GRHISTA Numéro 17 – Année 2026 – L’Écho des murs
Au fil de son histoire multiséculaire, tour à tour colonie antique, cité épiscopale, bourg portuaire et viticole, Agde est devenue l’une des premières stations touristiques d’Europe et une ville moyenne de 30 000 habitants. Aujourd’hui, ces multiples vocations peuvent se lire dans l’architecture de ses bâtiments, tout à la fois témoins des mille transformations de la ville et sources de l’historien.
Fort de ce constat, le GRHistA organisait en 2008 son premier rendez-vous, L’histoire et l’architecture des bâtiments civils d’Agde et de sa région. Dans la préface des Cahiers qui suivirent, son président inventoriait les publications pionnières qui, jusqu’en 2007, avaient ouvert le chemin sur ce sujet. Ces ouvrages, articles ou thèses universitaires, représentent toujours aujourd’hui autant de sources d’inspiration et de balises, à l’heure où Agde se couvre de grues et où partout dans la ville résonnent les marteaux-piqueurs. Notre petite société savante a donc continué à suivre cette voie. Ce fut le cas concernant la cave coopérative dès l’année suivante, en 2009, L’histoire du Cap d’Agde en 2011 de certains bâtiments industriels en 2016.
Cette fois, chaque communication, bénéficiant souvent de nouveaux plans et dessins exhumés par nos amis archivistes, s’attachera à n’explorer qu’un seul édifice pour en interroger les évolutions liées aux changements successifs de fonctions. Focus sera donc mis sur l’histoire de quelques édifices emblématiques de la commune maintes fois transformés pour répondre aux besoins du temps.
Ce recueil s’organisera autour de quatre thèmes : Les quatre premières contributions documenteront comment, au cœur de la ville, les politiques publiques locales ont régulièrement tenté de répondre aux besoins en assistance, santé, instruction et culture, en gardant ou pas – une structure bâtie parfois plus que centenaire. Tel est le cas du musée agathois, de la médiathèque-théâtre, de l’hôpital-école Saint Joseph ou du centre social Lachaud. Les deux textes suivants rappelleront que, si Agde fut une place militaire stratégique de par sa situation géographique, il fallut donner vie à des sites imposants mais vite déclassés qu’étaient devenus la caserne Mirabel et le fort de Brescou. Se pencher sur un hôtel particulier ouvert sur le port permettra ensuite de s’intéresser au lieu de vie d’une longue lignée aristocratique agathoise, la famille de La Sablière-Rigaud. Enfin, une porte s’ouvrira sur le passé commercial et industriel de la ville à travers l’auscultation de l’immense friche industrielle appelée aujourd’hui « La Méditerranéenne » du nom de la dernière usine qui l’occupa. Là, se dresse toujours l’hôtel Riquet, inamovible témoin du dynamisme économique de la ville lié au canal du Midi.
Ces contributions sont signées d’archivistes, d’architectes, de généalogistes, d’historiens ou d’historiens des arts. Agathois de toujours ou d’un jour. Il fallait certainement la multiplicité de ces angles de vue pour percevoir et peut-être entendre l’écho des murs.
Christine DELPOUS,
Présidente du GRHistA
SOIGNER, INSTRUIRE ET CULTIVER
Marion AUDOLY
et Jean-François CASTAN
(Musées d'Agde)
De l’Hôtel particulier de la Charité au musée agathois : état des connaissances p. 7
Sarah LEFÈVRE
(Archives d'Agde)
La médiathèque et le théâtre agathois entre éducation, guerres et culture p. 27
Virginie GASCON
(Archives d'Agde)
Souvenirs de l’hôpital Saint Joseph p. 45
Élisabeth BOLBÈNES
(GRHISTA)
Lachaud, une vocation sociale obligée ? p. 61
SURVEILLER ET ENFERMER
Alain SAGNES
(GRHISTA)
Les multiples vies du fort de Brescou p. 75
Christian CAMPS
(GRHISTA)
De la caserne Mirabel à l’Hôtel de Ville p. 91
HABITER AU BORD DU FLEUVE : L'HÔTEL DE LA SABLIÈRE
Hélène PASCUAL
(GRHISTA)
Un hôtel particulier du XVIIe siècle devenu atelier d’artiste p. 113
Christian RIETTE
(GRHISTA)
Généalogie de la famille de La Sablière-Rigaud p. 123
Christine DELPOUS
(GRHISTA)
Notes de recherches sur le dernier Rigaud habitant l’hôtel de La Sablière p. 135
HABITER AU BORD DU FLEUVE : L'HÔTEL DE LA SABLIÈRE
Faustine SERIN
et Lucie VANDEPUTTE
(École d'architecture de Toulouse)
L’hôtel Riquet p. 143
Maève MORVAN
(École d'architecture de Toulouse)
Une succession d’activités industrielles p. 167
