La vie quotidienne des Paysans du Languedoc au XIXe siècle
La vie quotidienne des Paysans du Languedoc au XIXe siècle
p. 31 à 36
Pour un nouvel essor de l’histoire régionale contemporaine. La vie quotidienne des Paysans du Languedoc au XIXe siècle.
Par Daniel FABRE et Jacques LACROIX (Hachette Littérature, Paris 1973) 479 p.
La vieille collection « La vie quotidienne » des Éditions Hachette s’enrichit chaque année de quelque nouvel ouvrage permettant à un très large public de connaître tel ou tel aspect de la vie – le plus souvent populaire – des populations dans le passé. Ainsi en est-il des différents titres récents qui intéressent notre région : Jean Anglade pour le Massif Central au XIXe siècle, Pierre Rollet pour la Provence du temps de Mistral, Roger Beteille pour le Rouergue avant 1914… et D. Fabre et J. Lacroix pour les Paysans du Languedoc au XIXe siècle.
C’est à propos de ce dernier ouvrage que nous souhaitons présenter les réflexions d’un historien.
Les auteurs – des moins de trente ans tous les deux – sont originaires du Languedoc, ont fait leurs études secondaires à Carcassonne, puis se sont spécialisée l’un en études romanes, l’autre en ethnologie. A partir de la réalité paysanne d’aujourd’hui qu’ils connaissent par de solides enquêtes sur le terrain, ils tentent de porter sur l’histoire du Languedoc un regard ethnologique.
Disons d’emblée que leurs ambitions ne sont pas minces. Il s’agit de « faire voir et comprendre les racines de la lutte présente », la lutte pour la renaissance et la reconnaissance d’une personnalité occitane.
Les résultats répondent-ils aux espérances ? Franchement, au terme d’une lecture attentive, nous croyons devoir répondre par la négative. Auparavant, signalons toutefois les apports positifs, avant de viser la méthode et les moyens mis en œuvre.
Rassemblant des matériaux dispersés, utilisant largement des publications difficiles d’accès, souvent sous la forme d’articles, les auteurs font œuvre de vulgarisateurs, offrant au public, non certes une synthèse encore bien prématurée, mais de nombreux extraits de travaux de recherches, souvent universitaires, qui restent fort peu connus. Ils ajoutent le fruit de leurs recherches personnelles, l’irremplaçable enquête sur le terrain, de nombreux témoignages oraux recueillis auprès de personnes âgées. Ils ont même mis au jour quelques manuscrits nous donnant de l’inédit sur les mentalités et croyances populaires. De fort bonnes pages sont écrites sur les fiançailles, le mariage, les relations entre l’homme et la nature. Le chapitre sur « L’homme et le surnaturel » ne manquera pas d’intéresser les curieux du mental collectif des hommes de la terre.
Mais…. les erreurs fourmillent. En voici quelques exemples relevés au hasard : p. 79, « l’interdiction du droit de grève jusqu’en 1806 », coquille pour 1864 ?
P. 80, plus grave, voici qu’avec exode rural le bas-Languedoc « perd ses paysans »,OUi certes dans la seconde moitié du XXe siècle, mais surement pas au XIXe siècle malgré la crise passagère du phylloxera, laquelle est suivie d’un très fort appel de main d’œuvre dans le vignoble : les graphiques de R. Dugrand sont à cet égard très suggestifs qui montrent des maxima de peuplement atteints dans les bourgs du Biterrois… au début du XXe siècle.
P. 85, le grand nombre des enfants nés dans les quelques mois qui suivent la cérémonie du mariage – « célébrer Pâques avant les Rameaux » – s’expliquerait par la crainte de la stérilité considérée comme une tare… Si c’était-là la raison ultime il faudrait admettre que ce sentiment serait allé grandissant dans certaines régions ! Ceci est, à l’évidence, des plus discutable.
P. 151, Dans les communautés où ils sont minoritaires les protestants se font enterrer « jusqu’à la fin de l’Ancien régime (sic) dans leurs propriétés ». Nous savons au contraire que cette pratique est devenue coutumière au point de subsister encore çà et là aujourd’hui.
P. 368, « Tout au long du siècle le nombre des pratiquants assistant à la messe et communiant à Pâques ne cesse de diminuer… » S’il n’existe aucun moyen de contrôler ce qu’il en a été pour la mess, par contre et contrairement à une affirmation courante, c’est une grosse erreur pour les pâques qui étaient très peu nombreuses dans la plupart des paroisses durant le premier tiers du XIXe siècle, moindres dans tous les cas, d’une façon générale, que dans les années 1860. En Lozère en 1914 la proportion des abstentionnistes est d’environ 5 % contre 20 % vers 1825… époque où pourtant le Trône appuyait l’Autel (affirmation qui mériterait d’ailleurs une analyse plus fine, l’alliance a été à éclipse). Dans le Tarn, 51 % de pascalisants en 1835, 66 % en 1901. Dans l’Hérault vers 1876, les cantons pour lesquels on dispose de statistiques comparables, sont en remontée par rapport à 1836-1837. La réalité est qu’il y a eu des flux et reflux et une grande diversité des évolutions régionales (ainsi du contraste entre Nîmes et Béziers vers 1880, la moitié des hommes et jeunes gens pascalisent dans la première ville, à peine 5 à 6 % dans la seconde).
P. 374, De la Révolution à la fin du XIXe siècle… très lente scolarisation : « Généralement les paysans refusent l’école »… Eh bien, ici encore, cette affirmation courante est inexacte, le « généralement » est de trop : les auteurs ne constatent-ils pas eux-mêmes, et les chiffres sont exacts, que dès 1830-33, alors que les conséquences de la désorganisation scolaire provoquée par la période révolutionnaire et impériale se font toujours sentir, plus de la moitié des conscrits du Gard et de l’Hérault sont alphabétisés, 45 % dans l’Aude et la Lozère ? Mais, dira-t-on, les conscrits des villes améliorent les taux. Rien n’est moins certain : Hérault en 1846, 33,4 % de conscrits illettrés dans les villes, 32,5 % dans les communes rurales.
En 1857-61, la proportion des conscrits alphabétisés passe à 76 % dans l’Hérault, 75 % dans le Gard, 69 % dans la Lozère, 68 % dans l’Aude, 65 % dans la Haute-Garonne, 58 % dans l’Ardèche, 55 % dans le Tarn ; n’est inférieure à la moitié que dans l’Ariège (43 %). Ceci ne montre-t-il pas – malgré les réserves à faire sur la « qualité » de l’enseignement – que les paysans acceptent « généralement » l’école, même si l’impression provoquée par la présence de nombreux illettrés est toute différente ? On n’oubliera pas non plus que dans les centres ouvriers, dans les grandes villes, afflue la main-d’œuvre rurale la plus fruste que les enfants des centres textiles sont happés par la manufacture… Il ne faut pas se hâter, pensons-nous, de conclure ainsi trop vite à l’existence de très fortes inégalités entre villes et campagnes quant à l’instruction, au moins celle des garçons. Les statistiques de Victor Duruy, dans les années 1860, sont assez éclairantes en cette matière. Elles témoignent du recul de classement des départements fortement industrialisés, qu’il s’agisse des conscrits ou des nouveaux mariés.
P. 378, « C’est seulement vers le milieu du siècle que, diplômés de l’École normale et fonctionnaires à part entière, les instituteurs et les institutrices peuvent prétendre à un revenu modeste… » Ne pas en conclure que dès le milieu du siècle tous les maîtres sortent des Écoles normales… Vers 1860, celle de Montpellier reçoit des promotions de 6 élèves… dans un département qui compte environ 600 instituteurs. On voit combien la proportion des normaliens était faible. Elle le resta longtemps encore.
P. 379, En 1880 (sic)… « Même largement laïcisée l’école conserve tous les attributs saint-sulpiciens de la religion populaire » : en 1880, l’école n’est pas le moins du monde laïcisée. Il s’en faut d’un an ou deux pour que les lois Ferry amorcent le processus de laïcisation qui fut plus ou moins rapide selon les régions. Vers 1900 il se trouve encore des instituteurs pour conduire leurs élèves aux processions. Avant 1882, l’enseignement religieux est la première matière du programme officiel de l’enseignement primaire.
P. 385, la sous-scolarisation de la France du Midi, est expliquée par la précarité de l’économie, « sans doute la raison fondamentale… dans les terroirs ingrats. seule une grande quantité de bras permet d’assurer un rendement et un niveau de vie minimal »… A ce compte, plus le département serait pauvre, plus grand devrait être l’analphabétisme. Or ceci n’est pas exact. On constate, dès 1830 que le taux d’alphabétisation des conscrits est meilleur en Lozère qu’en Haute-Garonne, et ceci n’est pas un accident, la même supériorité existe en 1861. On sait aussi que deux des départements les plus pauvres de la France du Midi, les Hautes-Alpes et les Hautes-Pyrénées étaient fortement scolarisés et pourvoyaient en maîtres d’école le bas pays, tant il est vrai que l’instruction a été – et demeure – un moyen individuel de promotion dans les pays les plus pauvres.
Au chapitre de la religion, notons le caractère bien approximatif des données concernant les confréries avec une confusion entre confréries professionnelles, du Saint-Sacrement ou du Rosaire et Pénitents. La confrérie serait un lieu de socialisation qui inclut surtout les hommes. Vrai pour les Pénitents, ceci est faux pour les confréries de dévotion – tel le Rosaire – qui, en certaines régions ne regroupaient que des femmes. Au passage, relevons une erreur dans la datation des apparitions de Lourdes qui sont de 1858 et non de 1848.
Sur la limitation des naissances, une très grave erreur p. 456 : « Dans la montagne… les couples qui demeurent… se mettent très tôt à limiter les naissances », ceci en vertu de l’idée fausse que la limitation dérive de la pauvreté des ressources. La Lozère entre 1900 et 1914 détient tous les records nationaux de natalité considérée sous ses différents angles : fécondité, proportion d’enfants survivant par famille, nombre d’enfants par homme marié… Par contre la limitation des naissances en bas-Languedoc ne devient supérieure à la moyenne nationale que dans les années 1860-1870 qui correspondent exactement à l’étonnante prospérité viticole née de la formation d’un marché national. C’est l’accession à la propriété, c’est-à-dire l’enrichissement qui conduit à limiter sa descendance et non l’inverse. N’est-il pas constant que les couples d’ouvriers agricoles ont été les plus prolifiques ?
Nous avons enfin à cœur de redresser une autre erreur courante, de ces affirmations qui indéfiniment reprises sans que l’origine en soit contrôlée, finissent par passer pour vérités :
P. 447, « Entre 115 et 1850 le comportement politique du Languedoc s’est totalement (sic) transformé », de blanc le pays aurait viré au rouge. C’est un journaliste, le républicain Ténot, qui dans ses études – elles datent de la fin du second Empire – sur le Coup d’État de décembre 1851 en province, a avancé une telle affirmation. Des études patientes en font maintenant justice. Il ne fait aucun doute que le pays ait été moins blanc en 1815 qu’on ne l’a cru (et que ne le croyaient sous la Restauration les milieux politiques parisiens n’ayant l’œil que sur le quadrilatère Montpellier-Mende-Privas-Nîmes, affecté par les troubles de la Terreur blanche). Ceci est déjà une certitude pour le Biterrois, le Lodévois, le Saint-Ponais, le Narbonnais, une partie du Tarn, et sans qu’il soit nécessaire de faire appel à la présence de protestants. Le pays était moins rouge en 1851 que ne l’a imaginé une opinion n’ayant d’yeux que pour la résistance du Biterrois et de certains autres cantons au Coup d’État. Le Montpelliérais, le Carcassès, le Gard catholique ne peuvent certes figurer alors parmi les « rouges ».
Indépendamment de ces trop nombreuses erreurs – nul doute que les spécialistes n’en décèlent d’autres – il faut constater que La vie quotidienne des paysans en Languedoc suscite bien d’autres réserves.
L’étude de l’évolution des catégories sociales est purement « impressionniste ». Nos auteurs ignorent un document de consultation aussi facile – puisque imprimé – que la Statistique de la France. Ils y auraient puisé bien des références exactes, indispensables au sérieux de leur analyse. Il existe aussi dans les Archives départementales les Enquêtes agricoles du XIXe siècle, le recensement de 1851, avec son récapitulatif départemental qui, lorsqu’il a été conservé, permet de prendre une vue rapide des composantes démographiques et sociales d’un département. Ces sources ne sont pas citées. Les enquêtes agricoles auraient fourni maints éléments sur la vie paysanne. Victimes d’une conception archaïsante ou naïve de l’histoire, D. Fabre et J. Lacroix considèrent que la monographie a valeur exemplaire, or nous savons qu’un exemple peut être unique, qu’il convient de ne pas généraliser indûment. Nous savons qu’il n’est aujourd’hui d’histoire sociale et économique que sérielle. Que les monographies doivent venir illustrer, appuyer, confirmer les séries statistiques. Rien de tel ici où l’on ignore pratiquement l’analyse démographique. Dans l’utilisation des sources descriptives, elles-mêmes, relevons une fâcheuse lacune, l’absence de toute référence au roman régionaliste. Il se révélerait pourtant riche en notations précieuses… précieuses à condition que l’historien les situe dans la trame générale d’une histoire dont la charpente est faite d’un autre matériau. Pour le seul département de l’Hérault, citons les romans rustiques de Ferdinand Fabre et de Paul Vigné d’Octon, ceux du Piscénois Georges Beaume. De moindre intérêt, mais utiles pour le propos, ceux de Madame Louis Figuier, Mos de Lavène (1859), Le Franciman (1859), Les fiancés de la Gardiole (1860) et l’incomparable témoignage sur l’instituteur rural de la fin du siècle d’Antonin Lavergne (l’auteur de Tantoune), Jean Coste ou l’instituteur de village, que Péguy trouva digne d’être publié dans les Cahiers de la Quinzaine.
Fait plus grave encore, l’étonnante indifférence à la référence exactement datée sous le prétexte en partie fallacieux, croyons-nous, que le même type de société et de structure mentale perdure de la fin du Moyen-Âge à l’aube du XXe siècle. Indifférence qui entraîne les plus dommageables confusions, dont le moindre n’est pas de sacrifier au genre du tableau statique (en bien des chapitres) :
P. 100, des ordonnances épiscopales du XIIe ou du XVIIIe siècle invoquées à l’appui de désordres du XIXe siècle.
→ le pêle-mêle de faits mis côte à côte, sans datation, alors que parfois trois-quarts de siècle ou plus les séparent.
→ des généralités douteuses : un exemple, p. 105 : « Il faut laisser à l’enfant ses poux, signe de bonne santé »… Qu’on nous dise donc combien cette pratique avait de sectateurs dans les villages languedociens vers 1890 ?
Imprécision chronologique qui entraîne des oublis fâcheux, dont voici quelques exemples en différents domaines :
- la prospérité viticole du second Empire et ses conséquences sociales et morales – si considérables, croyons-nous – sont occultées. Le fait semble fréquent chez certains : ils semblent ne pas vouloir que le pays ait pu connaître la prospérité après la centralisation napoléonienne. Malheureusement les faits contredisent la théorie. Or, dans le domaine de l’évolution des mœurs, des mentalités, cette soudaine prospérité a provoqué des changements décisifs, ce qui rendit d’ailleurs socialement plus grave la crise du phylloxera puis les crises de mévente.
- Dans le domaine politique, nulle part ne nous est présenté ce type social du Midi, le paysan blanc. Il faut dire que le « rouge » est mal campé lui aussi : en témoigne l’insigne faiblesse de la IVe partie, « Les luttes contre l’ordre social » où la présentation du carnaval de Romans, reprise d’E. Le Roy-Ladurie ne saurait tenir lieu d’analyse.
- Oublis dans le domaine des comportements individuels il n’est rien dit de la coutume qui se répand après 1870 du voyage de noces à Paris. C’est là un fait nouveau d’une ampleur assez considérable en pays viticole. Il méritait que l’on s’y arrêtât. Pas un mot non plus sur le mouvement pour les obsèques civiles dès la fin du second Empire, autre signe de quelque chose qui change et, pour rester dans le domaine religieux, les Confréries du Suffrage, nées dans le Gard et l’Hérault, comme une protestation contre les « enfouissements civils » indiquent aussi une évolution dans le sens de la résistance à la déchristianisation.
Sur la sociabilité paysanne, les éléments d’études manquent – que nous avons en Provence dans les excellents travaux de M. Aguihon. Cafés, cercles « sociétés » de village, voire casinos (on en trouve même dans certains bourgs du Narbonnais vers 1880) traduisent par leur prolifération dans la plaine les transformations de l’économie. Ici encore rien de statique, l’apparente uniformité des modes de vie paysanne n’est là qu’une vue bien sommaire sinon fausse.
L’emploi beaucoup trop constant du présent de l’indicatif est le révélateur d’un point de vue exagérément statique. Les discontinuités auraient dû apparaître. Peut-être par défaut de culture historique, nos auteurs tombent dans le travers des folkloristes, l’indifférence à la date, souvent aussi aux nuances locales.
Quoi de plus, dès lors, dans cet ouvrage que dans les publications consacrées au folklore – certes beaucoup enrichi ici – dont on sait, qu’Aude et Vivarais mis à part, elles sont en général bien pauvres dans nos régions. Van Gennep faisait de l’Hérault une « terra incognita plus que le centre de l’Afrique », faiblesse en partie comblée aujourd’hui avec les travaux des étudiants de J. Servier.
On pourra nous trouver bien durs. Nous devons avouer que notre rigueur eût été moins grande si l’Avant-propos de l’ouvrage n’avait révélé les hautes prétentions des auteurs, formulées dans un style ésotérique dont nous croyons qu’il fait illusion. « Nous sommes convaincus qu’une étude prospective sur la société occitane doit commencer par la maîtrise de son passé immédiat »… Nous ne le sommes pas moins, mais à la condition de connaître ce passé autrement que par la juxtaposition de monographies et de témoignages « impressionnistes ».
Le labeur de l’historien est difficile. Les spécialistes avancent prudemment, ils vont donc lentement ; par honnêteté intellectuelle ils répugnent aux synthèses audacieuses. Ils voient trop qu’elles sont bâties sur du sable… Pour autant n’appartient-il pas aux artisans de la profession de relever le gant, à l’heure où chacun se mêle d’écrire une « histoire occitane » – la lecture de l’étonnante Histoire de l’Occitanie d’Henri Espieux, Barnier, Nîmes, s.d. -, ne manquera pas d’édifier les spécialistes qui en ignoreraient l’existence – afin de ne pas laisser s’accréditer dans le public, une histoire à bon marché, faite d’à-peu-près ou d’à-priori tranquillisants. Que l’historien de formation sache dépasser l’érudition – elle est indispensable – pour proposer ses hypothèses, en acceptant de les mettre à la portée de plus vastes auditoires. Qu’il entre dans les voies nouvelles ouvertes par l’interdisciplinarité (sociologues, ethnologues, psychologues, économistes, historiens du droit et des institutions…), alors l’histoire des mentalités populaires, fruit d’une collaboration entre spécialistes de disciplines qui ne peuvent plus s’ignorer, dépassera l’anecdote, le récit, les simplifications abusives et les schémas préconçus.
Gérard CHOLVY
Université Paul Valéry, Montpellier
