Mémoire d'Oc n° 024
Mémoire d'Oc n° 024

Mémoire d'Oc n° 24 (mars 1993)
Le jeu de mail

51 pages – (1993)

Introduction

Car le jeu de Mail est un divertissement fort ancien. Dans l’importante étude qu’il en a présentée en 1985 au Congrès National des Sociétés Savantes à Montpellier, A. Anglada signale que « l’Arioste, poêle italien du XVè siècle, en parlait déjà dans « II Negromante » en 1494. J. Baumel dans son « Histoire d’une Seigneurie du Midi de la France » se pose la question : « A-t-on pratiqué à Montpellier le jeu de l’Arc, celui de l’Arbalète et le jeu de Mail avant le XVIè siècle ? » Rien ne permet de l’affirmer.

Je ne ferai pas aux Montpelliérains l’injure de penser qu’ils ignorent ce qu’est un « mail ». Mais poussée par la curiosité sémantique qui est une de mes faiblesses, j’ai tenu à rechercher l’origine et l’étymologie de ce mot. Et j’ai trouvé, dans le Larousse Universel du XIXè siècle, qu’il provenait du latin « malleus » (marteau) mis pour « malteus » ou, sous diverses autres formes : « martulus, marcus, marculus, le marteau »). L’ancien slave l’appelle « mlata », le russe « molatu », le persan « mlot », l’illyrien « mlat », l’armoricain « morzel » et le scandinave « mlolmir » qui est le nom du marteau de Tor, colossal dieu du Tonnerre, des Éclairs et des Pluies bienfaisantes, insatiable convive et bon vivant au demeurant, La racine commune à tous ces noms est « mar-mal » qui suggère l’idée de broyer. Et nous verrons, au cours de cette petite étude que les mails ne se sont pas fait faute de broyer… De l’idée de « maillet », on est tout naturellement passé par extension au jeu lui-même, puis au terrain préparé pour jouer – une allée la plupart du temps -, pris au sens de promenade publique. C’est sous les ombrages de « l’orme du mail » qu’Anatole France a fait fleurir les philosophiques propos tenus par M. Bergeretau recteur Lantaigne, son interlocuteur favori.

Le nom même du jeu a évolué au fil des siècles. Il a porté le nom de « palemail » et Olivier deMagny dans un sonnet de « SOUPIRS », paru en 1557 l’appelle « pallemaille » ; sous la plume d’Estienne il devient « palemaigle » ; et Brantôme note que Henri II, Charles IX et Catherine de Médicis s’adonnaient aux joies du « palle-mail« ; il a été aussi « palmail – parmail – paillemaille ». Dans son « QUART LIVRE » de PANTAGRUEL (1548) Rabelais fait référence au « Pillemaille« . Plus intéressant pour nous est le nom de « palamard » rapporté dans les  »TRADITIONS du PAYS de MONTPELLIER ; boules et mails sortaient en effet des mains des palemardiers qui tenaient boutique et jouèrent un rôle important dans la réglementation du jeu.

Nous le voyons, le jeu de Mail n’est pas une institution spécifiquement montpelliéraine. Joué à l’étranger et surtout en Italie et en pays d’oil, il n’en a pas moins connu ici une fortune singulière. Un dicton ne disait-il pas que « A Montpellier les enfants naissent avec un mail à la main » ?

Contenu du numéro :

Le jeu de mail

Introduction : Les avatars du jeu de mail.

Le mail, « ce jeu sans pareil » :
     Description du jeu,
     « Le noble jeu de mail de la ville de Montpellier »,
     Les palemardiers,
     Pour ou contre ?

Le jeu au cours des siècles :
     « En vain les ennemis de ce jeu légendaire, veulent le supprimer… »,
     Les lieux,
     Plaintes, litiges et arrêtés,
     Les « chevaliers du bois roulant ».

Sur les pas de Papas :
     Les chants de l’amitié,
     Mens sana in corpore sano,
     Les rites de passage,
     Nuages sur le jeu,
     Tristes obligations,
     Matte la Faveur.

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