GRHISTA Numéro 4 – Année 2012 – Réédition 2024
Présentation… p. 3
La station du Cap d’Agde est une des six stations dont la Mission interministérielle pour l’aménagement du Littoral du Languedoc-Roussillon, dirigée par Pierre Racine (d’où le nom de “Mission Racine”) a décidé la construction en 1963 sur le territoire de la commune d’Agde. La décision d’aménager pour le tourisme la côte du golfe du Lion est alors une grande première en France […]
Les formes du relief volcanique de la côte du Cap d’Agde… p. 15
Dans la morphologie du littoral du Cap d’Agde ont joué quatre éléments essentiels. Tout d’abord la configuration du socle rocheux. Les piliers rocheux d’origine volcanique ont fixé les grandes lignes de la morphologie avec leurs pointes rocheuses auxquelles s’est accroché un littoral sableux. En second lieu, le rôle du fleuve Hérault qui a colmaté la côte et qui continue à engraisser le cordon littoral par les sables qu’il déverse dans la mer […]
Le Cap durant l’Antiquité… p. 25
Le Cap d’Agde peut être circonscrit par plusieurs points topographiques remarquables. Au nord et nord-ouest, les Monts Saint-Martin et Saint-Loup, au nord-est, les marais du Petit-Bagnas, à l’ouest, Rochelongue, et à l’est et au sud, la mer Méditerranée. La configuration topographique générale du site a quelque peu changé depuis l’Antiquité. La modification la plus notable repose dans l’ouverture sur la mer de l’ancien étang de Luno/Saint-Martin, transformé en port de plaisance lors de l’aménagement de la station touristique au début des années 1970. […]
Commerce maritime et littoral agathois de la protohistoire à nos jours… p. 43
“La mer, le plus riche musée du monde”. Cette formule énoncée par l’archéologue Salomon Reinach au XIXe siècle ne s’est jamais démentie. Dès l’aube de l’humanité, l’homme s’est lancé à la conquête des mers. Les premières attestations du commerce par voie maritime sont visibles à travers les importations, dans les îles de Méditerranée, d’obsidienne en provenance des gisements volcaniques de l’actuelle Italie. Depuis 8.000 ans, de nombreux naufrages sont l’attestation de cette fréquentation maritime intense. Leurs vestiges constituent des sources privilégiées pour l’étude des techniques, des échanges, de la construction navale et de la navigation. […]
Le musée de l’Éphèbe et d’archéologie sous-marine… p. 59
Aujourd’hui notre musée d’archéologie sous-marine a vingt-six ans d’existence. Son ouverture au public correspond au début de mes Missions de conservateur à Agde. J’ai pris en route la création du musée le 1er janvier 1985. Bien avant cette date, il y avait déjà l’idée de création d’un musée sur la nouvelle station du Cap d’Agde. Ce projet provenait de la volonté de trois hommes aujourd’hui disparus et pour qui je garde une pensée toute particulière. […]
Brescou, les projets de port en mer aux XVIIe et XVIIIe siècles… p. 71
Au début des années 1770, sur la carte de Cassini – plus précisément sur la feuille de Narbonne –, le cap d’Agde apparaît flanqué des “ruines du môle”, face au “fort de Brescou”. Représentés par un symbole ponctuel, les restes de cette jetée ne sont pas mesurables par le lecteur. Néanmoins, l’emploi de l’article défini “du” signale qu’il s’agit là d’une construction dont personne n’ignore alors l’existence, ni même – peut-être – l’origine. […]
L’étang du Bagnas du XVIIIe siècle à nos jours… p. 89
La station balnéaire du Cap d’Agde est construite sur une partie du terroir d’Agde appelée Le Petit Bagnas, ainsi que sur l’ancien étang de Luno. Très tôt cette zone marécageuse humide avait fait l’objet de la convoitise du voisin de la Communauté d’Agde : Marseillan. Nous trouvons dans les archives d’Agde de nombreux accords et transactions entre les deux cités, pour la délimitation et la pose de bornes dont le Cartulaire de 1602 se fait l’écho. Car bien que marécageuse, cette terre est riche de poissons et d’oiseaux. […]
La fréquentation des plages d’Agde il y a un demi-siècle… p. 101
C’est dans les années 1961-62 que les réflexions conjointes des organisations préoccupées par l’aménagement du territoire aboutissaient à des choix stratégiques en matière de développement économique régional. En Languedoc-Roussillon à l’initiative de Jules Milhau et de Philippe Lamour, deux pôles prioritaires étaient proposés à l’attention des décideurs : la diversification de l’agriculture par l’irrigation et le développement du tourisme littoral. […]
La démoustication du littoral français… p. 109
L’EID-Med a été créée il y a plus de cinquante ans, le 31 décembre 1958, à l’initiative des conseils généraux de trois départements : l’Hérault, le Gard et les Bouches-du-Rhône, dans le but de relancer une économie déclinante (viticulture, absence d’industrialisation…) en favorisant l’essor d’une industrie touristique embryonnaire, mais aussi pour protéger les populations autochtones d’une nuisance culicidienne devenue insupportable. […]
1962-1971 : les Agathois entre adhésion et oppositions… p. 119
En célébrant en 2010 les 40 ans de la station balnéaire du Cap d’Agde, Gilles D’Ettore, député-maire de la commune agathoise dont elle faisait partie, la présentait avec fierté comme “l’une des plus importantes d’Europe.” Pourtant c’était bien dans les bureaux parisiens que le projet était né et que la décision avait été prise à l’âge d’or de la centralisation. Mais il avait fallu ensuite mettre en route et faire aboutir ce chantier cyclopéen très loin de la capitale. Pierre Racine, président de la Mission interministérielle, lui-même, était dès le départ convaincu que si “cette grande opération a été décidée par le pouvoir central seul, elle ne réussira qu’avec l’accord des élus”. […]
1962-1971 : levée de pavois dans le journal L’Agathois et ailleurs… p. 133
Selon Pierre Racine, lorsque la Mission interministérielle pour l’aménagement du littoral du Languedoc-Roussillon est officiellement créée le 18 juin 1963, le gouvernement a déjà tout décidé de cet aménagement planifié à grande échelle. Il a choisi le site du Cap où dès 1961, dans le plus grand secret pour éviter la spéculation, la Compagnie du Bas Rhône a déjà constitué une réserve foncière en mettant des options d’achat sur environ le tiers des terrains estimés nécessaires. […]
Polémiques autour du style architectural adopté par Jean Le Couteur… p. 149
Dans le préambule du règlement d’architecture du Cap, destiné à ses confrères et aux opérateurs, Jean Le Couteur précise ses intentions. “Le respect du site a dominé les études du plan de masse. Il doit continuer à inspirer tout candidat constructeur en Agde car la création d’une ville est une œuvre collective et sa réussite dépend avant tout de l’adhésion de tous … Il faut également que l’architecture dans son ensemble, comme dans ses détails contribue à l’harmonie de l’environnement et n’y apporte aucune fausse note”. […]
Les grandes étapes de la construction de la station du Cap d’Agde… p. 169
En 1959, Pierre Sudreau, alors ministre de la Construction, préconise une politique d’ensemble concernant l’aménagement du territoire à savoir envisager la question dans sa globalité, inscrite à l’échelle du pays, plutôt que des mesures d’actions régionales répondant au coup par coup, sans idée directrice. Trois commissaires régionaux sont nommés pour explorer la France, consulter les administrations, les entreprises, les syndicats. […]
L’évolution de la clientèle touristique de la station du Cap d’Agde… p. 179
Lorsque l’aménagement touristique du littoral Languedoc-Roussillon s’est amorcé dans la décennie 1960-1970, les sociétés d’économie mixte qui en étaient chargées pour chacune des six stations, dites “nouvelles” à l’époque, ont été rapidement confrontées à la nécessité de donner de la vie à ces stations qui, en quelques années, sont devenues des destinations de vacances internationalement fréquentées. […]
Les noms de rues du Cap d’Agde : du marketing à l’enracinement local… p. 187
L’étude de l’odonymie, c’est-à-dire des dénominations données aux voies publiques, est une façon pertinente d’interroger le rapport des édiles avec leur ville. En effet, dénommer n’est pas un acte aussi innocent et secondaire qu’il peut paraître. Attribuer un nom c’est donner un sens politique et culturel à l’objet baptisé. Étudier le corpus des noms des rues permet d’essayer d’appréhender les mentalités et les représentations du passé. […]
