Blason de Pézenas et de sa Région (II)
(Escaïs, istorietas, adagis, proverbis,… a l’entorn de Pezenas)

(Escaïs, istorietas, adagis, proverbis,... a l'entorn de Pezenas) (suite, cf. Études sur Pézenas VII - 1976 - 3, p. 25-32)

BOUZIGUES (Bouzigo – Bouzigauds, audes – Bouzigous, ouso)

« On raconte (des Bouzigauds) une foule de traits parfois plus naïfs, parfois plus sérieux. S’ils n’ont pas en général d’instruction, ils ne manquent pas d’astuce » Amelin,195.

« Village dont les habitants sont chargés de toutes les naïvetés qu’on attribue au Martigue (en Provence), à Trausse (dans l’Aude(, etc. » Mistral, I, 347. « Bouzigues devint, avec Martigue et Gonfaron, une des capitales de la Béotie latine. Nous fûmes, nous sommes encore, les héros de récits savoureux (ces anecdotes sont dites bouzigadas). A quelle époque remonte cette renommée ? Tout ce que l’on peut dire, c’est qu’elle est relativement récente. Si Bouzigues avait eu, au dix-septième siècle, la réputation qu’il a de nos jours, il est probable que Molière, pendant son séjour à Pézenas, eût tiré plusieurs farces du sottisier local. Frédéric Mistral parle de nous dans son dictionnaire. Il nous appelle « Crans » et « Nego evesqué ». Passe encore pour les crans, quoique nos voisins de Marseillan revendiquent aussi une appellation que nul n’a contrôlée. Mais nous pouvons affirmer, sur l’honneur, que jamais Bouzigaud ne noya, ni ne laissa noyer un évêque, comme l’insinue l’auteur de Mireille. Il est vrai que nos aïeux faillirent noyer un tout petit « capelanou ». C’était pendant la Révolution. Les adversaires du régime se demandaient comment serait sacrifié leur nouveau prêtre assermenté. Serait-il jeté du haut de la tour du château ou précipité dans une cuve ? (7 octobre 1792) Dans le doute, ils s’abstinrent et firent bien. Mais nous accuser d’avoir fait boire un bon coup à un évêque, c’est une autre affaire !.. Il est donc probable que ce n’est que depuis une centaine d’années que l’on crible d’épigrammes et de sarcasmes les pauvres habitants de la cité des naïfs ». Baqué et Rouquette, 16, 17.

Crans : crabe tête fêlée, décrépit, boiteux, Mistral, I, 664. Emblème de l’avarice et de la rapacité selon Boucoiran, 1, 417. Baqué et Rouquette s’en défendent, 412. « Crans dé Bouziguas ! C’est une épithète que nous lancent parfois nos voisins. Or cette appellation n’a pas cours dans notre cité ». Cependant bien des auteurs l’attestent M. Chauvet, Fleuve d’Or, 97 ; Gros, 75 ; Bernardy, 136,137.

Nego evesqué : noyeurs d’évêque, Mistral, II, 401, Bernardy, 243.

Esquicha : Avare, cuistre. Bernardy, 114, Esquichar signifie serrer, ici, celui qui serre les cordons de sa bourse. Ce sobriquet ne nous a pas été confirmé.

Lous inoucens : les naïfs. M. Chauvet explique cette réputation des Bouzigauds par le rapprochement avec bouzigaïre (bosigaire) qui signifie : mauvais ouvrier, qui bousille son ouvrage, qui fait tout de travers. C’est le type même du sobriquet né d’un calembour douteux.

Baqué et Rouquette, 411, signalent la présence d’un chameau lors des fêtes du carnaval, à la fin du siècle dernier. On dansait également le chevalet. Cour coculaire à la même époque, divisée en cour des cournards (les hommes mariés), cour des cournillons (les jeunes gens non-mariés), cour des cournettes (les adolescents).

BRESCOU (Brescou, Brescouri)

Fort sur un îlot basaltique, au large du Cap d’Agde, il a servi de prison d’État sous l’Ancien Régime. Ses pensionnaires y étaient internés sur lettres de cachet.

Proverbe : Escur coma Brescou : Obscur comme Brescou. Se dit quand l’orage menace et, au sens figuré, pour une affaire louche. Cité par M. Chauvet. Ciel Occitan, 173. Encore en usage.

BRIGNAC (Brinha, Brignac – Brignacois, oise – Brignagol, olo)

Lous bémis (los boèmis) : les bohémiens. Allusion à la tenue débraillée des habitants, Gros, 67, Bernardy, 244.

Ancien dicton : Brignac, gens sans foi, ni loi, ni honneur, quatorze personnes, quinze voleurs. L’on ajoutait en langue d’oc pour expliquer ce compte : lou coeurat counto per dous (Io curat conta per dos). Il est possible que ce dicton bien sévère vienne de la rivalité avec Canet signalée par C. Seignolle, 81.

CABRIALS (ancienne Ecclesia de Caprilis, hameau appartenant à l’abbaye de Valmagne jusqu’à la Révolution)

Las cabras : les chèvres. Calembour étymologique.

CABRIERES (Cabriero – Cabriérois, oise – Cabrierols, olos)

Lous saouto rochs (los sauta rocs) : les sauteurs de rochers. Mistral, II, 859, Bernardy, 70. Encore utilisé.

Lous Diou me damne (los dio me dame) : juron usité dans toutes les conversations de cette localité, Gros, 70, Bernardy, 245. Pas de confirmation.

Las cabras : les chèvres. Calembour étymologique puisque capraria signifie « lieu hanté par les chèvres ». Si la présence d’un troupeau de quatre à cinq cents chèvres était réelle vers 1950 (voir M. Chauvet, La route du Vin, 79), elle l’est beaucoup moins de nos jours.

CAMBOUS (hameau rattaché à Saint-André de Sangonis – Cambounés, eso)

Samaritan : Samaritain, Mistral, II, 839, Bernardy, 219. Sobriquet sans doute appliqué à des réformés.

CAMPAGNAN (Campanha – Campagnannais, aise – Campanhaous, aouso)

Lous espéleucaïres (los espelucaires) : les éplucheurs, les maquignons ; réputation de gens fins et rusés dans leurs diverses transactions, Gros, 67, Bernardy, 215. Alibert traduit ce mot par « vif, éveillé », on peut le rapprocher de l’ancien français esperlucat, qui désigne un personnage difficile à tromper. Confusion probable entre Campagnan et Campagne, village proche de Sommières, à la limite des départements de l’Hérault et du Gard.

Lous bardotchs dé Campagna (los bardots de Campanhà) : les bardots ou mulets de Campagnan. Bardot : « produit infécond de l’ânesse et du cheval, au figuré butor, imbécile ». Mâzuc, 246. A prendre ici dans le sens de simple d’esprit, naïf.

CANET (Canet – Canétois, oise – Canetol, obo ou Canetoous, ouso)

Lous escourdjo rossos (los escorja rossas) : les équarisseurs, Mistral, I, 995. Les écorcheurs de rosses. Dans cette région rien n’est perdu, on écorche même les vieux animaux abattus, Gros, 67, Bernardy, 214.

Dicton : Canet, Canalhà, Se vos manjà, Trabalhà : Canet, Canaille, Si tu veux manger, Travaille. A rapprocher de la comptine chantée par les « culs blancs » aux « culs rouges » :

Respublican, canalhà, → Républicain, canaille,
Se vos manjà, trabalhà, → Si tu veux manger, travaille,
M’às manjat ma palha, → Tu as mangé ma paille,
M’às bigut mon vi, → Tu as bu mon vin,
As cops de balaja → A coups de balai
M’às tugàt Io chi. → Tu as tué mon chien.

Canet étant sur la rive de l’Hérault, on peut compter y avoir les pieds au frais à la moindre crue, aussi les Pougetous avaient-ils l’ironie facile lorsqu’ils posaient la question : « N’ai d’aiga à Canet ? Y-a-t-il de l’eau à Canet ? » à quoi il fallait répondre : « N’ai pro per te lavar Io morre. Il y en a assez pour te laver le museau », ou de façon plus aigre : « Men que de putas al Poget ».

Cette rivalité s’est traduite autrefois par des rixes, telles celles des 29 décembre 1752 et 15 décembre 1753, où des coups de feu furent tirés, Appolis, 360.

LE CAP D’AGDE

Lous bebedores d’aïgo (los bevedors d’aïga) : les buveurs d’eau.

Dicton qui paraît maintenant paradoxal : « Viei coumo bu Cap d’Ate : Vieux comme le Cap d’Agde », Mistral, I, 162.

CASTELNAU-DE-GUERS (Casteulnaou – Castelnaulais, aise – Casteu-nouven, enco)

Le seul sobriquet connu, attesté par Mâzuc, 264 et 328, est saouto rochs (sauta rocs) : sauteurs de rochers. Le terroir de Castelnau est constitué en grande partie de garrigues.

Cependant, Gros, 70, donne lous saoutaïres (los sautaires) : les sauteurs, dans le sens de fêtards, Bernardy, 218, le donne également et ajoute lous mandjo cagaraoulos (los manja cagaraulas) : les mangeurs d’escargots.

CAUSSES-ET-VEYRAN (Caoussos et Beïran – Caussanais, aise – Caoussanés, eso)

Lous escourdjatchs (los escorjats) : les écorchés. Suivant une légende, les habitants, pris de panique à la suite d’une pluie torrentielle, se réfugièrent pendant la nuit sur une colline voisine et revinrent tout déchirés, Gros, 70, Bernardy, 243.

Lous inoucens (los innocents) les naïfs. A cause du conte de la pastieira (le pétrin). Les Caoussaneses virent un jour monter le brouillard et le prirent pour un raz-de-marée, aussi se réfugièrent-ils sur le pioch. Le boulanger, en homme prudent, avait emporté son pétrin. Il proposa à ses concitoyens de le retourner et de l’utiliser comme barque pour aller chercher du secours. Croyant le mettre à l’eau, ils le précipitèrent dans le vide. Le boulanger fut donc le seul écorché de l’histoire.

CAZOULS-D’HÉRAULT (Cazouls – Cazoulains, aines – Cazoulens, enco)

Las boutiolos (las botiolas) : ampoules, pustules sous la peau. Sobriquet à mettre sur te compte d’une épidémie. On dit également lous Boutiolatchs (los botiolats).

CAUX (Caou – Caussinards, ardes – Caoussinar, ardo)

Le premier sobriquet connu est mandjo caouletchs (manja caulets) : les mangeurs de choux, il était donné aux Caussinards par les Fontesols à cause de procès pour les limites des territoires qui, commencés au XIIIe siècle ne s’achevèrent qu’à la Révolution (Sur ces procès, voir Commandant Maders, Histoire populaire de Caux, fascicules 4 et 7).

Canaïo (canalhà) : canaille, Mistral, I, 440, Bernardy, 243, Gros, 70 ajoute « épithète donnée à la suite des crimes de Pomarède, originaire de ce pays ». Il faut préciser que Pomarède avait quitté son village natal depuis quelques années lorsqu’il commit ses crimes. Il fut guillotiné en 1843 à Pézenas, après avoir terrorisé la région pendant cinq ans (voir Commandant Maders, fascicule consacré à Pomarède).

Devises : Aben lou temps (avem Io temps) nous avons le temps. Ou encore : Entre paga et mouri aben toutchour lou temps (entre pagar et morir avem totjorn Io temps) pour payer et mourir, nous avons toujours le temps.

Poulain, imité de celui de Pézenas, entre 1860 et 1907. Chevalet encore en activité. Cour coculaire créée en 1860.

CERS (Cers – Cersois, oise – Cernens, enco)

Lous mandjo escarabatchs (los manja escaravats) : les mangeurs d’escargots, Gros, 70, Bernardy, 91. Il faut traduire escaravat par « escarbot ou scarabée » peut-être même par « cafard », Alibert, 355. A rapprocher du dicton : Negre coumo un escarabat, Mistral, I, 983, que l’on appliquait aux Pénitents Noirs. Reste à savoir s’il y eut des Pénitents Noirs à Cers.

CEYRAS (Ceïras – Cey radais, aise – Ceïradés, eso)

Lous bourous (los borros) : les baudets, Mistral, I, 342, Gros, 67, ajoute que « chaque cultivateur avait un âne pour le transporter à la vigne », mais cela n’était pas particulier à Ceyras, de même pour Bernardy, 182.

Lous bouracous (los borracos) même sens.

CLERMONT-L’HÉRAULT (Sous l’Ancien Régime Clermont-Lodève, devenu Clermont-l’Hérault en 1789 pour affirmer son indépendance à l’égard de Lodève, ville épiscopale. Clarmount – Clermontais, aise – Clarmountés, eso)

« Clarmount, pichoto vilo, meichant renoum. Dicton relatif à Clermont-Lodève dont les habitants ont pour sobriquet lous bancoroutiés (los bancarotiers) ». Mistral, I, 209. L’explication du dicton se trouve déjà dans Amelin, 455. « Les habitants ont la réputation de ne pas être très hospitaliers, ni d’aimer les étrangers. On y sale beaucoup le pain et les voyageurs… » mais Amelin était fort mauvaise langue et l’on dit maintenant :« Clarmoun, pichoto vibo, grand renoun ». (M. Chauvet, Fleuve d’Or, 38). Quant à la réputation de banqueroutiers, partagée avec ceux de Montpeyroux, elle ne paraît justifiée que dans la mesure où l’esprit d’entreprise des Clermontais les a conduits, en quelques occasions, à la faillite.

« Massanos de Clarmoun. Cette expression n’a aucun sens intrinsèque. Elle a sans doute une histoire que nous ignorons. On l’emploie dans un sens purement négatif ainsi, on vous demande une chose que vous ne voulez pas donner et vous répondez : Te dounarai massanos de Clarmoun ! On dit aussi dans le même sens Te dounarai de courroupios pastados an d’ioous, des caroubes pétries avec des œufs ». Mâzuc, 299. Selon les Clermontais, l’expression signifierait je vais te donner des coups de poing. A quoi ils répondent : Te pagarai de moneda de Moreza : Je te paierai en monnaie de Mourèze, c’est-à-dire je te donnerai des coups de bâton. Mourèze fut autrefois un terroir très boisé.

« Lou Chivau Baiard : le cheval monté par les quatre fils Aymon. A Clermont-l’Hérault, dans certaines fêtes, on en promène le simulacre, comme on fait à Béziers du chameau de Saint Aphrodise ». Mistral, I, 209. Ce cheval n’était pas un animal totémique mais un des avatars subi par la danse du chevalet. Appolis, 359, nous renseigne pour le second quart du dix-huitième siècle : « Dans les grandes occasions, les danses publiques se font autour d’un simulacre de cheval (chevalet) ou de poulain (poulinet) que l’on fait danser au son des violons ». (Archives de l’Hérault, B. Ordinaires de Clermont. Dossiers 750 et 776).

CONAS (hameau rattaché à Pézenas le 6 janvier 1446 – Conas – Conassols, clos)

Lous grato pezouls (los grata pesolhs) : les gratte poux. A cause du Pesolh, animal totémique.

CORNEILHAN (Cournelian – Corneilhannais, aises

Cournelianen, enco est purement virtuel)

Étymologie populaire : « Corne-ayant » ; qui a des cornes, d’où le sobriquet Lous cournutchs (los cornuts) : les cornards. Jeu de mots. Gros, 71, Bernardy, 113. Pas de confirmation. Il est possible que ce sobriquet vienne également de l’existence d’une cour coculaire. Dernière hypothèse : à la fin du XVIIe siècle les consuls de Corneilhan avaient aliéné l’hôpital Saint-Jacques, l’acheteur de la maison y avait établi « une auberge où pend l’enseigne Au cheval vert, où il se faisait scandalles et voyes de faict », autant dire un concubinaire public qui fut célèbre tout au long du XVIIIe siècle.

Armoiries parlantes « d’or à trois corneilles de sable becquées et membrées de gueules » concédées en 1341 par Philippe VI de Valois.

Lous Jan-fennos (los Jan-fennas) les Jean-femmes ; petit travers que l’on met sur le compte des hommes qui s’occupent volontiers des arts ménagers, Gros, 71, Bernardy, 245, Mistral, II, 152, traduit : « homme qui se mêle des occupations des femmes ». Cette expression s’emploie à propos de tous les hommes qui aident un tant soit peu leur femme.

Fig. 1

COULOBRES (Colobres)

Dictons : A Colobres, las fennas monton sus los omes : A Coulobres, les femmes montent sur les hommes. Il semble qu’elles portent élégamment la culotte. Sios de Colobres : Tu es de Coulobres, tu es naïf à téter un bouc par les cornes.

COURNONSEC (Cournon-Sec – Cournonsecois, oise – Cournonsecaous, aouso)

Lous coucoeutchs (los cocuts : les cocus. Les cours coculaires étaient fort à l’honneur, Gros, 75, Bernardy, 113. Jeu de mot probable.

COURNONTERRAL (Cournou-Terral – Cournonterralais, aise, Cournonterralens ou Cournalens)

Même sobriquet que pour Cournonsec, mêmes sources.

Lous païassos (las palhassas). A cause des « paillasses » du carnaval de Cournonterral. Le mercredi des cendres, vêtus de guenilles remplies de paille, ils frappent les passants, et surtout les passantes, de chiffons trempés dans la lie de vin. M. Chauvet, le chemin d’Héraclès, 52-53.

Étymologie populaire : Lors de son passage dans notre région, Hannibal but à la fontaine de Téron, les habitants vinrent lui présenter leurs excuses de ne lui avoir pas offert du vin, à quoi il répondit en latin : « Cur non ? » M. Chauvet, même source, 49.

ESPONDEILHAN (Espoundilhan, Espoundihan – Espondeilhannais, aise Espoundilhanés, eso)

Lous esfatatchs (los esfatats) : les déguenillés ; allusion ou laisser-aller qui régna un temps dans le village à la suite du phylloxéra, Gros, 71, Bernardy, 139.

FAUGÈRES (Falguieiras selon Mistral, Faugeros selon les habitants, Falguieirassols selon Mistral – Faugérols)

Lous ventres teus (los ventres tèus) : les ventres creux ; nom donné à la suite d’une mésaventure de conscrits arrivés en retard au chef-lieu et qui attendirent jusqu’au soir le moment de se restaurer, Gros, 71, Bernardy, 218.

Lous ventres bleus (los ventres blus) : les ventres bleus. Les catholiques demandaient malicieusement aux protestants si par hasard ils n’avaient pas le ventre bleu.

FLORENSAC (Flourensa, Flouressac – Florensacois, oise Flourensaquens, enco, Flouensaquoués, eso)

Lous copo djarret (los copa jarret) : les coupe-jarret, Mistral, I, 582.

Lous bado mouscos (los bada moscas) : les badauds ; habitude des habitants qui se réunissent, la journée finie, sur la place du village pour commenter les événements, Gros,71, Bernardy donne l’un et l’autre, 115 et 137-243. Nous n’avons trouvé confirmation que pour le second.

Adage : Sioi de Flourensa, Aimo mai tot que la mitat : Je suis de Florensac, je préfère le tout à la moitié. Attribué à de nombreux villages dont le nom se termine en -AC (voir Montagnac).

Étymologie populaire : « Fleurs en sac ».

Les Florensacois avaient la réputation d’être avares attribuée fréquemment aux terroirs les plus pauvres où la pingrerie était plus une nécessité quotidienne qu’un vice. Ils prétendaient avoir pour ancêtres les Wisigoths.

FONTES (Fontés – Fontésois, oise – Fontesols, olos)

Lous caps lusènts (las caps lusents) : les têtes luisantes, Mistral, I, 454.

Lous rebalo sacos (las rabala sacs) : ceux qui traînent un grand sac, Mistral, II, 714, Gros, 71, ajoute « habitude des Fontesols de charrier avec eux un sac pour emmagasiner tout ce qu’ils trouvent ». Bernardy donne l’un et l’autre, 214, 217.

Sous l’Ancien Régime, les Caussinards traitaient les Fontesols de Mandjo fabos (manja favas) mangeurs de fèves. Expression que Mâzuc, 298, traduit par : « bredouilleur, qui parle comme avec la bouche pleine ».

Adages : Vai querre de vam a Fontés (a la fan dei Vam) : va chercher du courage à Fontés (à la fontaine dei Vam). Se dit à quelqu’un qui se plaint d’être sans goût pour le travail. A Fontés manjan d’anhel caluc : A Fontés on mange de l’agneau fou (qui a le tournis).

FOS (Fos – Fossois, aise – Fossens est virtuel)

Lous Consouls (los consols) : les consuls, les conseillers ; sobriquet donné à la suite d’élections interminables, chaque conseiller ayant voté pour lui-même, Gros, 71, Bernardy, 219.

Dicton : Fariés tu aco, fabre de Fos ? Ferais-tu cela, forgeron de Fos ? Mistral, I, 1153.

FOUZILHON (Fouzihoun, Fouzilhou – Fouzilhonnais, aise)

Lous saouto rochs (los sauta rocs) Gros, 71, Bernardy, 182-183, Crouzat, 210, signale le hameau disparu de La Saoutario, au terroir de La Cledo.

« Fouzilhon a l’air d’un corps sans âme et semble justifier l’étymologie épigrammatique empruntée au patois : fougi-lou (fuis-le) ». Même source, 207.

GABIAN (Gabian – Gabiannais, aise – Gabianés, eso)

Lous pintres (los pintres) : les peintres. Mistral, II, 579, Gros, 71, Bernardy, 216. Le sol du terroir est rouge et les cultivateurs reviennent des labours avec des pantalons de cette couleur.

Oli de Gabian : huile de pétrole, dont il y a une source à Gabian, Mistral, II, 2. On s’en servait autrefois pour guérir la goutte, les enclouures des chevaux, etc.

GIGEAN (Gija – Gigeannais, aise)

Ventres bleus (ventres blus) : les ventres bleus ; une épidémie de fièvre paludéenne aurait laissé des marbrures bleues sur le ventre des malades, selon une autre version il s’agirait d’un juron, Gros, 75, Bernardy, 218, Mistral, II, 1100, donne ce sobriquet pour Pérols et Usclas, il le traduit en effet par « fiévreux ». M. Chauvet, Fleuve d’Or, 151, y voit plutôt le rappel de la ceinture portée par les Pénitents.

GIGNAC (Gigna, Gignac – Gignacois, oise – Ginhagués, eso)

Lous ases (los ases) : les ânes, à cause de l’âne qui figure à Gignac dans certaines fêtes, comme le chameau à Béziers, le Poulain à Pézenas, le Bœuf à Mèze, le loup à Loupian, le Cheval Bayard à Clermont-l’Hérault et la Tarasque à Tarascon. Une tradition dit que Gignac fut sauvé de l’invasion des Sarrasins (première moitié du VIIIe siècle) par le braiement d’un âne, comme Rome le fut par le cri des oies, Mistral, I, 148.

Amelin, 472, rapporte l’anecdote suivante : « En face de notre auberge est une fontaine et une grande auge où s’abreuvent les bestiaux ; on y lisait autrefois ce distique de M. Delobre : Quoe fuit ante fugax Arte perennis erit. (Traduction libre Les eaux qui autrefois se perdaient, le miracle de l’art les rend intarissables). Affluence considérable autour de la fontaine et de l’inscription. C’était le but de tous les rassemblements, le sujet de toutes les conversations de Gignac. Un matin, on trouve tracé au-dessous de l’inscription : Avide observateur qui voulez tout savoir, Des ânes de Gignac, c’est ici l’abreuvoir ».

Plus tard, cette inscription ironique fut attribuée à Molière. (Voir E. Raymond : Histoire des pérégrinations de Molière en Languedoc, Paris, 1858 – A.P. Alhiès, Pézenas, une ville d’États, p. 274).

HÉRÉPIAN (Erepian, Erepio – Hérépiannais, aise – Erepianen, enco)

Lous tuquiès (los tuquièrs) les courges, Mistral, II, 1064, Gros, 71, Bernardy,179. On dit aujourd’hui Hérépian la tuco. La légende de la tuco est bien connue : les Hérépiannais entendirent un jour des cris étranges, à vous glacer le sang dans les veines. Ils leur attribuèrent une origine diabolique. Le curé s’apprêtait à pratiquer des exorcismes lorsque l’idiot du village découvrit la clef du mystère : une courge coincée entre deux pierres avait été rongée par un rat, le vent du Nord s’y engouffrant produisait un sifflement épouvantable. (Voir Légendaire du Languedoc, 44, etc.).

LAURENS (Laourens – Laurensien, ienne)

Lous carbouniès (los carboniers) : les charbonniers ; fabrication de charbon de bois. Gros, 72, Bernardy, 215.

LAVÉRUNE (La Veruno – La Vérunois, oise)

Lous macarels (los macarels) : les maquereaux ; juron, Gros, 76, Bernardy, 181.

Lous engreunatchs (los engrunats) : les abîmés, ceux qui ont été assommés de coups. M. Chauvet, Fleuve d’Or, 31.

LÉZIGNAN-LA-CÈBE (Lesinhan – Lézignarinais, aise

Lésinhanen, enco ou Lesinhanés, eso)

Lous mandjo cebos (los mania cebas) : les mangeurs d’oignons, Mistral, II, 268, Cros, 71, Bernardy, 89. Les vendeurs d’oignons criaient :

« A la ceba, a la ceba, a la ceba
de Lesinhan
Qu’es doça coma lo pan. »

Lous miqueletchs (los miquelets) : les miquelets, nom des partisans royalistes du Midi qui étaient commandés par le duc d’Angoulême (1815), Mistral, II, 343, qui ajoute quelques dictons Mes coma un miquelet mis comme un prince. Armà coma un miquelet : armé jusqu’aux dents. Resolu coma un miquelet : farouchement déterminé. On emploie encore de nos jours les expressions cargat coma un miquelet : chargé comme un miquelet, qui s’explique par le renom de pillards laissé par ces soldats royalistes encore en activité pendant la Terreur Blanche. Vestit coma un miquelet, rejoint le premier dicton de Mistral.

LIAUSSON (Liaoussoun – Liaussonnais, aise – Liaoussounés, eso)

Lous mandjo fabos (los mania favas) : les mangeurs de fèves singularité des habitants qui en parlant donnent l’impression d’avoir des fèves dans la bouche, Gros, 68, Bernardy, 89, Boucoiran, II, 889, traduit par « bredouilleur, bègue ».

Lous espeilhatchs (los espelhats) les dépenaillés.

LIEURAN-CABRIÈRES (Lieouran – Lieurannais, aise -.Liéouranés, eso)

Lous mandjo cagaraou (los mania cagarau) : les mangeurs d’escargots, Mistral, 268, Gros, 71, Bernardy, 91. Les Lieurannais prononcent mandjo cagarot.

LIEURAN-LES-BÉZIERS (comme Lieuran-Cabrières)

Gros et Bernardy attribuent à ce village le même sobriquet qu’au précédent. Le seul surnom connu est mandjo lisleiros (mania lisieiras), ce qui peut se traduire par mangeurs de courlis (petits oiseaux) ou mieux : mangeurs de vairons (petits poissons), si l’on tient compte de la proximité du Livron.

LIGNAN (Linhan, Ligna – Lignannais, aise)

Las escaoufetos (las escaufetas) : les chaufferettes habitude des gens du pays de passer les veillées chez des amis en emportant une chaufferette, Gros, 71, Bernardy, 141, donne escaufareto : frileux. Inutile de dire que cette coutume était générale.

Lous raoubo pico (los rauba pica) les voleurs de pioches ; mésaventure arrivée aux habitants lors de la construction de la ligne de chemin de fer, Gros, 76, Bernardy, 243. La voie a été construite de 1874 à 1876.

Lous rasclous (los rasclos) : les crânes chauves.

LOUPIAN (Loupian – Loupianais aise)

Lou Loup de Loupian : loup qui figure dans certaine fête comme le chameau à Béziers et la Tarasque à Tarascon, Mistral, II, 231. Ce loup a été obtenu par jeu de mots, il figure également dans les armoiries de Loupian. Les habitants le font sortir le premier dimanche d’août.

Rivalité avec Bouzigues qui s’est traduite en 1783 par une bataille homérique où furent engagées les populations entières des deux villages (Baqué et Rouquette,163-165.

Fig. 2

MAGALAS (Magalas – Magalasiens, iennes)

Lous paoubres (los paures) : les pauvres épithète prise par dérision à l’égard des habitants de ce village qui se plaignent toujours, Gros, 72, Bernardy, 140. Los sauta rocs.

Dicton : Magalas ! Dabalas ! Lous gabatchs, dabalas ! Magalas ! Descendez ! Les montagnards, descendez ! Allusion à une aventure arrivée à des montagnards qui seraient descendus du train à Magalas, croyant avoir entendu : « Dabalas ! » en langue d’oc « Descendez ! ».

Les jeunesses des villages de Roujan et Puissalicon réglaient autrefois leurs comptes à coups de cailloux avec celle de Magalas. A l’origine, on retrouve des procès pour les limites de chaque terroir. (Voir Fabre, l’Hérault historique 126-127). Les procès et disputes entre Magalas et Puissalicon ont duré de 1295 à 1750. De là sans doute est venue l’impression pour les Magalasiens qu’ils étaient mauvais mais que les « étrangers » étaient pires.

MARAUSSAN (Maraoussan – Maraussannais, aise – Maraoussanen, enco)

Lous mandjo teucos (los manja tucos) les mangeurs de courges, Gros, 72.

MARGON (Margoun, Margou – Margonnais, aise – Margounés, eso)

Lous sabents (los savents) : les savants surnom donné à la suite d’un procès confié à un malheureux avocat qui les induisit en erreur, Gros, 72, Bernardy, 219.

Lous mandjo tripos (los manja tripas) : les mangeurs de tripes.

Las banastos (las banastas) : les paniers. L’explication est fournie par Crouzat,170. « Un des seigneurs de Margon, voulant descendre commodément dans son jardin fit jeter sur le fossé du château trois ponceaux destinés à supporter un magnifique perron. Le peuple les baptisa du nom de banastos (paniers, ponts en anse de panier) et lorsqu’il arrive à quelqu’un de lâcher une sottise, on l’envoie encore « estudia jous las banastos ».

MARSEILLAN (Marselhan, Marsihan – Marseillanais, aise – Marselhanés, eso)

Lous crans (los crans) : les crabes, Mistral, I, 664, Lous crans de Massiyan : les crabes de Marseillan, Mâzuc, 264, qui traduit le mot par grognon, quoique le verbe escrancar signifie « abîmer ». Donné par M. Chauvet, Fleuve d’Or, 97, Bernardy, 137 décrépit, boîteux. Traité de « cran », le Marseillannais répond : « A iéou m’a pas ré fatch, a teu t’a mandcha la cerbelo (A ieu m’a pas res fach, a tu t’a mania la cervela) Il ne m’a rien fait, mais il t’a mangé la cervelle. Le crabe figure dans les armoiries (fantaisistes) de Marseillan. Les armoiries véritables sont « d’argent à trois pals de gueules ». Selon M. Chauvet, Fleuve d’Or. 98 les Marseillanais Sont « batailleurs. indépendants, prompts à saisir les occasions de s’agiter ».

Les territoires de Marseillan, Mèze et Pomerols étaient appelés autrefois « La Marino ».

MARSEILLAN (Marselhan, Marsihan – Marseillanais, aise – Marselhanés, eso)

Lous crans (los crans) : les crabes, Mistral, I, 664, Lous crans de Massiyan : les crabes de Marseillan, Mâzuc, 264, qui traduit le mot par grognon, quoique le verbe escrancar signifie « abîmer ». Donné par M. Chauvet, Fleuve d’Or, 97, Bernardy, 137 décrépit, boîteux. Traité de « cran », le Marseillannais répond : « A iéou m’a pas ré fatch, a teu t’a mandcha la cerbelo (A ieu m’a pas res fach, a tu t’a mania la cervela) Il ne m’a rien fait, mais il t’a mangé la cervelle. Le crabe figure dans les armoiries (fantaisistes) de Marseillan. Les armoiries véritables sont « d’argent à trois pals de gueules ». Selon M. Chauvet, Fleuve d’Or. 98 les Marseillanais Sont « batailleurs. indépendants, prompts à saisir les occasions de s’agiter ».

Les territoires de Marseillan, Mèze et Pomerols étaient appelés autrefois « La Marino ».

Fig. 3

L’Âne de Gignac
Fig. 4 L’Âne de Gignac, Collection Bonnafous (Collection Amis de Pézenas)
Le Bœuf de Mèze
Fig. 5 Le Bœuf de Mèze, Collection Bonnafous (Collection Amis de Pézenas)

MÉRIFONS (Merifou -village constitué parla réunion de quatre hameaux, dont celui de Mérifons qui possède la chapelle communale. Pas de nom).

Pas de sobriquet si ce n’est celui d’Octon : lous saouto roeffazes (los sauta rufases) les ruffards, les sauteurs de ruffes, les ruffes étant les rochers rouges de la région (marnes schisteuses). L’expression équivaut à celle de sauta roca.

MÈZE (Mezo – Mézois, oise – Mezigous, ouso)

Lous cocos, M. Chauvet, Fleuve d’Or, 97 et 102. Sans explication ni traduction, Gros, 76, traduit : les chauves ; épidémie qui ravagea les cuirs chevelus. Bernardy, 139 : truand, gueux. La comparaison d’un œuf et d’un crâne chauve semble s’imposer (coca : coque, coquille, Alibert, 228).

Bioù : Bœuf, Bernardy, 179 et 181. Le Bœuf est seulement l’animal totémique de Mèze, peut-être figure-t-il le taureau antique qui a donné son nom à l’étang de Thau (Taurum paludem). Sur ce bœuf, voir J. Baumel, 102-105. C’est sans doute par croisement de sens (bioù : hibou) que l’on a obtenu un sobriquet plus récent lous tchots (los chats) les chats-huants.

Cour coculaire jusque vers 1935. Van Gennep, 1076. Rivalité entre pêcheurs et cultivateurs, Seignolle, 81.

La chanson du Bœuf, écrite ou remaniée au XVIIIe siècle, semble l’occasion de régler quelques comptes avec les voisins

Besiés se desespédo → Béziers se désespère De soun paoudé caméou → De son pauvre chameau Pézenas es en coulédo → Pézenas est en colère Soun pouin n’es pas beou → Son poulain n’est pas beau Tsignac fo la tempesto → Gignac tempête Poussan es din la pôou → Poussan a peur De saoupré que faou festo → De savoir qu’on fait fête A Mèzo d’un gros biôou → A Mèze d’un gros bœuf.

Mountpéié se despito ! → Montpellier dépité ! Quitto soun parrouquet → Délaisse son perroquet Per rendré sa bisito → Pour rendre visite A nostre biôou cayet → A notre bœuf joyeux

Frontignan ne fo festo → Frontignan lui fait fête Bouzigos et Loupian → Bouzigues et Loupian Se coupariôou la testo → Se couperaient la tête Per lou beydo tsaqu’an → Pour le voir tous les ans Marseillan, de catsétos → Marseillan, en cachette Didou d’abandouna → Se doit d’abandonner Cabrelos et cabrettos → Chevreaux et chevrettes Per lou beydé bada → Pour le voir bâiller

Aquelo raço de todous → Cette race d’imbéciles Brutaôus de Bousigaôus → De brutaux de Bouzigauds Negres coumo dé Modous → Noirs comme des Maures S’embaoù lous pés descaôus. → S’en vont les pieds nus. Chevalet signalé par J. Baumel, 25-26.

MIREVAL (Mirabal – Mirevalais, aise – Mirabalès, eso ; selon Mistral Mirabalhol)

Lous febrouses (los febroses) les fiévreux le voisinage des étangs donnait autrefois la fièvre paludéenne. M. Chauvet, Fleuve d’Or, 31, Gros, 76, Bernardy, 218. « La région littorale est très insalubre à cause des marais qui bordent les lagunes : à Villeneuve-lès-Maguelonne, Vic, Capestang, la moitié des enfants meurent avant dix ans à Mireval et à Vias, c’est encore pis ». (La Grande Encyclopédie du XIXe siècle, Tome 19, p. 1142, Article Hérault). On peut voir par là que ce sobriquet n’a rien de péjoratif.

MONTAGNAC (Mountanha. Mountanhac – Montagnacois, oise – Mountanhagol, olo)

Caps pelatchs – caps pleumatchs (caps pelats – cap plumes) : les chauves, Mistral, I, 454, Gros, 72, ajoute « Dans une assemblée provinciale les trois délégués de Montagnac étaient complètement chauves ». Bernardy, 217. Nous avons recueilli closco pelado, même sens.

Lous mandjo Ieou (manja leù) : mangeurs de foie. Ce sobriquet viendrait des Aumois.

Adages : Lous igounauds de Montagnac qu’an lou diable dins lou cap. Les protestants de Montagnac qui ont le diable en tête, Mistral, II, 367. Dû à une rivalité entre les catholiques et les protestants.

Comme pour Florensac : A Montanhac aiman mai tot que la mitat : A Montagnac on préfère le tout à la moitié.

Montanhac. Brinhac, Lavanhac, Ginhac, Tot acà de nhic et de nhac. Ce dicton se rattache à une anecdote moliéresque contée par A.-P. Alliés, 273.

Dicton récent : Si vos pas te maridà à Montanhac, Vai t’en a Aumes.

Animal totémique : chèvre jusqu’aux environs de 1900. Chevalet de 1930 à 1966.

MONTBAZIN (Mountbazin – Montbazinnais, aise)

Lous pinçarts : les pinsons.
Lous mandjo bouhemis (los manja bohemis) : les mangeurs d’escargots ; les bouhemis sont des escargots gris que personne ne consomme.

MONTBLANC (Mountblan – Montblannais, aise – Mountblanés, eso)

Lous counflo bouteillos (los confia botelhas) : les gonfleurs de bouteilles. Mistral, I, 71, Gros, 72, « Allusion aux souffleurs de verre lorsque cette industrie existait dans la localité. Le sobriquet traduit aussi l’amour de la boisson ». Bernardy traduit par ivrognes, 94, et verriers, 216. Il paraît juste de « dégonfler » les bouteilles après les avoir « gonflées », surtout quand on connaît le vin de Montblanc.

MONTESQUIEU (Mount Esquiou – groupe de hameaux)

Lous boums éfans (los bons éfans) : les bons enfants ; terme pris par dérision pour justifier le contraire, Gros, 72, Bernardy, 219.

C. ACHARD