Des Localités non identifiées aux environs de… Saint-Clément-de-Rivière
Des Localités non identifiées aux environs de… Saint-Clément-de-Rivière
p. 353 à 356
Cet article a été rédigé avant la parution (en août 2000) du nouveau dictionnaire de Frank R. Hamlin, Toponymie de l’Hérault. Les « localités non identifiées aux environs de Saint-Clément/Montferrier » citées dans cet article ont été relevées dans son précédent ouvrage. Pour les diverses occurrences ci-dessous présentées, nous signalons quelles sont les localisations qui ont été retenues (ou non) par l’auteur dans Toponymie de l’Hérault (= T.H.), Frank R. Hamlin nous ayant fait l’honneur de s’intéresser à nos recherches doctorales et de les prendre en compte lors de la rédaction de son nouvel ouvrage.
Les Noms de lieux du département de l’Hérault, Dictionnaire topographique et étymologique de Frank R. Hamlin (élaboré avec la collaboration de l’abbé André Cabrol) 1 a constitué un précieux document de référence lors de nos recherches doctorales. Notre étude porte sur 17 communes du département de l’Hérault, réparties en 5 zones 2, et sur un corpus microtoponymique constitué de 3 000 occurrences environ, occurrences qui ont donné lieu à une recherche systématique dans le dictionnaire de F. R. Hamlin, afin de relever les formes anciennes qu’il atteste et les étymologies proposées.
Aussi nous est-il arrivé de relever dans ce précieux ouvrage des formes dénominatives médiévales pour lesquelles l’auteur précise qu’il s’agit de « localité(s) non identifiée(s) aux environs de… ». Nous n’avons retenu que les attestations de ce type qui pouvaient éventuellement être couvertes par nos aires géographiques d’enquête, et nous voudrions présenter ici 5 exemples de « localités non identifiées aux environs de Saint-Clément » ou « de Montferrier-sur-Lez », communes limitrophes, occurrences que la lecture du Compoix, La Val de Montferrand 3 de 1554 a permis de localiser, par le jeu des confronts, sur Saint-Clément-de-Rivière, commune ainsi nommée si l’on restitue la tournure déterminative administrative actuelle.
Cinq occurrences localisées, pour une commune de 1 273 hectares et sur un corpus total de 400 occurrences environ, relatives à cette commune, voilà qui peut sembler bien peu ! Cependant, pour le microtoponymiste, voilà qui est relativement satisfaisant…
1) Podio AVALSOS (NLDH, p. 1) 4, « localité non identifiée aux environs de Montferrier-sur-Lez », dont la dénomination est attestée en 1245 dans le Cartulaire de Maguelone (II, p. 612). La lecture du Compoix de Saint-Clément, intégré au Compoix de La Val de Montferrand de 1554, autorise le relevé d’une attestation qui n’apparaît qu’en confront, et non en intitulé d’article : le deves de quarante « confronte de van droit en lus patus de puoch abausses » (folio 732) 5. Quarante est toujours de nos jours le nom d’un tènement situé à l’ouest de la commune, et la résistance diachronique de cette forme permet de localiser puoch abausses un peu plus au nord, où se trouve précisément un monticule 6. Dans abausses, « 1 » devant « s », de avalsos, s’est vélarisé en [u] ; quant à l’alternance « v »/« b », elle est fort fréquente en Languedoc 7. La forme relevée dans le compoix de 1554 offre donc un exemple de maintien, avec évolution phonétique, de la forme citée par F. R. Hamlin. Cette forme et la localisation ont été intégrées par F. R. Hamlin dans TH. (p. 1). L’auteur donne comme étymologie le lexique occitan avals, avaus désignant le « chêne kermès (Quercus coccifera) », sens qui est corroboré de nos jours encore par l’adéquation référentielle végétale du lieu. Mais le microtoponyme a connu un intéressant et surprenant devenir. En effet, la dénomination a subi un glissement géographique et a été attribuée à un lieu situé un peu plus au nord, où la topographie n’atteste pas de monticule, mais au contraire une dépression, une « combe ». Et ce dernier lieu s’est vu attribuer le nom de Combe des Rabaussés sur les cadastres napoléonien et révisé. Cette interprétation a été retenue par F. R. Hamlin (T.H., p. 320). L’ajout du « R » initial a pu découler de l’influence des autochtones de la commune qui justifient la dénomination par l’évocation de la présence de rabàs, « blaireaux », en très grand nombre naguère en ce lieu (avant que les lotissements ne se multiplient) et en plus grand nombre que sur les autres parties de la commune, selon les témoins rencontrés 8. A moins que ce ne soit l’inverse et qu’une fluctuation graphique (de abausses à Rabaussés) n’ait entraîné une nécessité de justification, pour les autochtones, par le recours à l’analogie lexicale. Il se pourrait même que les « blaireaux » aient été présents en aussi grand nombre sur d’autres parties de la commune, mais que le processus d’association entre une dénomination et un référent rende leur présence plus remarquable en ce lieu dans le souvenir des anciens de la commune. A l’entrée Rabasse, F. R. Hamlin note que le terme occitan rabàs tend à remplacer tais au sens de « blaireau »
(NLDH, p. 311). Mais rabàs ne peut justifier phonétiquement Rabaussés, et il se trouve en ce cas que c’est la forme toponymique qui crée la justification référentielle pour les autochtones ; et cette interprétation semble être bien ancrée dans le processus d’attribution d’un sens et d’un référent, car, dans le lotissement lové aujourd’hui au fond de ce vallon, une rue a été nommée… Rue des Blaireaux ! C’est cependant plutôt dans la présence de chênes kermès, sur le monticule voisin, qu’il faut trouver la justification sémantique de l’actuelle dénomination Combe des Rabaussés. Nous voudrions enfin signaler, au sujet de cette occurrence, que lors de la rédaction de notre thèse nous avons interprété de manière erronée le commentaire de F. R. Hamlin : « il s’agit ici d’une variante féminine ou, moins probablement, d’une altération de l’occitan las vals « les vallées » (…) » (NLDH, p. 1), commentaire qui est relatif à la forme Las Abaous, attestée à Paulhan, et qui ne saurait en aucun cas être appliqué à l’occurrence présentée ici, Podio Avalsos 9.
Par contre, nous hésitons à reconnaître, dans l’une ou l’autre occurrence de type puoch lom/Puech long, une pérennisation de la « localité non identifiée aux environs de Montferrier-surLez », Mansi de PODIO LONGO, forme attestée en 1245 dans le Cartulaire de Maguelone (p. 610, 612), relevée par F. R. Hamlin (NLDH, p. 291). En effet, l’occurrence relevée dans le compoix de 1554 (folio 738 v°), « deves appelé puoch lom » est localisée, par le confront de levant, « en lo patu de la Couste al Roque », c’est-à-dire au nord de Montferrier, sur la commune de Saint-Clément. Dans le compoix de 1790 (folio 26), Puech long est localisé sur le tènement nommé Quarante, c’est-à-dire à l’ouest de la commune, et désigne le monticule nommé puoch abausses en 1554. La dénomination Puech Long est de nos jours pérennisée uniquement par le corpus odonymique de la commune (code RIVOLI) en localisation identique à celle de 1790. Il est impossible de déterminer exactement si l’une de ces deux attestations homonymes pérennise la forme citée par F. R. Hamlin.
2) Mansus del CREMAT (NLDH, p. 127), « 12e s. (cartulaire des Guillems, p. 415), probablement à identifier avec mansi dels crematz, 1245 (Cartulaire de Maguelone, II, p. 609-610), localité non identifiée aux environs de Saint-Clément ou de Montferrier-sur-Lez (…) ». F. R. Hamlin ajoute qu’une localité voisine s’appelait [mansus] de Cremadellis (ibid.). Dans le compoix de Saint-Clément de 1554, on relève « un camp appelé lou mas des cranalz alias las rompudas », « autre camp al mas de cremalz » (folio 742) ; chacun de ces deux champs « confronte de levant la lyronde, de couchant lou camy que va de las matelles a montpellier », ce qui rend la localisation aisée, sur l’actuel tènement Crémadel, situé sur la zone sud de la comunne. Le cours d’eau La Lironde trace, à l’est, la limite de la commune sur cette zone sud, alors que le chemin qui mène aux Matelles la délimite à l’ouest. Cette localisation a été retenue par F. R. Hamlin dans T.H. (p. 129). Dans ce même document, on relève une occurrence las crematasses (folio 750 v°) qui désigne une terre « confrontant de levant Madame de Montferrier », et qui peut donc être localisée en situation géographique identique à celle précédemment évoquée pour cranalz/cremalz/Crémadel. On remarquera les similitudes de ces formes, déclinées sur une base pour laquelle F. R. Hamlin propose comme origine le lexique occitan cremar, « brûler », et le participe passé féminin de ce verbe, cremada, « lieu qui a été brûlé », pour Crémadel. Les témoins ont dit connaître, au lieu où nous avons localisé le mas de cranalz/cremal, l’existence de ruines assez imposantes, mais envahies par la végétation. Si la forme Cremadellis, relevée par F. R. Hamlin, est pérennisée dans les cadastres par le nom de tènement (Crémadel), le nom du mas, implanté en ce lieu au XIIe siècle, s’est effacé du corpus microtoponymique de la commune. Au XVIe siècle, l’existence même du mas n’est plus assurée, étant donné que c’est un « champ » qui reçoit ce nom.
3) Mansum de ROTILS (NLDH, p. 329) : cette forme est attestée en 1202 dans le Cartulaire de Maguelone (I, 477) et est signalée par F. R. Hamlin comme « localité non identifiée aux environs de Saint-Clément ». L’auteur ajoute que l’étymologie de la dénomination est obscure et il renvoie à l’entrée Rouargues (ibid.). Dans le compoix de Saint-Clément de 1554 (folio 6 738 v°), on peut lire : « deves appelé lou deves de Rotils confrontant de couchant les patus communs de Saint-Clément et de Montferrier ». Une autre attestation est sans doute à rapprocher de celle-ci, mais demeure de lecture incertaine : « casal al mas de Rotuos/Roturs (?) », (folio 736). La seule localisation possible de « patus communs » à Saint-Clément et à Montferrier est située à l’est de Fontfroide et au sud/sud-ouest, de Rouargues. La partie de la commune de Montferrier qui est mitoyenne avec Saint-Clément, à l’est de Plaine de Roque, constituait autrefois une commune indépendante, nommée Baillarguet. Rotils peut donc être localisé près de l’actuel tènement Rouargues, si ce n’est même sur ce tènement, comme nous l’avons proposé. Cette localisation n’a pas été retenue par F. R. Hamlin dans T.H. (p. 339). Pour Rouargues, F. R. Hamlin donne comme attestations antérieures (XIIe siècle, cartulaire des Guillems, p. 415, 428, 444-445) « mansus de Roholanicis, mansum de Rolanegues, de Rodolaneges » (etc.), et propose comme origine « nom d’homme Rotlannus (…) + suffixe-anicis » pour désigner un « domaine romano-germanique ». On remarquera le rapprochement qui peut être effectué entre l’étymologie proposée et la forme Rotils, en raison de l’articulation de la consonne dentale sourde [t] et de la liquide vibrante [l], sans pouvoir pour autant justifier une stricte évolution phonétique.
4) Lo mas de l’OLIVER de S. Clemento (NLDH, p- 266) attestation relevée pour le XIIe siècle, dans le Cartulaire des Guillems (p. 343), « localité non identifiée aux environs de Saint-Clément (à identifier avec Mas de l’Huile à Montferrier-sur-Lez ? ». Le compoix de Saint-Clément de 1554 atteste « pratz situat al territori d’olivet » (folio 729 v°). Ce « terroir » est localisé à l’ouest des possessions de Guillaume Le Cas qui sont nombreuses sur borenac, nom de hameau pérennisé sous la forme actuelle Bouzenac. Or, cette localisation de l’attestation du XVIe siècle correspond à la localisation de l’actuel Mas Olivet, présent sur la carte de l’IGN 10, Cette localisation n’a pas été retenue par F. R. Hamlin dans T.H. (p. 273) et l’interrogation est conservée. Pour ce qui concerne cette question introduite dans cet article, il s’avère que Le mas de l’Huile, toujours visible à Montferrier, ne peut être confondu avec Lo Mas de l’Oliver ; les motifs lexicaux et économiques qui ont entraîné la tentation d’effectuer une « attraction géographique » entre ces deux mas sont aisés à comprendre. Mais, dans le compoix de Saint-Clément de 1790, il est fait mention du « Mas de Lolly de Montferrier », dont le propriétaire se nommait Jean Tourrière (folio 133), et possédait quelques terres à Saint-Clément. Le Mas Olivet est donc bien implanté sur la commune de Saint-Clément, alors que le Mas de l’Huile l’est sur la commune voisine, Montferrier ; la forme « Lolly » a pu subir une attraction paronymique affectant l’évolution du déterminant, d’autant que la présence d’un moulin à huile, dans ce mas, a été évoquée par les autochtones rencontrés, qui ne doutent pas que telle est la motivation de la dénomination de ce Mas de l’Huile. En introduction de l’article intitulé Olivier, Olivet, Olivette (p. 266), F. R. Hamlin note qu’il est « souvent impossible de reconnaître avec certitude si un toponyme particulier remonte à un nom commun ou à un nom de personne ». A Saint-Clément-de-Rivière, il s’agit d’un patronyme.
5) Caminum de SALSIS (NLDH, p. 363) : cet odonyme est attesté dans le Cartulaire de Maguelone (II, p. 610), pour l’année 1245, et F. R. Hamlin note qu’il s’agit d’une « localité non identifiée aux environs de Montferrier-sur-Lez ». Il s’agit d’un nom de chemin dont le déterminant opte pour le référentiel directionnel. Ce chemin semble en effet sillonner la commune de Montferrier, dans la mesure où le déterminant correspond à un nom de lieu localisé sur Saint-Clément, en situation limitrophe avec Montferrier. Dans le compoix de 1554, on peut relever « camp situat al plan de Sausse » (folio 742 v°), ou « plan de sauses » (folios 743, 745). Ce plan de Sausse(s) « confronte de levant en Rouargues ». Étant donné que Rouargues est un nom de tènement toujours attesté, la localisation de Sausse(s), pour 1554, mais aussi pour 1790 (folio 20 du compoix), ne pose aucun problème, et s’avère correspondre à la localisation actuelle du tènement cadastral toujours dénommé Sauces 11, Ce chemin était donc orienté en direction du lieu dénommé Salsis/Sauces, sur la commune de Saint-Clément. Cette localisation et les formes attestées en 1554 et 1790 ont été intégrées dans T.H. (p. 373) par F. R. Hamlin.
Une vingtaine d’autres occurrences, signalées par F. R. Hamlin comme « localités non identifiées aux environs de… » ont pu être localisées, à Agonès, Brissac, Neffiès, Lunel, Villeneuve-lès-Maguelone. A Brissac, la déconcertante dénomination cadastrale Pijisti peut alors être justifiée par la forme antérieurement attestée, Puech Justy (compoix de Cazilhac de 1636), nom du seigneur propriétaire du lieu et nom du pioch tout à la fois 12, et par la forme relevée par F. R. Hamlin, manso de Podio Justi (1289, Cartulaire de Maguelone, III, p. 419; NLDH, p. 197). Si nous nous éloignons des relevés de F. R. Hamlin, nous pouvons signaler un odonyme qui posait problème, à Montferrier, non de localisation mais d’interprétation : le Chemin du Bout du Gaïl, toujours attesté. Marc Seguin note que « malgré les nombreuses recherches effectuées (…), on ne peut, à l’heure actuelle, trouver une solution satisfaisante, qui expliquerait à la fois la formation du toponyme et en donnerait le sens » 13. Le compoix de Saint-Clément de 1554, encore, offre une fort intéressante occurrence au folio 730 où une pièce « confronte lou bosc de Gay » ; de plus, « une vigne al plan de rocque confronte de couchant en lou bous de gay » (folio 746). Dans le compoix de 1790, on relève 3 occurrences de Bois de Gaye (folios 48, 58, 86) qui « confronte de levant tendant vent droit le communal de Rouargues ». Plaine de Roque et Rouargues sont les noms de deux tènements cadastraux qui se sont maintenus à Saint-Clément, et les confronts précédemment cités permettent de localiser Le Bous (ou « Bois ») de Gay(e). De nos jours, la voie ainsi nommée a subi une restriction spatiale, ce chemin reliant La Devèze au Mas de l’Huile, sans se poursuivre en direction de la commune de Saint-Clément. Par le biais de la précédente, le mystère du sens (et de la composition) de l’odonyme Chemin du Bout du Gaïl se trouve éclairci, les documents (ou plus précisément leurs scripteurs) ayant tout simplement francisé la graphie qui rend compte de la prononciation occitane du nom de ce « bois », et renseigne sur le patronyme d’un ancien propriétaire.
Comme nous l’écrivait F. R. Hamlin, le 1er octobre 1998 : « C’est là l’un des aspects de la toponymie qui m’ont toujours particulièrement fasciné : pourquoi tel nom a-t-il été choisi (spontanément, le plus souvent) pour identifier tel lieu ? L’idéal de l’étymologie toponymique serait évidemment d’arriver à découvrir partout la réponse exacte à cette question. Mais il faut naturellement reconnaître, pratiquement, que cette réponse est perdue dans la nuit du passé ». La motivation du choix du nom du Chemin du Bout du Gaïl devenant transparente, sa morphologie et son étymologie le deviennent alors. Mais il est bien évident que les localisations effectuées (et ci-dessus présentées) ne permettent pas toujours d’élucider le mystère du « sens véritable » qui souvent se perd « dans la nuit du passé ».
Notes
1. Imprimerie Maury, 12012 Millau, édition de 1983. Abréviation = NLDH.
2. La zone 1 se Situe au nord du département, en bordure des Cévennes, et est constituée des communes de Ganges, Cazilhac, Agonès et Brissac, car nous avons souhaité, pour les 4 premières zones, effectuer nos enquêtes dans des communes de superficies fort variables (Agonès couvre 416 hectares, alors que Brissac en couvre 4413). La zone 3 est située à l’intérieur des terres, et est constituée des communes de Cabrières, Vailhan, Neffiès, Roujan. La zone 3, en bordure de mer Méditerranée, couvre les communes de Frontignan, Mireval, Vic-la-Gardiole et Villeneuve-lès-Maguelone. La zone 4, à l’est du département, est constituée des communes de Marsillargues, Lunel, Saint-Just et Lansargues. Après avoir commencé nos recherches microtoponymiques sur les communes ci-dessus énumérées, nous avons décidé d’ajouter comme 5e zone d’enquête la commune isolée de Saint-Clément-la-Rivière, située au cœur de la répartition géographique des 4 premières zones. Cette commune a été ajoutée à notre corpus en raison de présumées intéressantes répercussions que pourrait entraîner le fait qu’il s’agisse d’une commune « champignon » dont la population a doublé entre 1982 (2 100 habitants) et 1990 (4 243 habitants). Ces zones ont donc été définies en fonction de critères de situation géographique, de superficie et population. Les corpus microtoponymiques de ces communes ont été élaborés à partir des occurrences attestées dans les cadastres napoléoniens et révisés (puis remaniés pour Brissac et Lunel), et dans les compoix pour Agonès, Neffiès et Saint-Clément-de-Rivière. Ce corpus a ensuite été enrichi lors des enquêtes sur le terrain par les dénominations qui relèvent d’un usage non administratif, mais purement oral.
3. En dépôt aux Archives départementales de l’Hérault. Cote CC2 Les Matelles.
4. Cette occurrence est citée par F. R. Hamlin à l’entrée Les Abaus.
5. Lorsque nous retranscrivons les occurrences microtoponymiques relevées dans les compoix, nous restituons la graphie en respectant la présence ou absence de majuscule à l’intiale des noms de lieux.
6. Les termes pioch, puech, pech, (pié, pi), du latin podium, signifient « colline, mont, montagne » (Loïs Alibert, Dictionnaire occitan-français selon les parlers languedociens, p. 567).
7. A Neffiès, le cours d’eau La Vaillelle (forme administrative) est nommé La Bavèle (usage des autochtones), par exemple cf. L. Alibert, Dictionnaire occitan-français, p. 16.
8. J’ai pu moi-même constater encore la présence de blaireaux sur le versant voisin, en 1992.
9. En conséquence, les lignes 18 à 20 de la page 218 de notre thèse sont à supprimer, Avalsos ne pouvant représenter las vals, et la dénomination Combe de Rabaussés n’évoquant pas de manière « redondante », comme nous l’avons écrit, une « combe » et une « vallée ».
10. Carte IGN au 1/25 000e, n° 2743 Est, Montpellier.
11. De l’occitan sauce, du latin salicem, « saule ».
12. Le propriétaire est Noble Louis de Bousquet et de Puechjusty, et dans le manifeste de Michel Cambon, on peut lire qu’une vigne « confronte de levant Noble Louis de Bousquet et de Puejusty (…) de vend droict ledit puech Justy » ; le confront de vent droit renvoie à la localité, car s’il s’était agi du personnage, il eût été noté « ledit Sieur/Seigneur ».
13. Marc Seguin : Montferrier, lieux-dits, chemins, ruisseaux : origine et signification, Association Culture et Loisirs de Montferrier, décembre 1993, p. 21.
