ATR Cahier N36A 2025
Cahier d'ARTS et TRADITIONS RURALES
N° 36A- ISSN : 0769-0177
Avril 2025
ÉDITORIAL
Avec ce Cahiers 36A, Arts et Traditions Rurales poursuit sa vocation éditoriale avec même une avance puisqu’un Cahiers 36B a déjà vu le jour il y a quelques semaines. Ce dernier, sous la signature de Michel Vidal, président de l’Association Lo Picart, est consacré aux églises de Saint-Jean-de-Fos, depuis l’époque carolingienne jusqu’à nos jours. Un volume très illustré qui facilitera les visites car ces édifices ont connu, jusqu’à nos jours, de nombreux travaux qui ont apporté des modifications au projet primitif.
Les articles qui suivent sont très divers et concernent les divers domaines de prédilection de l’association. Ils sont consacrés, pour l’essentiel, au milieu rural mais ne se privent pas d’entrer dans les villes dont les liens avec le rural sont évidents.
La vie associative risque de connaitre cette année des difficultés financières, mais Arts et Traditions Rurales saura s’adapter.
Car la vie actuelle c’est aussi l’informatique : les Cahiers sont d’ores et déjà accessibles sur le site Internet mis en place par la revue Études héraultaises. Toutes nos publications sont en ligne (Cahiers, Dossiers, hors séries) et les articles accessibles gratuitement pour celles qui ont plus de deux ans.
Lors de la prochaine Assemblée Générale, il faudra prendre des décisions importantes concernant justement l’avenir de nos publications : faut-il continuer nos éditions papier ou passer à une revue uniquement disponible en ligne, mais restant imprimable au gré de chacun ?
En attendant, nous remercions le Conseil départemental de son aide déterminante, les membres de l’association et les nouveaux lecteurs de leur soutien : sans eux Arts et Traditions Rurales ne saurait poursuivre ses actions.
Le Bureau d’Arts et Traditions Rurales
Au sommaire de cet ouvrage
Un abbé bâtisseur du XIIe siècle (1154-1169)
Richard d’Arboras-Roquefeuil († en 1205)
Richard d’Arboras-Roquefeuil († en 1205)
A peine eut-il découvert que ce qui était mis au crédit de l’abbé Bernard de Mèze appartenait à son prédécesseur, cet incontournable gardien de la mémoire de Saint-Guilhem – depuis plus d’un demi-siècle – m’a proposé d’approfondir les recherches qui se sont rapidement imposées à notre curiosité intellectuelle commune. Ainsi, jusqu’au bouclage du dossier, n’avons-nous cessé – jour après jour durant cinq mois – d’échanger nos informations, de confronter nos hypothèses successives et d’entreprendre une foule de vérifications croisées tant dans les sources disponibles que sur le terrain. J.-C. Richard est également responsable de m’avoir lancé dans un approfondissement biographique de Richard d’Arboras-Roquefeuil que j’aurais sinon sous-estimé.
La qualité et la précision du reportage photographique réalisé – avec son habituelle disponibilité – par notre ami Philippe Martin ont été cruciales pour affiner notre lecture du gisant gellonais et des autres éléments sculptés susceptibles de provenir de la même sépulture monumentale. Notre reconnaissance va tout autant à Céline Pibre, dont la rigueur professionnelle n’a d’égale que sa patience, et à l’ami Michel Vidal qui, avec la précision qui caractérise ses travaux, a mis en forme les tableaux généalogiques. […]
Le verdet à Montpellier et ses environs
Quand Jean-Claude Richard m’a demandé ce que je pouvais savoir sur le verdet, une compilation bibliographique a été entreprise. Elle a mis en évidence une grande quantité de textes, fruit du travail des scientifiques, des administrateurs, des voyageurs, des historiens. Chacun aborde le sujet à l’aune des connaissances scientifiques de son temps et de ses pôles d’intérêt.
Cet article ne constitue qu’une ébauche. Par choix, il contient de nombreuses citations tirées des ouvrages et des archives afin de donner une idée de la documentation disponible pour une meilleure connaissance de la fabrication et du commerce du verdet. […]
Gratien SAUMADE (1866-1944)
Léonard Baude (1733-1806)
Etienne Baude est né à Montpellier le 29 septembre 1733, fils d’Honoré, bourgeois, et de Marie Coulomb. Il se marie en premières noces avec Henriette Audemar, en 1764 dont il eut deux enfants et, en secondes noces, à Montpellier, en 1769, avec Catherine Mallié fille de Jean, bourgeois et de Marie Ginieys. Il décèdera à Montpellier en 1806.
Sa famille et ses alliances
Son père, Léonard, Honoré, décédé à Montpellier avant 1750, avait été viguier du comté de Mauguio et syndic du diocèse de Montpellier. Son grand-père, et son arrière-grand-père, Léonard, avaient été notaires à Mauguio et son père avait exercé dans cette commune les fonctions de greffier consulaire ; ses cousins continuèrent le notariat à Mauguio jusqu’en 1810.
Baude Léonard, Etienne, objet de cette présentation a eu 15 enfants ; il lui en restait 6 pendant la Révolution : 3 garçons et 3 filles. Les plus connus sont […]
Les orgues de l’église Saint-Pierre de Gignac (Hérault)
La commune de Gignac (Hérault) a disposé d’un devis, le 14 décembre 1533, par le facteur Gillet Duboys (originaire de Boys, en Dauphiné), pour l’église suburbaine de Notre-Dame-de-Grâce. L’église paroissiale de Saint-Pierre disposait elle aussi d’un orgue (attesté en 1535 et 1546), mais elle a été totalement détruite par les protestants au moment des guerres de Religion.
L’église paroissiale actuelle a été construite, au centre du bourg, entre 1635 et 1637, et reconstruite, à la suite de l’effondrement de la façade et du clocher, sous la direction d’Etienne Guiral, maître des ouvrages royaux de la ville et de la sénéchaussée de Montpellier, en 1740 et 1749.
Le 6 mars 1846, Prosper-Antoine Moitessier a établi un devis pour un orgue de 12 jeux sur deux claviers, dont un de 42 notes et un pédalier en tirasse de 18 notes. Son atelier était situé à Montpellier, rue du Jeu de ballon (quartier actuel d’Antigone / Polygone) et accompagnait sa maison familiale. […]
La ferme du Viala à travers les âges
La ferme du Viala se situe sur le Larzac méridional, entre Saint-Michel-d’Alajou et Saint-Maurice-Navacelles. Mon arrière-arrière-grand-père y est né, ce qui a aiguisé ma curiosité et m’a amené à effectuer ces recherches.
J’essaie ici de retracer l’existence de la ferme du Viala, à travers les siècles. Il est évident qu’il n’y a pas de documents existants pour les plus lointaines périodes, et nous donc tenterons d’imaginer ce qui a pu se produire en fonction de l’histoire de la région. […]
Le château-vert de l’Évêque
Transportons-nous au XVIIIe siècle, à Lodève, ville épiscopale. Le XVIIIe siècle à Lodève fut le temps des riches marchands de draps, des financiers et des grands commis de l’État en poste à Montpellier. Beaucoup prirent possession de seigneuries grâce aux lettres patentes concédées par le roi et firent étalage de titres pompeux.
En 1767, il existe à Lodève 18 moulins à foulons, 9 teintureries et 2 savonneries nécessaires à l’industrie drapière. Une concurrence acharnée mais spécialisée s’est développée pour cette activité entre Lodève, fournissant du drap militaire, et Clermont (l’Hérault), fabricant du drap fin. De plus la présence de la prestigieuse manufacture royale de Villeneuvette favorise l’essor de la grande draperie en Languedoc, la politique d’aides mise en place par l’administration royale favorisant ces initiatives privées.
Les fabricants de draps sont groupés à Lodève dans une confrérie, dont l’existence est antérieure aux guerres de religion. Les fabricants se succèdent de père en fils, et c’est le plus souvent entre eux qu’ils contractent des alliances de famille. Avec l’accroissement de la production des draps de troupe pendant les périodes de guerre, cette caste égoïste voit son influence grandir. […]
Transcription et notes par
Sylvie L’HOSTIS
Le Larzac méridional
La commune de La Vacquerie est bornée au nord par celles de St Michel et de St Maurice ; à l’est par celle de St Guilhem ; au sud par celles de Montpeyroux et St Privat, à l’ouest par celle de Parlatges.
Elle est traversée : au nord par la route départementale de Lodève au Vigan ; les chemins de Lodève à Soulatges, de La Vernède aux Huttes, du Coulet, de La Vernède à La Vacquerie, du Luc, ancien ch[emin] de Vissec, de La Vacquerie au mas de Figuières, idem à St Maurice, des Renardières, de La Vacquerie à Férussac et St Maurice ; les hameaux des Sablières, mas de Figuières, des Huttes ; les métairies de Montsaloux, mas de Jourdes, de Billac, jasse de Canaguier, métairie de Ferussac ; une marre aux Sablières… […]
Les mentions du « castrum» de Ganges
dans les actes du cartulaire de Maguelone (1162-1319)
La petite ville de Ganges, située au confluent de l’Hérault et du Rieutord, à l’orée des Cévennes, fut le siège d’une baronnie, puis d’un marquisat, et possédait donc un château seigneurial (turris sive castrum), situé en son centre (infra villam Agantici). Celui-ci, connu par une photo du début du siècle dernier, fut détruit en 1905 pour laisser la place aux halles actuelles. La belle façade brique-et-pierre qu’elle représente est l’ultime métamorphose d’une forteresse médiévale dont il ne devait plus rester grand chose, hormis – peut-être – les parties souterraines. Les dates de 1162 et 1308 qui accompagnent le titre ne sont pas celles de sa fondation et de sa disparition, mais celles des documents où le castrum est mentionné, en particulier le Cartulaire de Maguelone. Lequel lève parfois un voile timide sur quelques éléments dudit castrum, nous faisant par là regretter qu’il n’en dise pas plus. Mais les écrits contemporains ou historiques s’intéressent rarement à l’architecture des châteaux, sauf si elle joue un rôle important dans le déroulement des faits concernant leurs seigneurs. […]
La statue de Louis XVI, Roy de France (1754-1793)
L’exécution de Louis XVI sur la place de la Révolution, le lundi 21 janvier 1793 a frappé d’indignation et même de fureur, les Cours royales d’Europe : celle de Marie-Antoinette, le 16 octobre 1793, n’a fait qu’augmenter l’hostilité au gouvernement de la République et pas seulement au sein de la cour d’Autriche. A Cologne et en bien d’autres lieux, se sont réunies des troupes étrangères qui ont incorporé les émigrés français et qui se préparèrent pour le futur rétablissement de la monarchie en France.
La Révolution avait ordonné la suppression des symboles royaux — en particulier les fleurs de lys — sur les édifices et lieux publics. Des bustes ou des statues conservés dans des lieux privés échappèrent à ces destructions et peuvent avoir traversé les siècles jusqu’à nos jours. […]
Jean-Claude RICHARD RALITE,
avec la collaboration de
Henri MOIZET
Claude Bessières (1910-1994)
résistant communiste, et son évasion
de la prison de la 32e à Montpellier en juin 1944
L’histoire des résistants de base durant la Seconde Guerre mondiale est toujours difficile à retracer en particulier à cause du défaut de documents, de témoignages écrits, de procès ou d’entretiens que, le temps passant, à la suite de la disparition des intéressés, il n’est plus possible de réaliser.
C’est donc une chance de disposer, pour l’un d’entre eux, d’un dossier judiciaire et d’un compte rendu autobiographique dans lequel l’auteur donne de nombreux renseignements sur sa vie depuis la veille de la guerre.
Claude Bessière est né à Millau (1910 – Orsay 1994), fils de deux instituteurs locaux, Gaston et Maria Dalles. Il tient un magasin de cycles et adhère au Parti Communiste. Son engagement concerne aussi le Front National et les F.T.P. C’est en effectuant une mission à Béziers qu’il est arrêté, le 24 mars 1944, porteur d’un cahier manuscrit, et conduit à l’intendance de police de Montpellier puis à la Gestapo avant d’être incarcéré dans la prison de la 32e. Il s’en évadera au mois de juin 1944 et rejoindra le maquis de Coudols jusqu’à la Libération. […]
Commande
Pour commander : Sylvie L’Hostis, 1 ter, rue des Clauzels – 30170 Pompignan
(Courriel : iroise@orange.fr)
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