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2.00

Description

Le gouvernement militaire d’Agde et de Brescou : l’affaire du Major

* Chargée de Mission, Experte, Archives Historiques et Mutualisation à la Mairie d’Agde

Introduction

Le terroir d’Agde est assez particulier pour une ville maritime. La ville proprement dite est à environ 5 km de la mer, installée sur le bord d’un fleuve difficilement navigable par son ensablement. Elle est bordée par 14 km de côtes sur la Méditerranée.

La place forte d’Agde sur laquelle s’exerce le gouvernement militaire est composée de cinq éléments bien séparés géographiquement les uns des autres :

A. Les différents éléments de la Place Forte

1. Les murailles de la ville

Construites dès le XIIe siècle en s’appuyant sur une base érigée par les grecs entre le VIe et le IVe siècle avant J.-C., les murailles entourent la ville entièrement dans un premier temps. Des tours rondes ou carrées séparent des murs épais formés d’arcs évidés surmontés d’un chemin de ronde. Plusieurs portes fortifiées assurent l’entrée et la sortie des habitants. Très rapidement, la ville déborde de ses murs en direction de l’est vers le prieuré Saint-André alors hors les murs. Une deuxième enceinte est construite au XIIIe siècle sur le même schéma que la première : tours, murs, porte. Le mur de séparation entre la Cité et le Bourg disparaît bientôt, ennoyé dans la construction des maisons.

Le développement économique de la ville avec l’augmentation du trafic maritime, entraîne la destruction du mur côté rivière et la création d’un port en rivière. Deux portes sont ajoutées : la « Porte de la Fontaine », au pied des bâtiments du Chapitre qui protège la ville du port, et la « Porte Notre Dame » construite au XVIIe siècle aussi en bordure du fleuve, qui permet de rejoindre Notre-Dame-du-Grau d’où son appellation.

L’entretien des murailles et des portes est assuré par l’association du seigneur-évêque et de la Communauté appelée « l’Œuvre Commune ». Chacun des deux associés fournit pour moitié, les revenus nécessaires au paiement de l’entretien ainsi qu’un « ouvrier », chanoine pour l’évêque, bourgeois pour la Communauté, chargé de gérer les travaux.

2. Les citadelles

Jusqu’en 1632, la ville compte deux citadelles : la citadelle dite « haute », située à côté de la Porte de Fer (aujourd’hui la Salle Molière), et la citadelle appelée « basse », fermant la muraille au bord de l’Hérault en direction du Grau d’Agde. Chacune de ces citadelles est commandée par un capitaine à la tête d’un petit détachement de soldats. Leur rôle est d’assurer la sécurité de la Cité et du Bourg.

Entre 1629 et 1632, les deux citadelles sont démolies. En 1632, les restes de la citadelle haute composés d’un seul logement sont rachetés par les Religieuses de Sainte Marie tandis que la citadelle basse est entièrement détruite. La Porte Notre Dame et des habitations sont construites à sa place.

3. Les casernes

La destruction des citadelles oblige une partie des militaires qui stationnent en ville, à loger chez l’habitant. L’autre partie est logée dans des maisons louées à cet effet. Les officiers sont reçus dans les meilleures hostelleries et chez les riches bourgeois. Les chevaux des cavaliers sont répartis dans les écuries des auberges et des habitants. En 1745, la Communauté envisage la construction de nouvelles casernes. Elles seront finalement édifiées au bord de l’Hérault, au pied du palais épiscopal en 1767.

4. Les batteries et la tour du Cap

Lors de la guerre de succession d’Espagne (1701-1714), la France est en grande difficulté. Lors de la réunion du 5 janvier 1709, les États du Languedoc examinent une nouvelle ligne de défense côtière. La décision est prise de construire trois batteries : Leucate (La Franquie), le Grau de La Nouvelle (Port La Nouvelle), le Grau d’Agde. Les plans sont confiés à l’ingénieur Antoine Nicquet. Les travaux sont adjugés à Roussel le 29 janvier 1709.

Lors de la guerre de sept ans (1756-1763), la France se retrouve face à la flotte anglaise. En 1758, sous le commandement du Maréchal de Thomond et le soutien financier des États du Languedoc, le projet de l’ingénieur Jacques Philippe Mareschal est mis en chantier. Le « système Mareschal » a pour objectif de « garder, protéger, surveiller » les plages. Il est basé sur une suite de redoutes simples, de redoutes à batteries et de tours de signal. Les batteries de Rochelongue et du Cap sont construites en 1759, avec la tour des Signaux (appelée aujourd’hui « Tour des Anglais »). Si la batterie de Rochelongue est une construction nouvelle, celle du Cap vient compléter une tour très ancienne mentionnée lors de la démolition des citadelles. Elle n’avait jamais été démontée car utilisée pour le contrôle sanitaire des navires désirant mouiller au port d’Agde. […]

Informations complémentaires

Année de publication

2020

Nombre de pages

12

Auteur(s)

Irène DAUPHIN

Disponibilité

Produit téléchargeable au format pdf