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Description

A propos du site de la Monédière (Bessan) :
remarques sur la Préhistoire et la Protohistoire de la basse vallée de l’Hérault

En Méditerranée occidentale, en Languedoc comme en Roussillon et en Péninsule Ibérique, l’importance des embouchures des fleuves fut grande aux premiers temps des contacts avec les navigateurs aventuriers (merchant adventurers) de la Méditerranée orientale.

L’Hérault avec ses trois embouchures avait un delta, des marécages et une île – le Mont Saint Loup actuel – c’est-à-dire le Blasco de R. Festus Avienus (Ora maritima, vers 603-604). Cette île était entourée à la fois par les eaux du fleuve et par les eaux de la mer. L’existence de lagunes à l’Est comme à l’Ouest, lagunes favorables à une navigation à l’abri du cordon littoral, une communication, par « le bras espagnol », avec les eaux du Rhône qui déversaient jusqu’à Sète des sédiments alpins, tout permettait à la basse vallée de l’Hérault d’être une grande voie de pénétration.

Mais avant l’aube du commerce de troc du premier âge du Fer final entre « barbares » et navigateurs méditerranéens les populations proches de la côte languedocienne, dans cette basse vallée de l’Hérault, étaient beaucoup plus séparées que reliées par les eaux de l’Hérault. En effet ce qu’Etienne de Byzance rapportait à propos d’Agde qui aurait été située au « Limen ligustia » – au port « Liguste », (Camille Jullian, Histoire de la Gaule, 1, p. 265, note 3) et qui aurait été une ville « ligure et celte » (Ch. Müller, Frag. hist. Graec., Didot, 1849, II, p. 573, fragment Il) fait écho aux vers de R. Festus Avienus, vers selon lesquels l’étang de Thau séparait le pays Ibère du pays Ligure(Ora Maritima, 611- 614). Or ce qui semble avoir été une réalité jusqu’aux temps de la conquête romaine l’éait aussi dans la préhistoire.

Certes il faut se garder de vouloir établir les distinctions définitives puisque le rôle principal d’une archéologie vivante est de remettre constamment en cause les constatations et les théories avancées. Toutefois dès que les découvertes se font plus nombreuses pour une culture donnée dans cette basse vallée de l’Hérault il semble que le cours de l’Hérault soit une limite naturelle de contacts entre peuplades. C’est ainsi qu’au néolithique récent – vers 2200 à 2000 avant notre ère – il semble que des peuplades, nouvellement fixées sur le littoral languedocien, n’aient pas passé à l’Est du fleuve. Elles occupaient pourtant le vaste territoire qui va du Roussillon actuel jusqu’aux terres riveraines de l’Hérault. En effet cette période culturelle est représentée à Saint Thibéry.

La culture chalcolithique a été récemment signalée sur te terroir de Florensac. Une autre station prospère au chalcolithique a existé sur la commune de Tourbes.

Une remarque valable pour le Languedoc méditerranéen semble pouvoir également s’appliquer à la basse vallée de l’Hérault : il s’agit de l’âge de Bronze et de la rareté des documents avant une période avancée de cet âge. En effet le fragment d’un grand vase (pl, I) recueilli à Saint-Thibéry dans les fouilles de J. Coulouma et G. Claustres semble ne pas avoir, à ce jour, de « congénère » dans notre région. Récemment des documents du Bronze final ont pu être sauvés au moment des travaux d’aménagement du littoral par le Président du G.R.A.S.P.A. Un document qui apparaît sur le littoral méditerranéen français à l’ouest du Rhône « vers la fin de l’âge du Bronze » et qui « reste en usage pendant toute la période de Hallstatt » est l’épingle à tête enroulée. Or ces épingles ont été trouvées non loin de la basse vallée de l’Hérault, immédiatement à l’ouest de la basse vallée de l’Orb, à Vendres et près d’Agde, à Portiragnes.

A l’âge du Fer des populations nouvelles semblent avoir pris place aux côtés des populations préexistantes. En effet, les documents de l’âge du Fer sont, dans la basse vallée de l’Hérault, plus nombreux et plus uniformément répartis que les documents des périodes précédentes. La période de Mailhac I (Cayla I/le Moulin) est représentée dans l’Agadès ou terroir d’Agde et immédiatement à l’ouest, dans le Biterrois. Elle l’est à Saint-Thibéry avec une céramique, incisée avant cuisson, aux décors typiques de méandres (pl II, 1,5) de « petits chevaux » linéaires (pl. II, 2) et d’autres décors à deux traits parallèles (pl. II, 6,10). La « chronologie moyenne » de M. Louis, O. et J. Taffanel, pour, cette période, va de 750 à 650 avant notre ère. D’autres sites peuvent […]

Informations complémentaires

Année de publication

1972

Nombre de pages

19

Auteur(s)

Jean-Jacques JULLY

Disponibilité

Produit téléchargeable au format pdf