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Description

Aimeric de Clermont ou le rêve carbonisé :
Un seigneur du Lodévois face à la croisade des Albigeois

La Grande Guerre méridionale, d’une centaine d’années, prend à peine fin qu’un drame d’une bien plus grande ampleur se prépare à éclater. L’an 1209 est la date officielle du début de la croisade des Albigeois. Cette année-là n’est pas occitane, Simon de Montfort et ses croisés terrassent le vicomte de Béziers et de Carcassonne en quelques mois. A la fin de la première année, la croisade, ou guerre sainte, se termine pour laisser la place à une guerre de conquête. Prise de Servian, sac de Béziers le 22 juillet, reddition de Carcassonne le 15 août, excommunication de Raimond VI, comte de Toulouse, en septembre et perte de son comté de Melgueil, mort de Raimond Roger Trencavel le 10 novembre. Et quatorze jours plus tard, sa veuve, Agnès de Montpellier, cède tous ses droits sur les châteaux de Pézenas et de Tourbes à Simon de Montfort. Cette rencontre se déroule le 24 novembre, dans la maison du Temple de Montpellier. Un seul échec, celui du Duc de Bourgogne devant Cabaret. Nonobstant un vent de révolte qui souffle en ce début d’hiver 1209-1210, le Bédérès et le Carcassonnais ont changé de maître. Une guerre de trente-cinq longues années débute alors et trouvera son terme symbolique dans la chute de Montségur.

La croisade albigeoise a brisé certaines familles, ruiné plusieurs lignages et implanté un petit nombre de souches francigènes grâce à l’exposition en proie des fidèles des Trencavel. Parmi les châtelains occitans qui résistèrent à Simon de Montfort, puis au roi, se trouve le prestigieux lignage des Guilhem de Clermont. Famille dominante dans le Lodévois, elle plonge ses racines chez les Deux-Vierges et plus profondément dans la souche vicomtale de Lodève. Alliés aux plus grands, comme les Anduze, les Murviel ou encore les Montpellier, les ancêtres d’Aimeric II de Clermont se rallient précocement aux Trencavel. Proches des Montpellier, ils ont participé à toutes les ligues contre les comtes de Toulouse. Défenseurs des prélats lodévois, ils se sont montrés d’un grand soutien dans les guerres lodévoises.

Après la disparition, en 1172, de Bérenger Guilhem, allié mécréant du comte de Rodez, son fils Aimeric, bon chrétien, lui succède et revient dans le giron de l’Église romaine vers 1175. Voici en substance, ce que Dom Julien écrit dans son Histoire chronologique des anciens Guilhem. Cette introduction sur la vie d’Aimeric II Guilhem, seigneur de Clermont s’amorce bien mal. Aimeric II Guilhem descend d’une antique famille féodale qui plonge ses racines dans l’époque carolingienne. Branche cadette des anciens vicomtes de Lodève, les Guilhem de Clermont surent maintenir leur puissance dans cette partie de la vallée de l’Hérault. Aimeric II Guilhem, fils aîné de Bérenger II Guilhem et d’Amabille, alias Mabille, hérite des nombreux fiefs de son père. Puissant châtelain de la vallée de l’Hérault, il possède de nombreuses seigneuries dans l’Agadès, le Biterrois, le Lodévois, et même dans le Rouergue lointain. Maître de Clermont-Lodève et du Clermontais, Aimeric, âgé de moins de vingt-cinq ans, succède vers 1177 à son père Bérenger. Tout en continuant une stratégie familiale d’indépendance, Aimeric va inaugurer une politique de recentrage patrimonial autour de Clermont et dans la Clermontais. Un peu avant 1196, il achète à Raimond de Castries, allié à une cousine issue de germain, un vaste domaine qui se situe entre le col de Gajan (Gajo) et Lacoste, la Lergue et l’Hérault.

Ces terres lui viennent vraisemblablement des Puilacher, famille de sa femme. A partir de ce moment, il va diriger d’une main ferme la seigneurie de Clermont et ses fiefs pendant environ quarante-deux années. Il est important de se souvenir que ses premiers pas, Aimeric Guilhem va les effectuer durant les dix-sept dernières années de la Grande Guerre méridionale. Cela va influencer sa formation intellectuelle et son esprit d’analyse des situations politiques. Et, quand les grands changements surgiront dans le Midi méridional, il va réagir en homme de cette fin du XIIe siècle, en oubliant que la croisade des Albigeois a brisé les anciennes solidarités. Dépassé par les événements et usé par le temps, il fera l’objet d’une révolution de palais qui profitera à son fils, Bérenger III Guilhem. Mais avant, tentons de retracer l’histoire de sa vie. […]

Informations complémentaires

Année de publication

2009

Nombre de pages

16

Auteur(s)

Philippe HUPPÉ

Disponibilité

Produit téléchargeable au format pdf