Flux et reflux du Catholicisme Héraultais XIXe et XXe siècles

Il est difficile de juger de l’évolution des sentiments religieux pour peu qu’on ait pris conscience des nuances qu’imposent la géographie, les milieux sociaux, la pression sociale mais aussi la nature de la religion enseignée, le degré d’intériorisation de la foi… L’historien se doit d’être prudent dans la présentation de ses hypothèses. Elles naissent du désir de substituer des vraisemblances à des a priori ou des lieux communs. Nous ne parlerons pas de « déchristianisation », mot « fallacieux » pour un Gabriel Le Bras parvenu au terme d’une réflexion de quarante années. Il faudrait s’entendre en effet sur ce qu’est la « christianisation », or, en la matière, les exigences ont varié au cours des siècles. Tel « bon catholique » des années 1860 risquerait d’être considéré aujourd’hui comme un « mauvais chrétien ». Cherchons simplement à mesurer les liens d’appartenance entre l’individu et l’Église comme institution. Étude qui s’efforcera de tenir compte des lieux et des milieux ; distinguera les paliers fondamentaux de la religiosité, de la pratique et de la ferveur.

I. - Grandes lignes d'une évolution chronologique

1) Le flux de la première moitié du XIXe siècle

Nous ne croyons pas à un processus irréversible de détachement religieux qui, de façon plus ou moins continue, aurait affecté les populations héraultaises depuis deux siècles. L’hypothèse ne résiste pas à l’examen « Jésus-Christ est inconnu au milieu de nous » écrit, non sans raison, Mgr Fournier en 1811. Jusqu’aux environs de 1840, l’ignorance religieuse reste profonde dans le peuple. Les élites vivent éloignées de l’Église. En 1814, au lycée de Montpellier, l’aumônier « reçoit en secret ceux dont la foi n’ose affronter les railleries de leurs compagnons d’études ». Fils de Blancs, le jeune Auguste Comte y perd les traditions des siens. État d’esprit qui persista de longues années. Voici Charles Renouvier inclinant au voltairisme « dès l’âge de la première communion (vers 1825) et même avant ». « Dans toutes les paroisses, écrit M. Bastet en 1827, il est une personne ou plusieurs qui tiennent le haut bout. Si, comme il arrive souvent, elles sont « peu religieuses… ». En visite pastorale, en 1836, Mgr Thibault rencontre presque partout « l’impiété qui règne parmi ce qu’il y a de mieux » (Journal), les « chapeaux noirs » sont indifférents, voltairiens… Cependant un mouvement de flux est amorcé. La Monarchie de Juillet est marquée tout à la fois par une lente amélioration de l’instruction religieuse dans le peuple … en bénéficient surtout les jeunes générations … et des « retours » dans l’aristocratie et la bourgeoisie.

Dans le peuple, la géographie paraît être l’élément primordial des différenciations religieuses. Une population peu renouvelée par les courants migratoires a hérité, de l’histoire, une tradition religieuse qui était loin d’être uniforme. Au milieu du siècle, l’attachement envers l’Église est, en règle générale, le plus grand dans les hauts cantons. Dans le bas-pays, la présence de la minorité protestante contribue à fortifier le sentiment d’appartenance à l’Église, de Montagnac à Marsillargues. Les cantons dans la mouvance de Montpellier, sont plus dévots que ceux que domine Béziers.

2) Une évolution plus contrastée dans la seconde moitié du siècle

Les événements de 1848-1851 ont accentué les clivages. A l’ouest de l’Hérault, bien des hommes ont puisé, dans leurs espérances politiques et sociales déçues, une profonde rancœur contre le prêtre. « A bas Dieu » est-on allé jusqu’à crier, à Paulhan, en 1849. Cette situation est en partie masquée durant les premières années de l’Empire. Il y eut les manifestations spontanées de religiosité auxquelles donnèrent lieu les épidémies : choléra de 1849 et de 1854, suette militaire de 1851. Il y a l’appui de l’État à l’Église. Un rapport préfectoral de juillet 1853 a noté « l’empressement de toutes les classes aux processions, ce qui témoigne que les sentiments religieux ont repris tout leur empire ». Pourtant des dissonances existent. En Biterrois, l’enrichissement subit a eu les répercussions les plus fâcheuses sur l’état moral : « Peu de contrées présentent un relâchement et un dévergondage de mœurs aussi déplorables » (le Procureur Général, 1854). La dégradation parait se généraliser dans les années suivantes. A partir de 1860, la tendance dominante est au reflux des sentiments religieux, un reflux moins lié aux événements de 1851 … ils n’ont affecté que certaines régions …, qu’aux conséquences d’une subite mutation économique : « Vous avez la maladie de la vigne » dit la Vierge au cultivateur de Saint-Bauzille, ce qui peut s’entendre par « la passion », l’appétit des biens matériels 1. Restriction volontaire des naissances, grand brassage de population, travail du dimanche, accompagnent la course à la propriété individuelle. S’y ajoutent les effets, ambivalents, d’une instruction plus répandue : en 1859, Mgr Thibault constate que « l’impiété recommence à hanter nos campagnes… en les inondant des plus mauvaises productions d’une presse aussi dévergondée que coupable ». Dans les villes, le Procureur Général s’est livré, en 1858, à un examen approfondi de la mentalité religieuse : « Je crains, écrit-il, que la religion n’y soit bien près de dégénérer en simple religiosité… Des apparences de dévotion frappent l’œil distrait…, l’affluence est grande aux solennités, les magnificences du culte appellent aux temples, les foules… mais l’observateur attentif y découvre…, et jusque dans les rangs inférieurs de la société, au lieu de croyances vives, les germes déjà éclos d’une indifférence qui, sans renoncer aux semblants de la piété, n’est en réalité qu’une foi morte et une pratique insoucieuse ». On ne s’étonne pas, dès lors, de constater une rapide inversion du conformisme sitôt que la situation politique s’y prête, comme c’est le cas en 1870-71 le délai de baptême s’allonge fortement, les enterrements civils se font spectaculaires, l’offensive pour la laïcité de l’enseignement rencontre l’appui de plusieurs municipalités 2.

Un retournement est-il possible ? Il a semblé perceptible dans les années 1872-1877. Le clergé a pris appui sur la religiosité pour organiser processions et pèlerinages. Pour le P. d’Alzon, « le grand missionnaire est le phylloxera qui, forçant les gens à se serrer le ventre, les avertit qu’un peu plus haut, il y a la conscience » (1877). Mouvement inégal, et dans son intensité et dans sa durée, assurément minoritaire parmi les hommes, au sein desquels grandit la méfiance sinon la haine du prêtre. Un conformisme anticlérical domine certaines régions, soutenu par l’action de divers groupes dont le déracinement est le trait commun anciens déportés de 1851, artisans et ouvriers gyrovagues, tels les tonneliers … 32 % des obsèques civiles recensées entre 1872 et 1877 … ou les cheminots. Les années 1878-1905 sont celles du reflux. Il n’exclue pas une résistance opiniâtre dont les môles apparaissent jusque dans la plaine viticole : partie rurale du 3e canton de Montpellier, avec Pignan « la petite Vendée », cantons de Montagnac, de Florensac, communes de Tourbes, Aumes, Saint-Pons-de-Mauchiens, Cazouls-les-Béziers…

3) La tendance s'inverse dans la première moitié du XXe siècle

A la veille de la Grande Guerre, les excès du Combisme ont ancré cette résistance dans ses convictions, stimulé la ferveur lors des Inventaires. Des groupes de jeunes s’organisent ça et là non sans résultat : à Loupian, en 1914 « le nombre des Pâques a doublé depuis 7 ou 8 ans, l’exemple est donné par les jeunes ». Si les attitudes des milieux populaires restent principalement tributaires de la géographie, les premiers effets de l’immigration étrangère se font sentir. Dès 1888, le Frère directeur des Maristes à Sète, note qu’« Italiens et Espagnols ne favorisent guère les pratiques religieuses ». De la quinzaine de rapports qui les concernent, entre 1907 et 1914, se dégage la conclusion qu’ils limitent leur pratique aux rites saisonniers. « Bien rares sont ceux qui manquent la messe, je ne parle pas des Espagnols, assez nombreux dans le pays, qui ne viennent jamais à l’église » (Puilacher, 1914). « Il n’y a pas de dimanche pour eux » notent plusieurs curés. Ces prolétaires, qui changent souvent de lieux de travail, vivent alors en marge : concubinages fréquents … en partie à cause des difficultés administratives (rapport de l’aumônier de Béziers 1916) …, refus du catéchisme… Leur religion ? « Ce n’est que démonstrations extérieures, tenant moins de la piété que de la peur des maladies » (les Italiens et Saint Roch à Sète, Lasserre, 1906) 3.

Dégradation très nette également dans le Bassin minier où la fidélité aux traditions religieuses est restée générale jusqu’aux environs de 1890 (attachement à l’école congréganiste, succès des missions, nombreuses vocations, recrutement populaire des Conférences de Saint-Vincent-de-Paul dans la région de Bédarieux). Mais une autre espérance, le socialisme apparaît à l’horizon des mineurs. Témoigne de ce conflit une lettre du secrétaire du syndicat des mineurs du Bousquet-d’Orb en 1893 : à deux reprises, le clergé vient de refuser les obsèques religieuses à des mineurs dont le cercueil était recouvert du drapeau « rouge » de la corporation, il y a eu deux enterrements civils, « toute une population est indignée ». La désertion des pâques est quasi générale chez les hommes vers 1914 : au Bousquet, les quinze fidèles reçoivent la communion à cinq heures du matin (1911).

Au sein des élites sociales, face à la noblesse collectivement d’Église, la bourgeoisie, malgré de nombreux retours, fait contraste. N’est-il pas symbolique que, des deux gloires littéraires de l’Hérault, l’une et l’autre sorties du petit séminaire de Saint-Pons, l’une et l’autre ne craignant pas de mettre en scène des sujets religieux, l’une soit considérée « avant tout comme un auteur chrétien », et c’est l’héritier d’une vieille famille de robe, le Vicomte Henri de Bornier (1825-1901) ; l’autre ait été accusé de dénigrer les prêtres et d’ironiser sur les dévotions, et c’est un fils de la petite bourgeoisie, Ferdinand Fabre (1827-1898) ?

Dans l’entre-deux guerres, le mouvement de remontée en cours est favorisé par la persistance chez certains de l’esprit d’Union sacrée. Mais les progrès du laïcisme et surtout l’arrivée massive de travailleurs étrangers entravent le courant. « Nous avons dans nos paroisses du Biterrois, de fortes colonies espagnoles qui échappent totalement à l’action du prêtre. Ils font baptiser leurs enfants, font enterrer religieusement leurs morts et se marient à l’église. Ils ne fréquentent guère les cérémonies religieuses ». Ce jugement du curé de Bessan (1921) peut s’appliquer, à quelques nuances près, à la généralité des cas.

Entre 1940 et 1945, deux mouvements, l’un de flux, l’autre de reflux, peuvent être observés. Dans les années 1950, le poids des opinions politiques sur les attitudes religieuses extérieures diminue, de même que s’estompe lentement le clivage entre les sexes. Vers 1947, des curés du Biterrois commencent de signaler qu’il n’est plus rare de rencontrer de jeunes foyers où l’époux est plus fervent que l’épouse.

4) Les attitudes héritées du passé persistent en 1962

L’enquête de 1962 montre que la répartition géographique de la pratique religieuse n’est pas fondamentalement transformée 4. Le nouveau venu, s’il désire s’intégrer à la société indigène, doit en adopter les usages. De là, la co-variation de la pratique dominicale entre Français et étrangers :

Si le milieu d’accueil suggère un comportement, la réponse porte cependant la marque du terroir originel :

On ne saurait, dans le mouvement de flux observé au début du XXe siècle, négliger l’incidence de la forte immigration « gavache ».

Il va de soi qu’interfèrent âge, sexes (1962, Étrangers : hommes 3,6, femmes 10,6) et activité socioprofessionnelle, en sorte que, le 2 décembre 1962, le taux le plus bas était celui de l’adulte ouvrier d’origine espagnole, 0,6 %.

A l’intérieur de chacune de ces catégories se retrouvent les contrastes hérités de la géographie, le rapport étant d’autant plus étroit que l’activité exercée correspond à une profession plus enracinée. Ainsi pour les propriétaires-exploitants :

II. - Les paliers fondamentaux 5

1) La religiosité

Issus du fond des âges, divers rites constituent autant de démarches visant à se concilier les puissances mystérieuses de l’au-delà protection de l’homme « dal brès a la toumbo », préservation des récoltes, santé du bétail. L’Église a plus ou moins toléré des pratiques dans la mesure où elles ont été christianisées. Mais fréquente est la contamination avec ce qui est « superstition » pour la culture savante : au XIXe siècle 7 à 8 paroisses se donnent rendez-vous à la chapelle de Notre-Dame de Nize (Montagne Noire). Ceux dont la vue est atteinte, vont se laver les yeux à une source voisine, la « fontaine miraculeuse ». La croyance veut que la guérison intervienne quand tombe le linge attaché, après usage, aux branches d’un arbre. Dans les Monts d’Orb, vers 1840, les vieillards, à la veillée, mêlent dans leurs contes, la Sainte-Vierge, aux revenants et au drac. Les bergers jettent des sorts, on consulte les sorciers. Que l’orage éclate et, cierge allumé, à genoux en prières, on invoque Sainte Marthe, Sainte Hélène, Sainte Marie-Madeleine. A Vias, on « donne les jambes » aux jeunes enfants devant la statue de la Vierge miraculeuse : « Y aï donnat las cambos daban la Biertches ». L ‘Église a donné un caractère officiel aux invocations « ad petendam pluviam », « ad serenitatem », « ad depellendum morbum vinearum » (oïdium 1852, phylloxera). A la Font terminal, dans les bois de Cambous (Saint-Martin-de-Londres) le prêtre, jusqu’au milieu du XXe siècle, va plonger la croix miraculeuse dont les fidèles attendent la pluie.

Distinguer « superstition » et « religiosité populaire » n’est pas facile. Si le clergé unanime condamne les sorciers, parleurs aux morts et autres devineresses, l’évêque doit mettre en garde contre les « demandes de messes à intention superstitieuse… les prêtres n’accepteront point l’honoraire de ces messes » (Statuts synodaux de 1853). Comment empêcher de bénir la chemise du conscrit (Aniane 1850) ? Témoignages de foi, ce n’est pas contestable, mais plus que de la foi en Jésus-Christ, il s’agit de la croyance au Dieu créateur et vengeur, le Dieu redoutable de l’Ancien-Testament. Quand le prêtre est requis, c’est comme intermédiaire entre l’homme et le sacré, volontiers, bien des hommes processionneraient sans lui qui suivent les cortèges des Rogations alors qu’ils ne pénètrent plus dans les églises, lors des obsèques.

Les pratiques superstitieuses sont-elles en raison inverse de la pratique religieuse régulière ? Elles semblent, de fait, plus usitées dans la plaine littorale. Le docteur Calixte Cavalier en fait la remarque avec force détails : « Ce sont précisément les localités les plus avancées sous tous les rapports qui sont restées les plus entachées de ces vieilles erreurs » croyance au mauvais œil, aux sorciers … la mâsca …, aux talismans, au nouement de l’aiguillette » dont sont victimes les nouveaux mariés (Étude médico-psychologique sur la croyance aux sortilèges à l’époque actuelle, Montpellier, 1868). C’est en Biterrois et Minervois qu’au début du XXe siècle on semble avoir consulté le plus les sorciers. On y sait aussi la vogue du spiritisme, toutes pratiques que le clergé réprouve. D’une attitude fréquemment répressive, le prêtre, sous l’influence de la piété ultramontaine, est passé à une attitude qui part de cette religiosité spontanée en cherchant à l’épurer. De là l’essor d’une « religion populaire » accordant large part au culte des saints, aux processions et pèlerinages, à la dévotion mariale.

Le culte des saints thaumaturges avait traversé la Révolution, il persiste tout au long du XIXe siècle. Près de Bédarieux, vers 1840, il y a affluence d’estropiés :

C’était la Saint Eutrope, une fête chômée,
La plus belle pour eux des fêtes de l’année

(Lafare, Le prêtre…).

Pour le mal blanc ou muguet, on invoque Saint Martin à Sauteyrargues ; pour la gorge, Saint Blaise à Pézenas ; la teigne, Saint Raphaël à Saint-Mathieu-de-Tréviers. Pour les maladies des yeux, la Vierge du Grau d’Agde ; le défaut de langue, Notre-Dame de Parlatges en Lodévois les accouchements difficiles, la Vierge des Sept-douleurs à Pézenas… L’intervention des clercs est beaucoup plus visible en faveur de Saint Roch dont la dévotion était languissante au début du XIXe siècle 6. Elle est ranimée par le choléra (1832, 1854 et 1884) et la suette (1861) : populaire devient l’antienne « Ave Roche sanctissime ». En 1838, au milieu d’un grand concours de peuple … « tous les curés du canton étaient là, venus en tête de leurs populations » … Lunel accueille une relique de Saint Gérard. Malgré les réserves de Mgr Thibault, le culte de Sainte Philomène se répand peu après. En 1843, les frères Fabre, prêtres, ramènent une relique de Saint Vincent à Poussan. En 1861, Pignan en fête en reçoit une de Saint Agapit. Corneilhan fête Sainte Céronne… Ces dévotions populaires sont souvent très vivaces ; ainsi de la Saint Sébastien à Alignan-du-Vent : en 1921, la confrérie, après plusieurs siècles d’existence, compte 300 membres. En 1947, la messe attire plus de monde qu’à Pâques.

Le pèlerinage champêtre est fête populaire « spectacle joyeux. On prie peut-être, mais assurément on se divertit » (F. Fabre, Mon oncle Célestin). Voici la procession vers Capimont qui sort du Poujol (vers 1835)

« Personne ne manquait, toutes les confréries,
Femmes, enfants, vieillards chantant des litanies,
Bannière déployée…

Le chemin était long, la chaleur excessive,
On l’avait bien prévu, puisqu’il faut chanter
Pour conserver sa voix, il la faut humecter ».

Des jeunes gens se disputent l’honneur de porter une croix pesante. Un ermite attend les pèlerins … en vain luttent les Statuts synodaux contre « les prétendus ermites » (1887), Capimont est habité jusqu’en 1914. Le rassemblement a attiré marchands de chapelets, d’images pieuses, de statuettes, les Santi Belli pas trop recommandables. Les pèlerins, après la messe, déploient leurs provisions. Puis,, au son du tambour, les danses s’organisent (à Mougères, sur les bords de la Peyne). Image d’une Église accueillante à l’homme commun…

Le culte marial permet dans une certaine mesure d’épurer la religiosité. Ici encore, le renouveau prend appui sur d’anciens sanctuaires, tel celui de l’Agenouillade au Grau d’Agde, fréquenté des marins et charpentiers de marine : de la Restauration à 1880, plus de 95 tableaux de marine y témoignent des vœux faits en action de grâce après un naufrage. A partir de 1830-50, l’essor est général, les chapelles restaurées. Des dévotions nouvelles prennent racine, telle l’Archiconfrérie de Notre-Dame-des-Victoires, avec 33 affiliations en dix ans (1840-50). La récitation du rosaire est encouragée : durant la seconde moitié du XIXe siècle, elle est le fait des ouvrières des filatures de Ganges, Bédarieux, Lodève, Villeneuvette… où l’on célèbre aussi le Mois de Marie. Au milieu du XXe siècle, en certaines paroisses pendant les vendanges, les colles récitent le chapelet tout en travaillant, « la dizaine est récitée par chaque coupeuse à tour de rôle. Tout le monde y répond » (Saint-Pons-de-Mauchiens). En 1923, à Montpellier, la « miraculée de Sainte Anne », Marie Lafon, grabataire de 40 ans, retour de Lourdes, effectue une véritable marche triomphale entre la gare et l’église, attirant autour d’elle croyants et incrédules.

Que se soit très largement opéré un transfert de la religiosité spontanée, plus ou moins éloignée de l’orthodoxie, à la religion populaire et que l’Église y ait gagné pour un temps, nous paraît incontestable. Jusqu’au milieu du XXe siècle, dans une société très largement dominée par une culture où l’oral le dispute à l’écrit … sans cesse revitalisée par l’apport d’immigrants, en grande partie illettrés …, une vie religieuse, plus sensible au geste qu’au discours, s’est maintenue. Certes, les vieilles peurs ont reculé, une explication scientifique a été donnée à plusieurs phénomènes naturels, bien des « recours » sont devenus inutiles, le Bon Dieu a pris la place du Dieu terrible. Mais une large part de mystère continue d’environner et la vie et la mort. L’expérience venant … à 20 ans on sait tout ! … bien des hommes et des femmes ne se satisfont point du scientisme un peu court enseigné sur les bancs de l’école depuis Jules Ferry. Au demeurant la sorcellerie n’est pas morte et l’astrologie en tient lieu dans les villes.

2) La pratique

En 1962, 94 % des Héraultais sont baptisés catholiques, 83 % se marient à l’église, 80 % des obsèques sont religieuses. Les divorces expliquent principalement l’érosion entre la naissance et la mort. Les attitudes collectives continuent de jouer en faveur de l’Église. La proportion des non-baptisés était plus élevée au début du siècle, certains enfants étant « furtivement ondoyés à l’insu du père » 7 % de non-baptisés à Béziers en 1962, 16 % en 1912. L’observance de la règle canonique a toujours été fort inégale. En 1882, à la veille de l’abandon des « trois jours », considérable est la dispersion la fidélité concerne 12 % des baptêmes à Béziers, 22 % à Marseillan, 12 % à Lodève, 43 % à Agde, mais 88 % dans les garrigues. Le recul de la mortalité à la naissance a contribué à différer le baptême. Le « Quam primum » de 1962 définit approximativement un délai d’un mois. La dispersion géographique demeure grande :

En 1947, dans telle paroisse de Béziers, les trois quarts des garçons et la moitié des filles échappaient au catéchisme. Exiger deux années d’assiduité avant la première communion a été très difficile. A Saint-Jude, en 1913 « la plupart des mères de familles sont venues nous supplier d’accepter les enfants avec un an de catéchisme seulement ». La première communion, devenue « solennelle » avec Pie X, étant vécue comme une fête de fin d’enfance, peu de familles y font obstacle : en 1929, dans un village du Biterrois, sur 15 communiants, 13 appartiennent à une famille n’assistant jamais à la messe. On ne s’étonnera pas, dès lors, de l’abandon qui souvent lui fait suite : « La première communion faite, ne viennent à la messe que les enfants appartenant à des familles depuis longtemps et notoirement chrétiennes » (Paulhan 1907). Fête populaire à l’évidence, elle est en horreur aux rigoristes : « Sauf exception, elle n’est que pure formalité. Au repas, on chante des chansons de Tino Rossi, Jean Lumière, Fernandel, il y a bal ensuite » (un prêtre, 1947).

En 1877, le Vicaire Général Segondy rapporte à Mgr de Cabrières que les jeunes filles se préparent sérieusement au mariage mais que les jeunes gens « ne se présentent au prêtre que pour ainsi dire contraints ou simplement par convenance. Le sentiment religieux n’est à peu près pour rien dans cet acte si solennel ». C’est indiquer … en l’exagérant quelque peu toutefois … le clivage qui existe alors entre les sexes et souligner le rôle de la femme dans le maintien de la fidélité aux grands actes saisonniers. Il en est de même pour les obsèques que la femme veut religieuses parfois contre les intentions du défunt. En 1877, dans le Montpelliérais et le Lodévois, très rare est encore le refus des derniers sacrements. Mais le mouvement pour les obsèques civiles prend de l’ampleur dès cette époque et obtient un certain succès, surtout avant 1914. Coutume contraignante aussi que ce refus des hommes d’entrer à l’église lors des enterrements.

Considérables ont toujours été les contrastes qui concernent la messe dominicale. Dans la Montagne Noire « ils ne manquent jamais de venir à la messe et la neige et le vent ne les arrêtent pas » (Douch, 1840). Dans les garrigues, à Viols-le-Fort, le « dimanche matin toutes les familles sont à la messe » (1826). Mais à Tressan, on peut voir les hommes « nonchalamment assis sur la place publique en face de l’église tout le temps que la messe se célèbre. Ils ne font pas un pas pour venir l’entendre » (1836). A Soumont « les hommes trouvent toujours la messe trop longue…, et l’entendent à la tribune, Dieu sait comment » (1836). A Sète, vers 1846 « la plupart des hommes n’allaient pas à l’église, mon père n’y mettait jamais les pieds, uniquement par indifférence. La plupart des femmes, cependant, entendaient la messe » (M. Tarroux). La coutume, la pression sociale exercent ici une forte emprise. Dans les Monts d’Orb, au milieu du XIXe siècle, le clergé use de son ascendant pour s’assurer du respect du précepte : « Il ne souffrait pas qu’un de ses paroissiens négligeât d’assister à la messe… Devant ces manquements, considérés comme un affront personnel, M. le curé avait des colères superbes » (F. Fabre, Xavière). « Un dimanche, du haut de la chaire, comptant de l’œil son monde, semblablement à un berger son troupeau » (Le chevrier). Vers 1900 « plusieurs hommes assistaient à la messe devant la porte de l’église. Ils auraient été mis à l’index s’ils n’étaient pas venus » (Saint-Pons-de-Mauchiens). Beaucoup plus fréquente est alors la pression inverse qui retient les hommes à la porte des églises. On a incriminé, non sans de bonnes raisons, le travail du dimanche … mais au début du XXe siècle « on se repose, oui mais en face des multiples tables des cafés » (Roujan 1907) … les chaises louées, la longueur et le contenu d’un office auquel les fidèles ont souvent peu participé… Ces motifs ne sauraient expliquer les contrastes.

Le 2 décembre 1962, un cinquième des catholiques de l’Hérault se sont trouvés présents un dimanche ordinaire. Les écarts sont considérables d’une paroisse à l’autre … les extrêmes, Vendres 7 % et Saint-Jean-de-Buèges 80 % … parfois dans la même ville … Béziers 20,5 % à La Madeleine, 7,3 % à Saint-Jude …, mais une géographie religieuse est nettement perceptible. De même la différence entre les sexes (hommes 9,6, femmes 23,5) encore qu’elle s’atténue fortement chez les moins de 45 ans.

Au XIXe siècle, l’un des liens d’appartenance les plus sûrs à l’Église est la communion pascale. Les fidèles sont invités « à satisfaire à ce devoir » en se présentant au confessionnal. Il arrive que le curé ait « un boulier pour faire le compte de ses pénitents : on en voit encore dans les églises de campagne » (Le chevrier). Mais il faut « terminer » et, le plus souvent, un confesseur rigoriste demande au pénitent de se « présenter » deux fois avant de lui donner l’absolution. Jusqu’aux environs de 1840, petit est, en général, le nombre des pascalisants « La Table sainte est si universellement délaissée » (Mgr Fournier 1810). La première communion faite « combien persévèrent, même deux années, même une année ! Combien peut-être manquent les premières pâques surtout dans les villes » constate M. Bastet (Manuel, 1827). Alors qu’en Lozère, la proportion des pascalisants dépasse 85 %, vers 1835-36, il est douteux qu’elle atteigne 33 % dans l’Hérault. De même qu’à l’Hôpital Général (Montpellier) « la plupart des vieillards ne remplissent pas le devoir pascal », le « nombre des jeunes gens qui se confessent et communient, est partout bien petit » (M. Grasset 1835). En Lodévois et dans la Vallée de l’Hérault (chiffres pour 25 paroisses) les pascalisants ne dépassent pas le quart ou le tiers, les hommes et jeunes gens (13 ans et plus) 12 à 16 % seulement. « Peut-on appeler irréligieuse et impie, une paroisse où l’on compte plus de 220 pâques sur 954 habitants ? » note le curé du Pouget qui se satisfait ainsi d’une proportion largement inférieure au tiers. Dans les villes, les taux sont beaucoup plus bas : 22 % à Clermont, 18 % à Bédarieux (1837). A Saint-Pargoire « très peu de jeunes filles font leurs pâques », à Vendres les sœurs du Rosaire elles-mêmes s’abstiennent. Il est par contre, mais c’est l’exception, de petites paroisses beaucoup plus fidèles : Ceilhes avec ses 124 hommes et jeunes gens (35 %), Usclas-d’Hérault, Carlencas, Soumartre, à la pratique unanime.

Au tournant du siècle, il semble que la pratique ait été à son apogée en de nombreuses paroisses. En 1852, elle atteint 80 % à Saint-Martin-de-Londres, 40 % des hommes et jeunes gens à Saint-Pons-de-Mauchiens en 1855. Par la suite, les contrastes vont s’accusant, résistance sinon progrès ici … à Grabels, où il y a 120 pénitents blancs, la pratique masculine atteint 50 % en 1866 … ; toutes les femmes y font leurs pâques sauf « quinze à vingt qui, néanmoins, se confessent ». Effondrement ailleurs, une comparaison des taux connus concernant les hommes et jeunes gens sur une centaine d’années, montre que le creux se situe en 1911 … probablement avant, mais on ne peut en apporter la preuve formelle. Au début du siècle en Biterrois, Minervois… les hommes font leurs pâques en cachette, « de très grand matin avant la messe » (Cazedarnes, 1907). En Biterrois, la moitié des paroisses comptent moins de 25 % de pascalisants. Dans 21 paroisses du diocèse la pratique masculine est nulle.

Générale est la remontée masculine en milieu rural (d’autant qu’en 1962, la base est 14 et non 13 ans), depuis 1911. Il n’est est pas de même dans le Bassin minier 7. Les villes paraissent en progrès, à l’exception d’Agde et de Bédarieux où le recul est à imputer à la prolétarisation, liée à l’ampleur de l’immigration étrangère. Cette remontée masculine s’est accompagnée d’une érosion féminine très nettement perceptible en 1962. C’est pourquoi le taux global de pratique est en recul à cette date : 28 % contre 32,4 en 1923-26 et 32,3 en 1911 (hommes : 9,7 en 1911, 12,6 en 1931, 14,7 en 1962).

3) La ferveur

On peut discuter du critère des vocations pour exprimer la ferveur. Cependant, et bien qu’à partir de 1880, le sacerdoce ait perdu beaucoup de ses attraits « humains », on ne constate pas de grandes variations dans l’origine sociale des vocations avant 1907 : de 1846 à 1878 ouvriers du textile et artisans assurent plus du tiers des vocations ; de même, entre 1887 et 1906, les milieux ouvriers des Piémonts, encore fortement enracinés, éclipsent le milieu agricole où le grand obstacle est « le fils unique », auquel s’ajoute, dans l’ouest, le vif anticléricalisme populaire. Entre 1907 et 1926, le recul est général (159 ordinations contre 408). La remontée (222 ordinations) est sensible dans les vingt années suivantes à Montpellier, Sète et dans le Biterrois. Entre 1947 et 1966, on compte 211 ordinations, Ganges et la Vallée de l’Hérault étant les secteurs les plus féconds.

Avant la Séparation, le recrutement du clergé provient pour les trois quarts du milieu rural et des petites villes. L’écart avec les trois grandes villes se comble ensuite, les petites villes s’effondrant :

Entre 1951 et 1966, il s’est produit un sérieux rétrécissement de la base sociale du recrutement. Le tarissement des vocations populaires urbaines correspond à la disparition progressive d’un artisanat remplacé par un monde ouvrier fortement déraciné. Le monde agricole … moins du tiers de la population active … assure 45,5 % du recrutement, les cadres supérieurs … 3 % des actifs … 14 %. Cette montée des votations issues de la bourgeoisie est un fait nouveau.

Fait-elle suite à l’entrée en force des notables dans les œuvres après 1850 ? Assurément non, les vocations qui en sortent alors, rares au demeurant, s’orientent vers certains ordres religieux, principalement les jésuites. La montée bourgeoise est due au rôle croissant joué par les cadres … au sein desquels la culture compte plus que la fortune … dans la vie religieuse urbaine Action catholique, scoutisme…

Au début du XIXe siècle, une génération de pieux laïcs, formée avant la Révolution, et, le plus souvent d’origine populaire, a assuré la restauration des associations traditionnelles, les confréries de Pénitents en particulier. Les 24 frères qui, en 1797, reconstituent les Blancs de Montpellier, sont tous de modeste origine. Mais, à partir du milieu du siècle, dans les villes, les notables se substituent peu à peu au peuple. Quelques centaines d’entre eux se multiplient dans les œuvres. La Société de Saint-Vincent- de-Paul donne au diocèse ses « saints » laïcs : Adrien Barre, avoué à Montpellier depuis 1840. On le retrouve au Comité catholique, à l’Œuvre des Cercles, à celle des Faubourgs, au patronage du Sacré-Cœur… Hilaire Vivarez, un notaire sétois, tertiaire de Saint François, ancien élève de Lacordaire à Sorèze, consacre toute sa vie aux œuvres religieuses et sociales, tout en acquérant dans l’exercice de sa profession, une réputation d’équité … il exhortait à se contenter d’un intérêt de 4 %, tenta de faire bâtir pour les ouvriers (« des maisons nouvelles feraient baisser les loyers de nos immeubles » lui répondit-on). « Celui-là, c’est un sincère » entendait-on dire de celui qui fut surnommé « l’ami du peuple » (P. Brouillet, Un tertiaire d’aujourd’hui, Hilaire Vivarez, Montpellier, 1912).

A l’homme d’œuvres a succédé le militant, qu’un Jean Coulazou a préfiguré. L’enquête dominicale de 1962 montre que la moitié des militants adultes appartient à une profession agricole. Le déficit en militants ouvriers est considérable. A Montpellier, plus d’un militant sur deux est un cadre.

Si 3 % des hommes appartiennent à une organisation, la proportion est triple chez les femmes. On note une désaffection chez les jeunes adultes. La notion de militant s’est d’ailleurs élargie. L’engagement dans la Cité est de plus en plus fréquent, qu’il s’agisse de partis, de syndicats … en 1946, à Cers, le syndicat ouvrier C.F.T.C. a été fondé par un chef-routier …, d’associations professionnelles : avec l’Action catholique se réalise la convergence entre la ferveur spirituelle et une action temporelle qui n’est plus un palliatif ou une concession « au monde ». D’une attitude de défense, les catholiques fervents sont passés à la conquête, pour enfin assurer une présence.

Affaiblissement des liens d’appartenance à l’Église ? A l’étiage de la religion populaire sans aucun doute, sous l’influence de causes externes (déracinement, urbanisation, culture de masse) et internes (néo-rigorisme d’un clergé au recrutement moins populaire, plus soucieux de former les élites : si l’église n’est plus que le lieu anonyme du discours, l’élément populaire, mal à l’aise s’en détache). Peut-on aller jusqu’à parler d’une nouvelle rupture entre la religion officielle et les aspirations de la religiosité des masses ?

A l’étiage de la pratique, l’attachement aux rites saisonniers persiste, mais la pratique régulière recule, une religion d’obligation cédant peu à peu la place à des démarches plus personnelles. Il faut noter que les hommes, dégagés depuis longtemps des attitudes contraignantes, sont plus fidèles aux pâques en 1962, qu’au début du siècle. On ne saurait isoler ce résultat du succès qu’ont rencontré les mouvements. La conscience d’être minoritaire a, de plus, un effet stimulant.

Le terrain d’élection des fervents gravite de moins en moins autour du clocher. Une mentalité plus délibérément tornée vers un monde à transformer, rapproche les croyants de militants étrangers à leur foi. Le risque existe de perdre dans l’action toute référence à une identité chrétienne. Pour un chrétien, la libération des hommes ne passe-t-elle pas pour l’annonce du salut en Jésus-Christ ?

Gérard CHOLVY
Université Paul Valéry – Montpellier.

Notes

  1 Il s’agit des apparitions mariales de 1873 à Auguste Arnaud, cultivateur à Saint-Bauzille-de-la-Sylve, cf. D. Bernard Billet et alii, Notre-Dame du Dimanche. Les apparitions à Saint-Bauzille-de-la-Sylve, Paris, Beauchesne, 1973, 239 p.

  2 G. Cholvy, La question scolaire au XIXe siècle : le conflit autour de l’école dans l’Hérault (1866-1890), Annales du Midi, 1975, n° 124, p. 469-485.

  3 C’est une question essentielle, encore que l’étranger pauvre manifeste aussi rapidement le désir de s’intégrer aux mentalités dominantes, cf. notre communication, Déracinement et vie religieuse l’immigration espagnole dans le département de l’Hérault au XIXe siècle, XLIIe Congrès de la Fédération historique du Languedoc méditerranéen et du Roussillon (Perpignan, 1969), Montpellier, 1970, p. 95-113.

  4 G. Cholvy, Géographie religieuse de l’Hérault contemporain, Paris, 1968, 516 p., Préface de Gabriel Le Bras.

  5 Pour une problématique générale, renvoyons à notre contribution : Le catholicisme populaire au XIXe siècle, dans Le christianisme populaire. Les dossiers de l’Histoire, Paris, Le Centurion, 1976, p. 199-223, et pour une analyse plus approfondie accompagnée d’une importante bibliographie, G. Cholvy, Réalité de la religion populaire dans la France contemporaine, XIXe – début XXe siècle, et Direction de recherches, dans La religion populaire. Approches historiques, sous la direction de B. Plongeron, Paris, Beauchesne, 1976, p. 149-170 et p. 171-193.

  6 G. Cholvy, Un saint populaire ? La lente renaissance du culte de Saint Roch dans le diocèse de Montpellier durant la première moitié du XIXe siècle, XLIIIe Congrès de la Fédération historique du Languedoc méditerranéen et du Roussillon (Béziers, 1970), Montpellier, 1971, p. 359-367.

  7 G. Cholvy, Lendemains de la Libération une analyse de la « déchristianisation dans le bassin minier de Graissessac » (Hérault), XLIXe Congrès F.H.L.M.R. (Alès, 1976), Montpellier, 1977, p. 235-255.