Mémoire d'Oc 116
Mémoire d'Oc 116

Mémoire d'Oc n° 116
(janvier 2006)
S’ils n’ont pas de pain...

36 pages – (2006)

Introduction

Huit millénaires avant notre ère, dans cette terre nommée jadis Croissant Fertile, entre Tigre et Euphrate, et théâtre aujourd’hui de tragiques événements, les premiers groupes humains sédentarisés commencent à cultiver sur de petites surfaces épeautre, orge, millet, blé. Peu à peu, ces céréales grillées, concassées, travaillées en minces galettes vont devenir les prototypes de ce qui constitue maintenant notre nourriture quotidienne, le pain.

Il n’est pas question ici de faire l’historique détaillé de cette précieuse denrée, ni d’en étudier la valeur symbolique, mais bien plutôt de voir quelle place importante elle a tenu dans l’histoire des hommes et plus spécifiquement dans celle de notre ville à une période cruciale de notre Histoire.

Le pain a toujours et partout été un sujet de préoccupation pour les Autorités de tous les États car la rareté ou la prix excessif de ce produit indispensable à l’alimentation du peuple risquait d’entraîner de sérieuses difficultés. Les Romains réclamaient « du pain et des jeux » mais plus près de nous bien des révolutions se sont faites au cri de « nous voulons du pain ! ».

La Gaule, conquise par les Romains, a bénéficié sans aucun doute des progrès faits en Italie dans le domaine du travail du pain. Mais « nos ancêtres les Gaulois », bons agriculteurs, avaient déjà fait leurs preuves en fabriquant un pain… à la cervoise très réputé. Hélas ! aux Ve et VIe siècles, les grandes invasions de peuples venus d’Asie ruinent l’agriculture gauloise : à mesure qu’avancent les Barbares, le pain recule. Ce ne sont partout que terres ravagées, moulins détruits, populations affamées.

Un siècle plus tard, ils sont passés et le bon Roi Dagobert, qui n’était pas toujours distrait, a promulgué des édits concernant la réglementation et la vente du pain. Les rares « boulangeries » de l’époque devaient se situer pour plus de sécurité et de confort dans les différentes cours royales, dans les villes fortifiés et dans les abbayes.

Mais cette relative tranquillité ne put rien contre un nouveau fléau : les famines catastrophiques de l’An Mil dues à une succession d’années excessivement pluvieuses accompagnées d’intoxications massives causées par l’ergot de seigle.

Les siècles passant, l’agriculture se développa surtout dans les grands domaines des abbayes dont la vocation première était de nourrir pauvres et pèlerins. Tout autour, sur leurs terres ou sur celles d’un seigneur, les paysans se groupèrent en petits villages dotés d’un four à pain, le four banal, géré par un fournier, sorte d’agent du seigneur chargé de percevoir le ban ; c’était l’impôt en nature perçu pour toute cuisson. Une quinzaine de tourtes cuites en rapportait une au seigneur.

Contenu du numéro :

1re Partie : Le District « disetteux » de Montpellier à la veille de la Révolution :
L’état du territoire
La transition administrative dans la ville.

2e Partie : Fin de la Monarchie :
la disette menace toujours :
La crise du printemps 1789 : mesures de prévention
Les Cahiers de Doléances : 8 mars 1789
Un nouveau Régime va naître
Tensions sociales.

3e Partie : Les efforts de la Convention :
Le difficile combat contre la faim :
Maximum départemental : affaire J.-J. Durand
Maximum national : affaire des galettes
Maximum par district.

4e Partie : Le Directoire :
Pénurie de fonds, pénurie de pain :
Une année difficile :
L’An IV
Les dernières années du Directoire.

Conclusion

Mémoire d’Oc

Hôtel de Varennes
2 place Pétrarque
34 000 Montpellier

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