Contribution à l’étude de la société piscénoise au XVIIIe siècle (1715-1789)

Avec l’Age du Fer, nous parvenons à la limite chronologique de cette étude ; il est présent à St Apolis et au Pinié, probablement même à la Caïrade où il pourrait indiquer la présence de tombes.

L’étude d’une société n’est jamais facile, et celle de PÉZENAS ne fait pas exception, car les travaux de recherche sont énormes. Certes les documents sont abondants et toujours bien classés en ce qui concerne les archives publiques. Mais dès qu’on aborde les archives privées, souvent non inventoriées, on ne peut guère compter glaner de renseignements intéressants qu’au hasard de véritables découvertes. Cependant pour PÉZENAS, le montant des dots relevé sur les Contrats de Mariage 1 , les cahiers de taille, de capitation 2 et les bilans de faillite des marchands 3 nous renseignent souvent avec éloquence sur l’évolution sociale de la ville. L’étude de ces documents, entreprise depuis bientôt sept ans, m’a permis de dégager quelques traits caractéristiques de la société piscénoise au XVIIIe siècle. Ces résultats sont consignés dans une série de 2 articles destinés à paraître dans ce bulletin. Le premier de ces articles a trait à l’étude des différents groupes sociaux et à leur évolution de 1715 à 1789. Encore s’agit-il surtout de l’évolution des fortunes. Un deuxième article sera consacré aux fondements de la richesse piscénoise (la terre et le négoce) et au style de vie piscénois au XVIIIe siècle. Cependant il n’est nullement question, dans ces articles, d’aborder à fond l’étude de la société piscénoise. En tout état de cause un tel travail ne pourrait être l’œuvre que d’une équipe d’historiens plutôt que celle d’un chercheur isolé.

La première difficulté que l’on rencontre concerne le choix des critères qui vont servir à définir les groupes sociaux. Ils peuvent être d’origine géographique, démographique, religieuse ou professionnelle. C’est sur ce dernier critère que nous nous sommes basés car les Registres du contrôle des notaires procurent généreusement pour PÉZENAS, à partir de 1731, des renseignements sur l’activité des futurs époux. En effet le pourcentage des professions exprimées sur les 3 340 contrats de mariages dépouillés s’établit ainsi :

Ancien marché Couvert (place de la République)
Ancien marché Couvert (place de la République) XVIe s. - démoli en 1884. (Photo J. BONNAFOUS)

Aussi a-t-il été possible d’établir six groupes sociaux caractéristiques de la société de PÉZENAS au XVIIIe siècle :

  • Travailleurs, brassiers et journaliers ;
  • Jardiniers et Maîtres jardiniers ;
  • Ménagers ;
  • Artisans et boutiquiers ;
  • Marchands et Négociants ;
  • Nobles et notables.

Les travailleurs de terre

L’évolution de ce groupe social est assez difficile à saisir. Brassiers, journaliers travailleurs sont assez nombreux à PÉZENAS jusqu’en 1745, leur nombre diminue ensuite dans des proportions considérables. En 1740 leurs contrats représentent 38 % des contrats contrôlés alors qu’en 1786-87 ils ne représentent plus que 16 %. Cette baisse continue à partir du milieu du siècle concorde avec les témoignages de l’époque. De ce fait les travailleurs de terre se font plus exigeants quant aux salaires et aux conditions de travail. Déjà en 1753, François MAZEL doit faire appel à des travailleurs de la région de Lodève qui demandent un salaire inférieur à celui réclamé par les travailleurs de Pézenas 4. Il ajoute d’ailleurs que « ces gens-là qui sont fort souples le premier jour se gâtent peu à peu, que le vin et le pain constituent le principal de leurs dépenses, qu’il faut leur donner le moins de vin que l’on peut, les nourrir médiocrement et les mener rondement pour qu’ils fassent bien leur devoir ….. ». Deux ans plus tard le même MAZEL fait appel à des travailleurs de Lézignan « pour faire les lairans et vanastons….. » 5 parce qu’ils se contentent de 18 sols par jour alors que ceux de Pézenas réclament 1 livre 6 sols. Enfin, dans un mémoire daté de 1773 6 le subdélégué COULOMB se plaint du manque de « travailleurs de terre ou journaliers surtout dans les communautés de la plaine et plus particulièrement à PÉZENAS ». Mais l’essentiel serait de savoir quelle fut la situation matérielle des travailleurs de PÉZENAS au XVIIIe siècle ?

En se basant sur les contrats de mariage on constate une augmentation des dots fournies. Pour la période qui va de 1716 à 1720 la moyenne générale des contrats contrôlés est de l’ordre de 180 livres. Cette moyenne s’élève ensuite aux environs de 300 livres pour les années 1740-1745 pour atteindre 544 livres à la fin de l’Ancien Régime. Cependant ces sommes sont la plupart du temps représentées par des « draps de toille » des vêtements et de la mauvaise vaisselle. La bonne monnaie de cours, sonnante et trébuchante, constitue rarement l’essentiel de la valeur de la dot. L’étude des documents fiscaux ne nous a guère donné plus de satisfaction quant à l’augmentation du niveau de vie des travailleurs. Les sommes payées par ces derniers restent à peu près constantes du début à la fin du siècle. Alors, dans ce cas, seule une étude des salaires et du coût de la vie pourrait nous donner une idée de la situation matérielle des petites gens.

Concernant le salaire des ouvriers à Pézenas nous savons seulement qu’il passe de 18 sols par jour en 1753 à 1 livre 6 sols en 1770 et à 2 livres en 1789. 7

Or, tout au long du siècle, le coût de la vie a augmenté dans des proportions considérables pour certaines denrées souvent essentielles durant la période qui va de 1744 à 1757 la livre de pain blanc poids de 12 onces est passée de 1 sol 6 deniers à 2 sols – celle du pain bis du poids de 16 onces est passée de 1 sol 5 deniers à 1 livre 11 sols. La livre de morue salée a augmenté de 7 sols, la douzaine d’œufs de 3 sols, ainsi que la livre de beurre. 8 Dans ces conditions là on peut se demander comment une famille de travailleurs pouvait vivre avec 18 sols par jour ?

La gêne que ressentent les travailleurs, les journaliers et les ouvriers des manufactures pour qui « le pain exige à lui seul 88 % du salaire » 9 apparaît avec vigueur à la lecture de certains contrats. Ce sentiment de gêne se transforme parfois en désespoir. C’est le cas pour Jeanne CAVAILLER et Laurent BELLIÈRE, journalier, pour Marie LENFANT et Étienne CARRIÈRE, garçon travailleur, qui au moment de leur mariage en 1789 déclarent « ne rien posséder et être démunis de toute ressource ».

Les jardiniers

Bien qu’appartenant au secteur agricole les jardiniers de Pézenas forment une communauté à part qui n’a cessé de s’enrichir et de se développer au cours du XVIIIe siècle. Au siècle précédent la superficie des jardins de Pézenas, établis sur les terres limoneuses des bords de La Peyne et de l’Hérault, était réduite. (65 ares en 1715). Ce chiffre n’a cessé d’augmenter au cours du XVIIe pour atteindre sa plus grande extension vers 1750 avec 97 hectares 25 ares répartis en 72 jardins. D’ailleurs vers 1770 les maîtres jardiniers de Pézenas représentaient 1/10e de la population de la ville. 10 Cette catégorie sociale n’a cessé de s’enrichir tout au long du siècle comme en témoigne le tableau ci-contre, concernant la valeur des dots

Cet enrichissement s’explique avant tout par le développement des cultures maraichères. Pézenas, renommé pour ses melons, produisait également en abondance fruits et légumes dont les 9/10e étaient expédiés sur les villes et villages voisins. Quelques contrats de mariage sont significatifs de cet enrichissement. Certes les sommes versées peuvent paraitre modestes mais si l’on ajoute que dans 70 % des cas les 2/3 de ces sommes étaient versées en écus d’or on conviendra de l’aisance des maîtres jardiniers de Pézenas.

C’est ainsi que le 18 janvier 1750 Gabrielle BOUDET, fille de Henry BOUDET et de Marie RIQUET, apporta 325 livres à Jean MAZAS, également maître-jardinier « à scavoir 200 livres en écus d’or et autre bonne espèce de cours, réellement payées et versées au sieur dit MAZAS et 100 livres payables après le décès du sieur dit BOUDET » plus, « une garde-robe bois blanc avec ses clefs et fermetures, trois linsuls toille de maon, six serviettes aussy toille de maon, une bague d’or à sept pierres laquelle avec les sus dits effets ont été estimés et esvallués entre parties à la somme de vingt-cinq livres….. ».

Dans les dernières années de l’Ancien Régime il ne sera pas rare de relever des contrats de l’ordre de 1 000, 1 500 et 2 000 livres, fournis par les fils et les filles des maîtres jardiniers, tels Mathieu BOUSQUET et Marie MAURI qui en 1789 apportent chacun 1 000 livres, ou Guillaume TRIADOU qui la même année ajoute 1 200 livres à la dot de 935 livres fournie par sa future Louise BRIBES.

Les ménagers 11

Ils forment à Pézenas un groupe social assez restreint qui a connu jusqu’en 1780 un enrichissement certain. Comme l’indique le tableau ci dessous le nombre de contrats de mariage qu’ils ont établis n’a guère augmenté au cours du siècle. Par contre la valeur des dots des gens de ce milieu a doublé, triplé et même quintuplé à partir de 1750.

Travaillant souvent pour leur propre compte et vendant à leur seul profit une grande partie des récoltes, les ménagers ont plus facilement bénéficié de la hausse des prix qui est constante de 1740 à 1775.

Tableau des contrats de mariage

Cruche signée et datée “François MATHIEU, 1764
Cruche signée et datée “François MATHIEU, 1764” Collections du musée.
(Photo, J. BONNAFOUS)
Enseigne du maréchal-ferrant XVIIIe s
Enseigne du maréchal-ferrant XVIIIe s. (rue Maréchal de Plantavit).
(Photo, J. BONNAFOUS)

La plupart des contrats de mariage, les documents fiscaux et les testaments de ce groupe social attestent une certaine aisance. C’est le cas pour Guillaume SORRE, Pierre PEYRE, Antoine BEULAC qui voient, grâce à l’augmentation de leurs revenus, leurs impôts doubler en 10 ans. C’est encore le cas de Gabriel. MATHIEU qui nous révèle, lors de la rédaction de son testament 12 le 6 mai 1760, l’importance de sa propriété. Il légua à sa femme et à ses enfants deux maisons, une maison et une remise, rue Conti et 36 sétérées (9 hectares) de terre à blé et vigne « scize à PÉZENAS au tènement des Rondettes » plus une olivette de 7 sétérées « scize à TOURBES ».

Cependant à partir de 1775 – 80 les revenus de cette catégorie sociale ont pris du retard sur les prix. En effet dans les dernières années de l’Ancien Régime les dots apportées par les fils et les filles des ménagers baissent considérablement en valeur par rapport à la période précédente.

Cette baisse du revenu des ménagers s’explique en grande partie par la brusque variation des prix qui commence aux alentours de 1772 et par la fluctuation des productions agricoles. M. LABROUSSE a montré qu’il y eut, dans les dernières années de l’Ancien Régime, une régression du revenu agricole surtout pour le vigneron parcellaire pour qui la manœuvre du stock devenait impossible 13. Les prix du blé, de l’huile et vin 14 varient dans des proportions considérables et prennent toujours du retard sur l’augmentation du niveau de vie. Une chose est certaine, c’est à partir de 1772 le temps des difficultés paysannes est déjà bien commencé. Le marasme agricole qui devait conduire tout droit à la Révolution prend naissance à cette époque. Les ménagers de PÉZENAS n’échappent pas au cycle infernal de la mévente et des mauvaises conditions générales.

Les artisans et les boutiquiers

Très nombreux à Pézenas ils forment un ensemble qui a peu varié au cours du siècle. En 1775 la ville comptait 21 corps de métier 15 dont les plus importants étaient celui des boulangers 16, celui des cordonniers, de St Eloy et des charretiers. Certes il existait une différence de fortune entre les maitres artisans et leurs garçons et compagnons mais il n’a pas paru nécessaire de dissocier l’étude de leur évolution.

En répartissant les dots par périodes décennales on remarque que leur valeur augmente régulièrement à partir de 1740.

Cependant ces contrats dépassent rarement 2 500 livres ce qui donne l’impression d’une classe sociale qui se replie un peu sur elle même.

Certes il existe des familles d’artisans qui peuvent se permettre le luxe coûteux d’offrir à leurs enfants des dots supérieures à 2 500 livres tel ce Jean PRIN, maitre serrurier et Margueritte VIALA qui se constituent une dot de 6 800 livres, ou ce Joseph SERVEILLE, boulanger, qui la même année se constitue 4 500 livres de dot à laquelle il convient d’ajouter 2 400 livres apportées par sa future Marie FRANC 17. Mais ces dots élevées sont rares. Elles sont constituées par certaines familles qui du fait de leurs activités professionnelles importantes ont déjà dépassé le cadre de leur catégorie sociale. Les PHALIP, PRIN, BOUSQUET, SALES et CAZILHAC ne sont plus de simples boulangers, tapissiers ou menuisiers comme l’étaient leurs parents au début du siècle. Leur « boutique » artisanale a pris une ampleur non négligeable. Leur activité ne dessert plus seulement les besoins locaux et la cité proprement dite mais elle rayonne sur toute la région.

Les artisans et les commerçants ont profité largement de la hausse des prix. Tous ont vu leurs revenus augmenter et certains parfois dans des proportions considérables. Ils ont été aidés, surtout dans la deuxième moitié du siècle, par une clientèle rurale qui se déplace de plus en plus car Pézenas était entouré d’une « multitude de villages ce qui était d’une grande commodité pour ses habitants » 18.

Les marchands et les négociants

Cette catégorie sociale, tout en restant soumise aux effets des crises économiques, n’a cessé de s’enrichir au cours du XVIIIe siècle. Le tableau ci dessous nous permet de constater cet enrichissement. Les petites dots inférieures à 2 500 livres diminuent progressivement. Par contre les dots supérieures à 10 000 livres augmentent de même.

Tableau des dots reçues par les marchands et négociants

Cependant il apparaît que l’ensemble des marchands n’a pas profité au même degré de la hausse des prix. Certains ont réussi à maintenir leur niveau de fortune qui était parfois élevé. C’est ainsi que Joseph FABRE, négociant, reçoit le 10 janvier 1785 une dot de 68 000 livres 19 que lui apporte Marguerite GONTIER, fille de Pierre GONTIER, négociant. Quelques vingt ans plus tôt, le 4 février 1765, Pierre GONTIER et Marie-Rose GAUJAL avaient reçu 58 000 livres. 20

D’autres au contraire ont réussi à accumuler une très grosse fortune en quelque trente ans. C’est le cas de Joseph MALHERIOU qui lors de son mariage avec Jeanne BOUISSET le 17 juin 1783, se constitue une dot de 30 000 livres tandis que sa future apporte 50 000 livres 21. C’est également le cas pour la famille MAZEL.

Leudaire de la Ville et Comté de Pézenas
Leudaire de la Ville et Comté de Pézenas Copie XVIIIe s. (A.D.H. C 1.802) avec aimable autorisation de M. le Directeur des Archives Départementales de l'Hérault. (Photo, J. BONNAFOUS)
Mémoire sur la foire de la Pentecôte à Pézenas - 1745
Mémoire sur la foire de la Pentecôte à Pézenas - 1745. (A.D.H. C.2338) avec l'aimable autorisation de M. le Directeur des Archives Départementales de l'Hérault. (Photo, J. BONNAFOUS)

En 1727 François MAZEL et Marguerite VALAT n’ont pu réunir comme dot que l’équivalent de 8 000 livres. 22 Quelques vingt trois ans plus tard, lors du mariage de leur fils aîné François avec Catherine PASCAL, le 7 avril 1750, le même MAZEL constitue une dot de 50 000 livres « à scavoir 20 000 liv. en argent et bonne monnaie de cours, 17 000 liv. constituées par la métairie de St Jean de Bébian, par deux maisons situées dans l’Enclos et par deux maisons sizes rue Conti, plus 13 669 livres de dettes dues à MAZEL dont 3 670 liv. contractées par la communauté d’AGDE, 9 000 liv. contractées par les demoiselles LEMOINE seigneuresses de MARGON et 999 liv. contractées par le président de NUPES, plus la charge de lieutenant criminel du Roy en la Châtellenie de PÉZENAS », achetée en 1743 à Me Pierre SALES, avocat. 23 De son côté la future épouse Catherine PASCAL apportait 24 000 livres « en bonne espèce de cours ». Ainsi à partir de 1750 la famille MAZEL a largement dépassé le cadre de sa condition première.

Mais plus encore que les contrats de mariage et les cahiers de taille, les bilans établis lors des faillites de certains marchands font apparaître avec plus de force le rayonnement et l’importance des négociants piscénois. Les bilans de faillite que nous avons pu consulter ne sont pas très nombreux. De 1730 à 1792 nous avons pu en relever 43. 24

Certaines faillites, que nous serions tentés d’appeler mineures, s’expliquent surtout par l’incompétence de certaines personnes à faire du commerce. Pour toute la période nous en avons relevé une vingtaine dont le passif varie entre 2 000 et 7 000 livres pour un passif allant de 1 000 à 5 000 livres. C’est le cas par exemple de Gabriel BOUSSY, hôtelier, qui le 29 Décembre 1757 dépose son bilan avec un passif de 2 051 liv. 15 sols. Or sur cette somme BOUSSY devait 1 090 liv. aux sieurs ESTÈVE et ROUBIN de SÈTE qui lui avaient extorqué une lettre de change de 1 660 liv. 15 sols. BOUSSY avait remboursé 470 liv. mais ne pouvait pas payer le reste. Et le rapport de conclure : « BOUSSY est un pauvre idiot et peu s’en faut qu’il soit illétré, aussy fut il facile aux Sr ESTEVE et ROUBIN de luy faire faire la lettre de change et c’est par ces forfaits que ROUSSY est pour le présent totalement ruiné et hors d’état de satisfaire au payement de ses dettes. »

Cependant les autres bilans de faillite sont particulièrement éloquents et significatifs quant au dynamisme et à l’activité des négociants piscénois.

Entre 1760 et 1768 cinq bilans de faillite ont un passif inférieur à 30 000 livres. C’est le cas pour Claude LUGAIGNE, marchand de fer, avec 36 431 liv. 15 s. 11 d. ; pour Philippe CANONGE avec 45 016 liv. 13 s. 4 d. ; et pour BOYER-BEZOMBES avec 73 601 liv. 11 s. 1 d. Ces faillites sont dues pour la plus part à une régression économique. C’est ainsi que BOYER-BEZOMBES déclare que « la dureté des temps ayant presque fait tomber le commerce et encore nostre détail nous avions cru y suppléer par un autre non moins pénible dans lequel malgré nostre vigilence et toute nostre attention nous n’avons pu nous défendre à des pertes réelles et considérables. »

Ensuite, entre 1769 et 1774, 12 faillites accusent des passifs qui varient entre 20 000 et 60 000 livres. Certains, comme Philippe GONTIER ou Jean COULARD, parlent de pertes considérables à cause « des arencades 25 et morues et de la soie ». D’autres, comme Antoine ROUZIERE, accusent des malheurs personnels. « Les pertes que j’ai essuyé de la part de mes enfants, les maladies considérables de certains de mes dits enfants et le défaut de recouvrement de mes dettes actives sont la seule cause de mon dérangement. »

Enfin c’est de 1775 à 1781 que nous rencontrons les faillites les plus importantes un passif de 47 986 l. 10 s. pour Jean GENEL marchand confiseur d’origine suisse, 52 583 l. 11 s. 10 d. pour Antoine ROUZIERE, qui entre temps avait rétabli sa situation, 120 000 l. pour Jacques FABRE et Antoine ROUMIGUIER, négociants en toileries. Mais la faillite la plus retentissante est celle de Joseph CONSTANS aîné, négociant en « toilleries et indiennes » qui, le 18 juin 1778, dépose un bilan dont le passif s’élève à 248 837 livres pour un actif de 115 364 l. 7s. 6 d.

Ces chiffres sont à la mesure du développement du commerce piscénois et il ne faut pas s’en étonner. Nous aurons l’occasion de revenir sur le rayonnement des marchands et négociants piscénois qui sont en relation, à partir de 1750, avec les grandes places commerciales françaises et étrangères. Joseph CONSTANS aîné explique son « dérrangement actuel » par les pertes subies sur les marchandises expédiées à l’étranger et aussi par l’acquisition malencontreuses de terres qu’il a faite à LÉZIGNAN-la-CÈBE sur les bords de l’Hérault et au sieur BABOT. « Les irruptions de la dite rivière ayant été si fortes j’y ai abandonné la culture ………sans pouvoir fixer précisément s’il me reste cap et motte ».

Mais, à travers ces bilans de faillite, ce qui nous prouve la vitalité et l’exubérance des marchands piscénois, c’est la façon dont certains, après avoir fait faillite, se remettent à l’oeuvre et reconstituent une fortune que parfois ils dilapident quelques années plus tard. Et les exemples ne sont pas rares. C’est ainsi que le 4 décembre 1754 Jean TOULOUZE, marchand droguiste, fait faillite et accuse un passif de 15 109 l. 14 s. 10 d, pour un actif de 9 592 I. Or nous le retrouvons quelques années plus tard à la tête d’une affaire florissante puisqu’il paie en 1768, 66 livres de taille (comme en 1752). A sa mort son fils aîné Pierre prend sa succession puis le 12 avril 1774 dépose son bilan qui accuse un passif de 18 301 l. 2 s. 9 d. pour un actif de 6 033 l. 2 s. 3 d. C’est aussi le cas pour Michel G. BASTIDE, également marchand droguiste, qui, en 4 ans, fait deux fois faillite. Mais le cas le plus intéressant et le plus significatif parait être celui de Claude LUGAIGNE, marchand quincailler. Ce dernier fait faillite le 6 février 1760 et accuse un passif de 36 431 l. 15 s. 11 d. pour un actif de 24 947 l. 10 s. 6 d. Il recommence à travailler et 8 ans plus tard il a reconstitué sa fortune. Les cahiers de taille l’attestent puisqu’en 1768 il paie 76 l. 13 s. Claude LUGAIGNE se lance ensuite dans le commerce du fer. Il y réussit parfaitement et double sa fortune en 7 ans. En 1786 il paie 185 l. 13 s. de taille et se trouve être presque l’égal de négociants importants comme GAUJAL, BONNAFFÉ ou CASTAN.

Ainsi tout au long du XVIIIe siècle et plus particulièrement à partir de 1750, cette classe sociale a vu ses revenus augmenter non pas d’une façon spectaculaire mais lentement et sûrement. L’augmentation continue des sommes versées pour la taille témoigne de cet enrichissement.

Évolution de la taille chez quelques marchands et négociants

Façade de l’Hôtel l’Épine (rue Victor Hugo)
Façade de l’Hôtel l’Épine (rue Victor Hugo) milieu XVIIIe siècle. (Photo, M. Huygues)

Ainsi la vitalité des marchands piscénois est importante à la fin de l’Ancien Régime et certaines fortunes, qui contiennent en elles les germes d’une dynastie de l’argent, s’ébauchent à cette époque-là (MAZEL, REBOUL, GAUJAL).

La noblesse et les notables

L’étude de cette partie de la société piscénoise est très difficile à faire dans la mesure où les contrats et les documents fiscaux sont rares. La noblesse piscénoise a peu varié au cours du siècle. Ses membres représentaient environ 15 % de l’ensemble urbain. Tous les documents consultés prouvent que cette classe sociale s’est également enrichie au cours du XVIIIe siècle, mais d’une façon inégale. A la fin de l’Ancien Régime les nobles sont plus nombreux à recevoir des dots comprises entre 10 000 et 50 000 livres qu’au début du siècle.

Dots reçues par la noblesse

Cependant le maintien de la fortune acquise ou l’enrichissement n’est pas général dans toutes les familles et certaines semblent éprouver, à la fin de l’Ancien Régime, des difficultés financières. Il est difficile de dire si la famille de GRAVES est encore capable de constituer une dot de 80 000 livres comme celle que Marie-Magdeleine de GRAVES de St MARTIN avait apporté le 11 avril 1764 26 à Charles-Philibert de LACOUR de LA GARDIOLE, ou bien si les CARION-NISAS peuvent encore donner à leurs filles une dot comparable à celle qu’Élisabeth de CARION-NISAS avait apporté le 23 août 1756 27 à VISSEQ de LATUDE, marquis de FONTES ? On peut en douter surtout si l’on tient compte des difficultés financières ou autres que ces familles connaissaient à cette époque là.

Par contre, d’autres paraissent très à l’aise tout au long du siècle. Une fortune très assurée semble être celle des St JULLIEN. En effet le sire de St JULLIEN fournit à ses trois filles qu’il marie la même année (1783) une dot de 40 000 livres à chacune d’elles. La première, Gabrielle, épouse le 17 juin Louis-François de BEDOS, seigneur de CELLES et les deux autres, Marie-Constance et Antoinette, épousent le même jour 29 juillet, François-Vincent BARRES, médecin à PÉZENAS et Joseph QUINTIN, chevalier de St. Louis.

Une autre fortune solide est celle des de LERCARE de CALMES, seigneurs de MALEVIEILLE, de LERCARE et autres lieux et habitants PÉZENAS. Lors de son mariage, Rose Marie Jacquette de LERCARE apporta à son époux, Étienne François Gabriel de GRANDSAIGNES d’HAUTERIVE, Lieutenant en premier au Régiment de VERMANDOIS, la coquette dot de 246 000 livres 28 100 000 livres avaient été payées « en Louis d’or, écus et autre bonne monnaye de cours et de mise » et 146 000 livres en biens et immeubles « présents et à venir ».

L’enrichissement de certaines familles nobles s’explique par le seul fait qu’à partir de 1750, l’aristocratie urbaine des grands propriétaires fonciers gagne en influence et en fortune en raison de l’augmentation de leurs revenus agricoles.

Hôtel de Carrion de Nizas (rue de la Foire)
Hôtel de Carrion de Nizas (rue de la Foire) (Photo, M. Huygues)

Les sommes relevées sur les cahiers de taille le confirment également. Certains comme les de VAYRAC, d’ASTANIERE de VESSAS, de GRASSET, de MARIMONS, voient leurs revenus augmenter d’un tiers de 1768 à 1788. D’autres comme les de PASTRE, de JUVENEL de CARLENCAS à Montpezat, de BOUDOUL à Roquelemas et de St JULLIEN voient leurs revenus doubler durant la même période. Cependant cet enrichissement n’est jamais aussi dynamique et agressif que celui de certains négociants parce qu’il repose avant tout sur des revenus, toujours incertains, et sur des circonstances imposées parfois par les caprices de la vie de société. Tout au long du siècle certaines familles nobles connaissent des difficultés financières qui parfois se dissipent quelques années plus tard pour réapparaître ensuite. C’est le cas des seigneuresses de MARGON, du Président de NUPES et du Marquis Félix de GRAVES de St MARTIN, capitaine de Vaisseau, qui ne cessent d’emprunter entre 1770 et 1780 des sommes de plus en plus importantes à François MAZEL. 29

Mais c’est peut-être la famille de CARION-NISAS qui, tout au long du XVIIIe siècle a connu la plus grande fluctuation financière. Fixés d’abord à BÉZIERS en 1094 les CAR ION d’ESPAGNE devaient ensuite s’établir définitivement à NISAS puis PÉZENAS où ils vécurent dans l’intimité de la cité. Au départ les revenus de cette famille sont loin d’être importants. Ce n’est qu’avec Henri de CARION-NISAS (1660-1754), fils de François et d’Antoinette de ROMIEU, que la fortune foncière et l’influence de cette famille furent établies. En effet, le 20 Janvier 1712, Henri épousait une riche héritière Anne Gabrielle de MURVIEL qui apportait en dot les baronnies de MURVIEL, de ROQUESSELS, les seigneuries de SOUMASTRE, de VEYRAN de COUSAN, de GUERS, d’AUMES et de CASOULS. Henri devenait ainsi baron des ÉTATS du LANGUEDOC, puis baron des ÉTATS de l’ALBIGEOIS lorsque sa femme, héritière de la Vicomté de PAULIN dans le Tarn, en prit possession le 16 Mars 1733. (1) Entre temps Henri de CARION-NISAS était devenu un personnage important : Chevalier de l’ordre de St Louis, Lieutenant Général des Armées du Roi et Commandant « pour sa Majesté et pour le Duc de MANTOUE dans le MONTFERRAT ». 30

Arbre généalogique des carion-nisas au XVIIIe siècle

La fortune et les revenus d’Henri de CARION étaient considérables, et sa mort survenue le 19 novembre 1754 (il avait 94 ans) ouvrit une succession qui nous permet de mesurer, en partie seulement, la richesse de cette famille. L’aîné, Henry-François, devenait Marquis de MURVIEL et recevait l’héritage piscénois et languedocien. L’estimation de ces biens n’a pas été faite. Le cadet, Henri-Guillaume, recevait le vicomté de Paulin dont les immeubles seulement étaient évalués à 557 250 livres. De plus le défunt laissait en numéraire « une fortune considérable » que l’acte de partage ne révèle malheureusement pas, mais dont on peut se faire une petite idée en considérant les achats de domaines importants que fit le même Henry-Guillaume après la mort de son père.

En effet, le 13 Juin 1755 il achetait pour le prix de 60 000 livres tout ce que Madeleine Rose de LAURIOL, épouse de Pierre de MAZERAN, possédait dans la seigneurie de LÉZIGNAN la CÈBE. Trois ans plus tard, nouvel achat de 20 000 livres. II s’agissait de la terre de LAVAL, située sur le territoire de TOURBES-PÉZENAS et qui appartenait à Gabrielle de MAUSSAC, veuve de Louis de GRAVES de St MARTIN. Enfin, le 25 août 1759 il achetait pour le prix de 8 000 livres le domaine de TOURBES, propriété VERTE, CAMPLONG et CORNILHAC à Jean DARDE pour la somme de 40 000 livres. Henri-Guillaume de CARION-NIZAS épousa le 23 décembre 1765 Victoire-Émerentienne de LACROIX de CANDILLARGUES qui lui donna trois enfants : Marie-Henri, Roch, Lambert et Honorée Louise. II mourut brusquement le 12 août 1770.

Son frère Henry, baron de MURVIEL, n’ayant pas eu d’enfants de son managé avec Dame de CRUSSOLS d’UZÈS, institua à sa mort, le 13 septembre 1779, son neveu Roch-Lambert comme unique héritier. Cependant dès cette date, Marie ROUANET, maitresse du défunt marquis, intenta au jeune vicomte de PAULIN un procès long et couteux qui entama sérieusement la solide fortune des Carion-Nisas. Il serait fastidieux de s’étendre ici sur ce procès, mais disons seulement pour mémoire que dans son premier testament de 1772 le Marquis de MURVIEL avait légué la quasi totalité de sa fortune au fils illégitime que lui avait donné Marie ROUANET. Se ravisant ensuite, le marquis fit un second testament en 1779 qui était absolument l’inverse du premier, puisque son neveu Roch-Lambert devenait son unique héritier. C’est sur le procès de ce double testament qu’allait s’engager la lutte qui au bout de dix ans tourna à l’avantage du Vicomte de PAULIN.

Ainsi dans les dernières années de l’Ancien Régime les terres, rentes et titres de l’ancien Lieutenant général des armées du roi étaient-ils réunis entre les mains de son petit-fils. Seules les disponibilités financières étaient loin d’être aussi brillantes qu’en 1754. Quoiqu’il en soit, l’analyse des dots reçues par les membres de la noblesse, l’appauvrissement incontestable de certaines familles laissent à penser que ce groupe social se replie un peu sur lui-même, au moment où certains, forts d’une fortune issue des profits du commerce, se hissent au rang de notables dont ils seront les représentants dès les premières années de la Révolution. Cette noblesse piscénoise semble être prise de vitesse par les marchands et négociants, dont quelques uns sont déjà prêts à assurer la relève (GAUJAL, L’ÉPINE, GONTIER, MAZEL).

Mais c’est peut-être la famille MAZEL qui, à plus d’un titre, illustre cette interpénétration des différentes classes sociales à Pézenas dans la seconde moitié du XVIIIe siècle. Nantie depuis 1743 de la charge de Lieutenant Criminel du Roy en la Chatellenie de PÉZENAS, maîtresse du relais de poste conduisant à BÉZIERS (La Bégude de JORDY), possédant enfin une solide fortune, elle est, à partir de 1750, partout présente à côté des nobles dans la vie économique, sociale et spirituelle de Pézenas. Elle domine la vie économique de la ville d’abord à cause de ses possessions : un moulin à huile « sur les bords de Peyne » et une grande métairie à St Jean de BEBIAN, sans cesse agrandie au cours du siècle. 31 Mais plus encore cette domination est à mettre en liaison avec les prêts d’argent consentis par les MAZEL aux négociants en difficulté ou aux nobles désargentés. Nous ne saurions énumérer ici tous ses débiteurs tant à Pézenas qu’à l’extérieur mais ils étaient nombreux. 32

Cette famille a de ce fait une place de choix dans la société piscénoise. La charge de Lieutenant criminel du Roi fait de François MAZEL un des premiers personnages de la cité, tandis que son Hôtel particulier, situé Place de Faugère, n’a rien à envier aux autres hôtels particuliers de la ville. On y menait douce vie et les joueurs de violons et les maîtres à danser le fréquentaient souvent. Enfin cette famille est également présente dans la vie spirituelle et religieuse de la cité. François MAZEL est conseiller du Bureau de l’Hôpital St Jacques aux côtés de l’Évêque d’AGDE et des grands noms de PÉZENAS. 33 D’autre part la famille MAZEL avait un banc en l’Église Collégiale de PÉZENAS qui Lui fut octroyé le 22 mai 1727. A partir de 1760 ce banc, situé en retrait près de la petite porte d’entrée, n’était plus proportionné à l’état de fortune de cette famille. C’est pourquoi en 1765 François MAZEL « supplie humblement le vénérable chapitre de St Jean de lui concéder une place dans la dite église pour un banc de famille dans un emplacement séant et proportionné à son état et office ……… » 34. Satisfaction lui fut donnée trois ans plus tard le 10 février 1768. Ce petit fait sans importance dénote cependant l’état d’esprit d’une famille qui s’est élevée au rang de notable dans la seconde moitié du XVIIIe siècle.

Ce sondage rapide a permis de mesurer l’évolution des différentes catégories sociales à PÉZENAS au cours des soixante dernières années de l’Ancien Régime. Tous les milieux ont vu leurs revenus augmenter dans des proportions plus ou moins grandes. Mais de cet enrichissement, les documents consultés ne nous ont jamais donné qu’une image incomplète. Non seulement ils n’apportent des éléments que pour l’étude des fortunes individuelles mais encore ils n’en relèvent qu’un aspect. Laissant dans l’ombre les biens immobiliers, ils ne dévoilent que les disponibilités des familles, avant tout l’argent. Et ces recherches ne nous renseignent en définitive que sur les fortunes privées, ignorent naturellement la richesse des sociétés et celle des ecclésiastiques. Mais elles restent malgré tout comme le meilleur instrument pour prendre des vues sur la société piscénoise de 1715 à 1789. Il reste maintenant à considérer les fondements de cet enrichissement. Ce sera l’objet d’un prochain article.

Le Quay (act. Cours J. Jaurès) promenade surélevée, aménagée en 1627
Le Quay (act. Cours J. Jaurès) promenade surélevée, aménagée en 1627, démolie en 1884. (Photo J. BONNAFOUS) “Sur ce quay, quand l'Assemblée des États se tient à Pézenas, on voit se promener ce qu'il y a de plus beau dans la Province” (Le Mercure Galant - février 1702)

Notes

  1 Registres du contrôle des actes des notaires : Archives Départementales de l’Hérault (A.D.H.), série IV, c, minutes des notaires, série II, E.

  2 Cahiers de taille et de capitation Archives Municipales de Pézenas (A.M.P.).

  3 Fonds de la juridiction consulaire, Nos 71, 77, 79, 83, 93, 231, 234 (A.D.H.).

  4 Livre de comptes de François MAZEL : Archives privées du Comte O. de Cassagne, Domaine de la Jourdane, 34. VIAS.

  5 Lairans ou semal : comportes – Vanaston : porteur.

  6 A.D.H., C, 2833 : mémoires du subdélégué Coulomb sur les moyens d’améliorer l’agriculture dans les diocèses de Montpellier, Agde, etc.

  7 Archives privées du Comte O. de Cassagne.

  8 A.M.P., armoire D, Layètes 5, 6, 10, 11.

  9 E. LABROUSSE, la crise de l’économie française à la fin de l’Ancien Régime et au début de la Révolution, 1, p. 605.

  10 Mémoire de M. MAFFRE, cité par le Chanoine DELOUVRIER, Histoire de Pézenas.

  11 Terme qui sous l’Ancien Régime désignait les propriétaires de terres non dépourvues de quelque aisance.

  12 MÈRIGEAUX, Notaire.

  13 E. LABROUSSE, op. cit., p. 553.

  14 A.M. Béziers : Registre des prix de 1672 à 1772 et de 1773 à 1789, pour l’huile et le vin.

  15 A.M.P. : armoire D, lahète 10.

  16 En 1776, le corps des boulangers comprenait 15 maîtres-boulangers et 20 garçons.

  17 A.D.H., minutes des notaires FABREDECURET et ANNEQUIN, Série II, E.

  18 F. RESSEGUIER, Notes sur Pézenas.

  19 AURIAS, Notaire.

  20 FABREDECURET, Notaire.

  21 AURIAS, Notaire.

  22 Étude de Me CAILHO.

  23 Liasse non inventoriée : archives du Comte de Cassagne.

  24 Fonds de la juridiction consulaire de Montpellier, Série 8 B, 71, 77, 79, 83, 93, 231, 234. Bilans obligeamment communiqués par M. Louis Dermigny.

  25 Harengs séchés et salés.

  26 ANNEQUIN, Notaire.

  27 PRADIER : Notaire : dot de 58 000 livres.

  28 AURIAS : 28 septembre 1778. A.D.H. série II, 68, 120.

  29 Liasses non inventoriées archives du Comte de Cassagne.

  30 Revue historique du Tarn, XXVI, 1909, 460-517.

  31 Métairie de Saint-Jean de Bébian, achetée le 5 mai 1738 au sieur Andraud : Archives du comte de Cassagne.

  32 Archives du Comte de Cassagne.

  33 Composition du bureau de ‘Hôpital Saint-Jacques pour l’année 1759-1760 Mgr. l’évêque d’Agde président, plus, douze conseillers de LERCADE de CALMES, de GRAVES, de LASSERRE-VILLEMARIN, MAZEL, G0NTIER, GAUJAL, MERIGEAUX, BARREAU médecin, DEVIC, DUPRED, ANDRÉ avocat, GUILLEN. (Archives du Comte de Cassagne).

  34 Lettre non inventoriée Archives du Comte de Cassagne.