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Description

Les passages des colonnes allemandes dans le Cœur d’Hérault
au mois d’août 1944 et l’embuscade d’Aniane
(26 août) par le maquis Roland

Nous voudrions tenter de présenter les mouvements de troupes allemandes dans notre région au mois d’août 1944, les attaques des forces de la Résistance qu’elles ont subi, les morts et destructions qu’elles ont opérées en réponse, en rappelant que nous n’avons pas tous les renseignements que nous souhaiterions car l’heure n’était pas, alors, à rédiger des rapports précis et à prendre des photographies…

Depuis l’envahissement des T.N.O. (Territoires Non Occupés) le 11 novembre 1942 et la vaine tentative du Général de Lattre de Tassigny de s’y opposer par les armes, l’occupation de notre région sera totale avec d’importantes forces militaires, des services complets et des forces de répression très actives. L’année 1943, l’instauration du Service du Travail Obligatoire (le S.T.O.) et la création de la Milice Française vont apporter, par réaction, des forces vives aux mouvements de la Résistance et aux maquis, alors que les jeunes des Chantiers de Jeunesse vont se retirer au fur et à mesure vers le Centre de la France. Les répressions, de plus en plus fortes, les rafles, les prélèvements économiques vont être de plus en plus lourds. En 1943 cependant, après la bataille de Stalingrad, le régime nazi est atteint comme il l’avait été, mais moins fortement, l’année précédente, par la bataille de Bir Hakeim.

L’année 1944, un vent d’espoir se lève surtout à partir de juin et du succès du débarquement des Forces alliées en Normandie dont la progression vers l’est ne sera pas facile. Le 20 juillet, une tentative d’assassinat d’Hitler, préparée par des officiers, va échouer mais le régime voit, de proche en proche, les Alliés en passe d’atteindre le Reich. Aussi, lorsque le 15 août 1944 les Alliés engagent un débarquement en Provence, on comprend à Berlin que cette Armée une fois ancrée, forte de centaines de milliers d’hommes, aidée par les forces françaises de la Résistance, va s’engager dans la vallée du Rhône et rejoindre le front de l’Est en liaison avec les forces alliées déjà présentes.

Déjà, dès le 13 août, sur la demande du général Wiese, commandant la XIXème armée qui occupe le sud depuis Toulouse et les Pyrénées jusqu’à la frontière italienne, et dont le Quartier Général est à Villeneuve-Lès-Avignon, Hitler donne l’ordre de départ pour la vallée du Rhône, de la 11ème Panzer-Division, commandée par le général Wend Wittersheim. Le 14 août, une partie des chars est déjà en route sur la nationale 113 vers Remoulins et d’autres, d’Albi à Nîmes, en empruntant les routes du nord de l’Hérault et du nord du Gard ont le même objectif. Le 19 août, le général von Blaskowitz avait installé son Quartier Général à Pierrelatte et, deux jours plus tard, à Lyon.

Nous présenterons ce que l’on peut savoir des passages des colonnes allemandes durant une semaine dans le Cœur d’Hérault et au-delà. Loin de nous de porter un jugement sur les conséquences souvent terribles et définitives de ces mouvements de troupes. Il s’agit de les rappeler car ils font partie de notre histoire.

Les passages des Marschgruppen, les colonnes allemandes

Les dates, les itinéraires, les compositions des troupes allemandes qui ont traversé notre région en août 1944 ont été établis par de nombreuses recherches (cf. Bibliographie). Il est clair que de tels mouvements qui se sont produits en quelques jours ne peuvent pas être décrits avec tous les détails d’autant plus que nous ne disposons pas, du côté français, de renseignements précis et complets. Le tableau que l’on peut en dresser reste tributaire de modifications et d’ajouts provenant par exemple d’acteurs et de témoins qui n’ont pas encore livré leurs souvenirs.

Il est impossible de préciser tous les chemins suivis et les effectifs exacts de ces déplacements qui vont, de l’ouest à l’est, pendant plus d’une semaine, parcourir la plupart des voies du Cœur d’Hérault en se tenant éloignés de l’axe routier et des grandes villes de la côte qui pouvaient constituer des obstacles par des luttes armées organisées par les mouvements de la Résistance. De plus, les grands axes routiers comme les voies ferrées constituaient des cibles faciles offertes à l’aviation alliée comme on le vit à Tornac-la Madeleine ou à la gare d’Arènes à Montpellier.

Les recherches effectuées par plusieurs auteurs ont permis, cependant, de proposer les résultats suivants dont une synthèse a été publiée par A. Vielzeuf et J. Castan : […]

Informations complémentaires

Année de publication

2013

Nombre de pages

8

Auteur(s)

Jean-Claude RICHARD RALITE

Disponibilité

Produit téléchargeable au format pdf