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Description

Gérard CALVET : la féminité, une parole bleue

* Docteur en sociologie

Cet article est le fruit de la rencontre avec un peintre « méditerranéen » prestigieux dont l’expérience de la pratique professionnelle est tout à fait remarquable. Il éclaire d’un jour original la trajectoire d’un agent du champ de l’art.

L’un des aspects majeurs de cette étude est le regard porté sur une œuvre artistique continue de plus de 70 ans. L’évolution du contexte socio-artistique des années 1945 à 2015 et les luttes autour des enjeux de l’art pictural figuratif et coloré dessinent les contours de cette recherche. Une focalisation sur le rapport à la lumière propre aux pays méditerranéens met en valeur des tableaux particulièrement colorés, « vivants », voire, pour l’expert, réalistes, ou proches parfois d’une facture impressionniste. Mais Gérard Calvet préfère modestement affirmer que « sa peinture est figurative, construite, rythmée et très colorée (…) mes œuvres ne portent aucun message et n’ont nul besoin d’être commentées (…) Je fais passer la préoccupation de l’expression technique avant le thème ».

Gérard Calvet est né en 1926 à Conilhac-Corbières, village situé au cœur du pays viticole audois. Fils d’un viticulteur et d’une institutrice, il doit à sa détermination et sa capacité de travail d’être reconnu comme le maître d’une peinture figurative enrichie de la palette du coloriste. Le parcours de Gérard Calvet témoigne du savoir-faire, du coup d’œil, du sens pratique d’un artiste confronté à un environnement d’experts souvent guidés, selon lui, par « le langage du concept ou de la théorie ».

Ce sens pratique, inscrit dans l’évolution de l’environnement artistique régional, est-il à la base de nouvelles manières de voir et de percevoir son art ? Plus concrètement, considéré comme « le peintre de la femme », apporte-t-il un éclairage sur les changements d’apparence et d’attitude de la féminité, et sur le regard de l’artiste-peintre ?

Pour répondre à ces questions, il est nécessaire de saisir, au préalable, les racines de son parcours artistique.

« Être un peintre » ou les raisons d’une généalogie sociale

Rappeler l’expérience de vie de Gérard Calvet, c’est décrire sa fréquentation quotidienne d’un milieu de vie valorisant les études. Il habitait au sein même de l’école où sa mère enseignait. Il a été formé par ses parents à la stricte discipline du travail scolaire, aidé en cela par un instituteur particulièrement bienveillant et attentionné (les classes n’étaient pas mixtes et sa mère ne s’occupait que des filles).

Son énergie au travail semble émerger de l’ambiance « cadrée » d’une école républicaine attachée au fait que l’on n’a rien sans effort. C’est en même temps par l’écoute d’un père formé aux valeurs du temps et de la nature (la vigne, le raisin et le vin), qu’il apprend à anticiper ses projets et à construire, en représentation symbolique, son avenir d’artiste. C’est aussi dans la confrontation physique au dur travail de la vigne et des vendanges, mode de vie qu’il refuse, qu’il construit cette perception étrange pour ses parents : « devenir un peintre ! » […]

Informations complémentaires

Année de publication

2015

Nombre de pages

17

Auteur(s)

Christian GUIRAUD

Disponibilité

Produit téléchargeable au format pdf