en raison de son incapacité à payer les impositions dues au clergé général, qui est à l’origine de cette enquête 91. C’était à l’avantage du chapitre de dépeindre la description matérielle résultant de ces événements tragiques sous un jour aussi sombre que possible, et les habitants peuvent avoir prêté leur concours au chapitre par les déclarations citées plus haut. Du reste, ces « témoignages oculaires » n’ont été enregistrés que cinq ans après les événements. L’acuité du sentiment antiprotestant, courant dans cette ville, peut aussi avoir servi ce propos 92.
Des historiens plus tardifs ont interprété différemment les comptes-rendus des dommages causés par les huguenots. Selon Trottet le Gentil, qui écrivit environ cent quarante ans après l’attaque, seuls les bâtiments claustraux furent démolis, le chœur de l’église dévasté, et trois tours abattues 93. A la fin du XIXe siècle, Sahuc va plus loin que Trottet le Gentil en supposant une destruction plus poussée. D’après Sahuc, l’enceinte du monastère avait été détruite, une partie du flanc sud de l’église (environ la moitié de la longueur actuelle de la nef), adossé au cloître, avait été démoli avec celui-ci, le flanc nord endommagé, les deux tours centrales et celle du nord-est arasées jusqu’à hauteur des voûtes, et une partie des murs du chœur abattus 94. Sahuc a affirmé également que la mutilation des tympans et l’enlèvement des chapiteaux de la façade occidentale eurent lieu durant l’attaque des huguenots 95.
Bien que Sahuc ait déclaré que la partie détruite du flanc sud fut reconstruite à la fin du XVIe siècle, des réparations majeures ne semblent pas avoir été sérieusement entreprises avant le XVIIe siècle 96. D’après les sources du XVIIe siècle, le chapitre abandonnant vite l’idée de reconstruire l’édifice grandiose qui se dressait avant l’attaque décida, en raison du manque de fonds, de construire une petite église au milieu des ruines de l’ancienne 97. La nouvelle église fut consacrée 98 en 1619.
Sahuc a écrit que la vie monastique s’était dégradée à Saint-Pons après la destruction. Les bâtiments claustraux étant démolis, les seize chanoines subsistants furent dispersés et logés parmi les laïques de la ville 99. Les chanoines se réunissaient seulement à certaines heures pour célébrer l’office divin dans une partie du cloître affectée à ce but et sommairement remise en état 100. Quand les chanoines demandèrent au pape leur sécularisation, l’un des principaux arguments invoqués pour appuyer cette requête fut le manque de bâtiments claustraux. Une bulle pontificale sécularisa le chapitre en 1612 101.
La reconstruction du cloître, toutefois, n’a pas pu avoir lieu à la fin du premier tiers du XVIIe siècle. D’après une délibération de 1627, on recherchait cette année-là un nouvel emplacement pour le cimetière de Saint-Pons 102. L’évêque refusa la suggestion de transférer le cimetière à l’emplacement de « l’ancien » cloître, au sud de l’église, et une terre autour de l’église paroissiale de Saint-Martin fut allouée à ce propos 103. Nous pensons qu’une référence au cloître « ancien » signifie que rien n’y avait été reconstruit à cette époque.
Le but de P.-J.-F. Percin de Montgaillard, durant ces cinquante années d’épiscopat (1663-1713), fut de reconstruire l’église cathédrale, particulièrement le grand chœur et les abords du cloître tels qu’ils étaient avant la dévastation de 1567. Il ne réalisa jamais ce but et mourut trois ans avant l’achèvement de la restauration de l’église, telle qu’on peut la voir aujourd’hui. En 1668, d’après un document d’archives privées, l’évêque Percin de Montgaillard semblerait avoir reconstruit le cloître et le dortoir en utilisant les matériaux récupérés, en se basant sur les plans de Pierre Saisset, un architecte de Narbonne 104. Mais d’autres témoignages sur les activités de l’évêque suggèrent que cette entreprise ne fut jamais menée à son terme.
Une description de Saint-Pons rapportée par Percin de Montgaillard lors de sa visite de 1694 a été conservée et publiée par Sahuc 105. Le but de cette visite semble avoir été de dresser un état des lieux de l’église et des autres parties de l’ancien monastère et de donner des ordres spécifiques pour les réparations, la reconstruction, etc. Dans le compte rendu de visite de 1694, l’évêque insiste à de nombreuses reprises sur le fait que son ordonnance précédente concernant le cloître doit être exécutée immédiatement 106.
Après avoir visité l’église et les maisons du chapitre (« maisons du cloître ») en vis-à-vis de la façade occidentale, Percin de Montgaillard emmena ses visiteurs voir les ruines du cloître, afin que leur état lamentable témoigne de l’urgente nécessité de réparations 107. Dans le cloître, ils trouvèrent toutes les toitures abattues et les voûtes menaçant ruine : à leur sujet, Percin de Mongaillard demande l’exécution de son ordonnance de 1670 108, dans laquelle il avait demandé la « réédification du cloître » afin de loger les « ecclésiastiques du bas-chœur et musiciens » 109. Il demande que l’ouvrage, qui avait été entrepris et demeurait inachevé depuis un certain temps, soit poursuivi et achevé selon le premier devis et qu’une nouvelle estimation soit faite pour les réparations qui avaient été faites et celles qu’il restait à faire. En conclusion, il demandait que l’ouvrage soit achevé dans les deux ans suivant la promulgation de l’ordonnance 110.
Il est évident que par le mot « cloître », Percin de Montgaillard désigne l’ensemble des bâtiments claustraux et non particulièrement les arcades avec les chapiteaux sculptés qui entouraient l’enclos au sud de l’église. Les procès-verbaux de visites ne font aucune référence à la sculpture du cloître, ou aux arcades.
Les notes de la visite se poursuivent avec l’ordre donné au chapitre par Percin de Montgaillard d’entreprendre les travaux suivants : déblayer les débris dus aux intempéries du dessus la voûte d’un des côtés du cloître, réparer la couverture de l’autre côté, dresser l’inventaire des bois et matériaux de l’édifice qui seront rangés dans un endroit sûr, l’inventaire des matériaux qui ont été enlevés par plusieurs personnes qui ont pris plaisir à détruire l’édifice 111. L’évêque ordonne qu’un « monitoire » soit publié pour découvrir les responsables des dommages et du vol des matériaux et pour qu’ils soient requis de restituer ce qu’ils ont pris, afin de faciliter la tâche du chapitre dans ses travaux d’achèvement 112.
On peut penser que le chapitre n’était pas autant intéressé que l’évêque par cette campagne de reconstruction, l’évêque implorant constamment son concours « à rétablir ce que nos prédécesseurs avoient bâti avec tant de zèle et que la malice des hérétiques a ruiné depuis si long tems… » En outre, il dut promulguer des menaces d’excommunication à l’encontre de ceux qui avaient volé des matériaux provenant du chœur et du sanctuaire, s’ils ne les restituaient pas dans les trois mois 113. Dans un procès contre le chapitre en 1670, l’évêque cria que « la veue des meurs de l’église justifie que les restes de l’ancien chœur sont encore sur pied, qu’il n’en reste pas un cinquième à bastir pour rétablir dans sa première beauté. 114 »
En 1902, Sahuc publia un plan intitulé : « Plan de la ville de Saint-Pons-de-Thomières, en 1699. Dressé en MDCCCC par Joseph Sahuc, tracé et dessiné par François Boudène 115 (fig. 3). » Sahuc ne cite aucune source sur laquelle il se serait basé pour ce plan. Paru un an après la publication par Sahuc du procès-verbal de visite de Percin de Montgaillard de 1694, il est vraisemblable que le compte-rendu de cette visite, peut-être avec des autres documents d’archives, en ait été la source première.
Sur ce plan, une zone de décombres représente les ruines du grand chœur, séparées de l’est de l’église par un mur plat. Au sud de l’église, une zone avec quelques arbres et des décombres représente « l’emplacement de l’ancien cloître ». Au sud-ouest de cette zone, se trouvent un petit carré désigné comme « maison de la maîtrise » et quatre petites zones de forme rectangulaire s’étendant vers l’est ; elles n’ont pas de désignation, tout comme deux zones rectangulaires à la limite orientale de l’ancien cloître.
Si le procès-verbal de visite de Percin de Montgaillard de 1694 et ce plan de l’état des lieux en 1699 peuvent être considérés comme des documents fiables, l’affirmation de 1668 selon laquelle le cloître est en cours de reconstruction semble sujette à caution. Les documents qui témoignent du combat de Percin de Montgaillard pour accomplir ses projets de reconstruction nous amènent à considérer l’affirmation de 1668 plus comme une intention et un souhait qu’une tâche accomplie 116.
Le successeur de Percin de Montgaillard, Louis des Bertons de Crillon, modifia le projet afin d’apaiser le chapitre et accepta une restauration moins poussée et moins coûteuse 117. En 1716, il ordonna la démolition de ce qui subsistait du chœur et changea l’orientation de l’église. L’entrée fut placée du côté est et la façade orientale actuelle fut élevée (fig. 5). Un mur faisait la séparation entre la nouvelle église et la sacristie, dans l’ancien narthex, à l’ouest. Les flancs nord et sud de l’église furent réparés et reconstruits au début du XVIIIe siècle avec des pierres du chœur du XVe siècle, alors en ruines 118.
En 1784-1785, la route royale (l’actuelle R.N. 112) fut tracée, jouxtant le flanc sud de l’église 119. Sahuc affirme qu’à cette époque, il y avait seulement un jardin à l’emplacement de l’ancien cloître et des bâtiments claustraux 120. On hésita entre faire passer la route au nord du monastère (l’actuelle rue du quai) ou à travers l’ancien cloître. Ce dernier projet prévalut, en dépit de l’avis de la communauté 121. Les travaux commencèrent en 1770 mais ne progressèrent pas beaucoup jusqu’en 1784-1785 122. La construction de cette route a indubitablement détruit des témoignages qui auraient été précieux pour cette étude. Au cours de la période de construction, furent publiés plusieurs recueils de gravures d’artistes français voyageant à travers le pays mais malheureusement, les vestiges sculptés et l’architecture de l’église de Saint-Pons n’attirèrent l’intérêt d’aucun de ces dessinateurs de « monuments historiques » 123.
Les épisodes de la destruction et de la restauration commentés dans ces pages ont provoqué la dispersion des éléments sculptés chez des particuliers. Nonobstant la menace d’excommunication de l’évêque Percin de Montgaillard, nous savons que l’on pouvait encore trouver des éléments de sculpture de l’église chez des habitants de Saint-Pons en 1840, quand le service des Monuments Historiques entreprit la restauration de l’église 124. L’architecte chargé de la restauration, Charles Questel, dans sa correspondance avec les services centraux à Paris, écrivit qu’il y avait beaucoup de chapiteaux romans de l’église chez des particuliers et qu’ils devaient être réunis. Questel était certain que c’était possible, si l’on en sollicitait seulement ceux qui les possédaient 125. Les événements ne prirent pas cette tournure. Au contraire, une grande quantité de pièces passèrent de leurs détenteurs locaux à des antiquaires et de là à des musées, tant français qu’étrangers.
Peu avant que Questel n’écrive ces lettres, l’un de ses dessins fut publié dans l’ouvrage en plusieurs volumes de Taylor, Nodier et Cailleux 126. Cette planche (fig. 6), intitulée « plan du portail et plan général de l’église de Saint-Pons », consiste en un large dessin du portail nord, un plan de ce portail et un de l’église. Bien qu’exact dans la disposition générale, Questel prit quelques libertés dans sa représentation du portail nord, en ajoutant un piédroit sous l’archivolte interne et en plaçant trois colonnes avec leurs bases et chapiteaux de chaque côté de la porte. Les chapiteaux sont dessinés avec des variations dans les acanthes et les motifs de volutes.
Cinq dessins de Questel, datés de 1840, sont conservés dans les collections des Monuments Historiques 127. Dans les deux dessins de la porte nord (fig. 7 et 8), Questel est plus fidèle aux vestiges actuels que dans le dessin précédemment évoqué. L’archivolte interne repose sur une imposte qui n’a aucun support (comme si le piédroit avait été coupé) ; deux bases et tronçons de fûts de colonnes flanquent la porte. Le dessin par Questel du détail des ornements de cette porte (fig. 9) montre les variations de la mouluration en têtes-de- clou des impostes et le cordon, l’une des trois têtes sous des arcades, une main bénissante du cordon, la moulure en pommes de pin, les damiers, billettes et têtes-de-clou des archivoltes, aussi bien que leurs profils. Le dessin de la façade occidentale (fig. 10) présente l’intérêt de ne montrer aucun des chapiteaux, colonnes ou bases en place. Seules deux impostes sont dessinées avec précision l’une avec un motif de palmette (centre du portail principal) et l’autre avec un décor de rinceaux (droite de la porte centrale).
Un dessin de Laurens du tympan de la façade occidentale (fig. 11) fut aussi publié par Taylor, Nodier et Cailleux. L’artiste s’est montré exact dans la disposition générale, il n’a pas reproduit de chapiteaux sous les impostes. Ces impostes ne sont cependant pas dessinées avec précision car elles présentent un motif de rinceaux à gauche et un motif de palmettes à droite et les trois impostes sculptées avec oiseaux, personnages et animaux sont omises. Les tympans eux-mêmes sont juste esquissés. Le Christ dans une mandorle portée par des anges est si schématisé que l’on ne peut voir s’il est assis ou s’il n’est figuré qu’en buste. Au-dessous du Christ, seuls douze personnages apparaissent dans la Cène, omettant Judas à l’autre bout de la table et la représentation du Christ, à l’extrême gauche, lavant les pieds de saint Pierre. Si l’on peut voir dans la publication de Taylor, Nodier et Cailleux l’exemple d’une vision romantique d’antiquités en ruines, courante au début du XIXe siècle, les auteurs suggèrent que leur propos est d’attirer l’attention sur la nécessité de restaurer 128. Il semble que la négligence, plutôt que la restauration, ait prévalu par la suite, comme le montre une photo de la fin du siècle (fig. 12).
La Bibliothèque Nationale conserve les notes de 1857 du baron de Guilhermy décrivant sa visite à Saint-Pons 129. L’état des sculptures ne doit pas avoir changé au cours de la vingtaine d’années qui sépare les dessins cités plus haut et les notes de Guilhermy. Ce dernier a observé le tympan mutilé, les portes privées de colonnettes et de chapiteaux et les reliefs de la porte nord qui se trouvaient derrière le porche, alors muré. L’essentiel de sa description porte sur l’intérieur de la cathédrale. Guilhermy écrit que M. Renouvier a trouvé, disséminés dans les maisons voisines, un grand nombre de chapiteaux de marbre avec des thèmes historiques ou symboliques, provenant du cloître détruit ou du portail ; certaines de ces sculptures romanes étaient disposées sur la promenade 130.
Environ quinze ans après la visite de Guilhermy, l’architecte Henri Revoil publia son ouvrage en trois volumes sur l’architecture romane dans le Sud de la France 131. Il y inséra une planche de son dessin de l’élévation et du plan de la façade occidentale de Saint-Pons (fig. 13) 132. Dans ses brefs commentaires sur ce portail, Revoil affirme que sa seule « amélioration » sur le dessin des portes occidentales est l’ajout de colonnes qui manquent aujourd’hui 133. Un examen du dessin montre que Revoil a fait quelques autres corrections. Non seulement les colonnes sont toutes en place, mais aussi les bases avec un triple tore et tous les chapiteaux ornés de variations sur le thème de l’acanthe et de la volute. Les pilastres élancés qu’il a représentés entre les portes latérale et centrale n’ont pas de fondement archéologique. La porte centrale est maladroitement représentée avec une colonne au centre, un chapiteau et l’imposte supportant les linteaux des deux tympans, alors qu’une imposte sans rien au-dessous soutient les voussures du tympan. Il y a d’autres erreurs dans les esquisses du décor sculpté des tympans par Revoil : la scène du Lavement des pieds est omise, le Christ dans la mandorle est représenté en buste. Le dernier élément est difficile à distinguer mais Revoil donne son interprétation dans le texte 134.
Conclusion
En définitive, les documents d’archives conservés apportent davantage d’informations sur les restaurations relativement récentes de l’église que sur les campagnes de construction antérieures. Les plus anciens dessins du site, malheureusement, datent de plusieurs siècles après la destruction du cloître et le démembrement de son décor sculpté ou la mutilation des portes. Bien que les documents évoquant le siège de 1567 ne fassent pas mention de la sculpture – ni celle des portes de l’église, ni celle du cloître – il semble tout à fait probable que c’est à ce moment-là qu’ont été commises la démolition du cloître et la mutilation du portail. Les documents du XVIIe siècle étayent cette hypothèse.
Il n’y a pas de document qui nous informe sur la taille du cloître, le nombre de chapiteaux qu’il comprenait ou la date exacte de leur exécution. Cependant, la sculpture encore en place dans l’église, les chapiteaux dispersés et les fragments conservés doivent être étudiés pour ce qu’ils peuvent nous apprendre sur leur provenance respective et leur emplacement d’origine 135.
Pour conclure, d’après notre étude des sources, il apparaît que le monastère de Saint-Pons-de-Thomières a occupé une place importante dans le Languedoc du Moyen Age. Alors que les relations avec la royauté étaient limitées, l’allégeance à la Papauté et à la tradition catholique étaient beaucoup plus fortes. Les documents les plus anciens mettent l’accent sur les liens avec Rome et l’indépendance vis-à-vis des pouvoirs spirituels et temporels locaux. L’abbé Frotard fut légat pontifical et durant les XIIe et XIIIe siècles, les abbés ont maintenu des liens étroits avec la Papauté. Même avant d’être une cathédrale, le monastère a montré le pouvoir et le prestige que donnait un tel statut, particulièrement quand il fut chargé par le pape de mettre en application sa politique durant la croisade contre les Albigeois. Sa position antihérétique, assortie d’un système de fortifications élaboré, fait du monastère de Saint-Pons-de-Thomières un bastion de l’orthodoxie bénédictine dans le paysage troublé du Languedoc médiéval. Cette image se dégage des sources d’archives et des vestiges archéologiques, en dépit des destructions importantes, de la reconstruction partielle du monastère et également de la dispersion de son décor sculpté.
Bibliographie
H. Barthès (1991-1992) = Henri Barthès, « Inventaire sommaire de la collection de Doat (Bibliothèque Nationale), 2e partie », Études sur l’Hérault, n° 7-8 (1991-1992), p. 33-55.
J. Barthès (1937-1943) = Joseph Barthès, L’Histoire de l’abbaye de Saint-Pons-de-Thomières, 3 vol., 1937-1938, 1941, 1943, exempl. dactyl., Paris, Bibl. Nat. [sous presse, Nîmes, 1996].
Beaumesnil (1780) = Beaumesnil, Mélanges d’antiquités…, 1780.
Beaumesnil (1780-1786) = Beaumesnil, Dessins et Manuscrits… Voyages archéologiques…, 1780-1786.
Bène (1875) = l’abbé Bène, Recherches historiques sur Frotard, dixième abbé de Saint-Pons-de-Thomières, Montpellier, 1875.
Bernard-Bruel (1888) = Auguste Bernard, Collection de documents inédits sur l’histoire de France, 1re série, Histoire politique, vol. 7, Recueil des chartes de l’abbaye de Cluny, IV, 1027-1090, rev. par Alexandre Bruel, Paris, 1888, n° 3009 (B.N. cop. 32-198 ; B.h. 75 ; D. 50).
Bonde (1994) = Sheila Bonde, Fortress-churches of Languedoc, Cambridge, 1994.
Bonnet (1905) = Émile Bonnet, Antiquités et monuments du département de l’Hérault, Montpellier, 1905.
Bousquet (1973) = Jacques Bousquet, « La sculpture romane à Saint-Pons-de-Thomières et ses liens avec l’art du Roussillon », Cahiers de Saint-Michel de Cuxa, 1V (1973), p. 77-98.
Bussis (1990) = Leslie Bussis-Tait, Sculpture from the Church and Cloister of Saint-Pons-de-Thomières, Columbia University Ph. D. dissertation, 1990.
Catel (1623) = Guillaume de Catel, Histoire des comtes de Tolose, Toulouse, 1623.
Cheyette (1988) = Frédéric Cheyette, « The Sale of Carcassonne to the counts of Barcelona (1067-1070) and the Rise of the Trencavels », Speculum, 63 (oct. 1988), p. 826-864.
Clément (1989) = Pierre A. Clément, Églises romanes oubliées du Bas-Languedoc, Montpellier, 1989.
Cottineau (1935-1939) = dom Cottineau, Répertoire topo-biblio-graphique des abbayes et prieurés, Mâcon, 1935-1939.
Crozet (1937) = René Crozet, « Le voyage d’Urbain II en France et son importance du point de vue archéologique », Annales du Midi, XLIX (1937), p. 42-69.
Crozet (1946) = René Crozet, « Études sur les consécrations pontificales », Bulletin Monumental, CIV (1946), p. 5-46.
Delisle (1868) = Léopold Delisle, Le cabinet des manuscrits de la Bibliothèque Impériale…, Paris, 1868-1881, II : 536-550.
Denifle (1897) = P. Henri Denifle, La Désolation des églises, monastères et hôpitaux en France pendant la guerre de Cent Ans, T. 1 : Documents relatifs au XVe siècle, Paris, 1897.
Dossat (1944) = Yves Dossat, « Le clergé méridional à la veille de la croisade albigeoise », Revue historique et littéraire du Languedoc, I (1944), p. 263-278.
Durliat (1950) = Marcel Durliat, « Saint-Pons-de-Thomières », Congrès archéologique CVIII (1950), p. 271-289.
Durliat-Mayer (1982) = Archives de la Commission des Monuments Historiques. Plans et dessins. T. II. Languedoc-Roussillon, Introd. par Marcel Durliat. Catalogue par Jannie Mayer, Paris, 1982.
Evans (1950) = Joan Evans, Gluniac Art of the Romanesque Period, Cambridge, 1950.
Fisquet (1864) = Honoré Fisquet, La France pontificale (Gallia Christiana). Histoire chronologique et bibliographique des archevêques et évêques de tous les diocèses de France depuis l’établissement du christianisme jusqu’à nos jours, divisée en 18 provinces ecclésiastiques, Paris (1864.1873), II, 2e partie, p. 521-615.
Gallia = Gallia Christiana, Denys de Sainte-Marthe, ed., vol. VI, Paris, 1736, p. 223-270, Instr. p. 73-102.
Granier (1937) = chanoine M. Granier, L’Abbaye de Saint-Pons-de-Tho-mières à l’occasion du millénaire de sa fondation, Montpellier, 1937.
Griffe (1963) = Élie Griffe, « La réforme monastique dans les pays audois (seconde moitié du XIe siècle) », Annales du Midi, LXXV (1963), p. 457-469.
Griffe (1969) = Élie Griffe, Les débuts de l’aventure cathare en Languedoc (1140-1190), Paris, 1969.
Gros (1881) = Gabriel Gros, ed. Lo Libre de las libertats et franquesas de la ville et civitat de Sanct-Pons, Saint-Pons, 1881.
Gros (1914) = Gabriel Gros, Camp-Solelh, Saint-Pons-de-Thomières, 1914.
Guilhermy (1857) = B.N., ms. nouv. acq. fr. 6108, Collection Guilhermy, XV, Description des localités de la France, ff. 285-294.
H.G.L. = Histoire générale du Languedoc, Claude Devic et Joseph Vaissette, notes ajoutées par Émile Mabille et Auguste Molinier, Toulouse, 1872, III-VII.
La Borde (1781-1796) = Jean-Benjamin de La Borde, Description générale et particulière de la France ou Voyage pittoresque de la France, 1781-1796.
La Borde (1816) = Alexandre de La Borde, Monuments de la France, 1816, 1836.
Laguerre (1967) = G. Laguerre, « Saint-Pons-de-Cimiez », Provence Historique, XVII (1967), p. 396-432.
Lemaitre (1980) = Jean-Loup Lemaitre, Répertoire des documents nécrologiques français. Recueil des historiens de la France. Obituaires. T. 7, 2e partie, Paris, 1980.
Lenoir (1838) = État sommaire de l’acquisition André Lenoir (livres, gravures, dessins, manuscrits ayant appartenu à Alexandre Albert et Alfred Lenoir et à Beaumesnil), Paris, 1838.
Lugand (1975) = « Saint-Pons-de-Thomières », Languedoc roman, La-Pierre-qui-vire, 1975, p. 253-277, 294-297.
Mabillon (1703-1739) = Jean Mabillon, Annales Ordinis Sancti Benedicti, Paris, 1703-1739, III : p. 402, 418-419, 489, 510, 658. IV p. 616 ; V.
Magnou-Nortier (1974) = Élisabeth Magnou-Nortier, La Société laïque et l’Église dans la province ecclésiastique de Narbonne de la fin du VIIIe s. à la fin du XIe s., Toulouse, 1974.
Male (1922) = Émile Male, L’Art religieux en France le douzième siècle, Paris, 1922, rev. ed. 1953, trad. angl. Princeton, 1978.
Maurel (1889) = Abbé J.-G.-P. Maure], Saint Pons de Cimiez : sa vie, son martyre, son culte, Montpellier, 1889.
Migne (1844-1864) = J.-P. Migne, Patrologiae cursus completus… latina, Paris, 1844-1864.
Miquel (1894-1896) = Jean Miquel, « Essai sur l’arrondissement de Saint-Pons préhistorique et gallo-romain, Saint-Pons au Moyen Age » Bull. Soc. Languedocienne de Géographie, XVII (1894), XVIII (1895), XIX (1896).
Mundy (1985) = John Hine Mundy, The Repression of Catharism at Toulouse : The Royal Diploma, Toronto, 1985.
Müssigbrod (1991) = Axel Müssigbrod, « Das Necrolog von Saint-Pons de Thomières », Vinculum Societatis Joachim Wollasch zum 60. Geburtstag. Ed. F. Neiske, D. Poeck, M. Sandmann. Sigmaringendorf, 1991, p. 83-117.
Noguier (1877) = Louis Noguier, « Chartes romanes… Le livre des franchises et libertés », in Bulletin de la Société archéologique de Béziers, 2e série, IX (1877), p. 5-39, 41-46.
Peters (1980) = Edward Peters, ed. Heresy and authority in Medieval Europe, Philadelphia, 1980.
Potthast (1862) = August Potthast, Bibliotheca historica medii aevii, Berlin, 1862.
Revoil (1873.1874) = Henri Revoil, L’Architecture romane dans le Midi de la France, Paris, 1873-1874.
R.H.G. (1814) = Recueil des historiens des Gaules et de la France, 16, Paris, 1814.
Rosenwein (1989) = Barbara H. Rosenwein, To be the neighbor of saint Peter The Social Meaning of Cluny’s Property, 909-1049, Ithaca, 1989.
Runciman (1947) = Steven Runciman, The Medieval Manichee, Cambridge, 1947.
Sahuc (1895) = Joseph Sahuc, Inventaire… Archives communales, Montpellier, 1895.
Sahuc (1895/1902) = Joseph Sahuc, Saint-Pons-de-Thomières : ses vieux édifices, ses anciennes institutions, Bergerac, 1895, t. I, 1902, t. II.
Sahuc (1899) = Joseph Sahuc, « Notes sur l’archéologie religieuse dans l’ancien diocèse de Saint-Pons-de-Thomières », Mélanges de littérature et d’histoire religieuses publiées à l’occasion du jubilé épiscopal de Mgr de Cabrières, Paris, 1899, t. II, p. 379-402.
Sahuc (1901) = Joseph Sahuc, Sources historiques et bibliographie de l’arrondissement actuel et de l’ancien diocèse de Saint-Pons-de-Thomières, Montpellier, 1901.
Sahuc (1901 bis) = Pierre-Jean-François Percin de Montgaillard, évêque et seigneur de Saint-Pons, Procès-verbal de la visite de l’église cathédrale de Saint-Pons, 1694, publ. avec une introd. de Joseph Sahuc, Narbonne, 1901.
Sahuc (1908) = Joseph Sahuc, L’art roman à Saint-Pons-de-Thomières, Montpellier, 1908.
Sahuc (1909) = Sahuc, Enquête sur la prise de la ville de Saint -Pons (1567), Le Vigan, 1909.
Semat (1898) = Joseph Semat, La Ville et le pays de Thomières, Bergerac, 1898.
Sumption (1978) = Jonathan Sumption, The Albigensian Crusade, London, 1978.
Taylor, Nodier et Cailloux = Taylor, Nodier et Cailleux, Voyages pittoresques et romantiques dans l’ancienne France, Paris, 1838.
Trottet Le Gentil (1703) = J.-B. Trottet Le Gentil, Chronologie des Abbez du Monastère et des Evesques de l’église de Saint-Pons-de-Thomières, Béziers, 1703, repr. Saint-Pons-de-Thomières, 1873 (réimpression, Nîmes, 1995).
Wakefield-Evans (1969) = Walter Wakefield, Austin P. Evans, Heresies of the High Middle Ages, New York, 1969.
Notes
1. Pour la bibliographie sur Saint-Pons et ses environs, voir les 638 références dans Saline 1901 et Granier 1937 ; J. Barthès 1937-1943 ; Bussis 1990, ch. 2 qui forme la base de cet article. Je remercie Mme Catherine Gros pour son travail de traduction.
2. Pour une étude plus détaillée des possessions et des pouvoirs entre les maisons nobles de cette région, voir : Magnou-Nortier 1974, et Cheyette 1988. Le rival le plus menaçant pour la maison comtale de Toulouse de la fin du XIe au début du XIIe siècle était la famille des Trencavel qui avait des prétentions sur les comtés de Béziers, Nîmes, Albi et le comté de Foix.
3. Sur l’histoire ancienne du site de Saint-Pons-de-Thomières, voir Miquel 1894-1896 ; Sahuc 1899 ; Semat 1898 ; Bonnet 1905.
4. Bonnet 1905, p. 116.
5. Sur ce point et pour le paragraphe suivant, ma source est Sahuc 1895/1902, t. T, p. 135-136 et t. II, p. 47-48, 64-65. La source essentielle de Sahuc sur les relations entre la ville et le monastère de Saint-Pons est : Gros 1881. Cet ouvrage fut écrit en 1442 mais se targue de contenir des extraits de chartes aujourd’hui perdues. Voir : Noguier 1877, qui donne une analyse et une traduction du document original en langue d’oc, aux Archives de la Société archéologique de Béziers.
6. HGL, VI : 606 ; VIII : 862.
7. Le présent article se limite à l’histoire du site d’après ce qui peut être établi en fonction des documents d’archives et des sources imprimées. Pour une étude de la construction des églises successives sur le site, voir : Bussis 1990, ch. 3, et Bonde 1994, 98-108, 123-127 qui comprend des plans levés récemment, des coupes et des reconstitutions. Bonde met l’accent sur le fait que les fortifications de l’abbaye sont reliées à celles de la ville. Pour une étude de la sculpture du portail de l’église et du cloître de Saint-Pons-de-Thomières, voir Bussis, 1990 ; Lugand 1975.
8. Sahuc 1895/1902, 1 : 28, 53 ; Sahuc 1908, p. 9, 13.
9. Voir, par exemple : Cheyette 1988.
10. Voir Bussis, 1990, Appendix I.
11. Ms. Fonds Doat, vol. 72, copié en 1666-1667. (Ce recueil comprend un inventaire de la bibliothèque de Saint-Pons du XIIIe siècle). On trouve aussi des extraits du cartulaire de Saint-Pons relevés par Dom Estiennot à la fin du XVIIe siècle dans : Mss. lat. 12 758 (p. 493-512), 12 760 et 12 772 (p. 158). Voir Barthès 1991-1992.
12. Trottet Le Gentil 1703 ; Mabillon 1703-1739 ; Gallia 1736 ; HGL 1872 ; Bène 1875.
13. Les documents subsistants faisant référence à Raymond Pons, qui a construit et doté le monastère, comprennent une donation de 940 de l’archevêque de Narbonne (Trottet Le Gentil 1703, p. 16-17 ; Fisquet 1864 ; HGL, III ; V, n. LXIX ; Bène 1875, App. IV, p. 191-193 (Archives de Saint-Pons-de-Thomières ; Mabillon, III, p. 711 ou 714), une charte de confirmation et donation de Guillaume IV, comte de Toulouse, vers 1079 (HGL III : 427 ; V, n. CCLXXVIII, n. 1 (château de Foix et copie à la B.N., coll. Doat, vol. 72, f. 185 v, où la date est omise) ; Bène 1875, App. XVII, p. 221-222), deux chartes de confirmation et donations du comte Guillaume IV et de sa femme en 1080 (HGL III : 427 ; v, n. CCLXXVIII, 2 et 3 (Ong. Trésor des chartes du roi, Toulouse, sac 8, n. I ; Cartulaire de Saint-Pons, copie à la B.N., ms. lat. 12 760, p. 508) ; Bène 1875, App. XVII, p. 222-227 (Ong. Trésor des chartes du roi, Toulouse, sac 8, n. 1 ; Cartulaire de Saint-Pons) ; confirmation de la fondation de l’abbaye en 1085, Bène 1875, App. XX, p. 229-230 (Cartulaire de l’église de Saint-Pons ; donations accompagnant « l’offrande » du fils du vicomte de Narbonne comme moine en 1103. Le document mentionnant l’inhumation de Raymond Pons à l’abbaye est le testament (codicille) de Garsinde, comtesse de Toulouse, vers 972 (HGL III : 178 ; V, n. CXI (Archives d’Albi – Martène, Thesaurus novus anecdotorum, I, col. 126).
14. Dans la charte de consécration de l’église, en 937, on peut lire : «… ego Raimundus qui est Pontius… ».
15. Charte de fondation de 936. (Trottet Le Gentil 1703, 16 ; Gallia, 1736, Inst. 77-78 ; HGL III : 118 ; V, n. LXIII (Archives de l’église de Saint-Pons) ; Catel 1623, p. 88 ; Béne 1875, App. I, p. 183-185.
16. Trottet Le Gentil 1703, 1-2 ; HGL III : 118-119 ; V, n. LXV (Cartulaire de l’église de Saint-Pons, Archives du roi, Carcassonne) ; Catel 1623, p. 90 ; Béne 1875, App. II, p. 186-188. Magnou-Nortier (1974, p. 403-405) pense que ce document est composite ou modifié et ne retient comme pertinente qu’une partie des informations (cf. note 25 ci-dessous).
17. Je suis d’accord avec les opinions, publiées antérieurement, de Sahuc 1908 (p. 7) et Durliat (p. 271) selon lesquels la construction de l’église n’était probablement pas achevée à cette date. Les consécrations d’églises sont généralement plutôt associées à des événements politiques ou des circonstances historiques autres que l’histoire de l’édifice. Crozet a démontré cela dans ses articles sur les consécrations pontificales : Crozet 1937 et Crozet 1946. Le fait que l’archevêque, d’importants évêques et abbés de la région fussent dans la région pour se rendre au concile d’Ausède, qui est mentionné dans la charte, aurait créé l’opportunité de la consécration de la nouvelle église, même si l’église n’était pas achevée.
18. La double dédicace est mentionnée dans vingt-trois documents : Gallia, Inst. 77-82, 86 ; HGL, V, n° LXIII, LXV, LXVIII, LXIX, LXXI, XCVII, CIII, CX, CXI, CXXIX, CCLX, CCLXXVIII, 3), CCXCI, CCCXXXVIII, DXVI ; Bène, App. I-V, XII, XVII-XX, 32, 35, 46, 48. Un document comprend aussi une dédicace à l’apôtre Pierre (HGL, V, n. CX) alors que deux autres en a une à saints Pierre et Paul (la charte royale, HGL, V, n° LX VIII et la charte de fondation, HGL, V, n. LXIII).
19. Sur le culte de ce saint, cf. : Maurel 1889 : Laguerre 1967. Laguerre (p. 410), suivant Trottet le Gentil, donne le 15 juin 937 comme date de translation des reliques.
20. Règle de saint Benoît : cf. Migne, T. 66.
21. Pour des exemples des XIe et XIIe siècles aux alentours de Saint-Pons, voir : Cheyette, 1988, p. 863-864.
22. Pour l’étude d’une telle pratique en d’autres lieux, voir : Rosenwein 1989.
23. «… Facto autem solemni testamento praedictum locum Romanae apostolicae sedi ita subjectum esse decrevimus, ut per quinquennium decem solidi pro recognitione ibidem persolvantur. De caetero sit locus ipse a dominatu omnium hominum liber et absolutus, ut neque rex, neque princeps, neque episcopus, neque ullus ex propinquis nostris, neque ulla quaelibet unquam persona dominatum exercere sub aliqua occasione, vel in loco, vel in rebus ad ipsum pertinentibus praesumat… »
24. Magnou-Nortier 1974, p. 400-403.
25. Ibid. p. 403-405. De ce document, Mme Magnou-Nortier retient comme pertinentes les informations suivantes : Saint-Pons-de-Thomières était un monastère comtal, fondé par le comte Raymond vers 936-937 ; Raymond a fait appel aux moines d’Aurillac pour former la communauté d’origine ; une assemblée d’évêques a présidé la consécration solennelle de l’abbaye. Pour la bulle d’Urbain II, voir T. Ruinart, Vita b. Urbani II, dans Migne, T. 151, XLVIII.
26. HGL, III : 427 ; V : n° CCLXXVIII, 1-2, CCCXXXVIII ; Bène 1875, App. XVII, XX. Tous ces documents, excepté le dernier qui est l’offrande d’un fils comme moine au monastère, sont des confirmations de privilèges antérieurs, jointes à de nouvelles donations. En tant que confirmations de donations et privilèges, le fait qu’ils répètent le privilège le plus prestigieux se justifie.
27. L’emploi d’une expression grégorienne est l’un des arguments majeurs de Mme Magnou-Nortier contre l’authenticité de la charte de consécration du Xe siècle. N.b., Frotard fut légat de Grégoire VII.
28. Ruinart, dans Migne, T. 151, CCLXXVII.
29. Cette question devient plus complexe si l’on prend en compte le fait que Garsinde, femme de Raymond Pons, était la fille d’Odon, vicomte de Narbonne et la sœur de Matfred, successeur d’Odon. Les tentatives de prendre le contrôle de l’archevêché de Narbonne étaient un but constant pour les vicomtes de Narbonne. Les fils de cette maison qui ont reçu le titre d’archevêque de Narbonne sont Ermengaud (977), Pierre (dont il est dit qu’il a « usurpé » le titre d’archevêque ; 1079-1085) et Béranger (1158) qui fut moine à Saint-Pons-de-Thomières (HGL, III : 571. V, n° CCCXXXVIII). Dans le testament de Matfred (HGL, III : 162, V, n. CI), ses biens sont légués à son fils Ermengaud à la condition qu’il devienne évêque. Les auteurs de HGL (III : 570) affirment qu’Aymeri I (vicomte de 1080 à 1105) s’est emparé de l’archevêché après la mort de Dalmace et l’a rendu à son successeur Bertrand. Ces auteurs citent ensuite une lettre de l’évêque d’Albara réprimandant Mahaud (veuve d’Aymeri I) et son fils Aymeri II parce qu’ils gardaient le domaine de l’archevêché de Narbonne qu’ils détinrent illégalement jusqu’en novembre 1106, quand Bertrand fut déposé. Cf. aussi : Monnaies féodales inédites de Narbonne, Bulletin de la Commission archéologique de Narbonne, XIV (1916-1918), 198 ff ; et Magnou-Nortier, 1974.
30. HGL, III : 235-236 ; V, n° LXIX, CXL ; Bène 1875, App. IV, 33 et 34.
31. HGL, III : 508. Magnou-Nortier 1974 (p. 511) estime que les plaintes s’élèvent entre 1087 et 1090 et affirme que l’archevêque de Narbonne était soutenu par le comte de Barcelone dans ces plaintes.
32. Trottet Le Gentil, 1703, 23 ; cf. HGL, III : 573.
33. Griffe 1969.
34. Bène 1875.
35. Béne 1875 ; Griffe 1963 ; Magnou-Nortier 1974, p. 510-512.
36. Griffe 1963 ; Magnou-Nortier 1974, p. 637, doc. 23, carte 5. Cf. le testament d’Adélaïde de Narbonne (HGL, III : 190-191 ; V, n. CXIV), l’accord entre l’évêque de Jaca et l’abbé Frotard, la donation de l’évêque de Huesca à Saint-Pons (HGL, III 508) et la donation de Saint-Chinian par l’archevêque de Narbonne (HGL, III : 569, V, n. CCCXXXII, 2), entre 1070 et 1102, pour des exemples d’églises données au monastère de Saint-Pons pour être réformées (i.e l’abbé de Saint-Pons pour désigner des abbés ou des prieurs, une église donnée passant du statut d’abbaye à celui de prieuré).
37. Magnou-Nortier, 1974, p. 490-512.
38. Le Martyrologe, Hornéliaire et Nécrologe de Saint-Pons-de-Thomières (B.N. ms. lat. 5259) date des XIIIe et XIVe siècles. Cf. Lemaitre, 1980 ; Müssigbrod 1991.
39. Cf. par exemple, f. 93 v. « Obiit Raimundus abbas » ; f. 121 v. « Obiit Frotardus abbas ».
40. Cf. ff. 120 et 137.
41. Il y a une controverse au sujet de la date de ce document 939, 940 ou 941 ? Trottet Le Gentil, p. 17 ; Fisquet 1864 ; Catel 1623, p. 81. Bène 1875, App. III, p. 189-190 (Cartulaire de l’abbaye de Saint-Pons) ; HGL, III ; V, n. LXVIII.
42. Fisquet 1864.
43. Tel Granier 1937, Bousquet (1973, p. 78) pense que l’hypothèse selon laquelle des liens directs existaient entre Saint-Pons et Cluny, exposée dans certains ouvrages, est à rejeter.
44. Pour embrouiller davantage la question des prétendues relations entre Saint-Pons et Cluny, Cottineau 1935-1939 a inséré dans les sources relatives à l’histoire de Saint-Pons une charte publiée par Bernard-Bruel 1888 dans laquelle un certain Raimbaldus, dont le titre n’est pas cité, rend responsable sa propre gestion de l’état de désolation de l’abbaye de Saint-Pons qui est « dissipata, et pene ad nihilum redacta ». Afin de redresser la situation, Raimbaldus, avec ses fils et ses neveux, donne l’abbaye de Saint-Pons au seigneur Hugues, abbé de Saint-Pierre de Cluny. (Grâce à la mention de cet abbé, le manuscrit a été daté approximativement entre 1049 et 1109). Cette charte doit concerner une autre abbaye consacrée à ce saint, peut-être Saint-Pons-de-Cimiez, car elle ne peut se rapporter à Saint-Pons-de-Thomières pour les raisons suivantes : – le statut de Saint-Pons, dépendant de Rome et exempt de toute juridiction séculière ou ecclésiastique exclurait toute donation de l’abbaye à un autre établissement ; – dans aucun des documents concernant Saint-Pons-de-Thomières émanant de l’intervalle de soixante ans durant lequel cette charte a pu être écrite il n’est fait mention d’un « Raimbaldus » ; – durant la plupart du temps pendant lequel cette charte a dû être faite, Saint-Pons-de-Thomières s’est montré actif dans le mouvement de réforme grégorienne et pourrait difficilement avoir été dans un état de désordre puisque d’autres abbayes ont été données à Saint-Pons dans le but d’être réformées ; – quand Pons de Melgueil quitta l’abbaye de Saint-Pons-de-Thomières pour devenir abbé de Cluny en 1109, il prit ses vœux devant le précédent abbé de Cluny, ce qui n’aurait pas été nécessaire si Saint-Pons avait été une maison clunisienne. Dietrich Poeck a eu la gentillesse de me prêter son concours sur ce point (correspondance mai-juillet 1987). Mossigbrod (1991, p. 89-90, n. 24, p. 92-94) a récemment rejeté l’hypothèse d’une association entre Saint-Pons et Cluny ; les références à Cluny dans le nécrologe sont d’ordre général.
45. Male 1922, p. 420 ; Evans 1950.
46. Ce point est étudié plus longuement dans Bussis 1990, chap. 6, p. 147 suiv.
47. « cum omnibus decimis et primitiis et oblationibus » ; cf. Gallia, Inst., p. 80-82 ; HGL, III : 118, 177, 209, 386 ; V, n° LXIII, LXIX, LXXI, CX et CXXIX.
48. « totum alodium et totam potestatem ». Cf. Gallia, Inst., p. 77-78, 81-82 ; HGL, III : 118, 209, 442, 569 ; V, n° LXIII, LXXI, CCXCI, CCCXXXVIII.
49. Catel 1623, 93 f ; Mabillon, ad ann 1093, n. 72 ; Trottet Le Gentil 1703, 19-20 ; HGL, III : 468.
50. HGL, III : 468.
51. Trottet Le Gentil 1703, p. 20-21 ; HGL, III : 468.
52. Sahuc 1895/1902, I : p. 122-123.
53. Gallia, Inst., p. 84-85 ; HGL, III : 26 ; VI : 41-42 ; B.N. Fonds Doat, vol. 72, f. 216-219. Je remercie John Mundy, Alan Divak et John Mc Gee de l’aide qu’ils m’ont apportée pour la traduction et la compréhension de ce texte. Pour une étude de ce document, sa transcription et sa traduction en anglais, cf. Bonde 1994.
54. La Salvetat est située sur l’Agout, à une vingtaine de km au nord de Saint-Pons.
55. En contrepartie de La Salvetat, l’abbé donne au vicomte un « albergum » (logement et vivres) pour cinquante cavaliers ou 50 sous melgoriens à payer annuellement. En outre, l’abbé donne au vicomte 2000 sols melgoriens pour confirmer le contrat.
56. RHG 1814, n° 359, 114. Cf. Bonde 1994, Appendix 31. « Diu est quod ecclesia nostra capite languido gravaminum patitur incommoda… Duobus praecipue malis affligitur, immoderato scilicet debitorum gravamine, et pastoris desolatione. »
57. HGL, III : 468.
58. Un document de 1158 donne la liste des personnes et des terres sur lesquels Saint-Pons a le droit de cens d’usage et l’albergum. B.N., Fonds Doat, vol. 72, f. 205-207 y.
59. D’après son étude de l’édifice et son interprétation de l’accord de 1171, Bonde (1994, p. 63, 108-109) conclut que la fortification de l’église de Saint-Pons a précédé plutôt que suivi l’attaque de Trencavel. Elle date la fortification, au plus tard, des années 1160. Parmi les chapiteaux du cloître, une série peut être datée des années 1160. (Cf. Bussis 1990, p. 112-122).
60. Bonde (1994, p. 54) interprète le document comme exprimant une menace de la part des hérétiques.
61. Dossat 1944 ; Wakefield-Evans 1969, document 28 ; Peters 1980, p. 117-121.
62. HGL, VI ; p. 77-86.
63. Wakefield-Evans 1969, document 29 ; Runciman 1947, p. 132 ; Mundy 1985, p. 12.
64. Sumption 1978, p. 21.
65. B.N., Fonds Doat, vol. 72, f. 234-262 v. ; B.N. Baluze, vol. 87, f. 11-19 v. ; Delisle 1868. Il est noté que cet inventaire a été compilé en 1276 mais aucune date d’acquisition n’est mentionnée pour les articles.
66. Delisle 1868.
67. Innocent III, 1.7, Epist., p. 242, apud Manrique, ad anno 1205, c. 2 ; Migne T. 215, col. 674 ; Potthast 1862, n. 2125 ; HGL, VI : 235-236.
68. HGL, VI : 235-236.
69. HGL, VI : 757-758.
70. HGL, VI : 842.
71. Ibid.
72. Ibid., VI : 606 VIII : 862.
73. Trottet Le Gentil 1703, p. 28-29.
74. HGL, VI : 783-785, 870-872 ; VII ; Ms. de Baluze, n ; 512 (Lat. 5 954 A) ; Enquêteurs royaux, registre H, n. 70, p. 144. Le diplôme promulgué par le roi de France restituant aux citoyens de Toulouse les biens qui avaient été confisqués pour hérésie est le sujet de l’ouvrage de Mundy 1985.
75. Trottet Le Gentil 1703, 30 ; HGL, IV : 418.
76. Denifle 1897, p. 255.
77. Trottet Le Gentil 1703, p. 46 ; Fisquet 1864, p. 524 ; Gallia, Inst., p. 87-90.
78. Cf. ci-dessous p. 13-14.
79. Cf. ci-dessous p. 14-15.
80. Malheureusement, il ne reste aucune trace de la statue funéraire en marbre blanc érigée pour Frotard et nous n’en connaissons pas la date. Elle fut détruite lors du sac des Huguenots, au XVIe siècle. (Trottet Le Gentil, 1703 ; Sahuc, 1895/1902).
81. L’étude de l’édifice par Bonde (1994, p. 101) met en lumière des éléments du XIe siècle dans les niveaux inférieurs des tours de l’église. La sculpture actuellement en place sur la porte nord date probablement de l’abbatiat de Frotard. Cf. Bussis, 1990, ch. 3 et 5.
82. HGL, III : 154-155, 162, 178, 190-191, 209 ; IV, n. VIII ; V, n° XCVII, CI, CXI, CXIV, CXXIX.
83. Ibid. et III : 235-236 ; IV, n. XXVIII, n. 2 ; V, n. CXL.
84. Par exemple, Clément 1989, p. 134.
85. Sahuc 1895/1902, I : p. 55. Cf. Bonde 1994, fig. 57 C pour une reconstitution et un plan de l’église aux XVe et XVIe siècles.
86. « le magnifique édifice tout de marbre qu’il laissait imparfait, qui avait esté commencé par ses prédécesseurs et continué durant son épiscopat à grands frais et qu’il désirait fut conduit à sa perfection. » Trottet Le Gentil 1703, p. 53. Cité par Saline 1895/1902 I : 55 (avec une faute typographique : 1594 pour 1534) ; Sahuc 1908, p. 10.
87. Archives départementales de l’Hérault, série G. Cité par Sahuc 1895/1902 1 : p. 55.
88. Saline 1895/1902, I : p. 55. L’épiscopat de cet évêque à Saint-Pons dura de 1533 à 1586. (Fisquet 1864, p. 579 ; HGL, IV 421) ; Sahuc (1908, p. 10) affirme, sans doute à tort, que ces armes sont celles de l’évêque François-Guillaume de Castelnau de Clermont-Lodève, qui fut évêque à trois reprises : en 1501-1502, 1511-1514 et 1534-1539. (Fisquet 1864, p. 571, 575, 579 ; HGL, IV : 421).
89. A.N., G 8, 1337, pièce 14, série B. Je remercie Isabelle Lemasne de Chermont qui m’a aimablement aidée dans la transcription de ce document. Sahuc 1909 ; Sahuc 1895/1902, 55-57 ; Sahuc 1908, p. 10-11.
90. Selon une autre déclaration, les huguenots «… pilhairent ledit monastere, cappes et aultres ornemens precieux en grand quantite et les croix, calices, relicquieres d’argent en grand nombre et de grand prix, joyeaux, chandelliers, encensoirs d’argent de grande val leur qu’il avoit auparavant veuz audit monastere, en procession, prindrent aussi touls les bleds et provisions y estens, vins, huilles, vaisselle vinarie de grande valleur, bruslairent les livres, les documens et les meubles. »
91. Sahuc 1909, p. 18.
92. Ibid.
93. Trottet Le Gentil 1703.
94. Sahuc 1895/1902, I : p. 32 ; Sahuc 1908, p. 11.
95. « Les chapiteaux qui ornaient cette porte abattus avec leurs colonnes en 1567 durent être recueillis d’abord sur l’emplacement de l’ancien cloître puis dans les maisons voisines du chapitre, et dispersées à la Révolution, lors de la vente des biens nationaux, dans plusieurs jardins de la ville, où nous les retrouverons ». Sahuc 1895/1902, I : p. 27.
96. Ibid., I : p. 32. Il ne cite aucune source pour étayer ce propos.
97. Ibid., I : p. 56-67 ; Sahuc 1908, p. 11. Sahuc cite un prix-fait de 1604 et des actes de notaire du XVIIe siècle.
98. Sahuc 1908, p. 11. La bénédiction eut lieu le 25 août 1619.
99. Sahuc 1895/1902, I : p. 57.
100. Ibid.
101. Sahuc (1895/1902, I : p. 58) donne pour la sécularisation la date du 16 mai 1630 ; Guilhermy (Paris, B.N. ms. nouv. acq. fr. 6 108, f. 286 v.) affirme que le chapitre a été sécularisé par le pape Paul V en 1611 ; la bulle pontificale de sécularisation est reproduite dans Gallia, où elle est datée de 1612 (Inst. XVI, col. 93-102).
102. Délibération du 6 avril 1627, Archives municipales, série BB3 ; Sahuc 1895/1902, II : p. 32.
103. Ibid., I : p. 47.
104. Je reprends Sahuc (1908, p. 14), qui cite les « Actes du chapitre de Saint-Pons, 15 aug. 1671 Un cloistre voulté, pour servir à faire les processions à l’entour, avec des logements au-dessus d’iceluy por les prestres et habitués dudict chapitre et une maistrise pour la musique tout proche de ladicte église cathédralle et au lieu dict las Clastres;… il a esté rebati dans le mesme lieu où estoit l’ancien pour y loger les prestres du chœur, à la place des religieux qui y faisaient autrefois leur habitation. Au-dessus de la porte principale du cloître, on grava, en lettres d’or dans le marbre, non seulement ces mots ex antiquitate renascunt, mais encore factum 936, restauratum et factum pour apprendre aux temps advenir que ce cloître avait été construit en 936, qui fut l’année de la fondation du monastère de Saint-Pons, faite par le comte de Toulouse et qu’il avait esté rebaty en 1668. »
La phrase « rebâti avec des matériaux anciens » et la mention de l’architecte ont été omises par Sahuc dans sa citation. Il cite aussi : Archives municipales de Saint-Pons, série FF, 16 ; ce qui ne correspond pas avec la référence de Sahuc, 1895, où Sahuc le place sous la cote DD6.
105. Sahuc 1901 bis. Sahuc nous apprend que bien que les archives de l’évêché aient été brûlées en 1793, un inventaire de 1749 montre que ces archives comprenaient des ordonnances des visites suivantes : un cahier contenant l’ordonnance et les procès-verbaux d’une visite effectuée par Jacques de Castelnau de Clermont (1551), deux cahiers avec ceux de Pierre de Fleyres (1616 et 1617), trois cahiers avec ceux de Michel Tuboef (1645, 1652-1657), ordonnances de Percin de Montgaillard pour les années 1666-1667, 1672, 1675-1678, un registre contenant des procès-verbaux de la visite de Louis des Bertons de Crillon pour 1714-1727.
106. Ibid., 45 ff.
107. Ibid., 48 : « le pitoyable état où est le cloître afin d’en ordonner toutes les réparations. »
108. Ibid., 48-49.
109. Ibid., 49.
110. Ibid. « avoit été avancé et qui est demeuré imparfait depuis quelques tems sera repris et achevé suivant l’ancien devis. » Sahuc écrit qu’un original du « devis du cloître » avait été fait et déposé à l’office de M. Guiraud, notaire de Saint-Pons, le 10 décembre 1667. Ce devis détaillé se montait à 20 150 livres. Le montant (quittance ?) de la construction a été payé le 15 août 1671 chez le même notaire, à Pierre Saisset, architecte de Narbonne.
111. Ibid., 50. « Nous ordonnons que notre chapitre fera incessament ôter de dessus la voûte d’un des côtés dud. cloître toute la ruine qui y est afin que les eaux de pluies et des neiges n’y croupissent pas davantage, qu’il fera réparer incessamment le couvert de l’autre côté, et qu’on fera un inventaire de tous les bois et matériaux dud. édifice qui seront mis à couvert, et en lieu de sûreté, et sur ce qu’on en avoit enlevé une grande partie, que même plusieurs particuliers se sont fait un plaisir de le détruire et de l’abattre. »
112. Ibid.
113. Ibid. 51 ; « Nous ordonnons.., tous les matériaux et pierres de marbre qui ont été du chœur et du sanctuaire de notre église cathédrale seront ramassés, que tous ceux qui en ont pris seront poursuivis pour les rendre ou remplacer de même façon et en pareille quantité, portant injonction à toute personne de quelle qualité ou condition qu’elle soit, aura pris ou qui retiendra ches soy des matériaux, pieces de marbre et autres choses qui auront été dud. choeur et sanctuaire de les rendre en trois mois ou de les remplacer en même nombre et qualité sous peine d’excommunication dont l’absolution ne pourra être accordée que par nous ou par ceux à qui nous en donnerons le pouvoir spécialement ; enjoignons pareillement sous la même peine à tous ceux qui sauront qu’on retient lesd. matériaux de les dénoncer et de déclarer les lieux où ils sont. »
Alors que Percin de Montgaillard désigne ces fragments comme provenant du chœur et du sanctuaire, on peut se demander si des fragments du cloître n’avaient pas été mêlés aux fragments du chœur.
114. Sahuc 1895/1902, I : p. 57, citant les Mémoires pour le procès de l’évêque contre le chapitre. Sahuc affirme que les chanoines avaient partagé les ruines de la cathédrale, vendant les pierres taillées, les fenêtres et les marbres. Il cite un contemporain « si les murailles ont été épargnées, c’est que la démolition aurait coûté plus cher que ne valaient les matériaux. »
115. Ibid., II.
116. L’ambiguïté demeure. Gros (1914, p. 6) décrit l’espace au sud de la cathédrale, entre les galeries du cloître comme étant traditionnellement l’emplacement des sépultures des moines durant les premières années de l’abbaye. Il reconnaît que Mgr de Montgaillard a restauré le cloître et dit que l’on trouverait peut-être deux ou trois arcades du cloître du XVIIe siècle dans une cour du château des Encleuzes, anciennement propriété du chapitre.
117. Durliat 1950, p. 281 ; Sahuc 1895/1902, I : p. 40 ; Sahuc 1908, p. 12-13. Selon Sahuc, cette reconstruction dura trois ans et coûta 24 000 livres. Dans la note 1, p. 13, il énumère les réparations principales effectuées entre 1626 et 1769, d’après les prix-faits conservés dans diverses archives. Il est curieux qu’il n’y ait pas de documents pour les années 1716-1720 et qu’aucun de ceux qui sont cités ne mentionne la nouvelle façade.
118. Sahuc 1895/1902, I : p. 47. Cf. Bonde 1994, p. 105-106.
119. Ibid., II : p. 34. Travaux publics du diocèse. Arch. mun. DD 2.
120. Ibid.
121. Ibid. ; Archives municipales, BB, II, 11 nov. 1781.
122. Ibid., p. 33-34.
123. Parmi les recueils que j’ai dépouillés en vain, on peut citer : La Borde 1781 ; La Borde 1816 ; Beaumesnil 1780 ; Beaumesnil 1780-1786 ; Lenoir 1838.
124. Dossier « Saint-Pons-de-Thomières », Ministère de la Culture, Monuments Historiques, Paris.
125. Cf. correspondance de Charles Questel entre septembre et novembre 1840 ; « Il existe un certain nombre de chapiteaux romans de marbre blanc dans diverses maisons particulières. Je pense qu’il conviendrait d’engager le maire à les réunir à la mairie ou en un autre endroit ; ils formeraient une collection curieuse. La dépense occasionnée par ce regroupement doit être considéré comme négligeable. Je ne doute pas que chaque détenteur ait plaisir à les offrir. Ils servent de supports à des bancs et leur remplacement par un morceau de pierre sera à mon avis la seule indemnité requise. »
126. Vol. II, 2 partie, pl. 265 bis B.
127. N° s : 1207 (Durliat-Mayer 1982, n° 1552) ; dessin du portail nord (intitulé par erreur « porte latérale sur la face méridionale »), plan et élévation du même ; 47 962 (n° cat. 1555), vue du flanc nord ; 47 968 (n° cat. 1559) façade occidentale ; 47 988 (n° cat. 1557) croquis du portail nord ; 47 992 (n° cat. 1558) détails du portail nord moulures. Tous les dessins sont cotés, excepté le 47 962.
128. Taylor, Nodier et Cailleux, p. 15-16 : « Ce monument mériteroit une bonne restauration, et il seroit surtout à propos de mettre en évidence ce qui lui reste encore de constructions ou de sculptures romanes. »
129. Guilhermy 1857.
130. Ibid., f. 293. Guilhermy écrit qu’il n’en a vu aucun.
131. Revoil 1873-1874.
132. Ibid., III, p1. XXII.
133. Ibid., p. 10. « La restauration de ce portail ne consistant qu’à remettre en place les colonnes dont il est aujourd’hui privé, nous n’avons pas hésité à rétablir de la sorte son aspect primitif. »
134. Ibid.
135. Cf. Bussis 1990 pour une étude de la sculpture des portes et du cloître de Saint-Pons-de-Thomières.
