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Description

Correspondance d’un couple de jardiniers agathois 1915-1918

La syntaxe et l’orthographe des auteurs des lettres ont été respectées dans la transcription des extraits.
Seuls des éléments de ponctuation (points et virgules) ont été parfois rajoutés

Avant de devenir dans la dernière partie du XXe siècle une des plus importantes stations balnéaires de France, la ville d’Agde, petite ville du littoral héraultais, dut sa prospérité à son port puis, comme dans toute la plaine languedocienne, à la monoculture de la vigne. Dans les années 1990, c’est de la décharge de cette commune, que Franck Bancal, passionné d’histoire et de documents anciens, a sauvé la correspondance que Marie et Paul Loubet, un couple de jeunes jardiniers, ont échangée pendant la Grande Guerre. Confié définitivement en 2007 aux archives municipales, ce lot a déjà contribué, grâce à quelques-uns de ses extraits, au succès de l’exposition « Agathois dans la Grande Guerre » présentée lors de la commémoration du Centenaire. Dès lors, ces lettres et cartes se sont avérées précieuses pour la connaissance de la vie des Héraultais pendant le conflit. Précieux, cet objet l’est à trois titres au moins. Paul, d’abord, raconte à Marie sa vie de soldat où s’enchaînent à un rythme accéléré, les classes dans les Pyrénées Orientales, une brève mais dense expérience combattante sur le front de l’Argonne et enfin plus de trois années de captivité en Allemagne. S’exprime aussi, du front intérieur languedocien, une voix féminine alors que souvent les lettres des épouses de soldats ont disparu. Enfin, la situation sociale du couple, des ouvriers qui venaient de s’installer comme jardiniers, que rien ne destinait à une longue relation uniquement épistolaire, parait quasi inédite dans les témoignages utilisés dans les études sur 1914-1918. Alors, sur le rôle du courrier, sur la vie militaire et civile en temps de Grande Guerre et enfin sur l’intimité d’un couple héraultais séparé, que peut nous apprendre cette correspondance ?

« … de tes nouvelles… » Les fonctions essentielles de la correspondance, objet-source.

Les courriers échangés pendant la Grande Guerre se comptent en milliards. Au moins cinq millions de couples français ont été alors séparés et l’historienne Clémentine Vidal-Naquet a souligné combien le pacte épistolaire s’est imposé comme le « premier geste d’accommodement à la guerre du couple séparé ». De fait, si le lot comprend environ trois cents missives, Paul et Marie en ont au moins échangé cinq cents du 17 février 1915 au 24 novembre 1918. Le jeune époux, dès le lendemain de son arrivée à la caserne, démarre une correspondance qui devient, sinon l’unique, du moins le lien le plus tangible avec sa famille, acquérant progressivement un statut puissant jusqu’à résister au temps et arriver jusqu’à nous. Ressource vitale pour supporter la très longue séparation, ces simples morceaux de papier deviennent aussi un véritable espace-temps pour chacun des époux. […]

Informations complémentaires

Année de publication

2015

Nombre de pages

15

Auteur(s)

Christine DELPOUS-DARNIGE, Virginie GASCON

Disponibilité

Produit téléchargeable au format pdf