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Description

Aux origines d’une vie héraultaise d’engagements
« Louis Vallière et la Grande Guerre »

* Professeure agrégée d’histoire,
membre du GRHISTA, Groupe de Recherche en Histoire des Territoires de l’Agadès.
Mes chaleureux remerciements à Jean-Claude Mothes pour son aide précieuse.

Avec une population qui longtemps ne dépassa pas 10 000 habitants, Agde vécut comme une bourgade maritime et viticole du littoral languedocien qui se développait lentement, avant de devenir au tournant des années 1960-70, grâce à sa station balnéaire du Cap, une des premières villes touristiques de France. Pour les Héraultais, et plus encore pour les Agathois, Louis Vallière en fut avant tout un notable républicain socialisant d’après-guerre, conseiller municipal dans les années trente puis le maire de 1953 à 1965. Conseiller général divers gauche de 1958 à 1964, il affronta la naissance de la station balnéaire à partir de 1962. Il s’imposa aussi comme un acteur du monde rural. En effet, être le régisseur d’un des plus gros domaines viticoles du Roussillon ne l’empêcha pas localement de participer à la création de la mutualité agricole, de la cave coopérative puis de la caisse du Crédit Agricole de sa ville. Le grade de chevalier dans l’ordre de la Légion d’honneur attribué en 1949, celui d’officier en 1957, vinrent d’ailleurs couronner l’ensemble de ses engagements au service de la République. Mais paradoxalement c’est la plus méconnue de ses responsabilités, celle de dirigeant dans la plus importante association d’anciens combattants de l’Hérault qu’il contribua à fonder qui occupa, dès 1917, une grande partie de sa vie, si ce n’est la plus importante, jusqu’à sa mort en 1966. Son expérience de la Grande Guerre joua-t-elle un rôle dans la multiplicité de tous ces engagements si différents les uns des autres ? Et si c’est le cas, quelles en furent la nature et l’importance ? Quel impact eut en définitive ce conflit sur toute une vie publique ?

Un enfant de la vigne devenu grand mutilé de guerre :

Louis Vallière a 26 ans lorsque la guerre le saisit. Né le 8 octobre 1887, il est le seul fils de deux petits propriétaires viticulteurs, Cyrille Vallière et Marie Pélissier. L’exploitation qui ne dépassa jamais six hectares n’est pas assez grande pour employer un ouvrier et dès l’âge de douze ans, le certificat d’études en poche, Louis arrête sa scolarité et vient y travailler. L’ancêtre, Jean François, était, sous la Restauration, descendu de Salles-Curan sur le plateau aveyronnais du Lévézou, pour travailler dans la plaine comme cordonnier. Il y épousa une jeune agathoise et la famille, dans laquelle cinq enfants naquirent, s’installa définitivement à Agde. Son deuxième fils, Antoine, exerça le métier de cultivateur comme ses deux petits-fils, Louis et Cyrille, propriétaires de quelques hectares en vigne au milieu du siècle. C’est dans ce milieu viticole que grandit Louis, le fils de Cyrille. En 1914, toujours célibataire, il vit chez ses parents. On ne trouve pas, à cette période, de traces, pour la famille, d’engagement social ou politique particulier même si ses deux petits-fils, Louis et Gabriel, interrogés séparément, rapportent tous deux que dans la famille « on ne se rappelle pas avoir été autre chose que de gauche. » […]

Informations complémentaires

Année de publication

2014

Nombre de pages

11

Auteur(s)

Christine DELPOUS-DARNIGE

Disponibilité

Produit téléchargeable au format pdf